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Inscription de la Corse dans la Constitution : le faux-semblant jeté par Emmanuel Macron aux nationalistes

Le discours qu'Emmanuel Macron a tenu en Corse a été qualifié de "discours de vengeance" par le dirigeant corse Gilles Simeoni.

Illusion juridique

Publié le
Inscription de la Corse dans la Constitution : le faux-semblant jeté par Emmanuel Macron aux nationalistes

Atlantico : Tout en rejetant la plupart des revendications des élus nationalistes corses, de la cooficialité, à la fiscalité particulière, en passant par l'amnistie ou le statut de résident, Emmanuel Macron, dans son discours du 7 février, a ouvert la possibilité d'une inscription à l'article 72, ouvrant ainsi la voie à la discussion avec les nationalistes. Faut-il y voir une habileté permettant d'éviter un affrontement politique avec les élus ?

Christian Bidégaray : En refusant de placer la Corse sous le régime de l’article 74 l’Etat se refuse à donner à la Corse le régime de spécialité législative qui permet à ces territoires de se donner des règles propres et notamment de fixer des règles qui, en métropole, relèvent normalement de la loi.

En restant dans le domaine de l’article 72, l’Etat ne cède pas aux demandes des nationalistes, il peut leur accorder une plus grande autonomie et il permet simplement d’ouvrir la voie à des adaptations dans le cadre des dispositions législatives et réglementaires de la métropole. 

A mon sens ce n’est pas une habileté mais au contraire l’affirmation que l’Etat ne cèdera pas sur les points essentiels de l’unité de la République. Les élus nationalistes ne peuvent être que déçus, (mais pouvaient-ils penser que l’Etat céderait sur ces points ?) Il s’agit plutôt d’un rapport de force. Les nationalistes ont essayé de mettre la pression  sur le Président,notamment par les manifestations en Corse mais non , le Président ne cède pas. 

Emmanuel Macron a déclaré : "Naguère, les élus Corses se seraient satisfaits d’une inscription à l’article 72. Reconnaître la singularité de la Corse dans la constitution, en raison de sa géographie, ses spécificités, j’y suis prêt. C’est pourquoi je ne souhaite pas réviser la constitution sur un concept, mais avec un objectif précis, des attentes détaillées, en regardant ce qui est nécessaire et ce qui ne l’est pas. Nous devons procéder à une analyse dans le mois qui s’ouvre afin de prendre des décisions sur l’intégration au projet de loi constitutionnel. Nous le ferons de manière apaisée. Je souhaite qu’il y ait un travail de fond qui soit mené, pour permettre à la Corse de réussir dans la République.". Quelles sont les possibilités concrètes ouvertes par l'article 72 ? Quelles sont les "avancées" que peuvent espérer les élus corses ? 

Parler de la Corse dans la constitution, pourquoi pas, mais pourquoi pas le Pays Basque ou la Bretagne ? Au reste, cette disposition risque d’être contestée lors de la révision de la constitution – si elle a lieu (or pour l’instant le Sénat (et Larcher) se fait tirer l’oreille, lui aussi négocie). Notons cependant que Macron, nous laisse dans le vague en disant  « je ne souhaite pas réviser la constitution sur un concept, mais avec un objectif précis, des attentes détaillées, en regardant ce qui est nécessaire et ce qui ne l’est pas ».

 
Commentaires

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  • Par Atlante13 - 08/02/2018 - 12:08 - Signaler un abus Oui, l'auteur a raison

    sur le plan technique. Seulement les corses savent tout cela aussi bien que lui, et ils poursuivent leur forcing, ils n'ont rien cédé alors que Macron a déjà fait deux concessions. Il est clair que les négociations vont continuer en sous-main, loin des médias stupides, et Macron fera encore d'autres concessions. Il n'a qu'un objectif, c'est de sauver les apparences et arriver à en tirer un profit personnel. Il a fermé la porte, mais ouvert en grand les fenêtres.

  • Par Deudeuche - 08/02/2018 - 12:16 - Signaler un abus @ATLANTE13

    Oui et c’est très bien. Peut être ce pays va en finir de sa structure en toile d’araignée avec pour nom de la mygale “Paris”. En finir avec les préfets gauleiter. Les décisions toutes prises à ce putain de Paris et les ressources et talents aspirés par la”bête” du bord de la Seine. Le fédéralisme ça marche!

