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Italie : pourquoi le gouvernement français ne s’inquiète pas outre-mesure

Et en tous cas on ne le montre pas, mais les choses pourraient changer, en fonction de la mise en oeuvre du programme du nouveau gouvernement transalpin, et de ses conséquences sur les marchés financiers.

Pas de panique

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Italie : pourquoi le gouvernement français ne s’inquiète pas outre-mesure

 Crédit CréditVINCENZO PINTO / AFP

Et en tous cas on ne le montre pas, mais les choses pourraient changer, en fonction de la mise en oeuvre du programme du nouveau gouvernement transalpin, et de ses conséquences sur les marchés financiers. Personne ne croit à une sortie de l'Europe de l'Italie, et tout le monde refuse la comparaison avec le Brexit. Cependant au fil des réflexions on constate que l'inquiétude est latente et on voit pointer une once d'autocritique : l'absence de solidarité européenne face à la vague migratoire qui a submergé l'Italie n'est-elle pas  en partie à l'origine du vote des électeurs italiens?

"L'Europe les a bien laissés tomber  avec la vague migratoire", pointe un ténor de la majorité. Mais  si les scenarii les plus sombres sont évoqués, c'est pour être mieux récusés.

Pour l'heure tout le monde veut se rassurer en invoquant à la fois les différents " verrous" qui existent dans les institutions italiennes et...la fragilité de la coalition qui est en train de se mettre en place  en Italie." Ce n'est pas comme si Marie Le Pen avait été élue à la présidence de la République", avance un membre de la majorité, pour mieux souligner le manque de stabilité de la vie politique transalpine. L'ancien journaliste économique Gilles Le Gendre, aujourd'hui député LRM,  rappelle que l'Italie n'a jamais été dans les " clous" européens. Il garde un souvenir précis d'une rencontre avec Jean-Claude Trichet, le gouverneur de la Banque de France à  l'époque (avant l'an 2000), où se préparait le passage à l'euro: "il me montrait des courbes des graphiques  pour me démontrer que " jamais l'Italie ne fera partie des premiers pays de la zone euro". La politique a eu raison des courbes et des graphiques car il était impensable que l'un des pays constitutifs de l'Union Européenne en soit exclu". La " politique", aura-t-elle une fois de plus raison  de la crise qui menace ?

De toutes les conversations que nous avons eues avec des personnalités de la majorité, il ressort qu'il est urgent d'attendre tout en se montrant vigilants, qu'il convient de tenter de se prémunir (-comment ?), voire d'anticiper ( - ou souhaiter), une méga crise européenne qui obligerait les états membres à repenser les institutions...

 "Pas besoin de se faire peur, on jugera sur les actes" explique-t-on à Bercy, où l'on fait observer que "la structuration bancaire n'est pas optimale de l'autre coté des Alpes". A Bruxelles, où il se trouve pour négocier "le paquet bancaire" et travailler sur l'avenir de la zone euro, Bruno Le Maire a  tenu à rappeler, comme si cela était nécessaire que "l'Italie est un partenaire essentiel de la zone euro". Et le Ministre de l'Economie pensait forcément à l'Italie lorsqu'il a déclaré que "chacun voit bien aujourd’hui, au regard de la situation internationale, des difficultés européennes, qu’il y a une nécessité absolue à renforcer la zone euro", avant de préciser  "Nous avons tous noté de manière positive les premières déclarations du Président du Conseil Italien, qui s’est engagé justement à respecter les règles européennes... nous voulons travailler de manière constructive avec l’Italie". Deuxième piqure de rappel .Gilles Le Gendre, un des porte parole du groupe LRM appuie :"Tout ce qui se passe là donne entièrement raison à Emmanuel Macron "( ndlr :dans sa volonté de réformer la zone euro )"et ... rend sa tâche encore plus compliquée". Point de vue nuancé par le centriste Jean-Louis Bourlanges qui relève que " nous ne sommes pas bien placés pour leur donner des leçons, tant que nous n'aurons pas assaini nos finances publiques". Jean-Louis Bourlanges, qui est l'un des meilleurs connaisseurs des arcanes européennes pour avoir siégé au Parlement de Strasbourg pendant plus de dix huit ans, veut croire à l'efficacité des  verrous  qui peuvent prévenir une dérive du programme de la coalition gouvernementale, le premier étant le président de la République, Sergio Mattarella , qui dispose de moyens constitutionnels pour bloquer certains projets, même si ses  pouvoirs ne sont pas aussi étendus que ceux de son homologue français ; pour lui Mario Draghi, le président de la Banque Centrale européenne, jouera un role essentiel. Mais surtout, pour bien connaitre la vie politique italienne, il  ne croit guère à la longévité de la coalition et pense que des divisions apparaitront assez vite. Cette coalition est certes baroque mais les électeurs italiens ont majoritairement réclamé une politique anti-austérité pas vraiment compatible avec l'assainissement des finances publiques, et une politique sécuritaire, anti-immigration." Si les électeurs italiens devaient à nouveau se rendre aux urnes, cela pourrait engendrer une situation encore plus confuse" fait observer un membre de la majorité . Et si tout cela menait finalement  à une grande crise institutionnelle en Europe , interrogent certains ? " Réponse de Jean-Louis Bourlanges :"Il y a un moment où on va donner un coup de pied au fond de la piscine" (-parce qu'on sera tombé au fond et qu'il faut sortir la tête de l'eau) ...

