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Impuissants : la sempiternelle radicalité des syndicats français asphyxie le système social

Entre 700 et 1500 salariés issus de différentes entreprises et menacés de plan sociaux devraient défiler ce mardi dans les rues de Paris. Leur objectif : faire interdire les licenciements boursiers.

Manifestation

Publié le

Atlantico : Sanofi, ArcelorMittal, Peugeot, etc.. Les représentants de 25 entreprises menacées par des plans sociaux, toutes confédérations confondues manifesteront ce mardi à Paris. Les salariés défileront dans les rues dans l'objectif de faire interdire les licenciements boursiers. En cause, l'accord signé par les syndicats sur la sécurisation de l'emploi. Pourquoi les syndicats français n'arrivent-ils pas à sortir de la conflictualité ? 

René Mouriaux : Le syndicat français est reconnu par les salariés au plan électoral. Ils ont donc un soutien de salariat mais ils ont une assise d'adhérents tout à fait disparate. Il y a un contraste entre la capacité à mobiliser les électeurs et les manifestants. Mais aussi une  grande peine à fixer leurs relations le salariat sous forme d'adhésion régulière. Cette notion entre bonne réputation et faible adhésion est paradoxale. Ils sont d'un côté écoutés, reconnus, et de l'autre financièrement peu soutenus. C'est très différent de ce qui existe en Allemagne, en Grande-Bretagne et en Belgique.

En France,  les syndicats obtiennent des accords pour tout le monde,  ce qui n'est pas le cas ailleurs. Il faut mettre en évidence le fait qu'ils syndicats ont une double face. Cela conditionne beaucoup de choses, et le syndicalisme est fragmenté. Les choses se jouent en fonction de la force dominante, comme le montre la mobilisation actuelle sur les licenciements collectifs. La CFDT va être virulente sur ce sujet, mais cela ne va pas être le cas de tous els syndicats. Leur discours n'est pas unanime au plan confédéral, mais les syndicats se retrouvent fréquemment dans les mobilisations.

Cette culture du conflit est-elle imputable à la structure syndicale française ? Qu'en est-il dans d'autres pays comme l'Allemagne ?

Il faut distinguer les faits et la lecture des faits. Statistiquement, la France n'est plus du tout la championne de la grève. Ce n'est pas parce que le réseau d'inspecteurs du travail est insuffisant ou que les patronats se dispensent d'indiquer les arrêts de travail au Ministère. Il y a une réelle baisse de la conflictualité, des journées interprofessionnelles et des arrêts locaux. La France s'est rapprochée des pays européens, mais notre culture valorise le conflit, et le dénonce à la fois. En Belgique, il y a actuellement la suppression par Mittal de 1600 postes. Cette suppression provoque une mobilisation très forte dont on parle très peu. Il n'y a pas vraiment de différence avec ce qui se passe en France.

Il y a une propension à dire qu'en France nous sommes constamment en grève ce qui n'est plus la réalité. En Allemagne, il y a des grèves de cheminots, dans le domaine de la métallurgie,… depuis la réunification. On garde cette idée que là-bas, le consensus se perd. Il y a plus facilement de coopération et d'entente en Allemagne, mais il n'est pas vrai qu'en France on est moins capable de négocier institutionnellement.

Dans l'hexagone, nous avons un refus de l'austérité plus fort, cela reste dans la culture. Ce n'est pas tant la conflictualité, mais le rejet d'une participation, un effort inégal. Les salariés français ont le sentiment que les actionnaires font peu d'efforts alors que tout est demandé à la productivité, la compétitivité, ce qui provoque des baisse les coûts salariaux. C'est l'élément distinctif plus fort de la France par rapport aux autres.

 
Commentaires

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  • Par carredas - 29/01/2013 - 09:57 - Signaler un abus Affrontement contre négociation

    " Il y a une propension à dire qu'en France nous sommes constamment en grève ce qui n'est plus la réalité. En Allemagne, il y a des grèves de cheminots, dans le domaine de la métallurgie,… depuis la réunification. " Sans être constamment en grève, une des caractéristique françaises n' est-elle pas les grèves récurrentes de fonctionnaires ? M.Mouriaux oppose beaucoup la France et l'Allemagne dans son article mais les relations syndicats/patronat sont plus intéressantes à regarder dans les pays scandinaves qui ont renoncé à la lutte des classes ou des intérêts au profit du partenariat et de la négociation.

