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Jean-Christophe Lagarde : "Les Français qui voteront pour un référendum pro ou anti Macron lors des élections européennes seront les premiers cocus de l'élection"

A l'occasion de l'université d'été de l'UDI, organisée ce week-end, Jean-Christophe Lagarde dévoile les valeurs et les projets de sa formation politique, apporte son regard sur l'action d'Emmanuel Macron et expose les ambitions de l'UDI dans le cadre de la campagne des élections européennes.

Interview politique

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Jean-Christophe Lagarde : "Les Français qui voteront pour un référendum pro ou anti Macron lors des élections européennes seront les premiers cocus de l'élection"

 Crédit LUDOVIC MARIN / AFP

Atlantico : Malgré la recomposition de l’échiquier politique engendrés par l’élection des manuels Macron, l’espace du centre-droit paraît particulièrement atomisé; pour s’y repérer entre constructifs, Agir, Nouveau Centre, France audacieuse de Christian Estrosi qui se réunissait ce vendredi, etc..., l’UDI que vous dirigez, c’est qui (militants, nombre d’élus), c’est quoi (politiquement)? 

 
Jean-Christophe Lagarde : L'UDI c'est très simple, c'est aujourd'hui un peu plus de 10 000 adhérents, c'est 53 parlementaires, plus de 3 000 élus locaux (dont 230 conseillers régionaux, 360 conseillers départementaux) et un parti politique qui est en réalité la principale force politique, parlementaire, territoriale et militante du centre et de la droite de progrès. On est donc très loin des groupes que vous avez citez qui sont pour leur part des groupes de réflexions, des clubs d'élus, des micros partis… Nous avons des relations amicales avec eux mais ils n'ont pas, ni la même capacité d'action ni la même autonomie qu'elle soit financière, politique, parlementaire…
Quant à la recomposition dont vous parlez, elle n'a pas eu lieu.
Des décompositions il y en a eu : l'éclatement des Républicains, l'effondrement du Parti socialiste, les divisions à la gauche de la gauche entre la France Insoumise et le Parti communiste, des divisions encore il y a en eu au Front National avec le départ de Florian Philippot et le retour sur la scène politique de Marion Marechal. Et en même temps, à l'inverse, l'UDI s'est reconstruite en s'unifiant, en se pacifiant et en étant parfaitement homogène sur le plan politique, conservant ses valeurs et réaffirmant ses projets.
 

Quels sont les thèmes forts que vous portez ce week-end et que vous disent les militants que vous avez réuni à l’occasion de l’université d’été de l’UDI ?

 
Je vous disais que l'UDI s'est à la fois reconstruite, densifiée et pacifiée, c'est la première fois depuis six ans que nous faisons une université d'été, laquelle se déroulera sur trois jours avec débats et des réflexions. Celle-ci s'intitule "plus dialoguer pour mieux reformer" car nous ne croyons pas à l'efficacité d'un pouvoir exclusivement vertical. Ce week-end se déroulera en trois temps. On commencera par un débat européen et sur ce sujet notre ambition est simple et elle est double. Nous ne laisserons pas l'élection européenne se noyer dans un enjeu franco-français parce qu'en réalité nous allons élire 79 personnes qui vont représenter la France au parlement européen mais dont le rôle ne sera pas de régler nos problèmes de logement, d'emploi, de sécurité, de chômage qui ne sont que Franco-Français. Problèmes, que la plupart des autres pays ne connaissent pas et sur lesquels l’Europe n’a aucun pouvoir.
 
Dans l'université d'été il y aura aussi une table ronde qui réunira l'ensemble des associations des élus locaux parce que nous sommes absolument convaincus, d'abord que les collectivités locales sont en crise sous une pression excessive de l'Etat et un manque d'écoute (on le voit surtout avec la multiplication de la démission des petits maires à qui on a rendu la tache impossible d'où leur départ). Et puisqu'on ne leur donne pas l'occasion de le faire et nous leur donnons et souhaitons devenir leur interlocuteur. Il y aura aussi une table ronde avec les représentants du MEDEF, des petites entreprises et des syndicats de salariés réformistes. L'idée est simple : pour mieux réformer on doit plus dialoguer. Si ça ne se fait pas ailleurs, chez nous ça peut se faire et nous continuerons d'ailleurs au-delà de l'université. 
 

