Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Jeudi 18 Octobre 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Immobilier en folie : à quoi s’attendre maintenant que la hausse des prix ne parvient plus à être compensée par la baisse des taux

Alors que les taux sont désormais à 0 % et que les prix immobiliers continuent leur ascension, l'accès au logement devrait être de plus en plus difficile pour les ménages.

Ca grimpe

Publié le
 Immobilier en folie : à quoi s’attendre maintenant que la hausse des prix ne parvient plus à être compensée par la baisse des taux

Atlantico : Le marché immobilier français a évolué favorablement depuis l'année 1997, notamment en raison d'une baisse progressive des taux d'intérêts qui pouvaient permettre aux ménages de "suivre" cette évolution des prix. Alors que les taux sont désormais à 0 % et que les prix immobiliers continuent leur ascension, comment peut on anticiper les conséquences sur les ménages ? Comment les ménages vont ils pouvoir faire pour suivre une telle hausse des prix ?

Pierre-François Gouiffès : Si l’on prend comme point de départ l’année 1997, il faut séparer deux phases très différentes dans la progression des prix de l’immobilier, à savoir la phase antérieure à la crise de 2008 et celle qui lui fait suite. Il y a la décennie 1998-2008 de flambée des prix avec un quasi doublement et plusieurs années d’augmentation annuelle de plus de 10 %. Depuis la crise de 2008, il y a eu quatre phases beaucoup moins marquées : deux ans de baisse suite à la crise, puis deux ans de hausse, puis quatre années de baisse 2012-2015 impactées par la fiscalité mais aussi le discours et les actions de Cécile Duflot et enfin une reprise en cours depuis fin 2015, avec des transactions et de volumes de production neuve élevés.

La baisse des taux a fortement contribué à la hausse des prix depuis 2015, mais également la politique du gouvernement depuis 2014 (PTZ, dispositif Pinel).

De fait les prix sont globalement stables en France depuis dix ans, alors que par exemple ils ont augmenté de près de 20% en Allemagne et de 50% en Suède, sachant qu’il s’agit là d’une vision moyenne. La part de la dépense logement dans les ménages (loyer ou paiement de la mensualité a plutôt monté mais il semble que le gouvernement veuille mettre en œuvre un choc d’offre pour peser sur les prix tant du logement en tant que service que du logement actif.

Quelles sont les zones qui pourraient rapidement être mises sous tension ? Faut il s'attendre à une relégation des classes moyennes toujours plus loin des "centres mondialisés" ?

On constate effectivement depuis dix ans une différentiation plutôt accrue entre les métropoles et des territoires à forte vacance et prix déprimés, ce qui correspond un peu à la « France périphérique » de Christophe Guilluy.

Le phénomène touche ainsi fortement des villes moyennes devenues moins attractives : sur un an, les prix baissent ainsi à Caen et Dijon (-4%), Metz (-7%) et Limoges (-14%) selon la chambre des notaires. Au contraire les prix flambent dans les zones qui bénéficient de nouvelles aménités en matière de transport : Rennes (+9%, arrivée du TGV) ou sur les sites des futures gares du grand Paris.

Par construction la flambée des prix a pour conséquence de réduire le pouvoir d’achat immobilier des ménages dont les revenus sont stables et donc les amener à un moment ou un autre à s’écarter des zones chères et à connaitre une situation de logement subi.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par ajm - 09/12/2017 - 18:11 - Signaler un abus Non sujet

    En fait , le prix de l'immobilier ne continue à monter actuellement que dans Paris intra muros (2 millions d'habitants) et dans le centre de certaines métropoles regionales comme Bordeaux. Ailleurs, il stagne ou progesse très peu, et même, dans des régions entières au centre, est ou nord ,du pays continue à baisser.

  • Par vangog - 10/12/2017 - 00:02 - Signaler un abus La France bobo se valorise...

    tandis que la France périphérique se dévalorise: effet des politiques socialo-bobos favorisant les centre-villes au mépris de leur périphérie!

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Pierre-François Gouiffès

Pierre-François Gouiffès est maître de conférences à Sciences Po (gestion publique & économie politique). Il a notamment publié Réformes: mission impossible ? (Documentation française, 2010), L’âge d’or des déficits, 40 ans de politique budgétaire française (Documentation française, 2013). et récemment Le Logement en France (Economica, 2017). Il tient un blog sur pfgouiffes.net.
 

Vous pouvez également suivre Pierre-François Gouiffès sur Twitter

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€