  • Par pemmore - 29/01/2013 - 10:55 - Signaler un abus C'est une vue de l'esprit,

    mis à part les syndicats de fonctionnaires très virulents mais sans intérêt sur le fonctionnement de la société en tant que tels les syndicats d'entreprises n'éxistent en réalité qu'au moment ou celles-ci sont en difficultés et bien trop tard, avant les délégués syndicaux sont considérés comme des parasites inutiles qui se sont trouvé une sinécure pour travailler le moins possible. Quand à la direction, toute suggestion quand à la gestion de la boîte ne les intéresse pas. Je me souviens dans mon usine demandant: «Pourquoi ne fournissons-nous plus fiat (je présumais l'explosiion des ventes de la 500), pourquoi ne fournissons-nous pas Toyota? Nos produits auraient largement passé les fourches caudines du constructeur Japonais.» Je n'ai jamais eu de réponse, on a licencié en pagaille, supprimé l'équipe de wekk-end et fermé l'autre usine. Et gardé la monoculture Française négative, ce qui était une évidence psa, renault. Dire que nous fûmes fournisseurs ferrari ,ça fait mal au coeur.

  • Par Lepongiste - 29/01/2013 - 11:20 - Signaler un abus Oui et ce n'est pas nouveau

    Impuissants : la sempiternelle radicalité des syndicats français asphyxie le système social...... Lorsque vous pensez que les syndicats se sont associés à la manif des pour le mariage gay il y a de quoi rire non ? Sont ils représentatifs ? Non ? C'est une force politique de gauche et force n'est pas un mot vain je devrais dire par force comme leurs élections à main levée leurs grèves dures certains vandalismes etc..etc..

  • Par golvan - 29/01/2013 - 12:31 - Signaler un abus Bon, soyons clair: la Cfdt

    Bon, soyons clair: la Cfdt c'est le Ps et la Cgt c'est le Pc. Quant à Sud c'est un rassemblement de gauchistes principalement trotskistes. Ces syndicats sont considérés comme une "force" en fonction de leur capacité de nuisance et non en fonction du nombre de leurs adhérents. Mais à leur décharge il faut reconnaître qu'à partir du moment où le libre échange règne en maître à la surface du globe, ce qui est annoncé sans l'ombre d'un doute c'est la destruction assurée et souhaitée par la ploutocratie internationaliste, de tous les régimes sociaux, de toutes les protections sociales, qui n'ont jamais existé qu'à l'intérieur d'un cadre national. Dès lors pourquoi les syndicats devraient-ils approuver niaisement la disparition des usines dans le monde occidental ? Je suis d'un naturel paisible mais peut-être faudrait-il tuer quelques membres de cette ploutocratie et les déposer devant les bâtiments de la noblesse de Bruxelles pour avoir un début de considération ? Parce qu'au train où vont les choses il n'y aura bientôt plus d'usines en Europe occidentale, Allemagne comprise.

  • Par vangog - 29/01/2013 - 12:54 - Signaler un abus @golvan si la CFDT c'est le PS et la CGT et SUD, le PC...

    cela implique un système mafieux de cooptation des membres basé sur des critères politiques et des pressions pour en évincer les vrais démocrates! Parmi tous ces organismes d'état payés très cher pour nous protéger de la dictature des minorités de pression, en existe-t-il un pour s'émouvoir et enquêter avant qu'il ne soit trop tard?...

  • Par Hugo from Caracas - 29/01/2013 - 13:49 - Signaler un abus @carredas

    Les grèves dans la fonction publique se raréfient et ne sont plus du tout massives. En tout cas, je note une fois de plus votre volonté de stigmatiser cette population. Sinon oui, les relations sociales en Scandinavie font envie mais sont la résultante d'une tradition religieuse, d'une histoire et d'une culture aux antipodes de la Française et malheureusement très difficilement transposable.

  • Par CN13 - 29/01/2013 - 14:00 - Signaler un abus tiens ! tiens !

    Syndicats et journalistes qui ont tout fait pour faire élire un fonctionnaire de la Corrèze comme "président", continues à se lamenter et à faire des grèves... Des industries automobiles qui ne vendent plus assez de voitures... D'autres industries qui ferment "faute de carnets de commandes"... Des Pôle-Emploi qui se remplissent chaque jour depuis le 6 mai dernier... Un fonctionnaire de la Corrèze qui annonçait monts et merveilles dans ses meeting avec une gauche émerveillée d'avoir bientôt des postes et avantages... Les 51% qui ont voté Hollande croyaient qu'il allait faire des miracles... Qu'est-ce qu'ON SE MARRE !!!

  • Par un - 29/01/2013 - 15:26 - Signaler un abus un

    Les fonctionnaires dorment 35 h par semaine et bientôt 60000 viendront grossir les rangs En France, on travaille 35 h semaine; en Chine, on dort 35 h mois. relation syndicats/patrons : on rigole...j'en connais, au moins, un qui est là pour démolir, plus, toujours plus....pour bosser, toujours moins Pauvre France.......avec Grosmou

  • Par golvan - 29/01/2013 - 15:44 - Signaler un abus @ van gog

    Si l'on accuse les syndicats de n'être représentatifs que de la fonction publique, ce qui est vrai, faut-il pour autant baisser les bras devant les destructions d'emplois systématiques en Europe de l'Ouest en prétendant que c'est inéluctable ? Je rappelle aux retraités qui interviennent sur ce site que leurs retraites sont versées à partir des prélèvements réalisés sur le travail effectué A L'INTERIEUR des frontières françaises et non pas dans des usines à la Ghosn implantées au Maroc ou en Slovaquie. Râler devant son écran d'ordinateur a le mérite de défouler mais n'est d'aucune utilité.