Au moment de l’élection d’Emmanuel Macron, sans jamais céder à ce que le chef de l’État aurait souhaité -à savoir que ceux qui le soutiennent rejoignent tous la République en marche- vous étiez néanmoins plutôt séduit par le nouveau président. Avec un an de recul, qu’en pensez-vous ? La déception que vous avez pu pointer est-elle due selon vous à une erreur de perception où à des promesses et engagements non tenus ?

 
Vous évoquiez toute à l'heure la recomposition politique dont je vous ai dit qu'elle n'avait pas eu lieu. Emmanuel Macron a choisi qu'elle n'ait pas lieu. 
 
Pour nous, comme pour d'autres -je pense à Alain Juppé- l'idée était simple : il n'était pas question de rejoindre "la République en Marche" mais pour autant, nous souhaitons la réussite du gouvernement, en refusant les réflexes de clivage partisan, parce que si Emmanuel Macron et sa majorité échouent ce seront les français qui ont payeront les frais.  
 
Les premières victimes seraient celles des territoires oubliés et les populations les plus fragiles parce que les riches s'en sortent toujours. Pour cette raison, nous avons fait le choix de participer, et de soutenir un certain nombre d'initiatives gouvernementales à l'instar de la réforme du code du travail ou de la réforme SNCF mais par contre lorsque le même exécutif met en place la CSG, nous n’hésitons pas à nous faire entendre, puisque pour nous cette réforme est une erreur. 
 
A l'origine l'esprit macroniste et le notre sont proches, sauf que sans doute dans l'euphorie de l'épopée qui l'a conduit à l'Elysée et à la majorité parlementaire, on a bien vu que parfois Emmanuel Macron s'est égaré. Entre le discours qui invitait chacun à participer et la réalité, il y avait une marge. C’est notre déception, et celles de nombreux français. 
 
Et d'autre part, la déception est aussi dans le fait que les français ont entendu une promesse "d'un nouveau monde", or aujourd'hui ils ne voient pas une nouvelle façon de gouverner. Je pense que pour retrouver une dynamique et transformer le pays, le président doit d'abord accepter et prouver une nouvelle façon de gouverner. L'affaire Benalla a montré que nous avons un problème institutionnel. Emmanuel Macron avait commencé une réforme constitutionnelle il faut la reprendre mais l’amplifier afin de faire en sorte que le pouvoir exécutif soit à la fois plus équilibré avec des contre-pouvoirs et plus transparent afin que ce genre de dérives ne se reproduisent plus (notamment avec le renforcement des capacités parlementaires de contrôle du gouvernement). 
 
Et la deuxième chose, c'est qu'il faut qu'il reprenne le chemin des réformes. Il va faire un certain nombre d'annonces dans les semaines à venir, on verra ce qu'il propose. Sur la loi pacte, j'ai une approche assez favorable à ce que Bruno Lemaire a évoqué jusqu'à présent, on verra ce qu'il en est. Au niveau du plan pauvreté, je n'y crois pas beaucoup. Et j'alerte fortement sur les hôpitaux qui sont en crise grave et où ça risque de finir par craquer. Aujourd'hui pour les personnels médicaux la situation d'exercice de leur métier est devenue quasi impossible, ce qui porte directement atteinte évidemment à la sécurité sanitaire des français et à la sécurité psychologique, mentale et physique des personnes qui travaillent dans les hôpitaux. Je pense que le plus gros accident social qui menace aujourd'hui notre pays se trouve dans l'hôpital parce qu'ils sont arrivés à bout de force. Sur la réforme des retraites, c'est une réforme au long court par définition. Emmanuel Macron disait qu'elle porterait ses fruits d'ici dix ans d’où l'importance de la commencer aujourd'hui. Et de ce point de vue, l'unification des régimes de retraite me semble une bonne chose même si le faire est complexe et qu'ici aussi il y a besoin d'en discuter véritablement avec les partenaires sociaux. 
 
