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Insécurité : pourquoi les statistiques officielles ne sont qu’un reflet déformé de la réalité

La violence gratuite explose pour divers motifs, tenant tous plus ou moins à une démission de l'Etat.

Biaisé

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Insécurité : pourquoi les statistiques officielles ne sont qu’un reflet déformé de la réalité

Selon une enquête du Figaro ce 13 février, 777 agressions  type "violence gratuite" (violences non crapuleuses, n'ayant pas pour but de voler)  seraient commises en France chaque jour, soit  283.631 infractions déclarées (+3.4% sur un an) pour toute l'année 2017. Que faut-il penser de ces chiffres ? 

Xavier Raufer : D'abord, prudence : le Ministère de l'Intérieur jongle pas mal avec les chiffres brut dont il dispose. Peut-être que, à tout prendre et en termes de communication-tisane ("dormez, brave gens"), la violence gratuite lui a-t-elle semblée moins affolante que les vols avec violence pour les électeurs. Il faudrait y aller voir de plus près. Aussi, on ne dispose pas à présent de la répartition géographique desdites "violences gratuites". Quand on aura cette répartition, on verra sans doute que le gros de ces violences se déchaîne dans, ou à proximité, des zones hors contrôle, quartiers ou cités coupe-gorge (autrement appelées par l'administration "territoires de la politique de la ville" ou "zones urbaines sensibles").

Dans ces zones, les violences - gratuites ou payantes - peuvent d'autant mieux s'exercer que la police en est, d'ordinaire et le plus souvent, absente, et qu'y règne une toxique loi du silence qui pousse les habitants du cru à se taire et regarder ailleurs. Enfin, sans doute plus de 90% des auteurs de ces violences passent entre les mailles distendues du filet judiciaire, les infractions de ce type n'étant d'usage pas réprimées du tout. Ainsi se vérifie un infaillible adage criminologique : "les malfaiteurs ne s'arrêtent que quand on les arrête". On les laisse en paix ? Ils continuent et même, aggravent leurs exactions.

Comment expliquer ces chiffres ? Faut-il y voir un reflet des inégalités sociétales ?

Laissons la "culture de l'excuse" au cimetière des vieilles lunes du sociologisme paléo-1968. regardez la Suède : pas de société plus égalitaire, politiquement correcte et vivant dans l'aisance. L'idée du bien commun, les Suédois la chérissent ! Et le vivre ensemble, plus encore. Cependant, depuis la marée migratoire des années 2012-2013, les viols se multiplient, les commissariats sont attaqués à la bombe et Malmö est devenu un coupe-gorge type Seine Saint-Denis. Bien sûr, vous ne trouverez là-dessus aucune information dans les médias grand public mais des sources impartiales (Agence Reuter, etc.) dépeignent clairement le désastre sécuritaire que subit la Suède. Donc là n'est pas l'origine du mal.

 
Commentaires

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  • Par J'accuse - 15/02/2018 - 15:04 - Signaler un abus La démission de l'Etat résulte de la lâcheté des politiciens

    Les politiciens se font élire en mentant, et gouvernent en trichant. Ils sont, avec les journalistes et les experts (économistes et climatologues en tête), les premiers diffuseurs de ces "fake news" qu'ils prétendent vouloir combattre (en fait, les infos qui ne leur plaisent pas.). Au lieu d'agir pour la sécurité des citoyens, ils s'agenouillent devant les délinquants et les criminels, et maquillent les stats: c'est plus facile.

  • Par Neurohr Alain - 16/02/2018 - 03:54 - Signaler un abus La Suède vue par le Figaro

    Il y a eu tout de même un article dans le Figaro, aux alentours du 1er février. Il décrivait l'état de quasi guerre où se trouve le sud du pays et surtout Malmö, parlait des bombes jetées devant les commissariats. Mais pas un mot, même pas une allusion à propos des auteurs de ces délits. Les ours blancs ? Les Lapons ? Les rennes ?

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Xavier Raufer

Xavier Raufer est un criminologue français, directeur des études au Département de recherches sur les menaces criminelles contemporaines à l'Université Paris II, et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet.

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