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L'incroyable science de la "junk food" : comment l'industrie agroalimentaire s'y prend pour nous rendre accros

Un article fleuve du New York Times analyse les stratégies déployées par les géants de l'agroalimentaire pour générer des addictions chez les consommateurs. Révélations.

Cuisine et dépendance

Publié le
L'incroyable science de la "junk food" : comment l'industrie agroalimentaire s'y prend pour nous rendre accros

15% des Français sont considérés comme cliniquement obèses. Crédit Reuters

La "junk food", pour les lecteurs non familiers avec la langue de Shakespeare, est un terme américain qui peut être traduit par "malbouffe" : c’est-à-dire aussi bien les sodas que la nourriture industrielle, les chips, les céréales ou encore le fast food. Tout le monde sait que ce type de nourriture, gorgée de sucre, de sel et de graisses, est extrêmement mauvais pour la santé : en l’occurrence, consommer trop régulièrement des aliments de ce genre entraîne une augmentation du risque d’obésité, du diabète et des maladies cardio-vasculaires.

Aujourd’hui, un adulte Américain sur trois est considéré comme cliniquement obèse - tout comme 15% des Français. 24 millions d’Américains souffrent du diabète de type 2 (3,5 millions en France), souvent causé par un mauvais régime alimentaire, tandis que 79 millions d’entre eux souffrent de pré-diabète. Et pourtant il est difficile d’arrêter la junk food : ne plus boire de Coca-Cola ? Ne plus grignoter des barres chocolatées au goûter ? Ne plus manger de céréales ou de boissons lactées aromatisées le matin ? Difficile à imaginer. Surtout que la "junk food" est souvent très peu cher, très pratique (rien n’est à préparer) et accessible partout.

Ce que l’on sait moins c’est que les compagnies qui se battent pour le gâteau multi-milliardaire que constitue notre estomac – c’est-à-dire la quantité d’espace digestif qu’une compagnie peut accaparer à la compétition - utilisent toutes les techniques possibles, de la théorie économique à la psychologie expérimentale, pour nous forcer à continuer.

Comme l’explique le New York Times dans un article fleuve publié le 20 février dernier, tout ne peut pas être résumé "à une question de volonté de la part des consommateurs" ni à une politique des industries agroalimentaires qui ne feraient que "donner aux clients ce qu’ils veulent…"  Ce que le journaliste a trouvé "après quatre ans de recherches, c'est un effort conscient – que ce soit dans les laboratoires, les réunions marketings ou les couloirs des supermarchés – de rendre les gens dépendants à la nourriture pratique et peu chère".

S’en suit un catalogue absolument effrayant de pratiques assez peu morales des industrielles visant à augmenter leur part de marché au mépris d'un quelconque aspect diététique. L’article s’ouvre ainsi sur une réunion au sommet entre les différents acteurs et PDG des grandes compagnies américaines de l’industrie agroalimentaire, de Coca-Cola à Mars en passant par Kraft et General Mills. Cette réunion a cela d’admirable quelle permet de mesurer à quel point les industries sont conscientes du mal qu’elles peuvent faire à la santé des consommateurs – nous sommes alors en 1999 et les cas d’obésité infantiles sont en train d’exploser – tout aussi bien que leur absence de volonté de changer les choses par peur de perdre des parts de marché.

Cette enquête est adaptée d'un livre publié aux Etats-Unis ce mois-ci par Random House et qui s'intitule Salt Sugar Fat: How the Food Giants Hooked Us (Sel Sucre Graisse : Comment les géants de la Nourriture nous ont rendu accro, ndlr). Michael Moss, son auteur explique par exemple qu'à la fin des années 80, la marque Frito Lay subit un choc financier très important lorsque des rapports montrent que les snacks trop salés provoquent des maladies cardiovasculaires. Ils engagent alors plus de 500 "chimistes, psychologues et techniciens qui conduisent des recherches coutant plus de 30 millions de dollars par an" afin de trouver des chips encore plus addictifs... Parmi leurs joujou, "un simulateur de bouche en train de mâcher d’une valeur de 40 000 dollars"… Ils finiront par trouver que les gens "aiment une chips qui se casse avec une pression de 3,6 kilos par centimètre carré".

