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Jean-Christophe Lagarde : "Avant son élection, Emmanuel Macron disait qu'il fallait savoir rassembler des majorités d'idées, sujet par sujet. Depuis, il a oublié qu’on ne transforme pas le pays avec un quart des Français"

Le patron de l'UDI reconnait des "convergences" avec la majorité mais juge sévèrement les choix du président de la République.

Interview

Publié le
Jean-Christophe Lagarde : "Avant son élection, Emmanuel Macron disait qu'il fallait savoir rassembler des majorités d'idées, sujet par sujet. Depuis, il a oublié qu’on ne transforme pas le pays avec un quart des Français"

Atlantico : Qu'est-ce qui fait que votre mouvement prend nettement ses distances avec LR aujourd'hui ? Votre positionnement dans l'échiquier politique n'est-il pas particulièrement inédit ?

Jean-Christophe Lagarde : Pendant des décennies, le centre et la droite ont traditionnellement eu une alliance pour deux raisons fondamentales. La première c'est le mode de scrutin de la Ve République depuis 1958 qui contraint aux alliances. Le centre avec la droite et les communistes avec les socialistes et les radicaux de gauche. Le mode de scrutin poussait à cela. Et la deuxième raison, c'est qu'à partir du programme commun de François Mitterrand entre les socialistes et les communistes, il y eut une proximité d'idée bien plus grande entre le centre et la droite qu'avec ceux qui pactisaient avec les communistes – aujourd'hui en version remasterisée, Mélenchon.

Mais aujourd’hui la vision radicalisée de la droite s'éloigne de nous. Et contrairement à ce que tout le monde pense, la politique ce n'est pas "passe-moi le sel, j'te refile le poivre!" On se bat pour des idées, et quand ces idées ne sont plus communes, il ne peut y avoir de combat commun. Je reconnais volontiers qu'il ne s'agit pas du cas de tous les membres de LR. Mais c'est hélas le cas d'une majorité de cadres et de militants LR dont la dérive droitière ne date pas d'hier et risque même de s'accélérer. C'est vers cela que va la droite française, cela n'a plus rien à voir avec la droite de De Gaulle. Elle sombre progressivement dans une entre soi radicalisé qui se rapproche dangereusement de l'extrême droite et qui fait heureusement peur aux Français de la droite modérée et du centre – heureusement parce que c'est un réflexe sain.

Qu'est-ce qui vous éloigne aujourd'hui d'Emmanuel Macron ?

Puis-je vous rappeler que de tous les responsables politiques du centre et de la droite, j'ai été le seul à aller rencontrer et à discuter avec Emmanuel Macron en septembre 2016 quand il a quitté le gouvernement socialiste. J'ai eu à ce moment-là des discussions avec lui qui montraient clairement des convergences mais aussi des divergences. Ces convergences et divergences existent et je n'ai aucune envie de cacher les convergences pas plus que je n'ai envie de taire les divergences.

D'ailleurs, ces divergences concernent principalement la conception d'envisager le pouvoir. Je m'explique : depuis toujours, pour transformer notre pays, il y a besoin de coalitions. A l'époque où je l'ai rencontré, et jusqu'au 7 mai dernier quand il est devenu Président de la République, Emmanuel Macron disait qu'il fallait savoir rassembler des majorités d'idées, sujet par sujet. Depuis que les Français lui ont confié tous les pouvoirs, il n'est plus question de majorité d'idées, on revient à la conception bonapartiste classique du pouvoir, comme dans « l’ancien monde ». Je pense que c'est une erreur parce que le Président de la République ne devrait pas oublier ce qui est son assise sociologique, celle obtenue au premier tour de la présidentielle : un quart des Français. Avec un quart des Français, on ne parvient pas durablement à transformer notre pays. Je souhaite la transformation de notre pays. Avec un Français sur quatre, on n'y arrive pas. Nicolas Sarkozy a essayé : il a échoué. François Hollande a essayé : il a échoué. La promesse du candidat Emmanuel Macron était un rassemblement plus large en fonction aussi des idées qu'il proposait. Je crois même qu'il disait à l'époque : voilà les cinq ou six grands chantiers que je veux réaliser. Ensuite discutons, réalisons, élargissons ! Depuis qu'il est entré en fonction, c'est l'inverse qui se produit. Il n'y a plus de recherche de rassemblement. Et le rassemblement, c'est la seule façon pour un pouvoir en place, même quand les Français semblent signer un chèque en blanc, d'éviter les blocages, de surmonter les corporatismes et donc de moderniser la France.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 08/10/2017 - 12:54 - Signaler un abus Quand une tribune à la 1ère force d'opposition française?

