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Intelligence artificielle contre le terrorisme : attention aux faux espoirs

Edouard Philippe a récemment abordé le rôle que pourrait prendre l'intelligence artificielle (IA) dans le cadre de la présentation du nouveau plan de lutte contre contre le terrorisme. Le Premier ministre a chargé le préfet Renaud Vedel de faire des propositions dans ce domaine avant la fin de l'année 2018. A quoi pourrait servir l'intelligence artificielle (IA) ?

Atout technologique

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Intelligence artificielle contre le terrorisme : attention aux faux espoirs

 Crédit GERARD JULIEN / AFP

Atlantico.fr : Edouard Philippe lors de sa présentation du nouveau plan de lutte antiterroriste, a abordé le rôle que pourrait prendre l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre le terrorisme, et a chargé le préfet Renaud Vedel de faire des propositions au gouvernement en ce sens, avant la fin de l'année 2018. A quoi pourrait servir l'intelligence artificielle  (IA) dans ce cadre ? Que peut-on imaginer ?

 
Franck DeCloquement : Le Premier Ministre Edouard Philippe a en effet  dernièrement exprimé du siège de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI), son souhait de tirer partie des expériences malheureuses qu’à eu à subir la France sur son sol, en matière d’attentats terroristes islamistes. Et ceci, afin de consolider et d’augmenter certains acquis de compréhension et d’intelligence en matière de détection amont dans les facteurs de passages à l’acte. Dans le but évident d’en retirer des enseignements opérationnels efficaces et mobilisables à l’avenir.
L’objectif poursuivi par cette initiative originale étant de « donner à notre action contre le terrorisme, de nouvelles perspectives », selon les propres mots d’Edouard Philippe. Et plus spécifiquement en matière de connaissance, de détection et de prédiction, si l’on ramasse les propos du Premier Ministre en quelques mots. 
 
Mais il faut toutefois rappeler que la France part de très loin dans le domaine de l’analyse prédictive. Pour preuve, la polémique née autour de l’adoption sous la précédente mandature par nos services de renseignements, des technologies du géant américain PALANTIR en matière d’algorithmes prédictifs et de traitement de données de masse. Et ceci, faute dit-on de solutions françaises crédibles, hautement performantes dans ce domaine, et immédiatement mobilisables par les autorités... Le sang de certains spécialistes de la contre-ingérence et du contre espionnage n’a fait qu’un tour, tous conscients du problème corrélatif à cette décision en termes de sécurité nationale : fini l’indépendance technologique et la préservation du secret relatif à nos données sensibles. Nos services d’Etat offraient désormais le flanc à de possibles ingérences extérieures, à cette occasion. Américaines en l’occurrence. « Open bar » pérorèrent même en coulisses, certains observateurs blasés par tant de naïveté politique dans la décision. Faut-il encore rappeler que PALANTIR a été cofondé par le milliardaire Peter Thiel, très proche soutient de Donald Trump pendant sa campagne électorale, en lien contractuel direct avec le Pentagone, la CIA et la NSA, dans la menée de programmes militaires conjoints en matière d’IA. 
 
Dans cette perspective, décision à donc été prise de renforcer les instruments de veille et de suivi de l’Etat sur certaines situations particulièrement sensibles. Ce qui sera particulièrement le cas pour les détenus terroristes, ou les détenus de droit commun radicalisés en fin de peine. Et ceci, afin d’en apprendre davantage et de façon beaucoup plus systématique sur l'ensemble de ces épisodes violents, pour toujours mieux déjouer la menace terroriste et comprendre ses évolutions en lien avec la criminalité organisée et la petite délinquance. Dans cette perspective, les services de l’Etat ont donc vocation à se saisir des opportunités offertes par l’évolution des technologies de la sécurité et de l'intelligence artificielle, tout en inscrivant leur développement et leurs usages, comme l’a rappelé Edouard Philippe, « dans le cadre protecteur des libertés individuelles auquel nous sommes collectivement attachés ». La messe est dite. Mais qu’en est-il des réalités ? 
 
 
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  • Par Anouman - 25/07/2018 - 19:19 - Signaler un abus IA

    Pour lutter contre le terrorisme peut-être pas. Mais pour remplacer Philippe, probablement. Et on pourrait faire tourner l'IA avec une puce 8086.

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Franck DeCloquement

Franck DeCloquement est praticien et expert en intelligence économique et stratégique (IES). Membre fondateur du Cercle K2 et ancien de l’Ecole de Guerre Economique de Paris (EGE), il est en outre professeur à l'IRIS (Institut de Relations internationales et stratégiques) en "Géo-économie et intelligence stratégique". Il enseigne également la "Géopolitique des médias" en Master 2 recherche "Médias et Mondialisation", à l'IFP (Institut français de presse) de l'université de Paris II Panthéon-Assas. 

Franck DeCloquement est aussi spécialiste sur les menaces Cyber-émergentes liées aux actions d'espionnage économique et les déstabilisations de nature informationnelle et humaine. Il est en outre intervenu pour la SCIA (Swiss Competitive Intelligence Association) à Genève, aux assises de la FNCDS (Fédération Nationale des Cadres Dirigeants et Supérieurs), à la FER (Fédération des Entreprises Romandes à Genève) à l’occasion de débats organisés par le CLUSIS - l'association d’experts helvétiques dédiée à la sécurité de l'information - autour des réalités des actions de contre-ingérence économique et des menaces dans la sphère digitale. 

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