 

 

 

 

 

 
Commentaires

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  • Par Ganesha - 25/05/2018 - 09:58 - Signaler un abus Pas d'inquiétude !

    Article pathétique ! Le tsar Nicolas II s'est-il senti inquiet pendant les quelques mois où il a vécu à Ekaterinbourg ? Ce petit monsieur Lenine n'était qu'un fantoche sans avenir ? Le fait est que le peuple italien vient de mettre une ''gifle en pleine figure'' à ses cousins français ! Nous sommes vraiment un pays de pauvres couillons, qui a élu successivement le gangster Sarko, l'andouille Hollande et le banquier Macron !

  • Par vangog - 25/05/2018 - 10:16 - Signaler un abus Ayez pas peur, Anita!

    L’Italie ne sortira pas de la zone Euro, car elle n’y a pas intérêt. A l’inverse, craignez que l’Allemagne, le Danemark, n’en sortent « par le haut », après avoir jeté l’eponge, et décrété quIls ne volaient plus être les garants de cette construction bancale, qui ne fait que diverger des critères de Maastricht...interrogez les 152 économistes allemands du FAZ, plutôt que les politiciens français en bout de course, pour connaître l’avenir de l’UE, et comprenez qu’ils préparent déjà la retraite de l’Europe...

  • Par J'accuse - 25/05/2018 - 13:26 - Signaler un abus Attentisme, impuissance et irresponsabilité: voilà l'UE

    Wait and see; mais si on ne fait qu'attendre, on ne fera que voir en restant impuissant. Les euro-béats soit craignent des dégâts, soit les espèrent pour qu'une "bonne" réforme sauve l'UE; les anti-UE attendent que tout pète, mais l'ordre ne prendra pas immédiatement la place du chaos qui surviendrait. Les seuls à savoir où ils vont sont les Anglais: je les envie.

  • Par kelenborn - 25/05/2018 - 13:52 - Signaler un abus Ah ben

    Déjà Atlantico fait la sortie des hospices pour nous sortir les "has been" dont même les pires merdias ne veulent plus ; Elkabach résiste, Duhamel aussi mais Atlantico doit se payer JMS, Garibal et Hausser...des fois que Roger Gicquel serait libre.... Mais ça ne suffit pas, voila qu'on appelle Bourlanges au banc des témoins! Hausser n'avait rien à dire alors ...puisqu'on est au fond de la piscine.... c'est d'ailleurs le seul constat positif qu'elle fait !

  • Par ajm - 25/05/2018 - 18:30 - Signaler un abus Sortir par le haut pas si agréable.

    Vangog: le Danemark ne sortira pas de l'euro vers le haut car il a sa propre monnaie, comme la Suède et la Norvège. L'Allemagne pourrait toujours faire une monnaie commune avec les Pays-Bas, l'Autriche, le Luxembourg et peut-être la Belgique. En même temps les 152 economistes Allemands devront calculer l'effet sur la rentabilité de leurs entreprises d'une possible réévaluation massive d'un euro germanique: l'exportation des BMW , des Mercedes et des machines à laver Miele vers l'Europe du Sud et la France serait beaucoup moins rentable ( baisse des prix en euromark pour rester compétitif) ou se réduirait fortement ( tarifs en monnaie Allemande maintenus). Pour rester compétitive, l'Allemagne serait obligée de serrer les vis sur ses coûts en interne ( salariés Allemands à la diète ), d'externaliser encore plus d'emplois en Europe de l'est etc..

  • Par cloette - 25/05/2018 - 19:52 - Signaler un abus mais oui

    ça se fissure, et c'est tant mieux, du chaos nait l'ordre .