  • Par vangog - 08/02/2018 - 12:47 - Signaler un abus La vendetta corse!

    Ce Gilles Siméoni a l’art bien archaïque, dans ses jugements a l’emporte-pièce...ce n’est pas lui qui sortira la Corse d’un passé où elle s’enterre, inexorablement...Avec Macron-Rothschild, il a trouvé un excellent pantin...

  • Par Deudeuche - 08/02/2018 - 13:03 - Signaler un abus @vangig

    La region (identitaire, pas la loi Notre de merde) est une structure de proximité et non pas l’empire parisien, vampire fiscal et structurellement hors sol, à l’image de toutes les structures idéologiques et conceptuelles qui nous pourrissent la vie via l’EN les médias et le “clergé cultureux” du système!

  • Par ajm - 08/02/2018 - 15:33 - Signaler un abus Il faut trancher dans un sens ou un autre.

    Les "nationalistes" corses veulent pouvoir faire ce qu'ils veulent en Corse mais avec l'argent de l'Etat Français. Les "avantages" de l'indépendance sans la responsabilité, notamment financière, qui va avec. Je ne suis pas d'accord. Plutôt la Corse en dehors de la France.

  • Par Deudeuche - 08/02/2018 - 18:22 - Signaler un abus @ajm

    Restons sérieux!

  • Par ajm - 08/02/2018 - 21:57 - Signaler un abus Faux problème.

    Je suis sérieux; la France a trop de vrais problèmes pour s'encombrer de faux problèmes crées par des petits politiciens maffieux qui cherchent à faire leur pelote minable aux frais de la Republique Française. La Corse, en gros, c'est 300 mille habitants, un tiers de retraités, un tiers de fonctionnaires ou assimilés payés directement ou indirectement par l'Etat Français et le reste c'est le tourisme ( touristes Français essentiellement) , un peu l'agriculture , du bâtiment . Donc de deux choses l"une: les Corses veulent rester Français , on continue comme avant ou ils ne se sentent plus Français et on se sépare d'eux. Mais continuer à payer pour se faire insulter , on n'en a plus les moyens. Idem pour les DOM- TOM s'ils veulent prendre les mêmes manières.

  • Par Deudeuche - 08/02/2018 - 22:54 - Signaler un abus @ajm

    Et à la fin il ne restera que l’ile De merde, pardon de France!

  • Par Stargate53 - 09/02/2018 - 09:20 - Signaler un abus C'est un sujet accessoire !

    Ce nombrilisme corse est indécent alors que le pays est confronté à de graves déséquilibre dans beaucoup de domaines, fonction publique pléthorique, mille feuille administratif, éducation nationale iinappropriée aux défis d'avenir, déficits publiques abyssaux, endettement colossal du pays, chômage endémique, commerce extérieur à la traine, attentats, montée de l'islamisme, communautarisme des cités, etc... La liste des priorités à traiter est longue alors le folklore corse peut attendre !

  • Par Deudeuche - 09/02/2018 - 20:13 - Signaler un abus @Stargate53

    Pas accessoire en Corse où l’islamisme et le boboisme progressiste sont à l’index. Ceci les problèmes du RER oui ce n’est absolument pas une priorité nationale! L’identité française ça commence par la région et non par ce gloubi boulga pseudo national de la mediacratie parisienne!

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Christian Bidégaray

Christian Bidégaray, professeur de Droit public et de Science politique, a effectué l’essentiel de sa carrière à l’Université de Nice où il fut successivement président de la Section de Droit public puis de Science politique. Il est le fondateur de la filière Science politique à la Faculté de Droit de Nice et fut directeur du Laboratoire LARJEPTAE (Laboratoire de recherches juridiques, économiques et politiques sur les transformations des activités de l’État) puis du Laboratoire ERMES (Équipe de Recherche sur les Mutations de l’Europe et de ses Sociétés). Il fut membre du Conseil d’administration de la Fondation nationale des sciences politiques, du Conseil national des universités(CNU – 4e section), de plusieurs jurys d’agrégation de l’enseignement supérieur en Science politique et Droit public et a siégé pendant deux mandats à la Commission des Sondages. Jusqu'en 2016, le Professeur Bidégaray Le Professeur Bidégaray dispensait également ses cours aux étudiants de l'Ecole de journalisme de Nice.

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