Le quotidien américain cite aussi l’exemple de Coca Cola dont l’objectif au début des années 2000 "devint bien plus important que de simplement battre la concurrence. Coca-Cola voulait tout simplement devenir la boisson la plus consommée au monde, devant l’eau ou le lait".

Une autre marque qui souhaite écouler davantage sa production invente en 1988 un pack de déjeuner tout prêt pour les enfants qui déjeunent à l’école : quelques crackers, du jambon et du fromage industriel, une idée toute simple qui plaît aux mères de familles qui travaillent. Et qui fait un carton. C’est un tel succès qu’ils inventent une version avec un dessert (une barre chocolatée) en appliquant la règle agroalimentaire : "quand vous doutez, rajouter du sucre". Ce Lunchable est pourtant très mauvais pour la santé. Le New York Times cite ainsi un article paru à l'époque et qui disait "le produit le plus sain dans ce paquet, c'est la serviette"... La conclusion de Michael Moss est que le comportement de l'industrie agroalimentaire est très similaire à celui des vendeurs de cigarettes qui ont fait tout leur possible pour contrer les études scientifiques montrant la dangerosité du tabac dans les années 50 et 60. Il n'est donc pas étonnant d'apprendre que Lunchable a été financé par Philip Morris, la marque de cigarette... Ni que depuis sa création, Lunchable a rapporté plus d'un milliard de dollars à Kraft.

 
Commentaires

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  • Par Glop Glop - 15/03/2013 - 06:55 - Signaler un abus La quête constante de coupables

    La société n'évolue pas selon la seule volonté de quelques-uns mais avec la complicité avouée ou non de la plus grande majorité d'entre nous. L'industrie alimentaire répond avant tout à une demande de la société qui elle se cherche à longueur de temps des chemins dans un sens ou dans un autre. L'obésité, quel grand et nouveau commerce depuis ces vingt dernières années qui a permis l'ouverture de centaines et de centaines de clubs de remise en forme tous plus ceci que cela mais qui au final sont quasi strictement les mêmes choses sont des enseignes différentes. Cela est aussi l'explosion des régimes minceurs "miracles", des parasites tous plus médecin les uns que les autres et autres experts qui se jettent dans la brèche très séduisante pour faire signer des chèques en blanc à des dindons se faisant surtout farcir en conseillant (et vendant) leurs remèdes miracles, sans oublier les psy ("votre angoisse vient du fait que vous vous sentez gros n'est-ce pas?" - sans oublier la publicté qui vous rappelle sans cesse que vous êtes gros, moche, malodorant, pas avec la bonne bagnole, pas assez endetté et tutti quanti). Chacun est responsable de ses décisions et de ses actes.

  • Par Glop Glop - 15/03/2013 - 07:05 - Signaler un abus En conclusion

    Soyez vous-même, apprenez à vivre et exister tel que vous êtes, l'autre n'est pas vous, vous n'êtes pas l'autre, n'essayez pas de vous convaincre que vous êtes autre chose que vous même, couper les médias raccoleurs et sournois (complices de tout cela) le plus souvent possible, et les choses s'arrangeront avec d'autres perspectives en bonus. Tourmenter a été le sport favori de ceux qui n'ont rien à dire, et surtout, rien à vendre ni même seulement proposer. Aujourd'hui les "obèses" (d'année en année les critères pour la classification dans cette rubrique sont revus à la baisse), hier c'était les roucains, avant eux les gauchers... imaginez la déconfiture un obèse roucian et de surcroît gaucher. Comme disait Coluche dans un de ces sketch "lui il est petit, noir et sourd, et ce sera très dur". On mange ce que l'on a, on s'aère là où l'on vit, on bouge avec le corps que l'on a en héritage, le paradis n'est jamais ailleurs qu'au fond de soi. Ailleurs et autrrement c'est simplement ailleurs et autrement, pas mieux, pas pire.

