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Impunité des syndicats :
les révélations sur SeaFrance
n'ont rien changé !

Cette semaine, Gilles-William Goldnadel revient sur les dérives de la CFDT de SeaFrance, sur le traitement de l'affaire Courroye par les journalistes du Monde et sur la montée d'un islam radical.

La semaine Goldnadel

Publié le

Nouvel épisode du feuilleton consacré à la caste syndicale. Le 20 janvier, Le Parisien, grâce aux plumes alertes d’Aurélie Lebelle et Sébastien Ramnoux, consacre un article aux dérives de la CFDT, et notamment aux enquêtes policières et judiciaires demeurées souvent sans suite.

Morceaux choisis :

« A Calais, il n’y a pas que la loi du silence qui règne. La justice semble avoir fait montre d’une certaine mansuétude vis-à-vis des marins de Sea France. Accusés à plusieurs reprises de violence, ils ont écopé de peines légères : sept mois de prison avec sursis et 500 euros d’amende prononcée par le tribunal du Havre à l’encontre du secrétaire du Comité d’Entreprise de Sea France, pour avoir frappé une policière en 2005. En 2009, une nouvelle condamnation légère pour des violences commises quatre ans plus tôt sur un syndicaliste.

Ailleurs, E.V aurait été considéré comme récidiviste. Pas ici.

La plupart du temps, les procédures n’aboutissent même pas. Entre décembre 2009 et février 2010, le directeur des ressources humaines de Sea France a déposé quatre plaintes pour menaces et insultes lors de réunions du Comité d’Entreprise. Malgré les témoignages joints au dossier, l’enquête a été classée sans suite. Idem pour celle ouverte au sujet des 60000 euros  dérobés en 2008 dans un coffre du « Cézanne », alors que le navire était à quai en raison d’un mouvement de grève. Plus loin, plus grave : « à Calais, tout le monde se souvient aussi de la mystérieuse disparition en mer, il y a 15 ans, de Christian Salomé, un intendant chef de la compagnie chargé de surveiller la comptabilité des boutiques détaxées et des bars des bateaux. Deux jours avant sa disparition survenue le 15 février 1997, il aurait annoncé  à un inspecteur des Douanes sa volonté de dénoncer les trafics à bord des navires… »

Dans une précédente chronique, je rappelais l’indulgence à l’égard de José Bové (« on n’enferme pas un syndicaliste, écrivaient les pétitionnaires ») je demandais des nouvelles des instructions judiciaires concernant l’enquête pénale sur les comités d’entreprise d’EDF, toujours au point mort. De même, quid des suites de l’arraisonnement par un syndicat corse et corsaire d’un bateau de la CNCM ?

En dehors de cet article salutaire d’un journal pourtant peu porté à l’anti-syndicalisme primaire, quel quotidien, de droite à gauche, s’est jamais soucié de cette impunité de droit castique ?

En réalité, j’exagère un peu, il est arrivé une fois que dame Justice soit mauvaise fille à l’égard d’un syndicaliste. Il s’appelait Gérard Nicoud, il avait appelé à la grève de l’impôt, il fit plusieurs mois de prison. C’était le responsable du syndicat des petits commerçants.

Bref, du poujadisme de droite à enfermer à double tour.

 

Quand Le Monde accable le procureur Courroye

Dans Le Monde du 21 janvier, Cécile Prieur, ordinairement bien inspirée, consacre son analyse, sur fond des déboires judiciaires du procureur Courroye, à « la revanche des juges d’instruction » :

« Les juges d’instruction ont donc retrouvé du crédit à mesure que les procureurs en perdaient : la politisation extrême de certaines enquêtes, comme celle menée par le procureur Courroye dans l’affaire Bettencourt, a montré l’impératif de garder des magistrats indépendants du pouvoir ».

Deux remarques respectueuses et complémentaires :

J’ai connu des magistrats instructeurs, et le précité en faisait emblématiquement partie, dépendants, qui, de leur souci de carrière, qui du pouvoir médiatique, qui de l’idéologie dominante. Les dégâts collatéraux n’en étaient pas moins redoutables.

