Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mardi 25 Juillet 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, et les autres… : en marche vers un quinquennat d’opposition en mode One man show

Et les députés En Marche vont assister impuissant. Emmanuel Macron devra prendre garde à ce que les vieux loups de la politique et de la rhétorique ne les mangent pas tout cru !

Méluche Ier

Publié le
Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, et les autres… : en marche vers un quinquennat d’opposition en mode One man show

Face à une forte majorité à l'Assemblée, les différentes oppositions auront du mal à exister au sein du Palais Bourbon. Cependant, certaines personnalités comme François Ruffin, Marine Le Pen, ou Jean Luc Mélenchon sont réputés pour leurs qualités de tribuns. A quoi pourrait ressembler une opposition se basant sur des "one man show" politiques ? 

Erik Neveu : Une série de figures des oppositions vont certainement utiliser la tribune parlementaire pour marquer et motiver leur opposition à la politique du nouveau gouvernement. Plusieurs de élu.e.s du Front de gauche ou du Front National – mais aussi du parti Socialiste et des Républicains- ont le talent oratoire, la gouaille ou le sens de la formule qui font mouche. Et les grands orateurs d'« En marche » sont à ce jour peu identifiables. Nul doute que cela promette des temps forts, de la part de J-L Mélénchon singulièrement.

Mais on peut aussi apporter trois grosses réserves. D'une part, la couverture médiatique des débats parlementaires est modeste. Il est loin le temps des années 1970 où « Le Monde » résumait toutes les prises de parole des députés sur les grands débats, publiait en encadré qui avait voté pour quoi. Aujourd'hui la couverture médiatique se concentre sur les questions au gouvernement du mercredi,sur des petites phrases obtenues dans la salle des quatre colonnes, guère plus. N'oublions pas en second lieu que le règlement de l'Assemblée Nationale organise des inégalités de parole. Ceux qui ne peuvent former un groupe (cas probable du Front National) ont un temps de parole restreint. L'annonce de l'usage systématique de la procédure d'urgence va aussi condenser les temps de discussion. Une autre réserve tient aux lois du spectacle politique. Le tribun le plus talentueux ne peut se renouveler toutes les semaines et ses talents, à force d’être répétés, menacent bientôt d’apparaître comme une auto-parodie, à moins qu'une sorte de surenchère dans le verbe ou les happenings ne s'exprime...mais avec ses risques de dérapages.

Le parlement peut donc retrouver de grands moments d'une éloquence qui l'a pour partie désertée, regagner ponctuellement une centralité inédite. Mais attendre que s'y déploie chaque jour des joutes qui mettent K.O. un ministre ou occupent les journaux télévisés, c'est s'exposer à la déception.

Quels sont les risques de voir ces personnalités "dominer" les nouveaux députés moins expérimentés de la République En marche ? Ce risque a-t-il bien été mesuré par Emmanuel Macron ? Avec quelles conséquences ? 

Il faut être prudent quant à l'inexpérience des nouveaux députés. Il existe une puissante aspiration à la déprofessionalisation de la vie politique, ce qui suppose d'admettre un 'droit à' et une 'capacité de' faire des apprentissages. Sur un mode plus critique, derrière les discours sur la nouveauté, la « société civile », bon nombre des élus macronistes ont une expérience politique de fonctions électives ou d'ex-militants à la carrière contrariée aux Républicains, au MODEM ou au Parti Socialiste. Le problème peut venir de deux profils de nouveaux élus. D'une part celles et ceux qui ont été recrutés « sur casting » et dont des passages télévisés ont pu parfois montrer ce qui ressemblait à une vacuité surprenante avec des personnes annonant des éléments du programme d' «En Marche », d’autres refusant un débat où ils/elles auraient été en grande difficulté face à leur adversaire de second tour. Ceci noté, il ne faut pas mythifier ce qu'est le monde parlementaire. A coté d'hommes et de femmes maîtrisant bien des dossiers, assidus aux travaux parlementaires...il y a toujours eu beaucoup d'élus peu présents au parlement, se contentant de donner leur clé et code de boîtier de vote à un collègue et bien plus présents dans la circonscription qu'à l'assemblée. C'est peut-être d'une autre composante que des surprises peuvent venir. Les profils des élu.e.s « En Marche » ne sont pas si homogènes idéologiquement, et une partie d'entre eux ont certainement à cœur de défendre des valeurs et des groupes (français issus de l'immigration, créateurs d'entreprise) plus que de voter à la baguette ; ils et elles sont dans une croyance sincère à l'idée de changer la politique, pas dans le plan de carrière. Le maillon faible est là. Certains élus pourraient juger que des mesures mises en œuvre sont incompatibles avec leurs convictions...le choix de la procédure des ordonnances suggère d'ailleurs que ce risque est pensé à l’Élysée. En ne donnant pas ces exemples comme des comparaisons – les situations sont trop différentes- on rappellera que des groupes parlementaires nouveaux se sont parfois délités au fil d'une législature : poujadistes des années 1950 en France, plus récemment élus du mouvement paysan Samoobrona dans la Pologne des années 2000.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 23/06/2017 - 16:55 - Signaler un abus Je vous trouve très

    Je vous trouve très intransigeant vis à vis de tous ces anciens "jeunes cons". Eux au moins ont fait preuve d'un certain bon sens.........celui qui vient avec l'âge. Je n'en dirai pas autant de Mélanchouille qui a soixante huit ans aurait dû faire le point sur ses erreurs passées....Mais non, comme disait l'autre il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis, alors imaginez le parcours de Mélanchouille, d'abord trotskiste, il a passé sa vie à admirer Mao, le Chè, Castro, Chavez et Maduro...et probablement Polpot...et il finira trotskiste en charentaise chez les insoumis.....ou les incontinents. Mais chez ces gens là monsieur, on ne brade pas ses idéaux de "jeune con"...et c'est pour ça qu'on devient .... un "vieux con"

  • Par Atlante13 - 23/06/2017 - 18:28 - Signaler un abus Donc mr Neveu était maoïste,

    ben mon neveu, ça conserve Mao. Par contre, il manque singulièrement d'humour, c'est vrai qu'ils ont passé leur temps à nous em***der entre deux coups de rouge, pour finir comme de vrais bourgeois bien cons. Au moins avec Mélenchon et Le Pen on va avoir droit à de vrais discours à l'Assemblée, bien drôles, bien cocasses, et pour finir cela accentuera la décomposition du corps politique. Mélenchon drôle? non, plutôt simplet, réservé à ceux qui ont perdu leur deuxième neurone. Le Pen drôle? non, plutôt grinçant, pour ne pas dire glaçant.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 23/06/2017 - 21:16 - Signaler un abus l'engagement politique n'est

    l'engagement politique n'est qu'un moyen, July en est le plus bel exemple . C'est cet engagement qui lui a permis d'être adoubé par Sartre et de crèer libé en 74....ce qui lui a apporté la notoriété et le fric. On peut tous les prendre dans l'ordre.... Le schéma est toujours le même.... On s'engage et on fait un max de bruit..... On devient la coqueluche des médias et on profite de sa notoriété pour faire du fric.... c'ètait le système "loft story " avant l'heure. Mais c'est encore le système Mélanchouille aujourd'hui, mais lui c'est un attardé...et comme il n'a pas réussi à faire autant de fric que ses copains.... Il va nous bassiner plus longtemps .

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Erik Neveu

Erik Neveu est un sociologue et politiste français, professeur des universités agrégé en science politique et enseigne à Sciences Po Rennes.

Il est l'auteur de l'ouvrage "Sociologie politique des problèmes publiques".

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€