  • Par Skagerrak - 15/03/2013 - 08:17 - Signaler un abus Le minerai de viande

    ou comment les industriels vous font manger les dèchets pour animaux au prix fort . Mais si vous demandez une poignée de ces même déchets à votre boucher pour votre chien , il n'en n'a pas ! Et pour cause , il les revend à l'équarisseur après vous les avoir fait payer !

  • Par gluck - 15/03/2013 - 08:58 - Signaler un abus vision totalitaire

    Ce M.Aries propose ni plus ni moins un contrôle de l'Etat, une fois de plus, sur nos modes de vie "des mesures d'urgences pour pénaliser ce qui est mauvais". Dites moi ce que les pouvoirs publics vont décréter "mauvais" ou "bon". J'ajoute qu'il fait des raccourcis saisissants: local= bon, industriel= mauvais. De même, bio=bon (l'an passé, quand même, 50 morts avec du bio en Allemagne avec E.Coli). Bref, c'est ni plus ni moins une vision totalitaire. De plus, les comportements alimentaires des américains sont différents des nôtres, encore aujourd'hui. Nous, nous mangeons, eux, s'alimentent. Nous passons beaucoup plus de temps à table que les américains, même dans les fast foods! Pour finir, la progression de l'obésité ralentit en France, contrairement aux prévisions alarmistes de ces dernières années, peut être l'effet des campagnes de prévention?

  • Par Anemone - 15/03/2013 - 09:05 - Signaler un abus L'état

    Ce que je retiendrai dans cet article c'est ceci : "L'Etat doit prendre des mesures d'urgence pour pénaliser ce qui est mauvais" C'est grave! Ainsi l'état doit vérifier ce qu’il y a dans nos assiettes, nos sandwiches? Et taxer ce que les spécialistes modernes estiment néfaste à la santé de la populace? Vraiment? certes, il me semble que les humains vivant dans des pays dits "évolués" mangent de moins en moins bien. Mais de là à les obliger à se nourrir conformément à la doxa en cours, non! Végétarienne (bio, bien évidemment), j'ai des poules (pour les œufs) et un jardin. Néanmoins, des chips de temps en temps, qui croquent sous la dent , ne m’apparaissent pas taxables à ce point. Là, il me semble qu'on pourrait apprendre à bien manger à l'école (avec des cours de cuisine et recettes...comme autrefois) Ensuite, nous sommes encore libres, non...même de nous suicider avec des hamburgers! A condition d'avoir une hausse de cotisation sécu (ou une baisse de remboursement) si on a une maladie métabolique ou autre provenant de la malbouffe prouvées (facile au niveau diagnostic, avec un très petit coefficient d'erreurs), responsabilisation oblige.

  • Par sophie33 - 15/03/2013 - 09:20 - Signaler un abus Je comprends les pubs Coca et autres

    Et celles contre l'alcool : pas plus de 2 verres par jour. Ce qui fait que le reste de la journée l'on peut boire du coca ou autres. Donc, économiquement, on abat un pays qui produit du bon vin, très bon pour la santé, tout en augmentant la consommation du coca ou autres très mauvais pour la santé. Est-ce que cela ne ferait pas partie du programme de destruction de l'U.E. comment indiqué dans un article précédent qui parle de "déclin" ??? Mais bien sûr !!!

  • Par unpèreencolère - 15/03/2013 - 10:53 - Signaler un abus Le seul acteur intéressé par l'addiction ?

    Est-ce l'agroalimentaire le seul acteur intéressé par l'addiction ? Non. C'est une visée politique bien plus large : pendant que nous adultes, ou jeunes, courront pour satisfaire nos addictions, déjà pas de réflexion possible, on court, court, court...puis, comme à tous les coups, et cela reconnu et avéré, la mal-bouffe nous détruit physiologiquement ! Double peine pour notre crédulité ! Tout est méticuleusement et très consciencieusement mis en place depuis longtemps ! Et tout a très bien fonctionné ! Boissons énergisantes ( Mr Joyeux, psychothérapeute, 2012 : "Le secret du danger des boissons énergisantes est très simple : c’est de pouvoir déclencher une addiction"). Hamburgers bien connus (regardez dessous, sous le pain, vous verrez une marque ronde de la taille d'un gros confettis, trace d'injection). Cet article atteste que mes convictions sont loins d'être stupides ou paranoïaques : on fait la chasse soit-disant à la drogue.....foutaises.....comme les addictions alimentaires, elle est distribuée tout aussi consciemment et volontairement ! unpereencolere

