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Israël face à un Hezbollah plus fort que jamais alors que le régime syrien est en passe d'en finir avec l'Etat islamique

La reconfiguration politique post-conflit ne signifie en rien un appaisement. Au contraire, les pièces sont déjà en place sur l'échiquier pour que se joue la partie suivante.

Le jour d'après

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Israël face à un Hezbollah plus fort que jamais alors que le régime syrien est en passe d'en finir avec l'Etat islamique

La reprise par les forces gouvernementales syriennes de l'aéroport de Deir Ezzor, aux mains de l'Etat islamique depuis 3 ans, semble être un nouveau signe de l'affaiblissement du conflit et de la défaite des fondamentalistes. Pendant ce conflit, le pouvoir de Bachar El Assad a pu compter sur son allié du Hezbollah, très actif militairement et diplomatiquement. Quel est l'état actuel et peut-on dire que le Hezbollah s'est renforcé lors de ce conflit ? 

Rolland Lombardi : D’abord sur le plan politique, le Hezbollah a surtout acquis une nouvelle dimension politique, notamment sur la scène libanaise. Depuis son implication dans la guerre civile syrienne aux côtés d’Assad et son rôle de véritable bouclier face à la menace jihadistes sunnite, la milice chiite est devenue assez populaire dans l’opinion publique libanaise et ce, dans toutes les communautés, qu’elles soient musulmanes ou chrétiennes. D’ailleurs, il est important de rappeler ici que des jeunes chrétiens libanais (une centaine d’après certaines sources) avaient rejoint leurs compatriotes chiites en Syrie afin de combattre et soutenir les forces loyalistes au régime de Damas…

Quoi qu’il en soit, l’organisation chiite apparaît dès lors comme incontournable et sa position s’est considérablement renforcée sur la scène locale.

Notamment, depuis l’arrivée à la présidence du pays du Cèdre, en octobre 2016, de son allié politique, Michel Aoun, chef du Courant Patriotique Libre, le principal parti chrétien. Jusque-là et avant les dernières victoires de l’armée libanaise sur Daesh à la frontière syro-libanaise, le Hezbollah semblait être la seule force armée capable de protéger le pays et ses minorités (les sunnites compris) face à la menace de l’EI et des autres groupes islamistes.  

Sur le plan strictement militaire, il est vrai que le Hezbollah a grandement renforcé son arsenal militaire depuis ces dix dernières années. D’un groupe terroriste, il s’est depuis transformé en une véritable armée très organisée et structurée. Ses troupes sont estimées à environ 45 000 soldats. Au Sud-Liban, le Hezbollah disposerait de 100 000 missiles et obus (12 000 en 2006) et ses positions ont été fortifiées. D’autre part, les combats en Syrie ont permis à ses troupes (entre 5 000 et 10 000 combattants selon certains) d’acquérir une certaine expérience et une expertise opérationnelle conséquente. De plus, les combattants chiites, se sont souvent battus aux côtés des forces spéciales iraniennes et surtout russes. Ils ont donc beaucoup appris des méthodes de guerre de Moscou et se sont également familiarisés avec les dernières technologies des armes russes (drones, armes antichars...).

Cependant, il faut tout de même rappeler que si le Hezbollah a connu certains succès en Syrie, il a aussi subi des pertes relativement importantes proportionnellement aux forces engagées : depuis le début de la crise syrienne, la milice chiite aurait eu entre 1 500 et plus de 2 000 tués dans les combats. Sans parler des nombreux blessés... De fait donc, les troupes du Hezbollah (comme l’armée d’Assad d’ailleurs) sont littéralement épuisées par des années de conflit.

 
Commentaires

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  • Par Doulou - 12/09/2017 - 15:50 - Signaler un abus Et vive le parti d'Allah et ses victoire divines à la Pyrrhus!

    Ce monsieur me paraît étrangement admiratif devant la milice créée, armée, financée par l'Iran qui forme un véritable État dans l'État et paralyse les institutions vermoulues de l'État libanais. Il rappelle benoitement que depuis 10 ans la milice est devenue une véritable armée avec un arsenal terrifiant et il oublie de dire que cela s'est fait au mépris de la résolution de l'ONU qui mettait fin à la guerre de 2006 avec Israel et dont l'objectif était de restaurer l'autorité de l'État et d'une armée véritablement nationale. Cela s'est fait avec la complicité de la France et de toutes les grandes puissances pour le plus grand bien de l'Iran à qui les occidentaux, d'Obama à Trump ont laissé carte blanche. Il serait intéressant de comprendre le jeu trouble et sans doute diaboliquement intelligent de Poutine allié indéfectible de Bachar et des Iraniens.

  • Par Marie-E - 12/09/2017 - 17:58 - Signaler un abus Rarement d'accord avec Roland Lombardi

    Sur le PO. Peut-être parce que j'ai décidé de vivre à côté de la frontière israelo libanaise dans un coin où il y a de nombreux réfugiés chrétiens libanais et après avoir travaillé avec des Libanais sunnites. Évidemment je ne partage pas l'admiration de l'auteur pour la milice terroriste (je rappelle que les Chiites sont minoritaires au Liban) qui risque si elle attaque Israël de faire detruire entièrement le pays où elle a élu domicile. On connaît par coeur les rodomontades de Nasrallah planqué au plus profond de son bunker par peur d'un drone israélien. Il a tout de même réussi à faire fermer les stocks d'ammoniaque à 'Haïfa (meeci pour l'écologie) et mettre au chômage 8000 personnes. Le plus inquiétant ce sont les bases iraniennes qui risquent de s' installer sue les côtes syeiennes et libanaises ...en face l'Europe. Quand on aura des cinglés dans le genre du Kim ...... enfin bref Israël se prépare comme toujours car si la menace devient trop importante, il devra agir et gagner ....pas le choix et pas le temps de discuter. Toujours prêt maintenant que les juifs ont retrouvé le pays de leurs ancêtres. Et les Russes comprennent souvent les Israéliens ... et réciproquement.

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Roland Lombardi

Roland Lombardi est consultant indépendant et analyste chez JFC-Conseil. Il est par ailleurs docteur en histoire et chercheur associé à l'IREMAM, Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman d’Aix-Marseille Université, également membre actif de l’association Euromed-IHEDN.

Il est spécialiste des relations internationales, particulièrement de la région du Maghreb et du Moyen-Orient, ainsi que des problématiques de géopolitique, de sécurité et de défense.

Sur Twitter @rlombardi2014

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