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Impeachment : la Maison Blanche en état de siège

Le limogeage du directeur du FBI, James Comey, par le président Donald Trump, n’en finit pas de faire des vagues aux États-Unis. Depuis l’annonce de cette décision le 9 mai, la presse et les démocrates mènent un assaut frontal contre le président Trump, avec l’objectif avoué de parvenir à sa destitution. Tout devient prétexte à affaire d’État et la Maison Blanche semble en état de siège.

Trump contre le FBI

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Impeachment : la Maison Blanche en état de siège

D’un point de vue strictement constitutionnel, la décision du président Donald Trump de limoger le directeur du FBI, James Comey, est parfaitement légale. Mais elle est intervenue dans un contexte particulier, puisque le FBI mène depuis plusieurs mois une enquête visant le président et son équipe. De là à affirmer que Trump a agi pour faire cesser cette enquête, il n’y a qu’un pas,  que de nombreux commentateurs ont allègrement franchi. A leurs yeux, cette décision justifie l’enclenchement d’une procédure de destitution contre le président Trump.

Nous n’en sommes pas encore là, mais nombreux sont les journalistes et les élus démocrates à rêver de faire à Trump ce qu’ils avaient réussi contre Nixon avec le Watergate en 1974.

Rappel des faits et explications

Le 9 mai le président Trump a annoncé avoir renvoyé le directeur du FBI, James Comey. Le FBI est une branche du département de la Justice, créée en 1908, dont la mission est de lutter contre toutes les menaces sur la sécurité intérieure des Etats-Unis. Le FBI est la principale institution de lutte contre la criminalité, un outil de collecte de renseignements, et, aujourd’hui, un bras du combat anti-terroriste. Il emploie quarante mille personnes environ, et dispose d’un budget de dix milliards de dollars. Son directeur est nommé par le président des Etats-Unis et confirmé par le Sénat, officiellement pour un mandat unique de dix ans.  Désigné par Barack Obama, Comey était en poste depuis septembre 2013.

Il est rare qu’un président limoge le directeur du FBI. Mais pas inédit. Bill Clinton en 1993 avait renvoyé William Sessions, (sans lien de parenté avec Jeff Sessions, actuel ministre de la Justice) directeur nommé par Ronald Reagan six ans plus tôt,  pour des soupçons de corruption et de détournement de fonds. Avant lui le président John Kennedy, et le président Harry Truman avaient tenté de se débarrasser de J. Edgar Hoover, nommé directeur en 1935 et qui restera en poste jusqu’à sa mort en 1972. Hoover a marqué le FBI de sa personnalité. Sa légende veut qu’il ait eu en sa possession des « dossiers » sur tous les hommes politiques ou presque, plein de petits et grands secrets inavouables, ce qui le rendait inattaquable et donc inamovible…

Pour justifier sa décision, Trump a indiqué que Comey avait « perdu la confiance du public américain » et ne pouvait plus « assurer sa mission ». Il a assuré avoir agi sur la recommandation de son ministre de la Justice (Attorney General), Jeff Sessions. En cause, plus précisément un témoignage, sous serment, fait devant le Congrès, quelques jours plus tôt, concernant l’enquête sur les emails d’Hillary Clinton. A cette occasion Comey s’était trompé dans ses chiffres, assurant que le FBI avait retrouvé « des centaines et des milliers d’emails » sur un ordinateur privé, alors qu’il ne s’agissait en fait que de quelques emails « parmi des centaines et des milliers». La distinction est de taille et avait suscité une correction écrite du FBI. Le directeur se trouvant ainsi corrigé par ses propres administrés. Cette faute avait servi de prétexte à son licenciement.

 
Commentaires

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  • Par adroitetoutemaintenant - 19/05/2017 - 11:15 - Signaler un abus Toujours des approximations

    Je conseille de lire le texte de Rod Rosenstein, vice-ministre de la Justice des EU, qui a écrit la fameuse lettre expliquant pourquoi il fallait faire sauter Comey, le directeur du FBI. Elle a été très bien traduite en français sur ce lien…http://www.dreuz.info/2017/05/12/directeur-du-fbi-destitue-par-trump-petite-remise-a-lheure-des-pendules/… Rod Rosenstein a d’ailleurs été entendu au Senat américain hier et les déclarations des sénateurs après l’audition indiquaient bien que les démocrates étaient dans la panade.

  • Par jurgio - 19/05/2017 - 19:34 - Signaler un abus Nous avons un exemple des manipulations de gauche

    qui nous étaient réservées si MLP était parvenue à l'Élysée. Il n'y a pas pires que les mauvais perdants en politique. Des tyrans qui avancent masqués.

  • Par vangog - 20/05/2017 - 10:35 - Signaler un abus Lorsque les gauchistes limogent un opposant politique...

    les medias gauchistes (euphémisme?) font l'éloge du suivant. Lorsque les libéraux (les vrais) limogent un opposant politique, les medias gauchistes font l'éloge de l'ancien...deux poids-deux mesures?...

  • Par Phlt1 - 20/05/2017 - 11:33 - Signaler un abus @jurgio

    C'est vrai que MLP comme Trump sont de vraies solutions pour les problèmes de nos deux pays. D'ailleurs on a déjà largement remarqué que depuis 4 mois, tout va beaucoup mieux aux US. Les blancs du fin fond de l'Amérique sont de nouveau heureux, ils ont désormais un travail bien rémunéré, ils s'instruisent, évoluent, et l'Amérique est redevenue un eldorado.!; La vérité, c'est que Le Pen et Trump, c'est du grand n'importe quoi et ça ne trompe plus personne, ni ici, ni aux US.Mais bon...ça je l'ai dit l'année dernière...

  • Par moine marie - 20/05/2017 - 13:26 - Signaler un abus Ben voyons!

    Ben voyons, les gauchistes ont perdu, mais tout est bon pour retrouver le pouvoir... Leur pouvoir de nuisance surtout, on l'a vu avec l'affaire Fillon, ils goutté aux ors des palais, ils ne vivront plus tant qu'ils ne les retrouveront pas...

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Gérald Olivier

Gérald Olivier est journaliste et  partage sa vie entre la France et les États-Unis. Titulaire d’un Master of Arts en Histoire américaine de l’Université de Californie, il a été le correspondant du groupe Valmonde sur la côte ouest dans les années 1990, avant de rentrer en France pour  occuper le poste de rédacteur en chef au  mensuel Le Spectacle du Monde.  Aujourd’hui il est consultant en communications et médias et se consacre à son blog « France-Amérique ».

Il est l'auteur de Mitt Romney ou le renouveau du mythe américain, paru chez Picollec on Octobre 2012.

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