  • Par THEGAP - 15/03/2013 - 11:00 - Signaler un abus Stupidité j'écris ton nom

    La restauration sociale (scolaire, entreprise, hospitalière) représente plus d'un repas sur deux. Nous disposons donc d'un excellent levier pour transformer l'alimentation et donc l'agriculture. Nous devons revenir, par exemple en restauration scolaire, à une cuisine faite sur place et servie à table. Les expériences montrent qu'il est possible d'aller vers une alimentation relocalisée, "resaisonnalisée", moins gourmande en eau, assurant la bio diversité, moins carnée. En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/incroyable-science-junk-food-comment-industrie-agroalimentaire-prend-pour-rendre-accros-664825.html#vbJFjj73MQCDQTOQ.99 C'est justement la restauration sozial qui n'est en fait que la bouffe industrielle la plus médiocre servie à des groupes appelés collectivités qui est le vecteur de l'obésité, la standardisation alimentaire et la perte de la satiété...

  • Par pemmore - 15/03/2013 - 11:47 - Signaler un abus Ils sont vraiement trop forts, n'empêche,

    Ca ne concerne pas directement les humains, j'ai deux chats à qui je donne des granulés. 1er prix, marque magasin, ça se passe normalement, mais si je leur donne du haut de gamme, ils ne veulent plus bouffer autre chose. Ils arrivent à rendre addicts les chats par je ne sais quel moyen pourquoi voulez-vous qu'il en fût autrement pour nous.

  • Par SteakKnife - 15/03/2013 - 12:39 - Signaler un abus @gluck

    Tant qu'on aura des gens qui se font empoisonner mais continue à la défendre au nom d'un pseudo libéralisme hyper simpliste (bouh l'Etat c'est méchant c'est totalitaire), l'industrie alimentaire sera toujours aussi peinard. On verra ce que vous en penserez quand l'Etat totalitaire vous paiera la chimio du cancer que l'on risque tous de se taper à cause des bons aliments industriels.

  • Par Karamba - 15/03/2013 - 13:23 - Signaler un abus Le consommateur et le néant

    Plus de culture, plus de nationalité, plus de religion, plus de genre sexué, plus de famille, juste un appétit insatiable pour craquer du pognon. Les socialistes appellent aussi cela du progressisme.

  • Par SteakKnife - 15/03/2013 - 14:54 - Signaler un abus @Karamba

    On appelle ça aussi la "concurrence libre et non faussée" à droite.

  • Par Marcel Meyer - 15/03/2013 - 15:17 - Signaler un abus Il existe aussi un "junk vocabulaire"

    Au lieu de conserver le mot anglais ou utiliser le minable "malbouffe", pourquoi ne pas chercher une expression en bon français, comme "camelote alimentaire" ou "nourriture de pacotille" ?

  • Par pidmerd - 15/03/2013 - 16:12 - Signaler un abus A Glop Glop

    Contrairement à ce que vous dites, c'est bien la volonté de quelques uns (çà s'appelle des technocrates et ils sont anonymes parce que très souvent incompétents) qui décide de l'évolution de la société. Un exemple (parmi des centaines d'autres). J'étais animatrice dans un camp de vacances dans mon village. Chaque jour, mes collègues et moi allions déjeuner chez les parents de chacun des enfants du camp, selon un planning. Ceci nous permettait de renconter les parents et d'échanger avec eux. Or, ajourd'hui cela est formellement interdit. En effet, il y a quelques année, une clique de technocrates désoeuvrés a décidé, sans aucune concertation, d'imposer l'obligation de travailler avec un traiteur agréé. Résultat : tout le monde mange la même chose, le contact et la convivialité avec les parents sont rompus, le surcoût au niveau des repas pour les parents (et la mairie) a généré une désaffection des enfants dont le nombre s'est trouvé réduit comme peau de chagrin. Le plus grave est qu'un menu unique préparé par un seul et même fournisseur accentue les risques de salmonèle. En plus, la bouffe est industrille et dégueulasse !

