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Jacques Attali : "Un Président élu a tout pouvoir dans les trois premiers mois, après il n'en a plus aucun"

Selon l'ancien conseiller de François Mitterrand et de Nicolas Sarkozy, co-auteur d'un programme politique en cours d'élaboration, le pays devrait privilégier le contenu des propositions faites par les candidats à la présidence plutôt qu'à leur personnalité.

Grand entretien

Publié le - Mis à jour le 5 Octobre 2015
Jacques Attali : "Un Président élu a tout pouvoir dans les trois premiers mois, après il n'en a plus aucun"

Jacques Attali et François Hollande.  Crédit Reuters

Atlantico : Le sondage que nous avons réalisé avec l'IFOP vous place en tête des personnalités non politiques qui ont le plus fort potentiel électoral à l'exception de Nicolas Hulot qui lui bénéficie de sa notoriété télévisuelle. Que vous inspire ce résultat dans le contexte actuel où l'on voit des Eric Zemmour et autres Michel Onfray tenir le haut du pavé médiatique ?

>>> Lire aussi - En quête d’un troisième homme pour 2017 : Nicolas Hulot et Jacques Attali devancent largement Eric Zemmour

Jacques Attali : C'est un sondage de notoriété.

Lorsque l'on parle de politique, on s'adresse à des professionnels de la politique, à ceux dont les français savent qu'ils ont une capacité à gérer le pays ce qui suppose de s'être confronté à l'exercice du pouvoir. Donc ce sondage est plutôt un sondage de notoriété d'écrivain.

Peut-être êtes-vous la personnalité qui ressort parce que précisément vous avez été confronté à l'exercice du pouvoir ?

C'est possible, ce sondage lui-même n'indique rien de plus que la notoriété du moment.

On voit actuellement en France une très forte envie de candidats venus d'ailleurs puisque les gens semblent un peu désespérés du débat politique traditionnel. Quelles sont selon vous les priorités absolues auxquelles le pays devrait s'attaquer pour ne pas continuer à perdre sa vigueur à la fois économique, intellectuelle et même politique ?

Le moment venu, c’est-à-dire en février prochain, je ferai connaître au pays le programme qu'un grand groupe qui travaille avec moi et tous les Français qui veulent s'y associer sous le nom de France 2022. Pour l'instant je peux simplement dire qu'il faut que l'on cesse de parler des questions de personne et que l'on se concentre sur les idées. Plutôt qu'un sondage sur les personnes, il faudrait un sondage sur les dix réformes principales utiles sur l'avenir du pays. Il faut privilégier le contenu plutôt que les apparences.

En parlant d'apparences, le débat français semble s'enliser dans un fétichisme des droits acquis là où vous préférez parler de combat pour les droits réels, comment pensez-vous que ce thème pourrait être imposé auprès des Français ?

Vous employez des mots qui ne sont pas les miens donc je ne vais pas entrer dans cette problématique. Il y a des droits acquis qui méritent absolument d'être conservés puisqu'ils ont été gagnés après deux ou trois siècles de bataille et qui protègent les plus faibles. Il y a des rentes qui elles sont injustifiées et qui méritent d'être remises en cause. Il y a surtout des nécessités de préparation de l'avenir dans un monde qui change qui ne sont pas prises en compte.

Pour quelle raison croyez-vous qu'elles ne soient pas prises en comptes ? En 2007, vous aviez présidé une commission sur la croissance qui avait présenté à Nicolas Sarkozy 316 propositions de réforme afin que la France ne se retrouve pas dans la situation de l'ancien régime asphyxié par ses corporatismes mais très peu de choses en sont finalement sorties, l'économie de la rente que vous dénonciez à l'époque existe toujours très largement dans le pays...

Absolument c'est une commission bipartisane qui avait présenté des réformes qui n'ont pas été faites. Une droite démocratique et une gauche démocratique pourraient ensemble décider d'un programme commun. Mais aucun homme politique n'a eu le courage de mettre en place le corps commun de réformes qui s'imposent. Cela s'explique parce que les hommes politiques ne cherchent en général que le pouvoir et lorsqu'ils l'ont s'empressent de ne rien faire pour ne pas être impopulaire. L'évidence démontre pourtant que l'impopularité est un des signes de l'action et qu'elle doit être préparée par un débat démocratique dans les années et les mois qui précèdent l'élection. C'est pourquoi je m'emploie à faire que le débat soit sur les idées et non pas sur les personnes

 
Commentaires

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  • Par cloette - 04/10/2015 - 13:30 - Signaler un abus pas d'accord

    La personnalité compte énormément , le quinquennat en cours nous le confirme , cinq ans c'est long ! Quant au programmes en effet on devrait mieux les lire car parmi les gens ayant voté Hollande peu l'avaient sans doute fait en particulier la proposition 60, et pour ceux qui n'étaient que de gauche pas caviar ils ont été déçus , bref les programmes ça ne compte guère !

  • Par Labarthe - 04/10/2015 - 14:11 - Signaler un abus Idéologie versus réalité

    «Ceux qui arrivent sont des français comme les autres et même mieux que les autres très souvent », un commentaire honteux M. Attali. Du racisme anti-français? De la haine qui sourd ? Est ce révélateur de l’ambiance actuelle d’un pauvre pays soumis à l’idéologie d’apprentis sorciers ? Pour le reste beaucoup d’analyse … mais peut-être hors sol?

