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Innumérisme : ce que nous risquons à devenir nuls en maths

À quoi servent les maths ? Voilà une question qui taraude nombre d'étudiants et d'adultes qui sont amenés à se retrouver face à un problème mathématique. Pourtant, sans le savoir, nous utilisons les mathématiques de bases tous les jours en gérant nos comptes, en faisant nos courses… Même pour aménager notre maison, quelques notions de géométrie nous sont des plus utiles. Problème, notre niveau en math a drastiquement baissé. Et les conséquences peuvent être plus graves qu'on ne le soupçonne.

Risque pas calculé

Publié le
Innumérisme : ce que nous risquons à devenir nuls en maths

 Crédit Yann COATSALIOU / AFP

Atlantico : Comment expliquer une baisse de niveau en mathématique ?

Michel Vigier : Les premières études nationales (Education Nationale DEPP) ou internationales mesurent une baisse de niveau, dont l’origine se situerait dans les années 80 (1987, pour l’Education Nationale, DEPP) pour diverses raisons pédagogiques (comptage et surcomptage à partir de la maternelle). La principale raison réside, très probablement, dans l’introduction des calculatrices électroniques de poche, pour tous, à la fin des années 70. La conséquence, alors en germe, est, dans les années 80, le reflux de l’apprentissage du calcul mental à l’école élémentaire. Le résultat, on le connaît : 2/3 des élèves à la fin du collège sont en échec en maths : surtout, ils ne comprennent pas les fondamentaux, le système de numération positionnel décimal, le sens des opérations, la logique du calcul, et ils ont peu d’intérêt pour les problèmes de la vie de tous les jours.

Le réflexe de plusieurs générations d’écoliers et d’élèves est de sortir la « calculette » à la moindre question du professeur. Tapotement sur la calculatrice, les réponses fusent … Ah, ce n’est pas ça ? … Re-tapotement et nouvelle réponse ... Ah, ce n’est toujours pas ça ? Etc. Les réponses annoncées sont déconnectées du réel. Aucun sens n’est donné à l’étude du cas concret. On fait un calcul pour un calcul, c’est une opération « hors sol ».  L’Association pour la Prévention de l’Innumérisme démontre, au contraire, expérimentalement , qu’apprendre à calculer mentalement, dès le Cours Préparatoire, par exemple, impose, en effet, aux enfants, une parfaite compréhension du système de numération, des techniques de calcul et des situations de la vie de tous les jours ; les trois techniques de base, trois, seulement, déclinées à l’infini, sont, le calcul de l’écart, la base 10, la distributivité de la multiplication par rapport à l’addition. Elles permettent d’assimiler parfaitement « les fondamentaux pour tous ». Pourquoi s’en priver à l’école ?

Une récente recherche suggère une corrélation entre les compétences en calcul faible et le chômage national, la productivité, voire la santé physique. Que risquons-nous vraiment de devenir nuls en mathématiques ? Comment ces difficultés se retrouvent elles concrètement dans la vie courante ?

Les premières études nationales (Education Nationale DEPP) ou internationales mesurent une baisse de niveau, dont l’origine se situerait dans les années 80 (1987, pour l’Education Nationale, DEPP) pour diverses raisons pédagogiques (comptage et surcomptage à partir de la maternelle). La principale raison réside, très probablement, dans l’introduction des calculatrices électroniques de poche, pour tous, à la fin des années 70. La conséquence, alors en germe, est, dans les années 80, le reflux de l’apprentissage du calcul mental à l’école élémentaire. Le résultat, on le connaît : 2/3 des élèves à la fin du collège sont en échec en maths : surtout, ils ne comprennent pas les fondamentaux, le système de numération positionnel décimal, le sens des opérations, la logique du calcul, et ils ont peu d’intérêt pour les problèmes de la vie de tous les jours. Le réflexe de plusieurs générations d’écoliers et d’élèves est de sortir la « calculette » à la moindre question du professeur. Tapotement sur la calculatrice, les réponses fusent … Ah, ce n’est pas ça ? … Re-tapotement et nouvelle réponse ... Ah, ce n’est toujours pas ça ? Etc. Les réponses annoncées sont déconnectées du réel. Aucun sens n’est donné à l’étude du cas concret. On fait un calcul pour un calcul, c’est une opération « hors sol ».  L’Association pour la Prévention de l’Innumérisme démontre, au contraire, expérimentalement , qu’apprendre à calculer mentalement, dès le Cours Préparatoire, par exemple, impose, en effet, aux enfants, une parfaite compréhension du système de numération, des techniques de calcul et des situations de la vie de tous les jours ; les trois techniques de base, trois, seulement, déclinées à l’infini, sont, le calcul de l’écart, la base 10, la distributivité de la multiplication par rapport à l’addition. Elles permettent d’assimiler parfaitement « les fondamentaux pour tous ». Pourquoi s’en priver à l’école ?