  • Par phidias - 15/03/2013 - 21:10 - Signaler un abus @SteakKnife

    Il faut quand même se souvenir que les pays communistes qui contrôlent l'alimentation et sa production (Chine, Corée du Nord...) sont ceux où on a vu réapparaître le cannibalisme conséquent aux grandes famines.   Je ne sais pas si j'ai envie de tenter l'expérience...

  • Par Septentrionale - 16/03/2013 - 03:41 - Signaler un abus à ceux qui passent par là

    lire Glop Glop 15/03 06:55 07:05 .

  • Par MONEO98 - 16/03/2013 - 09:31 - Signaler un abus l'art de la manipulation vert

    Tout l'intérêt de l'article se trouve au dernier paragraphe plu d'intervention d'Etat ;plus de produits bio ,plus de fiscalité.Même tendance que le réchauffement climatique faites peur , déformez ,amplifiez.heureusement il y al'Etat... au Fait quand l'Etat a eu 100 %les commandes ça c'est terminé comment ? il y a de plus enplus de mal bouffe parait il mais nous vivons de plus en plus vieux...... si nous suivons les préconisations de la conclusion ;des centaines de millions de gens mourront de faim ,mais c'est exactement le but du mouvement vert ,diminuer impérativement le nombre de gens sur Gaia et le seul moyen de cet holocauste c'est la décroissance . Générations futures vous regretterez les horreurs de la malbouffe quand votre assiette sera vide

  • Par sergeG - 16/03/2013 - 10:51 - Signaler un abus réflexion nourriculturelle 1

    Voici une analyse que j'ai rédigée il y plus de 10 ans : REFLEXION "NOURRICULTURELLE". La part des dépenses des ménages consacrés à la nourriture varie, selon les critères retenus, entre 15 et 19%. Cette part a diminué fortement en valeur relative, ce qui est normal dans une société dans laquelle le niveau de vie augmente. La faible augmentation en valeur réelle de ces dépenses permet de considérer que l'alimentation n'est pas la priorité des consommateurs français, pourtant réputés fins gourmets. Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Des coûts qui n'ont pas de prix ! Le montant de ces dépenses ne tient pas compte des subventions qui dénaturent l'analyse. De plus, les subventions sont payées par les contribuables que sont surtout les consommateurs par l'intermédiaire de la TVA qui représente 45 % de la fiscalité française : Les subventions ne conduisent pas à un cadeau social aux plus modestes par la baisse du prix de leur alimentation, car ils payent, au travers de leurs autres consommations, l'éventuelle baisse due aux subventions ! Il faut aussi constater que les subventions conduisent à une diminution systématique des prix des produits agricoles qui profite à l'industrie agroali

  • Par sergeG - 16/03/2013 - 10:53 - Signaler un abus réflexion nourriculturelle 2

    Il faut aussi constater que les subventions conduisent à une diminution systématique des prix des produits agricoles qui profite à l'industrie agroalimentaire. Autrement dit quand les paysans réclament des aides supplémentaires ils se battent, sous des formes discutables, pour subventionner les industries agroalimentaires qui les exploitent. Il faut encore préciser que ces aides sont attribuées de façon très inéquitables et que certains en profitent beaucoup plus que d'autres .... ce qui motive ceux qui perçoivent le plus à convaincre ceux qui perçoivent le moins à les accompagner dans les manifs !!! Ainsi les paysans ne sont plus des producteurs libres et responsables seulement soumis aux aléas climatiques. Ils sont devenus des moléiculteurs qui produisent de la matière première pour l'industrie. Comme toute industrie, l'agroalimentaire a besoin de molécules les moins chers possibles. Leurs qualités intrinsèques n'a qu'une importance secondaire : la transformation y pourvoira. Il suffira d'ajouter des adjuvants pour que le goût soit standard pour ne déplaire à personne, même s'il ne séduit pas vraiment non plus.