  • Par Olivier62 - 04/10/2015 - 14:54 - Signaler un abus Propagande immigrationiste

    "Ceux qui arrivent sont des Français comme les autres et même mieux que les autres très souvent." Oui bien sûr, le jihadiste syrien infiltré dans les soi-disant "migrants" et qui ne parle pas un mot de français est sans aucun doute possible bien meilleur français que le premier Dupont ou Martin venu... Il est vrai que cela est conforme à l'idéologie nomadiste de M. Attali, qui disait qu'une nation est comme un hôtel où peuvent venir s'installer tous ceux qui le veulent. Hôtel gratuit faut-il le préciser, puisque nous sommes tenus de nourrir, loger et soigner sans protestation tout un chacun qui se présente, et sans qu'il soit tenu de faire le moindre travail en échange. Et c'est cet olibrius qui se présente comme "sauveur" du pays !

  • Par von straffenberg - 04/10/2015 - 15:20 - Signaler un abus l’intégration de l'islam

    Cette intégration se posait sans pb il y a 30 ans , Depuis , c'est un lieu commun mais on a voulu changer la société française en plaçant une communauté au dessus de autres pour des raisons électorales et pour une idéologie qui méprisait le " petit blanc " . Un abandon progressif des valeurs a catalysé l'ensemble pour aboutir à des clivages destructeurs . La personnalité du futur(e) président devra être forte et surtout pas faite de compromis . Quant à l'islam ses nouveaux prêcheurs le rendent incompatible avec tout système démocratique occidental . Donc pour conclure mon candidat n'est pas Monsieur Attali ; seul Monsieur Fillon remplit mes conditions .....

  • Par jurgio - 04/10/2015 - 17:08 - Signaler un abus Un président a trois ans pour ne rien faire...

    ...après, c'est trop tard ! Il manque dans cette Constitution un referendum à mi-parcours pour sanctionner la réalisation du projet. Désormais, deux ans à perdre sur le quai du train électoral ! Énorme !

  • Par vangog - 04/10/2015 - 22:16 - Signaler un abus Attali, ou Attila...encore un immigrationniste

    qui croit que les étrangers peuvent faire de meilleurs Français que les Français-de-souche...mais qu'il y aille à l'étranger, si c'est mieux! Qu'il aille suggérer ses idées fumeuses aux dictateurs du Maghreb, s'ils valent mieux que les Français. La France a besoin de tout sauf ce type d'Attila anti-Français qui souhaite ouvrir les frontières de la France à des hordes de barbares...pitié ! La France a déjà donné, pendant quarante ans d'UMPS et il veut en remettre une couche, Attila? La France doit Mettre au placard ces anti-Français qui ont participé à toutes les turpitudes de gauche archaïque, avec Mitterrand et à celle de droite archaïque, avec Sarko-le-tricheur...adieu! Car vous avez essayé et vous avez échoué...lamentablement!

  • Par Stoïcus - 04/10/2015 - 22:47 - Signaler un abus Et sans vouloir aimer, on est toujours bien aise d'être aimé.

    "Le plus fort potentiel électoral." Et quoi d'autre derrière l'hyperbole ? Une notoriété entretenue derrière un ton patenôtre, peut-être. Et souvent l'impression de lire le même cours magistral où les illusions suffisent à faire un monde.

  • Par AgentDevlin - 04/10/2015 - 23:18 - Signaler un abus Encore lui!

    Cet incapable qui s'est trompé sur tout mais qui a un avis sur tout, nous fait partager "sa science", une fois de plus. Je suis étonné qu'il trouve sur Atlantico une tribune de plus....Il y a tant de brillants esprits en France....

  • Par 2bout - 04/10/2015 - 23:56 - Signaler un abus Faire bouger les lignes d'un pays sclérosé ?

    Compliqué quand on subventionne aux niveaux pratiqués en France les presse écrites et audiovisuelles, mais on pourrait commencer par changer les règles représentatives à tous les niveaux : législatif, les corps intermédiaires ...

  • Par winnie - 05/10/2015 - 19:14 - Signaler un abus pour Attali,

    Tout va bien, pas de problème avec l'islam. Conseiler de Mitterand, puis de Sarkozy, voila ou ça nous a mener ! Attali + BHL : la dream team!

  • Par Jardinier - 05/10/2015 - 21:23 - Signaler un abus La politique, ce n'est pas de dire ce qu'il faut faire,

    c'est faire ce qu'on dit (du moins en principe). C'est un métier, et aussi estimable qu'ils puissent l’être (ou pas), Attali, Zemmour ou Hulot n'y connaissent rien, nada, dans ce domaine, ce sont des pitres. Après nous avoir éclairés sur le fait que les français rejetaient les politiques traditionnels, en y incluant bizarrement au passage MLP qui est pourtant dans une dynamique outrageusement favorable, on teste pour nous ces brillants olibrius. Tout semble devoir être fait, pour les médias qui nous dirigent (c'est du moins une impression que j'ai), pour que les français se détournent d'un commencement d’adhésion massif (et victorieux) au front national.

  • Par Jardinier - 05/10/2015 - 21:29 - Signaler un abus EN résumé, z'ont la trouille.

    :D

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Jacques Attali

Jacques Attali est un économiste, écrivain et haut fonctionnaire.

Ancien conseiller de François Mitterrand puis président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, il dirige actuellement PlaNet Finance et a présidé la Commission pour la libération de la croissance française. Il a publié de nombreux essais et romans.

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