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L’incalculable contribution des syndicats français au chômage

La société Desseilles est en liquidation judiciaire, suite au jugement du tribunal administratif de Lille, qui ordonne la réintégration de cinq syndicalistes licenciés en 2013 : l’entreprise doit payer entre 700.000 et un million d’euros, qui ne sont pas disponibles dans la trésorerie de l’entreprise. Pourtant, les syndicalistes licenciés l’ont été dans le cadre d'un licenciement économique.

Ne pas faire dans la dentelle

Publié le - Mis à jour le 10 Mars 2016
L’incalculable contribution des syndicats français au chômage

On le sait : il faut, partout dans le monde, beaucoup de sueur, d’abnégation, de courage et de persévérance pour créer et faire vivre une entreprise. En France, les obstacles administratifs, économiques ou sociaux rendent la tâche encore plus ardue, ce qui explique un taux de chômage structurel élevé. En revanche, partout dans le monde, foirer une entreprise est assez simple et en France, ça l’est encore plus puisqu’il suffit de faire intervenir l’État, les syndicats ou la justice.

L’affaire qui nous occupe aujourd’hui se déroule au sein de la société Desseilles, qui, bien qu’un des fleurons de la dentelle de Calais, n’en est pas moins en difficultés.

Elle est même en liquidation judiciaire avec quelques jours de sursis, suite au jugement du tribunal administratif de Lille tombé en décembre, qui ordonne la réintégration de cinq syndicalistes licenciés en 2013 : l’entreprise doit à présent payer les deux ans et demi de salaires non versés pour chacun d’entre eux, ainsi que les indemnités prud’homales qu’ils vont demander pour les dommages et intérêts, soit entre 700.000 et un million d’euros, qui ne sont évidemment pas disponibles dans la trésorerie de l’entreprise.

Le hic, c’est que les syndicalistes licenciés l’ont pourtant été dans un cadre bien spécifique, celui du licenciement économique, validé par l’inspection du travail ainsi que la DIRECCTE (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) et le ministère du Travail, et ce, malgré les recours des licenciés.

Heureusement, la conjonction d’un syndicalisme utile et bien compris avec une justice taillée au cordeau par le tribunal administratif va donner à l’affaire un tour croustillant en imposant donc la réintégration des salariés, au motif que l’entreprise aurait dû proposer des reclassements en interne à ces salariés. Un reclassement interne dans une entreprise qui calanche, c’est croquignolet, on l’admettra.

Quant à la réintégration, selon toute vraisemblance, elle fera fermer l’entreprise complètement, entraînant ainsi la transformation d’une poignée de licenciements économiques par une faillite complète avec 74 nouveaux chômeurs à la clé. Réintégration qui, de surcroît, n’est souhaitée par aucun des salariés actuels de l’entreprise, qui comptent pourtant des délégués syndicaux des autres centrales, et ont même monté un collectif pour que les licenciés ne soient pas réintégrés, et qui soutiennent la direction.

Seul un appel de la décision au tribunal permettra, s’il passe, de sauver les meubles et de permettre à un repreneur chinois de rattraper l’entreprise en difficulté. Mais si l’appel est rejeté, le repreneur a déjà fait savoir qu’il n’irait pas plus loin.

Belle affaire, ne trouvez-vous pas ?

 
Commentaires

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  • Par Yves3531 - 09/03/2016 - 15:59 - Signaler un abus Et oui H16, la nuisance suprême en France est là...

    des syndicats tellement protégés qu'ils se croient tout permis, y compris de se comporter en mafia parasite nuisible se moquant comme d'une guigne de l'intérêt général tout en prétendant le défendre camouflés derrière une idéologie paravent. Ces nuisibles ont progressivement mis au pas l'inamovible haute administration qui se rie des éphémères politiques de passage, ils ont également consciencieusement noyauté entre autres rédactions, justice, enseignement, energie, transports, ... ce n'est pas du principe syndical qu'il faut se débarrasser, mais de cette vermine mafieuse rouge le gangrenant. Qui y parviendra ? Existe t il ? Faut il faire la révolution ?

  • Par Yves3531 - 09/03/2016 - 16:11 - Signaler un abus Dialogue social...

    dialogue t on avec ceux qui prétendent abattre le système et le remplacer par une société type Corée du Nord ou Stalinienne ou y dérivant de toutes façons irrémédiablement ? Ce concept devrait être reservé aux organisations représentatives acceptant le système, sinon c'est l'échec assuré... on y est ...! La mère et première des réformes est de bousculer et réformer de fond en comble le modèle syndical français en terme de représentativité, de financement, de séparation public-privé, ... peut être doit on de plus rendre le vote obligatoire aux élections professionnelles et y inclure les chômeurs ...?!