  • Par sergeG - 16/03/2013 - 10:54 - Signaler un abus réflexion nourriculturelle 3

    De la responsabilité des associations de consommateurs. La diminution des prix de l'alimentation est aussi la conséquence de la demande pressante des grandes organisations de consommateurs. Début des années 90, L'IOCU (Organisation Internationale des Organisations de Consommateurs), et le BEUC (Bureau Européen des Organisations de Consommateurs) ont lancé à plusieurs reprises des appels en faveur d'une conclusion rapide des négociations commerciales de l'Uruguay Round pour que tous les pays acceptent le pré-accord de Blair House aux considérations que: " Les consommateurs européens paient très cher le protectionnisme de leur pays, notamment en matière agricole et textile. Ils ont particulièrement besoin qu'un accord soit trouvé. ... Les consommateurs bénéficieraient, avec l'extension des échanges commerciaux, de plus de choix, de prix plus bas. Un accès élargi aux marchés occidentaux offrirait aux pays en voie de développement un moyen de se procurer des devises étrangères, ce qui est vital pour leurs économies". Le libéralisme dévastateur qui en a découlé est à l'origine notamment de nombreuses crises alimentaires dont celle de la vache folle.

  • Par sergeG - 16/03/2013 - 10:56 - Signaler un abus réflexion nourriculturelle 4

    En France les enquêtes prix des associations de consommateurs, réalisées presque exclusivement dans la grande distribution, invitaient les consommateurs à n'aborder l'alimentation qu'au travers des prix négligeant ainsi les autres aspects, notamment les qualités liées aux conditions de production écologique, économique et sociale. Ce faisant, elles ont contribué à favoriser cette même grande distribution à utiliser l'alimentation comme produit d'appel pour amener les consommateurs devant ses autres rayons. Cette diminution de la valeur relative des aliments a conduit à "dévaloriser" la nourriture que l'on gaspille volontiers alors que la famine sévit sur presque tous les continents : ce qui ne vaut pas cher n'a pas de valeur sociale. Ceux qui produisent des produits à faible valeur sociale n'ont, eux aussi, qu'une faible valeur (considération) sociale. C'est choquant mais c'est ainsi et ne concerne pas que les paysans ! En France, les métiers manuels sont très dévalorisés. Pourtant ce sont ceux qui produisent les services les plus indispensables. On ne peux ni se passer de paysans, ni de maçons, ni d'égoutiers, ni d'éboueurs ... Il vaut mieux être fonctionnaire au ministère de l'ag

  • Par sergeG - 16/03/2013 - 10:58 - Signaler un abus réflexion nourriculturelle 5

    Je suis toujours surpris de constater que les automobilistes achètent presque toujours l'huile la plus chère pour le moteur de leur bagnole qui a une "espérance de vie" de l'ordre de 7 ans et recherchent les prix moindres pour l'huile qu'ils destinent au fonctionnement de leur corps qui a une espérance de vie de plus de 70 ans !!! Il est encore à noter que pour les appareils, les tests des revues spécialisées mettent en exergue les performances les plus élevées alors que bien souvent ces performances, souvent coûteuses, ne sont pas nécessaires à la majorité des consommateurs.

  • Par sergeG - 16/03/2013 - 10:59 - Signaler un abus réflexion nourriculturelle 6

    Plaidoyer "nourriculturel". La publicité aidant, les aliments commercialisés sont, dans leur immense majorité, des aliments à "réchauffer" qui se sont substitués aux aliments à "cuisiner" qui étaient directement issus de l'agriculture. Dans ce contexte la valeur ajoutée s'est déplacée de l'agriculteur au marchand spéculateur qui n'est responsable de rien, les transnationales n'ayant de comptes à rendre qu'à leurs actionnaires : En 1980, la valeur ajoutée de l'agriculture était de 113,6 milliards, celle de l'industrie agroalimentaire de 78,87. En 1999, elles sont respectivement de 200,9 et 212,2. Pendant la même période, la population agricole est passée de 1 869 000 à 910 000.

