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Ivan Rioufol : “Les 'progressistes' sont à la source des tensions nées d’une politique d’immigration irraisonnée et d’une prétention de l’islam à venir remplir le vide existentiel laissé par les déconstructeurs de l’âme française”

Dans son livre "La guerre civile qui vient", Ivan Rioufol revient notamment sur les origines de la forte tension qui traverse actuellement notre société, ainsi que sur les responsables de cette situation.

Entretien

Publié le - Mis à jour le 24 Mars 2017
Ivan Rioufol : “Les 'progressistes' sont à la source des tensions nées d’une politique d’immigration irraisonnée et d’une prétention de l’islam à venir remplir le vide existentiel laissé par les déconstructeurs de l’âme française”

Atlantico : Selon vous, quel candidat à la présidentielle serait aujourd'hui le plus à même de répondre à cette situation d'extrême tension que vous décrivez dans votre dernier ouvrage, La guerre civile qui vient (éditions Pierre-Guillaume de Roux)?

Ivan Rioufol :Parlons d’abord des pires des candidats, car ils sont les plus dangereux. Ils se raccrochent tous à la gauche, Emmanuel Macron y compris bien sûr. Pour eux, le meilleur moyen d’éviter la guerre civile qui vient est de rendre les armes tout de suite, de refuser l’affrontement, d’accepter les compromissions, les discriminations positives, les repentances, les effacements. Ceux-là assurent, en dépit des innombrables attentats, que la perspective d’une guerre intérieure est un fantasme d’extrême droite. Mais ils savent qu’ils mentent puisqu’ils se disent prêts, en même temps, à mettre toujours plus d’argent pour acheter la paix sociale, au nom de l’apaisement et de la bienveillance.

Le problème est que cette politique angélique, suivie depuis trente ans, a prouvé son inefficacité. Des centaines de milliards d’euros ont déjà été déversés sur les cités "sensibles", tel un tribut qui fait passer l’Etat pour l’obligé des minorités contestataires. Or, encore dernièrement, des lycées modernes de Seine-Saint-Denis, dont le lycée Suger, ont été le théâtre de violences ahurissantes au cœur même des établissements, menées par des élèves eux-mêmes. Plus la République transige, recule et se désarme, plus elle laisse voir sa faiblesse. Comment des jeunes peuvent-ils respecter une lâcheté institutionnalisée ?

En fait, il ne faut rien attendre des "progressistes", pour la simple raison qu’ils sont à la source des tensions nées d’une politique d’immigration irraisonnée et d’une prétention de l’islam à venir remplir le vide existentiel laissé par les déconstructeurs de l’âme française, à l’oeuvre depuis cinquante ans. Les belles âmes ne veulent pas voir la société fracturée, ni le risque d’une guerre civile car elles savent qu’elles en sont à l’origine, par leurs discours sur le respect de l’Autre, leur politique de l’excuse et leur incapacité à imposer le modèle français aux nouvelles minorités, de peur d’apparaître néo-réactionnaires, racistes, islamophobes ou populistes. Elles sont idéologiquement bloquées et piégées par une lecture quasi-religieuse des droits de l’Homme qui fait croire que chacun peut faire comme bon lui chante, y compris les islamistes sexistes et antisémites, ces nouveaux fascistes.

Donc, pour répondre à votre question, le candidat idéal serait celui qui accepterait de rompre avec l’aveuglement du politiquement correct, qui redoute tout conflit au point de préférer collaborer avec l’adversaire, et qui se dirait déterminé à engager l’épreuve de force, afin d’éviter justement cette guerre civile qui fourbit ses armes dans des cités en insurrection permanente. Quand je parle d’épreuve de force, j’entends la réaffirmation du droit, de la loi, de l’autorité publique, en dépit des menaces et des intimidations contre les forces de l’ordre et les pouvoirs publics. J’entends aussi le refus de toute concession avec la Charia, la loi islamique, que certains musulmans cherchent à imposer progressivement dans leur communauté à travers le halal, le voile, la non-mixité, etc. J’entends enfin le recours possible à la force de l’armée et de ses armes si nécessaire. J’observe que François Fillon, comme Marine Le Pen, ont tous deux parlé récemment de cette perspective de guerre civile que je décris dans mon livre et qui commence à être admise, y compris par le patron de la DGSI. Fillon s’est engagé à "vaincre le totalitarisme islamique" et c’est une bonne chose. Le Pen veut, elle, plus radicalement interdire le voile dans l’espace public : c’est un débat qu’il faut pouvoir aborder librement. Mais pour l’instant, la campagne est tellement parasitée que ce thème crucial de la fragilité de la cohésion nationale n’est pas encore clairement posé. On voit bien que la gauche ne se presse pas pour l’ouvrir et qu’elle fera même tout pour parler d’autre chose, y compris en agitant ses excommunications.

 
Commentaires

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  • Par Gordion - 19/03/2017 - 11:30 - Signaler un abus Merci M.Rioufol..

    ...et continuez à écrire.

  • Par Galadriel - 19/03/2017 - 12:56 - Signaler un abus Galadriel

    Bravo

  • Par pc85 - 19/03/2017 - 13:11 - Signaler un abus Tout est dit, et bien dit ...

    Puisse cet article faire prendre conscience à tous les incultes qui se baladent dans un entrepôt d'explosifs avec une bougie à la main, que lorsqu'ils voudront le prendre, l'extincteur sera trop loin ...

  • Par Liberte5 - 19/03/2017 - 19:18 - Signaler un abus Beaucoup de Français sont conscients de la montée des périls.

    Y. Rioufol est un inlassable lanceur d'alerte depuis des années. Il n'est pas le seul. Mais cela ne débouche pas sur une action de résistance par une masse suffisante de Français.Beaucoup se demandent comment agir, comment s'organiser. Doit-on attendre que la solution sorte des urnes ou cette résistance doit-elle se faire sur le plan national par des partisans déterminés et capables d'entraîner les Français les plus courageux. Sans un sursaut de masse des actions dispersées ne ferons pas le poids face à une gauche collabo qui va de Mélenchon à Bayrou et Juppé.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 20/03/2017 - 00:07 - Signaler un abus Les chiffres sont têtus surtout ceux de la démographie.....

    Oui Mr Rioufol, vous avez une analyse juste .......sur le plan historique, mais démographiquement vous avez tort. Liberté 5 demande s'il faut attendre qu'une solution sorte des urnes..... Il a raison, une solution sortira des urnes en 2022 , mais ce n'est pas celle que nous espèrons. Plutôt celle évoquée par Houellebecq !

  • Par ELIED - 20/03/2017 - 10:47 - Signaler un abus Tout à fait d'accord

    avec vous, et il est certain que le plus terrible est à venir quand on voit lie développement exponentiel de l'Islam dans notre pays et dans toute l'Europe occidental, soutenu par des tyrans en puissance comme celui de la Turquie. On a l'impression parfois être revenu au moyen âge.

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Ivan Rioufol

Ivan Rioufol est essayiste et éditorialiste au Figaro. Il tient quotidiennement le blog Liberté d'expression. Il vient de publier un nouvel ouvrage, La guerre civile qui vient (Editions Pierre-Guillaume De Roux).

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