  • Par ajm - 25/05/2018 - 23:14 - Signaler un abus Chaos de facade et vrai chaos

    Cloette: un ordre finit toujours par naître du chaos , la question est de savoir à quel stade du déroulement chaotique vous êtes, et si vous serez encore en vie quand ce "long" ( ou pas ?) cycle chaotique sera terminé. Le chaos initial peut laisser place à des chaos bien plus cataclysmiques que vous ne pouvez même pas imaginer

  • Par cloette - 25/05/2018 - 23:21 - Signaler un abus ajm

    La vie sur la terre est née du chaos, et l'évolution continue ....

  • Par assougoudrel - 26/05/2018 - 07:52 - Signaler un abus Comme en boxe

    chaos-debout. On touche le fond de la piscine avant de remonter à la surface, si on sait nager et qu'on est libre de ses mouvement.

  • Par Citoyen-libre - 26/05/2018 - 08:43 - Signaler un abus Chaos

    Je partage l'avis de Cloette. Il y a des cycles, et vraisemblablement nous arrivons à la fin du cycle actuel. Par intérêt l'économie est moutonnière, comme l'homme d'ailleurs. Mais il s'avère que les peuples sont devenus les laissé-pour-compte de la finance mondiale, notamment la classe moyenne.. Une minorité exploite la grande majorité. Au final, le chaos risque de s'imposer comme la seule alternative possible. Sans être révolutionnaire ou trotskiste, on sent que le système actuel s'essouffle et que toutes les règles de bon sens qu'exprime régulièrement AJM, ne pourront suffire à contenir ce sentiment d'injustice qui est en train de se propager dans une bonne partie du monde. La chaos n'est jamais souhaitable, mais personne ne semble vouloir ou ne peut l'enrayer. Quelle forme prendra ce chaos, cela reste anxiogène.

  • Par l'enclume - 26/05/2018 - 10:25 - Signaler un abus Dans la vie faut pas s'en faire !!!!!

    Ganesha - 25/05/2018 - 09:58 - "Nous sommes vraiment un pays de pauvres couillons, qui a élu successivement le gangster Sarko, l'andouille Hollande et le banquier Macron ! " .Il ne reste plus qu'à élire Ganesha et la bande des quatre sera reconstituée.

  • Par Ganesha - 26/05/2018 - 11:07 - Signaler un abus Beefsteak

    Une des notions les plus élémentaires, simples et évidentes, qui s'impose à toute personne qui porte un regard doté d'un minimum d'objectivité sur l'histoire de l'Humanité, c'est qu'aucun régime politique, aucun système économique n'est éternel ! Les colonnes de commentaires d'Atlantico sont remplies à ras-bord de textes complètement débiles et crétins du style ''Petit Chaperon Rouge'' : ''Aux prochaines élections, votez pour le candidat du Capitalisme libéral, ou sinon Josef Staline va revenir'' ! Les papys-Atlantico qui écrivent ce style d'âneries sont ici dans l'espoir futile d'influencer au moins un autre électeur : il y va de la sauvegarde de leur ''beefsteak'', leurs petites économies, imprudemment placées en actions...

  • Par Ganesha - 26/05/2018 - 11:13 - Signaler un abus Sens de l'Histoire

    Un autre principe historique élémentaire très célèbre a été proposé par Karl Marx, c'est le fameux : ''Tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce''. Mais, en fait, le point essentiel a été apporté par Emmanuel Kant en 1784, c'est le fameux ''Sens de l'Histoire'' : les systèmes économiques et politiques qui se succèdent constituent ''sur le long terme'' un progrès. Ce philosophe a eu la chance de pouvoir assister, de son vivant, à un début de mise en pratique de ses théories : la Révolution française de 1789 s'est rapidement transformée en une épouvantable boucherie. Mais en 1804, il était déjà évident que ces principes profondément novateurs allaient, très progressivement, s'imposer à la l'entièreté de notre planète ! === http://philosophia.over-blog.com/2015/06/le-sens-de-l-histoire.html

  • Par Benvoyons - 26/05/2018 - 15:42 - Signaler un abus Tout peut être dit pour faire plaisir à ses fantasmes

    pour alimenter le débat pour se faire peur pour faire croire que l'UE peut éclater ! Mais le seul constat viable est qu'aucun pays de l'UE ne peut faire cavalier seul. Car présenter l'Allemagne comme étant seul pour imposer une discipline économique viable est faux. C'est un ensemble de pays qui le veut ainsi & les Italiens ne peuvent faire sans eux. En effet si l'Italie relance seul & bien cela profitera plus à ceux qui sont solides économiquement & dont l'industrie est au top de son efficacité. L'Italie comme la France ne peuvent que faire des réformes de structures pour réduire la charge de l’État. Toutes relances sans ses éléments ne pourront qu'engendrer plus de richesse pour les pays qui sont déjà préparés.

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Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

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