 
Commentaires

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  • Par Loupdessteppes - 09/09/2018 - 11:08 - Signaler un abus Monsieur Lagarde, êtes vous cocu ?

    Qui vous permet d'interpeller les électeurs de cette façon ? Avez-vous vous-même été encorné pour déverser vos peurs en préambule ? Avez-vous perdu toute dignité ? Nous savions que les hommes politiques font fi de tout honneur, mais là, vous êtes pitoyable...

  • Par vangog - 09/09/2018 - 11:57 - Signaler un abus « Esprit, es-tu las? »...

    « L’esprit macroniste est proche de mon esprit » (J.C.Lagarde)...après avoir absorbé le défunt PS (beeeeurk! Il faut avoir du courage..."), le spécialiste en fusacqs s‘est attaqué à l’UDI moribonde, et le petit-fils Rothschild est en passe de réussir sa phagocyose électorale. Bon! Quand on voit la tronche de J.C.Lagarde, on se dit que la France n’a pas perdu une lumière . Après la perte sans gravité de tous cbeaux esprits’, seuls restent en lice « l’esprit collabo » de Macron, et « l’esprit patriotique » de Marine.."Français, choisis ton’ camp! »

  • Par Poussard Gérard - 09/09/2018 - 12:01 - Signaler un abus Quelle déclaration digne d'un traître

    Et qu'il nous dise ce qu'il faut voter...celui qui a imposé sa femme à sa place dans la mairie. . Il est pathétique. ...

  • Par assougoudrel - 09/09/2018 - 12:09 - Signaler un abus Le premier cocu a été

    Bayrou.

  • Par VV1792 - 09/09/2018 - 13:32 - Signaler un abus Au bal des cocus....

    Au bal des cocus....

  • Par thymthym711 - 09/09/2018 - 13:47 - Signaler un abus M. Lagarde est presqsuqe comique en disant :

    "Nous ne laisserons pas l'élection européenne se noyer dans un enjeu franco-français… nous allons élire 79 personnes… au parlement européen… dont le rôle ne sera pas de régler nos problèmes de logement, d'emploi, de sécurité, de chômage.... Problèmes, que la plupart des autres pays ne connaissent pas et sur lesquels l’Europe n’a aucun pouvoir." En effet, citons quelques phrases des partisans du oui au référendum de Maastricht, prononcés avant le vote : L’Europe, ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry). Le traité d’union européenne se traduira par plus de croissance, plus d’emplois, plus de solidarité. » (Michel Sapin) Si le Traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing). Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie » M. Lagarde ferait-il partie des rares hommes politiques crédibles ?

  • Par thymthym711 - 09/09/2018 - 14:19 - Signaler un abus Que pèse M Lagarde ?

    M. Lagarde nous dit : "Que pèse le peuple britannique face à 7 milliards d'habitants, face à la Chine, l'Inde, la Russie ou même les Etats-Unis." En parlant de « peser », si M. Lagarde fait allusion au poids économique il ne devrait pas parler du peuple mais des « élites », des décideurs économiques et politiques. En ce cas le fait de « peser » dépend uniquement de la qualité de ces gens-là et non du peuple qui en la matière subit et ne décide rien. Par contre si en parlant de « peser » M. Lagarde fait allusion à la marque, à l’empreinte d’un peuple laissée sur l’humanité alors il est en train d’insulter le peuple britannique. La valeur d’un peuple ne se mesure pas au nombre de ses membres. Je suppose qu'ils sont nombreux ceux qui pensent que le Peuple Britannique a un poids très important dans l'histoire de l'humanité.

  • Par Allegro - 09/09/2018 - 14:32 - Signaler un abus electoralement, il a peu de poids

    Ne luien déplaise. Il faudra donc bien qu'il choisisse entre les forces de la continuité et du progrès et celle de la dictature intellectuelle et des autodafés de Macron. Gageons qu'il choisira les seconds, avec le lot de rancoeurs et de haine qui les caractérise.