    J'évoque évidemment le Front National! Parce que, à force de filer des tribunes à ceux qui tentent misérablement d'expliquer pourquoi ils renient leurs choix, seulement dix mois après s'être engagés, ne vous étonnez pas de dégoûter les Français non-girouettes de la politique!...

  • Par cloette - 08/10/2017 - 13:39 - Signaler un abus bof

    ce que pense JC Lagarde m'indiffère au plus haut point .

  • Par Yves3531 - 08/10/2017 - 14:54 - Signaler un abus Rien à foutre...

    point...

  • Par lexxis - 08/10/2017 - 14:59 - Signaler un abus NON, MERCI!

    Juppé, la dissolution de l'Assemblée Nationale qui a amené la gauche au pouvoir. Juppé, le jeu ambigu des primaires à droite qui a amené Macron au pouvoir. Il est difficile en une seule carrière de faire plus de mal à son camp!

  • Par ajm - 08/10/2017 - 17:00 - Signaler un abus Bouillie bordelaise.

    Interview interminable et filandreuse, pleine de contradictions qui sont congénitales au positionnement du centre du centre du centre et de nulle part...d'accord avec tout et son contraire, se voulant proche des "territoires" et en même temps rejetant toute "identité " nationale, fantasmant sur une Europe qui n'est qu'un grand canard boiteux qui continue à courir mollement sans tête et sans direction autre que celle, opportuniste et à géométrie variable, de notre professeur de chimie quantique est-allemande. Lagarde nous parle de coalitions comme un impératif catégorique, ce qui est logique pour le responsable d'un mouvement politique qui a toujours fait élire ses représentants avec des votes de droite dont il dit le plus grand mal. Lagarde, combien de divisions et aussi d'idées vraiment fortes et cohérentes ? Quelle ambition pour la France ? Il me fait penser à ces carrefours giratoires qui se multiplient en rase campagne, indiquant avec pompe et moultes panneaux des directions vers des villages que même les GPS ont du mal à identifier. Beaucoup de bruits pour rien

  • Par vauban - 08/10/2017 - 17:46 - Signaler un abus Un pet de centriste

    Cela reste du vent De surcroît celui de Mr Lagarde donne l'impression à la lecture d'être un peu mouillé.....

  • Par Wortstein - 08/10/2017 - 20:49 - Signaler un abus Curieux ce besoin d'humilier

    ses anciens partenaires LR qui l'ont maintenu sous perfusion pendant tant d'années. Le procès en radicalisme est absurde pour des gens se revendiquants de l'ancien parti radical. Chacun voit Hitler à sa porte en ce moment... C'est assez faible comme argument et j'espère que la droite se souviendra de ce coup de couteau dans le dos au moment d'hypothétiques alliances. Je ne sais pas si certains vont voter en novembre pour la présidence de LR mais il y a plein de candidats dont certains sentent la bonne vieille sueur rance du traite centriste prompt à la godille vers la gauche sociétale....

  • Par gerint - 08/10/2017 - 21:55 - Signaler un abus Discours de pleutre

    De reniement comme pour Philippe, Darmanin & Co. l’Europe pourrie est à jeter. La taille ne fait pas la qualité et elle peut créer la faiblesse (l’union étant factice). Macron n’est pas là pour la Nation Française mais va précipiter son agonie. Avec l’aide de Lagarde

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Jean-Christophe Lagarde

Jean-Christophe Lagarde est président de l'UDI depuis 2014, député de la 5e circonscription de la Seine-Saint-Denis depuis 2002.

Soutien de François Bayrou pendant la campagne présidentielle de 2007, il rejoint ensuite le Nouveau Centre, puis fonde, en 2012, le parti de centre-droit Force européenne démocrate. En septembre 2012, il rejoint l'UDI lancée par Jean-Louis Borloo.

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