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L’INSEE chiffre le mensonge de la décentralisation

Alors qu’en 1990, la moyenne des PIB régionaux représentait 65% du PIB parisien, elle est passée à 32.000 euros en 2013, soit à peine 60% du PIB parisien.

Appauvrissement

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L’INSEE chiffre le mensonge de la décentralisation

L’étude (très attendue) de l’INSEE sur les PIB régionaux et leur évolution depuis 1990 a très largement été lue à partir de la question : quelles sont les régions qui ont le plus souffert durant le quart de siècle qui vient de s’écouler (le Nord et la Lorraine), et quelles sont les régions qui ont le plus profité de la situation (la Corse, les DOM-TOM et le Sud-Ouest). Cette lecture est tentante, mais elle passe à côté de la question fondamentale : la décentralisation dont les bases furent achevées en 1986 a-t-elle atteint ses objectifs ?

L’INSEE et le naufrage de la décentralisation

En relisant l’étude (encore une fois sans accès aux chiffres bruts, c’est agaçant cette résistance permanente de l’INSEE à l’ouverture des données), les réponses à la question paraissent redoutables.

Je propose ici le classement des régions par PIB en 1990 :

 Eric Verhaeghe, d'après l'INSEESource: Eric Verhaeghe, d’après l’INSEE

Comme on le voit, l’Ile-de-France produit en 1990 un PIB équivalent au double de ceux de la Bretagne, des Hauts-de-France ou de la Corse. Il est supérieur de plus de 50% à ceux des régions lyonnaises ou Côte d’Azur.

Ajoutons qu’en 1990, le PIB régional moyen en France est de 18.181 euros… aucune région autre que l’Ile-de-France ne le dépasse.

A lire aussi : 5 cartes pour comprendre ce qu’est devenue la France d’aujourd’hui

Avec la décentralisation, Paris a creusé l’écart avec les régions

La même analyse donne les résultats suivants en 2013 :

 Eric Verhaeghe d'après l'INSEE

Source: Eric Verhaeghe d’après l’INSEE

Premier constat : l’ordre de tête dans le classement est exactement le même ! En bas de classement, la Corse a échappé, grâce à la décentralisation, au statut de dernier PIB régional de France (qui revient désormais à la Guyane), et la Bretagne n’est plus avant-dernière. Le Nord-Picardie reste lanterne rouge des régions métropolitaines.

Surtout, un seul terrible constat est à dresser. Si Lyon et Marseille ont très faiblement réduit leur écart par rapport à Paris, toutes les autres régions ont entamé un mouvement de décrochage. Alors qu’en 1990, la moyenne des PIB régionaux représentait 65% du PIB parisien, elle est passée à 32.000 euros en 2013, soit à peine 60% du PIB parisien.

Autrement dit, la décentralisation, loin de rééquilibrer le développement français, a permis à Paris d’améliorer son différentiel par rapport au reste de la France, Marseille et Lyon exceptés. La décentralisation, avec son cortège de créations interminables de postes de fonctionnaires territoriaux et de mille-feuilles administratifs, a appauvri les régions françaises au lieu de les enrichir.

Cet article a initialement été publié sur le blog d'Eric Verhaeghe 

 
Commentaires

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  • Par Deudeuche - 12/07/2016 - 14:57 - Signaler un abus France federale

    Pour sortir de ce putain d'Empire parisien vampire qui ne vise qu'à tuer à petit feu la France (ses régions).

  • Par Camtom - 12/07/2016 - 14:58 - Signaler un abus Merci! C'est consternant!! La

    Merci! C'est consternant!! La bête s'auto-dévore...

  • Par Deudeuche - 12/07/2016 - 17:44 - Signaler un abus @Camtom

    Oui, étape finale, tout en IdF et le reste crève. Les méga-régions visent à accélérer le processus d'étranglement de la France; Le réseau est en toile d'araignée, et la grosse araignée c'est... Paname

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 12/07/2016 - 19:30 - Signaler un abus Bobo....contre Prolo...

    Tres grande disparité. Pas grand chose de commun entre le bobo qui vit au centre de Paris et qui vote Anouchka, et le prolo de banlieue qui se tape 4 heures de transport par jour et vote plutôt Marinette. C'est ça la lutte des classes, le bobo ne cesse de s'enrichir et son patrimoine atteint des sommets, alors que le prolo finira par pèter un cable, un jour de grève SNCF en comprenant qu'en fait il est le cocu de l'histoire. Même notre bonne Anouchka ne les aime plus, elle a honte d'eux et essaie par tous les moyens de les dissuader d'entrer dans Paris, en supprimant le stationnement, et les vieilles voitures qui puent. Ça plaît beaucoup au bobo qui lui n'a pas de voiture, et la loue en cas de besoin, , c'est ça l'électorat d'Anouchka...!

  • Par Deudeuche - 12/07/2016 - 19:56 - Signaler un abus @Paulquiroulenamassepasmousse

    Intéressant votre d'histoire d'Ile de France....??

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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