  • Par sergeG - 16/03/2013 - 11:01 - Signaler un abus 7

    Or, les traditions culinaires sont l'expression de l'adaptation des femmes et des hommes à leur terroir et au climat : elles, ont depuis la nuit des temps, été réalisées en auto alimentation à partir des productions locales. Ce qui n'a pas empêché l'introduction de semences exotiques tel les pommes de terre, les haricots, le maïs ... Dans ce contexte les peuples disposaient de la première des indépendances, celle de la nourriture. Ils ont développé des traditions qui font encore, de moins en moins, l'objet de fiertés régionales et nationales.

  • Par sergeG - 16/03/2013 - 11:01 - Signaler un abus 9

    Mais cette "nourriculture" contrevient aux ambitions des fanatiques du "marché" qui veulent que tout soit à vendre "pour faire marcher le commerce" c'est à dire tirer un maximum de profit. Par la notion des "avantages comparatifs", summum de la rationalité économique libérale, les marchands organisent au niveau planétaire la spécialisation des productions aussi bien industrielles qu'agricoles, pour rendre chaque humain dépendant du "marché" y compris pour son besoin fondamental de nourriture. Ainsi, nous sommes devenus les otage de ces incontournables multinationales qui disposent désormais de l'arme alimentaire en contrôlant tout, de la fourche à la fourchette ! L'industrialisation de l'alimentation a aussi d'autres conséquences négatives que nous pouvons déjà mesurer dans notre quotidien : La normalisation très poussée conduit à la diminution de la diversité alimentaire et à la banalisation des saveurs.

  • Par sergeG - 16/03/2013 - 11:02 - Signaler un abus 10

    Le développement des productions commerciales dans le tiers-monde a aggravé l'exploitation du système coloniale. Dans les pays du sud les cultures d'exportation ont remplacé les cultures vivrières, ce qui à accentué l'inégalité des échanges et les famines : pour acheter une protéine alimentaire il est nécessaire qu'ils en vendent plusieurs. si les produits de l'agro-industrie sont en général hygiéniques par leur conformité en présence de germes, ils ne sont pas forcément hygiéniques au sens de la diététique. Outre la présence résiduelles de divers "icides" aux dangers certains, les transformations et la conservation détruisent beaucoup de vitamines. Les ajouts, de sucre, sel et autre glutamate pour intensifier le goût et stimuler l'appétit, favorisent l'obésité que certains présentent d'ores et déjà comme un fléau mondial. Elle se développe non seulement aux Etats Unis, mais aussi dans les pays ou sévit la misère : elle concernerait 12% des chinois, 16% des chinoises, 30% des malaisiens, 23% des mexicains, 35% des égyptiens et 40% des koweïtiens ... selon une étude menée par l'Association américaine de l'obésité.

  • Par sergeG - 16/03/2013 - 11:03 - Signaler un abus 11

    Pour que les différents peuples du monde retrouvent leurs racines culturelles, leur fierté nationale et leur indépendance politique, il faut qu'ils accèdent à l'autonomie alimentaire. Il faut développer dans chaque région et dans chaque pays la notion de "nourriculture". L'alimentation a un coût, elle doit avoir un prix que les consommateurs doivent payer pour qu'ils redonnent à cette base de la vie, de la santé et de la convivialité sa véritable valeur économique, sociale et culturelle.

  • Par didi59 - 16/03/2013 - 11:20 - Signaler un abus didi59

    C'est vrai que les aliments malsains pour la santé (trop de sucres, trop de sel...) , notre corps en redemande si on a gouté. Je vois pour les sodas, les chips, les barres céreéaliéres, la charcuterie comme ca a du gout on se fait piéger à en redemander La méthode pour s'en sortir la premiére chose se dire que c'est dur mais pas insurmontable premiérement se fair plaisir avec des aliments q'on aime moi c'est la salade variée se fair sa sauce etc et dire je supprime chips et soda et une fois de temps en temps un peu de charcuterie y aller progressivement pour les enlever il faut se sevrer

