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Insoumis d’hier et d’aujourd’hui : le vote Mélenchon, des maquis de la Résistance à Notre-Dame-des-Landes

Meetings en multiplex avec recours très médiatisé à un hologramme, activité intense sur Youtube et les réseaux sociaux, la campagne de Jean-Luc Mélenchon a accordé une très large place aux instruments de la modernité, faisant du leader de la France Insoumise, le candidat le plus « 2.0 » de la dernière campagne présidentielle.

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Insoumis d’hier et d’aujourd’hui : le vote Mélenchon, des maquis de la Résistance à Notre-Dame-des-Landes

Mais, s’il a parfaitement saisi la puissance conférée par ces outils technologiques pour mobiliser ses partisans et faire passer ses idées (s’inspirant en cela du « nord-américain » Bernie Sanders), Jean-Luc Mélenchon a su afficher cette hyper-modernité tout en mobilisant dans ses discours de nombreuses références et symboles historiques faisant des Insoumis de 2017, les héritiers de nombreux combats glorieux pour l’émancipation.

En tirantce fil rouge, il a voulu s’appuyer sur la puissance évocatrice et mobilisatrice d’événements ayant marqué les mémoires collectives. Ainsi, à Lyon, il entonna le chant des canuts qui fut repris poing levé par la foule. A Toulouse, il fit référence aux cathares et aux camisards avec un succès certain dans le public. On notera également que Jean-Luc Mélenchon arbore en permanence sur sa veste un petit triangle rouge qui correspond à l’insigne attribué par les nazis aux déportés politiques et aux résistants (souvent communistes) envoyés dans les camps.

Le porter, plus de 70 ans plus tard, est une façon pour Jean-Luc Mélenchon de rendre hommage à ces résistants, tout en rappelant son engagement contre l’extrême-droite.

Parallèlement à l’usage massif des réseaux sociaux comme gage de modernité, l’inscription de sa démarche politique dans l’histoire des luttes et de la Résistance a été payante électoralement car elle lui a permis, au plan national, de capter tout un imaginaire encore vivace mais relativement délaissé par ses concurrents. La mise en avant de cette France Insoumise, rebelle et résistante, a résonné de surcroît avec une acuité toute particulière dans certains lieux et territoires de mémoire.

  1. Un survote Mélenchon dans les anciens maquis de la Résistance

L’analyse des résultats de l’élection présidentielle montre en effet que la candidature du leader de la France Insoumise a rencontré un écho particulier dans des terres marquées par l’histoire. C’est le cas notamment dans les régions où la mémoire de la Résistance demeure vivace. On constate ainsi que le vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon, qui atteint déjà un niveau assez élevé dans les départements limousins est encore plus important aux confins de la Haute-Vienne, de la Corrèze et de la Creuse, sur le plateau des Millevaches, zone où les maquis furent les plus nombreux et les plus actifs au cours de la Seconde Guerre mondiale. C’est le cas notamment dans le sud-est de la Haute-Vienne, terroir qui fut le fief de Georges Guingouin, le « Préfet du maquis ». Fortes de plusieurs milliers d’hommes à la fin de la guerre, les troupes du résistant communiste menèrent une lutte très active contre l’occupant et les troupes vichystes. Signe de la combativité de ce maquis et de l’enracinement du PC, les Allemands surnommèrent cette région la « Petite Russie ». Ces cantons ont été le théâtre de nombreux coups de mains, sabotages et combats. S’appuyant sur une implantation communiste préexistante[1] renforcée par l’apport de réfugiés républicains espagnols, tout un réseau très maillé s’est constitué organisant des terrains de parachutage pour recevoir des armes, des caches pour les réfractaires du STO et même des centres d’entraînement. Ainsi, à Eymoutiers, où eut lieu le 1er sabotage des maquis de la Haute-Vienne, le 12 décembre 1942, Jean-Luc Mélenchon recueille 29,1% des suffrages et fait mieux encore dans les communes voisines de Saint-Amand-le-Petit, Sainte-Anne-Saint-Priest et Nedde avec respectivement 35,9%, 41,7 % et 41,9% des voix. A Sussac, théâtre de la bataille du Mont Gargan en juillet 1944, lors de laquelle les résistants perdirent près de 40 hommes et éliminèrent plus de 300 soldats allemands et miliciens, Jean-Luc Mélenchon obtient 33% des suffrages. Les combats et les drames (les maquisards ayant payé un lourd tribut), mais aussi toutes ces activités et ces réseaux liés à la Résistance active pendant plusieurs années ont marqué de leur empreinte profonde la mémoire collective dans cette région.

 
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  • Par vangog - 21/09/2017 - 10:16 - Signaler un abus Trois articles Mélenchon par jour sur Atlantico...

    vont-ils suffire à promouvoir le neo-marxiste comme chef de l'opposition à Macron-Rothschild?... Remarquons que dix articles Atlantico (et dans les autres médias serviles) par jour, avant l'élection, avaient réussi à vendre le gourou aux fidèles en pamoison médiatique...pour sauver leurs subventions et leurs niches, les médias Français ont besoin d'un affrontement Melenchouille-Macron. Du côté du Front National, c'est la liberté et, peut-être la baisse des subventions. Les médias n'aiment pas...peur d'être sevrés du marxisme?...

  • Par MIMINE 95 - 21/09/2017 - 10:35 - Signaler un abus ET l'on retrouve FONDAPOL, promoteur de Mélanchouille!!!!!

    Ce qui me confirme que tout pouvoir a besoin d'un clown pour amuser les cerveaux binaires .

  • Par Deudeuche - 21/09/2017 - 19:13 - Signaler un abus Le triangle archipel du

    Goulag ? Comme le rouge communiste quoi!

  • Par Pharamond - 22/09/2017 - 15:33 - Signaler un abus Bis repetita

    Dans un précédent post,j'avais exprimé l'opinion que pour JLM,les carottes étaient cuites,vu son bilan politique vide -pas de grande loi proposée/votée,aucune mesure pratique qui améliore la vie des gens-vie politique emplie par contre de "parole,parole,parole...".A 65 ans,il ne reste pas beaucoup de temps et d'espoir sauf...un coup d'Etat. Non à la manière d'un Bonaparte,mais en cherchant à berner les esprits:Macron serait un imposteur, élu par une majorité de rencontre,bien que son élection ait été confirmée par le Conseil Constitutionnel.Manifestement JLM ne s'est jamais tout fait remis de la grave dépression qui avait failli l'assigner à Sainte Anne ad vitam aeternam. Cool man.

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Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.

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Sylvain Manternach

Sylvain Manternach est géographe-cartographe, formé à l’Institut français de géopolitique, et auteur d'une note sur les résultats du second tour des élections départementales co-écrite avec Jérome Fourquet, Directeur du département Opinion et stratégie d'entreprises de l'Ifop. Parmi ses publications, on retrouve notamment : Perpignan, une ville avant le Front (avec Jérôme Fourquet et Nicolas Lebourg, Fondation Jean Jaurè), Karim vote à gauche et son voisin vote FN (collectif sous la direction de Jérôme Fourquet, éditions de l'Aube), L'an prochain à Jérusalem (avec Jérôme Fourquet, éditions de l'Aube). Prochainement, une double note de Sylvain Manternach (avec Jérôme Fourquet) sur la crise migratoire à Calais et la très nette augmentation du vote FN, paraîtra à la Fondapol. 

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