S’il est un quotidien qui s’est montré particulièrement bon prince à l’égard d’un procureur à Nanterre, lorsqu’il était juge à Paris, c’est bien celui qui l’exécute aujourd’hui quotidiennement. Je ne suis pas le plus mal placé pour l’écrire sans haine ni crainte.

Que les journalistes du Monde aient été, peut-être illégalement, espionnés n’est certainement pas plus grave que d’avoir accusé et emprisonné indument des justiciables plus fortunés mais moins lettrés. Raison pourquoi, attention à ne pas verser d’un excès à l’autre, lorsqu’on est partie prenante et que l’on dispose d’un pouvoir qui n’a rien à envier aux politiques.

 

 
Commentaires

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  • Par le Gône - 23/01/2012 - 14:08 - Signaler un abus Ca se passe comme ca chez les "socialistes"...

    je crois que là tout le monde a bien compris que "tout sauf Hollande sauf la gauche"

  • Par slavkov - 23/01/2012 - 14:23 - Signaler un abus ras-le-bol

    ... ni le législateur, ni la "justice" ni les "médias" ne semblent pas être préoccupés par cette question scandaleuse, tiens peut-être ils ont quelque chose a caché ? ...

  • Par Septentrionale - 23/01/2012 - 14:38 - Signaler un abus la pieuvre est dans le ventre de la gauche

    les syndicats mafieux les chantages menaçants le clientélisme les partouses le racket les bourrages d'urnes une dette publique explosive pour entretenir les privilèges à vie d'un autre temps de tout ce "petit monde" de la fonction publique de type bolchevik le chevalier blanc Hollande n'existe que dans le rêve d'un capitaine de pédalo

  • Par Septentrionale - 23/01/2012 - 14:48 - Signaler un abus la pieuvre est dans le ventre de la gauche -2.

    et protégée par l'omerta de tous ces journaleux de gauche qui participent à l'anti sarkozisme dans une paresse intellectuelle crasse et que les intérêts de Sinclair ne dénonceront jamais on ne peut pas être juge et partie

  • Par sam84 - 23/01/2012 - 17:42 - Signaler un abus L'omerta sur certains sujets et le déchainement sur d'autres

    Un mal bien Français,il faut que les agences de notation nous déclassent pour qu'enfin le problème de la dette s'impose a tous Les syndicats,sont des planches pourries et tout le monde le sait,mais tout le monde fait semblant Avec un cynisme et un culot de scélérat nos dirigeants syndicaux trouvent des micros complaisants pour dénoncer et tailler des croupières,a plus honnête qu'eux

  • Par fms - 23/01/2012 - 18:14 - Signaler un abus Abus de faiblesse de Holande à l'encontre de Hessel...

    votre seul bon mot de l'article, mais quel bon mot !

  • Par flogo - 23/01/2012 - 20:13 - Signaler un abus J'ai fait un rêve...

    J'ai fait un rêve... Que quelqu'un avait fait le coût pour la France de toutes les grèves depuis 1945... Je connais le résultat : La France n'aurait aucune dette aujourd'hui ...!

  • Par Takezo - 24/01/2012 - 07:59 - Signaler un abus @fms

    c'est tout ce que vous avez retenu ????????? C'est un des trop nombreux scandales concernant les syndicats et.... rien. Nada. Pas de commentaires outrés des journalistes, pas de livres chocs... Rien.

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Gilles-William Goldnadel

Gilles-William Goldnadel est un avocat pénaliste aux prises de position contestataires, président fondateur d'Avocats sans frontières. Il fut le défenseur des accusés dans les affaires Sentier I et Sentier II, ainsi que dans l'Angolagate. Il est l'auteur de Réflexions sur la question blanche et de Le vieil homme m'indigne ! : Les postures et impostures de Stéphane Hessel, parus chez Jean-Claude Gawsewitch. Gilles-William Goldnadel est également secrétaire national de l'UMP aux médias et à la désinformation.

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