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Le volontarisme sur les dossiers chauds poussera-t-il François Hollande à oublier sa promesse de ne pas être un hyper-President ?

Le Président de la République aurait bien voulu ce samedi rappeler qu'il fixe les grandes orientations politiques, mises en œuvre par le Premier ministre. Mais l'urgence de la situation -à commencer par le plan social annoncé par PSA- risque de l'obliger à mettre les mains dans le cambouis.

Omniprésent

Publié le 14 juillet 2012
 

Les Français auront-ils été sensibles au fait que l’interview du 14 juillet ne se déroule pas à l’Elysée, mais à 500m du palais présidentiel, à l’Hôtel de la Marine, sis rue Royale ? Pas sûr ! Car rien ne ressemble plus à une table en plexiglas posée dans le salon d’un bâtiment historique situé à proximité de la place de la Concorde qu’à une table fabriquée dans le même matériau installée dans le bureau présidentiel.

Mais  François Hollande ne s’était-il pas engagé à ne pas « convoquer » les journalistes à l’Elysée ? En tous cas, ce retour à la tradition de l’interview du 14 juillet coïncide avec le retour du Président de la République sur la scène intérieure. Depuis son arrivée à l’Elysée, il avait  été « aspiré par les rencontre internationales », et en ces temps de conjoncture sociale morose, l’entretien télévisé du 14 juillet lui a opportunément donné l’occasion de dire aux Français que sa grande priorité demeure l’emploi. L’occasion aussi de faire la mise au point (attendue) sur les bisbilles familiales qui ont débordé sur la vie politique. « Les affaires privées doivent demeurer dans la sphère privée », a-t-il déclaré, ne voulant visiblement pas s’attarder sur ce sujet qui passionne les Français et les médias. Il ne lui reste qu’à être entendu.

Avec cette interview marquant une nouvelle rupture avec l’ère sarkozienne, François Hollande voulait rappeler la philosophie de sa présidence : fixer les grandes orientations « conformément à ses engagements devant les Français », en laissant au Premier Ministre et au gouvernement  le soin de les mettre en œuvre. Une théorie qui va forcément devoir s’affiner, car on imagine mal le volontarisme affiché s’accommoder d’une distanciation par rapport aux dossiers chauds. A commencer par le cas PSA, dont le plan social est qualifié d’inacceptable par François Hollande, qui réclame une « renégociation » : il va d’ailleurs recevoir les salariés du constructeur, exige le reclassement de tous les salariés, veut qu’Aulnay reste un site industriel et que le site de Rennes soit pérennisé. Mais si la direction de PSA peut s‘attendre à être clouée au pilori à propos de ses choix stratégiques antérieurs, force est de reconnaitre que l’industrie automobile française souffre d’un manque de compétitivité.

Pour François Hollande le mot n’est plus  tabou : on l’a déjà entendu évoquer la compétitivité de l’industrie française en début de semaine, au moment de l’ouverture de la Conférence sociale. Pour l’automobile il y a urgence : un plan stratégique va donc être rapidement mis sur pied pour être dévoilé avant la fin du mois. Un plan qui doit, selon lui, coûter le moins possible au contribuable (pas question d’une nouvelle prime à la casse), mais qui doit rendre les voitures françaises plus attractives grâce à l’innovation mais aussi grâce à leur prix ; et voilà reposée la question du coût du travail, avec la lancinante interrogation sur une hausse de la CSG, pour alléger les charges sociales, la TVA sociale ayant été abandonnée.

 


Commentaires

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  • Par choubidou - 15/07/2012 - 11:35 - Signaler un abus Moralisation des élus tout de suite

    Que Jospin règle le sort des gardes des sceaux redevenus simples élus qui ont laissé faire ces dizaines de magistrats agissant en bande organisée, qui ont garanti 15 ans d'impunité au directeur de campagne de F. Mitterrand passé avec 30 Mf à travers le parquet de Paris et la Cour de justice !!

  • Par ladyactu - 15/07/2012 - 03:08 - Signaler un abus Président normal

    Le président f.Hollande s'est fixé un objectif,installer la méthode Hollande,justice,mais sans rigueur,pas de mélange vie public vie privée "les affaires privées" se règlent en privé,effectivement il ne s'est pas attardé sur le tweet,il ne veut surtout pas ressembler à son prédécesseur-,en ce qui concerne le plan social de chez psa,il faut bien qu'il prenne ses responsabilités,mettre les mains dans le cambouis,il a été élu président,il devra gérer les salariés de psa attendent ses actes pour sauver leur outil de travail,le changement c maintenant!

  • Par vangog - 14/07/2012 - 23:18 - Signaler un abus Beaucoups de bla-bla sur la forme!

    ...peu sur le fond.
    Mais maintenant , on sait que le couple Flanby,-Zéro va mettre au point une technique pour se rassembler afin de réfléchir au comment faire croire aux Français bêlants que la crise a disparu avec Sarko!

  • Par sheldon - 14/07/2012 - 18:24 - Signaler un abus S'il faisait comme Obama ? des milliards pour restructurer!

    Et non ! on est dans le socialisme français : on va donner, donc nous, le contribuable, des millions pour garder une sur production non rentable, car le 93, c'est un gros fief socialiste à subventionner !
    D'un revers il a balayé bien sûr le coût du travail.Et oui,M. Hollande; la France est très compétitive !

  • Par flogo - 14/07/2012 - 17:48 - Signaler un abus Quel amusement

    de réécouter les échos des critiques de Hollande sur l'hyper président, alors qu'il est en plein dedans.
    Il a beau dire que Ayrault gouverne, c'est lui qui donne les ordres à un premier ministre le petit doigt sur la couture du pantalon!
    Nous allons vivre cela en direct dans les prochains jours;
    *****
    PSA :
    C'est Montebourg qui va être content.
    Il était bien opposé à la mondialisation et voulait démondialiser ...
    Voila le travail commence, mais, oh! comme c'est amusant, c'est l'entreprise française qui voulait garder un maximum d'emplois en France (+ 50% des travailleurs étaient dans les usines PSA en France) qui se trouve en difficultés pour n'avoir pas mondialisé son entreprise...
    Il va falloir qu'il fasse un très très grand écart pour démontrer que la mondialisation était necessaire en respectant le principe de la démondialisation...
    Mais c'est pas grave, nous avons l'habitude avec la gauche de constater qu'ils font toujours l'inverse de ce qu'ils disent!

  • Par flogo - 14/07/2012 - 17:40 - Signaler un abus Quel amusement

    de réécouter les échos des critiques de H

Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale.

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