  • Par didi59 - 16/03/2013 - 11:20 - Signaler un abus didi59

    C'est vrai que les aliments malsains pour la santé (trop de sucres, trop de sel...) , notre corps en redemande si on a gouté. Je vois pour les sodas, les chips, les barres céreéaliéres, la charcuterie comme ca a du gout on se fait piéger à en redemander La méthode pour s'en sortir la premiére chose se dire que c'est dur mais pas insurmontable premiérement se fair plaisir avec des aliments q'on aime moi c'est la salade variée se fair sa sauce etc et dire je supprime chips et soda et une fois de temps en temps un peu de charcuterie y aller progressivement pour les enlever il faut se sevrer

  • Par MONEO98 - 16/03/2013 - 12:22 - Signaler un abus vite démontons les "mac do"

    Reprenons le flambeau du désormais notable européen José Bové; ll a les moyens de payer de la nourriture chère et variée.... si l'hérésie verte triomphe survivrons les riches et grands chefs de la nouvelle religion qui auront toujours les moyens de payer et les ruraux qui pourront gratter la terre,les autres ,les parasites de Gaia devront disparaitre et Gaia retrouvera son équilibre non aux OGM non à la malbouffe non aux gaz de schiste oui à la décroissance oui au malthusianisme ... a chacun son camp aujourd'hui vous avez la liberté du choix demain .... autrefois les gens mal nourris avaient la peau sur les os aujourd'hui ils sont gros sont ils obligés d'acheter tout le temps des plats cuisinés ou des croissants au beurre par douzaine dans la grande distribution? la liberté c'est la responsabilité .... ce que nous proposent les verts c'est la négation absolue de la liberté . A chacun ses choix

  • Par bruno chatain - 16/03/2013 - 15:25 - Signaler un abus Français !

    faites un effort , avec l'orthographe , les accords , la grammaire ! prenez des cours , bordel , quand on est "journaliste" on se doit d'être irréprochable !

  • Par kettle - 16/03/2013 - 17:31 - Signaler un abus Pourquoi?

    "ma mère m'a toujours seriné qu'il fallait manger à table, à heures régulières" --- Pourquoi? Cette facon de vivre est tres recente (naissance des usines et ses ouvriers). Elle est probablement la source de l'obesité.

  • Par crisemajeure.fr - 16/03/2013 - 20:17 - Signaler un abus Accro au sens littéral avec le glutamate de sodium ça va de pair

    Le glutamate monosodique est l'additif le plus utilisé dans l'industrie alimentaire et pharmaceutique partout dans le monde, autant en Asie qu'en occident. Il porte 25 appellations différentes, le consommateur s'y perdrait, car il est présent partout, il faudrait avoir un listing sur soi pour examiner toutes les étiquettes des biscuits, sauces, sodas, chips, plats cuisinés, crèmes glacées... C'est une bonne affaire pour les industriels car il permet d'augmenter le goût (exhausteur) des aliments à bon compte en réduisant l'utilisation de produits nobles (essences, arômes naturels, épices...) mais trop chers. Mais il n'y a pas que l'aspect mercantile, il y a aussi un effet sur le cerveau qui entre autres dégâts rend addict, c'est le cas notamment des hamburgers avec leurs sauces au glutamate et les sodas, d'où l'envie inconsciente de revenir dans les fast foods ou dans les rayons des grandes surfaces. Tout comme les sucres synthétiques (aspartame) même type de molécules, c'est un neurotoxique connu pour ses effets mutagènes, allergisants, tératogènes entraînant des malformations et monstruosités sur la génération suivante. http://www.santeendanger.net/dossiers_interviewBlaylock.htm

  • Par vivalaquintabrigada - 17/03/2013 - 00:56 - Signaler un abus Ne jetons pas toujours la

    Ne jetons pas toujours la responsabilité de nos conneires sur les autres. Si les gens mangent mal c'est de leur faute combien voyez de mère de famille gaver leurs enfants avec des saloperies pour être tranquiles au mac do ou ailleurs rien ne vous empêchent de manger une salade

  • Par SteakKnife - 18/03/2013 - 12:30 - Signaler un abus @phidias

    Au rythme où vont les choses, ce sera bientôt le cas ici aussi...

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