  • Par Salaudepatron - 29/01/2013 - 15:48 - Signaler un abus Pshittttttt !!!!!!!!!

    Et pourtant Flamby devait nous régler le problème en légiférant illico presto contre ces gros méchants profiteurs... Paroles et paroles et paroles....

  • Par carredas - 29/01/2013 - 15:55 - Signaler un abus @Hugo from Caracas

    Vous écrivez : " je note une fois de plus votre volonté de stigmatiser cette population." Je note une fois de plus que vous réagissez dès que je parle des fonctionnaires. Pourquoi dites-vous "stigmatiser" ? Je parle de grèves récurrentes des fonctionnaires en quoi est-ce insultant ? Il est vrai que j'aurais du évoquer les fonctionnaires ET les personnels d'entreprises publiques telles la SNCF, la RATP, Air-France... Ce sont les fonctionnaires de l'Education Nationale qui étaient en grève la semaine dernière. Le 31 janvier prochain, c'est l'ensemble de la fonction publique qui est appelée à faire grève... 1,45 millions de journées de travail perdues par an en moyenne selon le Cri du contribuable

  • Par Hugo from Caracas - 29/01/2013 - 16:18 - Signaler un abus @carredas

    Votre chiffre comprend les jours de grève du privé et du public donc une fois de plus sans le vouloir ;-), vous entretenez le flou. A titre informatif, les salariés d'une entreprise avec une participation de l'état ne sont pas fonctionnaires ( cf Air France, ST MicroElectronics, EADS, Renault etc...) Donc avec votre air de ne pas trop y toucher, vous stigmatisez une partie de la population tout cela en alignant les amalgames. Je réagirais de la même manière si vous usiez des mêmes procédés avec une autre catégorie de salariés.

  • Par carredas - 29/01/2013 - 16:43 - Signaler un abus @Hugo from Caracas

    Non seulement je stigmatise mais j'aligne les amalgames...? Lu sur Le Cri du contribuable "...Selon l’administration, le nombre de jours perdus pour « fait de grève » a été de 1 851 083 en 2010, uniquement pour les ministères. Entre 1999 et 2010, 1,45 million de jours ont été perdus en moyenne chaque année. Ce chiffre concerne les personnels de l’État, de la Caisse des dépôts, de France Télécom et de La Poste Il est vrai que fonctionnaires et para-fonctionnaires du secteur public font volontiers la grève. On a vu ainsi, en 2010, les agents des transports en commun (SNCF, RATP) débrayer contre un texte qui ne les concernait nullement..." Ce ne sont pas MES chiffres. Je renonce à vous convaincre n'avoir aucun compte à régler avec les fonctionnaires, pointer certains avantages et certains comportements ne relèvent pas du "compte à régler" Par ailleurs, j'ai travaillé plus de vingt ans dans un EPIC, je connais la différence entre personnel de la fonction publique et personnel d'un établissement public.

  • Par Hugo from Caracas - 29/01/2013 - 17:17 - Signaler un abus @Carredas

    On parle la moyenne sur plusieurs années ou bien d'un pic particulier ? faudrait savoir ! Car 2010 est une année assez particulière , si vous ouvrez le document excel contenu dans l'article du Cri, vous le verrez car à l'exception de 2010 et 2003 (réforme retraites ), le nombre de jours de grève est assez faible et ces 2 années boostent la moyenne...Je vous recommande chaudement de le lire... Je suis surpris de voir que vous travailliez dans un EPIC, je ne vous imaginais pas Fonctionnaire ou Assimilée....

  • Par DEL - 30/01/2013 - 16:50 - Signaler un abus Radicalité

    Si radicalité il y a, elle est aussi imputable aux syndicats de patrons qu'aux syndicats de salariés: tant que notre beau pays fonctionnera dans un mépris "hiérarchique" lié aux diplômes et à la "place", les dialogues seront impossibles ou seront des conflits. Il est des ailleurs où l'on sait encore détecter les qualités du "personnel" et les faire monter, diplôme ou pas. Nous avons cent ans de retard en France, pour le dialogue social. Un exemple: en anglophonie on trouve couramment le portrait de tout le monde, du balayeur au PDG, affiché dans le hall ou ailleurs. Essayez de trouver cela en France. Nous fonctionnons sur le mépris social, et ce n'est pas cela qui favorisera le dialogue, c'est le moins que l'on puisse dire.

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René Mouriaux

René Mouriaux est docteur d'Etat en Science Politique. Il l'auteur de nombreux ouvrages sur le syndicalisme. Son dernier livre, La dialectique d'Héraclite à Marx, est paru en 2010 (ed. Syllepse).

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