 
Commentaires

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  • Par lorwakaf - 12/07/2018 - 09:01 - Signaler un abus Les français ne sont pas matheux

    Nos informaticiens sont diplômés du Maroc de plus en plus et peu de candidats français meme pour la data science et le big data sujets à la mode où il faut un peu de maths. Je radote souvent sur le sujet mais je ne comprends pas. Et cela n'a rien à voir avec une polémique pour ou contre l'immigration. Cela dit les français ont peut etre raison car il est plus valorisant et moins difficile de faire du commerce que de la technologie et donc des maths et les américains se debrouillent avec ce modèle où les matheux viennent de l'exterieur.

  • Par pale rider - 12/07/2018 - 09:20 - Signaler un abus D accord avec le constat et les conséquences

    Mais pas du tout sur les causes. Ils ne savent pas lire non plus .... et le calculette n y est pour rien . La cause est bien connue : le pedagogisme et ses serviles exécutants bon disciples de Bourdieu justement qui en baissant les exigences ont enfoncé dans le mur ceux qu ils voulaient aider (ou pas) comme on dit "l enfer est pavé etc"

  • Par assougoudrel - 12/07/2018 - 14:30 - Signaler un abus Je suis devenu très bon en

    calcul mental, car, depuis l'arrivée de l'euro, avant d'acheter, je convertis tout en franc, de la voiture au kilo de carottes et cela me permet de voir si il faut acheter ou pas. Quand je vois certains, pour une simple opération, utilisent la calculette, je trouve ça triste.

  • Par Anouman - 12/07/2018 - 20:09 - Signaler un abus Calcul

    "Revenons sur les propos de l’expert en sécurité routière, selon lesquels une économie de 300 morts sur 3 000 par an, serait 1 % de la mortalité routière. Notre spectateur lambda va retenir ce taux marginal, ce qui l’autorise à protester contre la décision publique." Ce n'est pas grave que ce soit 1% ou 10% puisque personne ne peut démontrer que cela diminuera le nombre de morts. Et dans ce cas c'est le seul point important, ne pas prendre pour argent comptant tous les chiffres qu'on balance sans jamais en préciser l'origine. Mais il est vrai que beaucoup de gens pataugent dans les pourcentages du genre: on augmente la CSG de 1.7%. Non on l'augmente de 1.7 points et en pourcentage c'est autre chose. (de 6.60 à 8.30 sur les retraites c'est plus de 25%). Un peuple nul en calcul c'est un avantage.

  • Par J'accuse - 12/07/2018 - 22:59 - Signaler un abus On peut être bon en calcul et nul en maths, et inversement

    Le niveau Primaire (Certificat d’études) est suffisant pour la vie de tous les jours, et il n'y a pas de mal à utiliser une calculette. Mais pour s'assurer que le commerçant ne vous vole pas en rendant la monnaie, il est préférable de ne pas être nul en calcul mental: 100-7x9= 27... Merde ! Je me suis fait avoir de 10 euros !

  • Par assougoudrel - 13/07/2018 - 08:39 - Signaler un abus @J'accuse

    Je confirme; je suis bon en calcul, mais nul de chez nul en math.

  • Par Alcibiade - 14/07/2018 - 17:13 - Signaler un abus L'ignorance, c'est la force

    Ce qui chez Orwell etait un slogan du Pouvoir est devenu chez nos politiques, et leur bras armé les "pedagos", un programme. Car un citoyen incapable de calculer un simple ordre de grandeur peut avaler n'importe quoi, notamment des augmentations d'impôts, de taxes et de cout des services publics. Exemple: la "transition energetique" va couter 25 milliards d'euros d'ici 2025. Mais qui va calculer combien de Megawatts-heures seront necessaires pour recharger les voitures électriques si elles remplacent totalement les voitures thermiques? sans compter que les voitures roulent le jour et se rechargent la nuit quand l'énergie photovoltaïque est nulle, et qu'il faudrait installer de gigantesques usines de batteries ( au plomb? Polluant! Au cadmium:encore pire? Au lithium ? de pire en pis...etc..). Je vous epargne le calcul: si toutes les voitures neuves vendues en France etaient des Zoe, il faudrait construire une tranche de 900 megawatts par an! Quant aux batteries, si elles étaient au plomb, il faudrait que la France importe chaque année l'équivalent de la production annuelle de plomb. Totalement dingue. En chine il y a plus de 40 centrales nucleaires en construction.!!!

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Michel Vigier

Michel Vigier est ingénieur et président-fondateur de l'Association pour la prévention de l'innumérisme. Ses travaux ouvrent de nouvelles voies pour une réelle " refondation " des apprentissages mathématiques à l’école. 

Michel Vigier est le concepteur du "boulier didactique" et le co-auteur de la Méthode des Abaques, ouvrage publié par l’association. Il est également l'auteur d'un A-book paru en 2014 sur Atlantico éditions : La France handicapée du calcul - Vaincre l'innumérisme pour sortir du chômage

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