  • Par adroitetoutemaintenant - 09/03/2016 - 17:30 - Signaler un abus On peut toujours rever d'une justice populaire

    Publions les noms et ceux de leurs conjoints et de leurs enfants avec leurs adresses de domicile et de leurs écoles car ils méritent des remerciements adaptés. Sartre voulait le faire pour les méchants flics. Chiche !

  • Par Borgowrio - 09/03/2016 - 17:53 - Signaler un abus Syndicats mafieux

    Je connais bien le milieu , les délégués syndicaux sont souvent les plus mauvais ouvriers qui trouvent une situation où leur haine du patron s'exprime . Intouchable et souvent élus à vie ( quelques voix suffisent , comme ils sont présentés par une centrale ) Ils contrôlent les promotions , leurs amis sont servis avant les autres . Vous vous demandez pourquoi il y a si peu de syndiqués . Ils sont détestés par les bons ouvriers

  • Par kaprate - 09/03/2016 - 20:41 - Signaler un abus Merci

    Merci H16 pour cet article édifiant qui me fait du bien quelque part, comme à d'autres chefs ou anciens chefs d'entreprises. Nous avions un petit groupe dynamique de plusieurs TPE, anciennes et assez reconnues sur notre secteur. Nous avons pour l'ensemble soit vendu, soit liquidé suite aux augmentations d'impôts et de charges sous Mou Président, à une action prud'homale d'une ancienne salariée licenciée pour abandon de poste et déloyauté à l'égard de l'entreprise (dans le 93, 85% des jugements sont en faveur des salariés, ça partait mal même si nous n'en avions pas connu avant) et à un redressement formel de l'URSSAF complètement fou en l'absence de toute fraude, et même qualifié d'"abusif" par le chargé d'enquête de police qui nous a entendus mais confirmé en première instance pour le Tribunal Administratif de Sécurité Sociale, sourd et aveugle. Notre avocat et notre expert comptable en perdent leur latin. Les quelques salariés qui ont été repris par notre acquéreur nous disent aujourd'hui quand on les rencontre, toute la fierté qu'ils ont eu à bosser chez nous... On retiendra cela... Et aussi malgré nous que c'est bien L'Etat et les tribunaux administratifs qui nous ont tués...

  • Par vangog - 09/03/2016 - 21:52 - Signaler un abus Ah! La Justice française jugerait, en fonction de l'idéologie

    qu'elle entend promouvoir?...Cela signifie donc que la majorité de la Justice française est gauchiste, et de la gauche la plus pervertie par une idéologie malsaine. Ah putain! Mais qui les a placés là, ces pervers? Et depuis quand? Voulez-vous insinuer, que Sarko-le-tricheur, Juppé-l'islamophile, ou Le Maire-Le Maire ne changeront rien à un etat de fait qui perdure, depuis des dizaines d'années? Cela signifie donc que seul le Front National aura le courage de les affronter et de leur dire "vous oubliez votre idéologie aux portes du prétoire, où vous vous barrez!..." Ah, vivement le changement patriotique, le vrai!...

  • Par zouk - 10/03/2016 - 14:50 - Signaler un abus Desseilles

    Encore une entreprise acculée à la faillite par la CGT, combien d'emplois sauvés? Pas un, combien de chômeurs supplémentaires 74! plus peut être chez les fournisseurs de cette entreprise disparue, Belle défense des salariés, et question subsidiaire: où réintégrer les 5 syndicalistes à l'origine de la faillite de l'entreprise?

  • Par Pourquoi-pas31 - 10/03/2016 - 15:12 - Signaler un abus Les chinois ne sont pas fous

    Ils ne veulent pas reprendre l'entreprise avec ces 5 syndicalistes réintégrés. Encore une entreprise et son savoir faire qui seront achetés par l'étranger, copiée puis dissoute.

  • Par Yves3531 - 10/03/2016 - 17:13 - Signaler un abus Seul avantage à cette débâcle ...

    au moins ces 5 syndicalistes ne retrouveront aucun job dans le privé. Peut être la CGT leur trouvera un job de permanent au siège - si ils pouvaient y foutre la merde ...!!!

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