Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mardi 23 Janvier 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

La fiscalité française reste placée sous le signe du bricolage

La réforme de la fiscalité ressemble à un roman feuilleton, où chaque jour apporte une idée nouvelle qui souvent contredit la précédente sur fond de doctes rapports officiels dénonçant régulièrement les archaïsmes, les contradictions, voire les injustices du système.

EDITORIAL

Publié le

Dernier rapport officiel en date, le jugement porté par la Cour des Comptes stigmatisant le caractère désuet de l’impôt sur le revenu, pilier de la fiscalité depuis un siècle, laminé au fil du temps, puisqu’il ne représente plus que 2,6% du produit intérieur brut, rapporte seulement 47 milliards d’euros et n’est pas payé par 52% des ménages.

A ce stade de déliquescence, il n’est pratiquement plus possible d’opérer une réforme sans provoquer une levée de boucliers de la majorité aujourd’hui exonérée de cet impôt. Mieux vaudrait repartir à zéro avec un dispositif nouveau simple et applicable à tous.

Même remarque à propos de l’ISF, qui vient de donner lieu à plusieurs mois de débats passionnés. La dernière mouture  présentée au conseil des ministres du 11 mai est loin de faire l’unanimité. Elle exonère les plus petits « riches », ceux qui étaient taxés de quelques centaines d’euros. Elle allège la charge de ceux qui se trouvaient en haut de l’échelle des prélèvements.  De quoi continuer à entretenir les querelles sur un impôt qui coûte finalement plus qu’il ne rapporte à la collectivité, compte tenu de l’évasion fiscale qu’il engendre. Là encore, il eut mieux valu le supprimer.

Ne peut-on rêver d’un seul impôt  plutôt que de deux usines à gaz, fuyant de partout en raison des dérogations multiples qui les accompagnent ?

Une fiscalité archaïque ?

Depuis des décennies, la France est embourbée dans une fiscalité archaïque, à fondements idéologiques, qui lui fait perdre le sens des réalités. Arrivera-t-elle un jour à épouser son temps ? Il conviendrait de respecter trois règles : donner la priorité à l’intérêt économique, qui serait à terme l’un des meilleurs moyens de réduire les inégalités. En deuxième lieu,  cesser d’actionner la machine à secréter sans cesse des dépenses nouvelles sans se préoccuper des recettes, à l’heure où la dette a explosé, en réhabilitant le vieux principe paysan de ne pas dépenser  plus qu’on ne gagne.

Troisième règle: assurer la stabilité fiscale, indispensable au maintien de la confiance des citoyens. Le changement permanent auquel on assiste donne le tournis et s’accélère au fur et à mesure qu’on approche des échéances électorale. La plupart des réformes mises en œuvre en 2007 par Nicolas Sarkozy ont déjà été modifiées. Annonce-t-on un durcissement des droits de succession et les notaires sont assiégés de demandes de donations précipitées pour éviter le couperet. La fiscalité immobilière apparait-t-elle moins avantageuse, et aussitôt la construction en pâtit. A court terme, rien ne permet de penser que l’accalmie reviendra, car, en cas de changement politique dans un an, la boulimie fiscale repartira de l’avant. Et pendant ce temps, la dette publique continuera d’enfler imperturbablement…

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par satelmarc - 13/05/2011 - 14:39 - Signaler un abus L'insécurité Française - - -

    Tout le monde est d'accord pour dire : RAS le BOL ! ! Même les experts comptables sont exaspérés de cette instabilité permanente de notre fiscalité, mais aussi de la complexité toujours plus forte. Actuellement et depuis plusieurs années, je suis incapable de remplir seul ma déclaration. Comme en plus chaque année, le formulaire est modifié et certaines règles aussi, c'est un enfer ! !

  • Par satelmarc - 13/05/2011 - 14:49 - Signaler un abus ET la simplification promise ? ?

    Depuis de années on nous a vanté la simplification - - - Où ça ? ? Le CGI est de plus en plus "imbuvable" pour le Français moyen. Même constat pour les bulletins de salaire par exemple ! 15 lignes de retenues diverses et variées alors qu'il devrait y en avoir 3 : Soins médicaux, Retraite, chômage ! Qui est capable d'établir seul un bulletin de salaire pour un employé de maison par exemple ?

  • Par ZOEDUBATO - 13/05/2011 - 17:05 - Signaler un abus Une fiscalité au service de l'emploi et du pouvoir d'achat

    Favoriser les emplois privés qui créent des richesses plutôt que ceux du public qui sont des postes de dépenses. Permettre aux entrepreneurs de gagner de l'argent et de s'enrichir en créant de petites et moyennes entreprises manufacturières. Diminuer les prélèvements sociaux et fiscaux. Favoriser l'investissement. Simplifier et assouplir la législation. Etc...

  • Par JP van St Jans - 13/05/2011 - 20:44 - Signaler un abus A quoi servent les impôts ?

    En répondant simplement à cette simple question, après avoir consulté le préambule de la Constitution, on peut virer le code général des impôts à la benne et établir la liste des courses. Imposition au premier euro sans exception et taux unique. Et engagement de stabilité des règles (sous peine d'amende pour qui y déroge).

  • Par jerome0901 - 14/05/2011 - 13:33 - Signaler un abus Caricature

    Tout à fait d’accord avec Satelmarc : les impôts comme les bulletins de salaire sont illisibles, c’est devenu caricatural. Tout comme est ridicule l’idée de payer des impôts sur des revenus perçus une année avant, ce qui est un couperet horrible pour ceux dont la situation a changé entre temps. Illisibilité et manque de flexibilité, au lieu de simplement prélever à la source, avec un même taux

  • Par jerome0901 - 14/05/2011 - 13:34 - Signaler un abus et ridicule

    pour tout le monde, comme on le fait très bien en Angleterre (ou je vis et travaille), et ou au moins on ne s’embête pas à remplir des déclarations incompréhensibles. Et qu’on cesse un peu de confondre revenus du capital et revenu du travail serait un sérieux pas en avant !

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€