  • Par Yves3531 - 09/09/2018 - 16:05 - Signaler un abus Qu’a à nous dire....

    ce maître du chantage et du cocufiage qu’est ce « centriste » (ça ne veut rien dire, c’est juste un positionnement opportuniste entre celui à sa droite et celui à sa gauche permettant de moneyer son ralliement à celui qui offre le plus de soupe...) chassant sur le même terrain et avec les mêmes tactiques qu’un vieux cheval de retour comme Bayrou; oui, qu’a t il à nous dire ? et bien on n’en a absolument rien à carrer ...!

  • Par ISABLEUE - 09/09/2018 - 16:22 - Signaler un abus Voilà on est tous d'accord

    Ce ventre mou se prend pour qui ???

  • Par cloette - 09/09/2018 - 17:31 - Signaler un abus Bientôt l'heure de vérité sonnera

    avec son score qui sera probablement minuscule .

  • Par Jmet - 09/09/2018 - 17:41 - Signaler un abus Lagarde

    Un des plus représentatifs du centre-mou, en fait d’un socialisme non avoué

  • Par Liberte5 - 09/09/2018 - 17:45 - Signaler un abus Le centre n'a aucune troupe, seulement des élus

    grâce à des alliances avec la droite. J.C Lagarde n'a aucune conviction seulement le souci de gagner des élections. Pour la droite molle ce fut un boulet. Qu'il aille avec Macron, là est sa place. Enfin, si Macron en veut. Ce qui n'est pas sûr. Quant à L. Wauquiez qu'il continue sur la même ligne et se tienne à l'écart de ce vide centriste qui ne représente rien. Que du vent. L'Europe fédérale est une escroquerie. L'Europe des nations a un sens.

  • Par Liberte5 - 09/09/2018 - 17:48 - Signaler un abus Le seul au centre qui soit à peu prés solide

    est H. Morin. Tout le reste sont des planches pourries

  • Par jurgio - 09/09/2018 - 17:52 - Signaler un abus La mise en garde de Lagarde

    Si tu ne vas pas à Lagarde, c'est Lagarde qui viendra à toi.

  • Par assougoudrel - 09/09/2018 - 18:17 - Signaler un abus Bayrou l'a reçu

    jusqu'à la garde par Macron.

  • Par Beredan - 09/09/2018 - 20:15 - Signaler un abus Encore un socialiste honteux ....

    Qui macronne

  • Par Liberte5 - 09/09/2018 - 21:51 - Signaler un abus Lagarde passe sous silence le problème majeur de l'Europe:

    son invasion et son islamisation.

  • Par walchp - 10/09/2018 - 04:46 - Signaler un abus Atlantico succursale du RN ?

    À lire les commentaires on pourrait le penser. Ce minable petit parti au bord de la faillite...... Aucun homme ou femme d’état dans ses rangs,détournement de fonds publics qui ne le sauvera pas de la banqueroute,malgré ses dénonciations de « complot judiciaire ».... Anti libéralisme ringard qui ne lui laisse que la baguette de pain et le béret..... Quand les Le Pen passeront la main, il n’en restera..........rien

  • Par lexxis - 10/09/2018 - 05:58 - Signaler un abus PITOYABLE

    Toujours aussi élégant et mielleux. Bel image de politicien français prêt à toutes les contorsions.

  • Par Carl Van Eduine - 11/09/2018 - 08:33 - Signaler un abus L'élite et le populo

    Cocu est donc à terme synonyme de populiste : citoyen d'une nation européenne, qui refuse le diktat de la "pensée" de l'élite.

  • Par Ajar - 11/09/2018 - 09:17 - Signaler un abus Dans la ligné

    de J. Lecanuet rien a changé ils vont disparaitre

  • Par cloette - 11/09/2018 - 09:45 - Signaler un abus bon,

    ce n'est certes pas Einstein ...

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Jean-Christophe Lagarde

Jean-Christophe Lagarde est président de l'UDI depuis 2014, député de la 5e circonscription de la Seine-Saint-Denis depuis 2002.

Soutien de François Bayrou pendant la campagne présidentielle de 2007, il rejoint ensuite le Nouveau Centre, puis fonde, en 2012, le parti de centre-droit Force européenne démocrate. En septembre 2012, il rejoint l'UDI lancée par Jean-Louis Borloo.

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