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L'inflation peut-elle aider
à sortir de la crise de la dette ?

L'inflation a longtemps été employée par les pays en manque d'argent pour alléger la charge des remboursements. Avec la crise, cette arme pourrait connaître un regain de faveur auprès de certains dirigeants, mais attention à trouver le bon dosage.

EDITORIAL

Publié le

Étrange début d’année : tout monte ! Sous la conduite du pétrole qui a grimpé de 15% depuis le début janvier, avec un baril à plus de 123 dollars pour le brent de la mer du Nord, les matières premières s’envolent, l’or est au plus haut à près de 1800 dollars l’once. Les bourses de valeurs ne sont pas en reste avec le retour en forme des actions, qui gagnent entre 10 et 15%.

L’euro reprend lui aussi des couleurs après sa forte baisse de régime à la fin de l’an dernier. Les banques centrales asiatiques commencent à s’inquiéter sérieusement d’un renversement de tendance : alors que l’on redoutait jusqu’ici la déflation en raison des politiques restrictives mises en œuvre dans de nombreux pays, c’est l’inflation qui menace à nouveau. Certes, en France, le danger parait encore modéré : l’indice des prix a même diminué de 0,4% en janvier, pour des raisons largement artificielles en raison de la période des soldes. Mais sur les douze derniers mois, le glissement atteint 2,3%, dépassant ainsi la norme édictée par Bruxelles pour assurer la stabilité de la zone européenne.

Ce changement de cap résulte d’abord de la véritable déferlante de liquidités à travers le monde pour conjurer la crise, la banque centrale européenne ayant fini par se rallier à la politique laxiste de la Réserve fédérale des États-Unis. L’un des problèmes nouveaux est de savoir comment gérer cette surliquidité que ses détenteurs ne savent pas où placer en raison du niveau particulièrement bas des taux d’intérêt. La tentation est grande de se porter sur les matières premières, d’autant que la Chine, premier consommateur mondial, accélère son activité industrielle.

Le pétrole représente aussi un attrait en raison de tensions internationales grandissantes, alors que les stocks sont très bas. Par ailleurs, les pays émergents ne parviennent pas à contrôler véritablement leurs prix. Enfin, le repli de l’euro par rapport à ses cours les plus hauts de l’an dernier renchérit le coût des produits importés sur le vieux continent.

Face à une situation difficile à maîtriser, certains experts soulignent que l’inflation a aussi des vertus, la première étant de diminuer le poids de la dette. C’est le moyen le plus habile et qui a été longtemps employé par les pays impécunieux pour alléger la charge des remboursements. Nul doute que cette arme connaisse un regain de faveur auprès de certains dirigeants. Mais en laminant le pouvoir d’achat si les salaires ne suivent pas le mouvement, elle fait renaitre le spectre de la récession alors qu’il faudrait encourager la croissance.

Tout le problème consiste à trouver le bon dosage : c’est ce que va tenter de faire l’Allemagne dans la négociation salariale du secteur de la métallurgie, qui va servir de modèle pour savoir si le pays peut assurer une véritable expansion sans dérapage. Il conviendrait aussi que les banques centrales s’orientent vers une limitation de la création monétaire, ce qui suppose une coopération plus étroite des établissements financiers. A cet égard, la décision des Banques populaires de se passer du soutien de la BCE constitue l’amorce réconfortante d’un mouvement qui pourrait gagner d’autres banques.

 
Commentaires

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  • Par laurentso - 24/02/2012 - 13:39 - Signaler un abus On ne peut tout de même pas

    faire de l'inflation un instrument de politique économique, comme le prône Bayrou. Autant la politique trop rigoureuse de la BCE a entravé la croissance, à une époque, autant on ne peut pas laisser les prix filer. Surtout qu'on ne peut pas compter sur "l'illusion monétaire" : les salariés vont demander des augmentations de salaires supérieures au taux d'inflation publié chaque mois (les syndicats allemands et français sont très attentifs à la hausse en masse des salaires et pas en niveau). De plus, on peut faire confiance aux financiers pour relancer les emprunts à taux variables, aux mécanismes financiers. Et tout serait à recommencer...

  • Par Equilibre - 24/02/2012 - 19:42 - Signaler un abus Les critères de Massticht ne le permettent pas, en théorie

    L'un des 4 critères est: Stabilité des prix : Le taux d'inflation d'un État membre donné ne doit pas dépasser de plus de 1,5 point celui de trois États membres présentant les meilleurs résultats en matière de stabilité des prix De toute manière, sur une solution européenne, c'est l'une des seule pistes à suivre. Mais il faudrait une coordination européenne pour faire "tourner la planche à billet", même de manière détournée, non? Et c'est quoi comme taux qui serait "choisi"? Et comment on fait avec une monnaie sur laquelle on ne peut pas agir? Quand aux prix des matières premières, accrochez-vous car leur prix risquent effectivement de s'envoler. Ce n'est pas la première fois que je le lis. De plus, avec le QE et celui à venir, s'il y avait de l'activité, il y aurait déjà de l'inflation. Donc, les matières premières semblent être une bonne destination. C'est beau l'europe. Se poser des questions de savoir ce que l'on peut faire ou non. N'importe quoi...

  • Par Nanard10 - 25/02/2012 - 08:44 - Signaler un abus Vérités sur les déficits et la dette

    http://ecofrance.free.fr/SIVECA/

  • Par letroll - 25/02/2012 - 09:18 - Signaler un abus une façon de faire défaut sur la dette

    ou dans son histoire, la France a fait officiellement défaut 8 ou 9 fois , et autant de fois par le biais de l'inflation. On ne dit pas qu'on ne paiera pas mais on paie en monnaie de singe :-)))

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Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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