Lundi 21 mai 2012 | Créer un compte | Connexion RSS 
 

EDITORIAL

Publié le 7 octobre 2011

Immobilier : "Encore un effort, Messieurs les vendeurs..."

Entre des vendeurs qui attendent et des acheteurs qui subissent la crise de plein fouet, la marché de l'immobilier évolue vers l'asphyxie. Il suffirait pourtant que les vendeurs baissent un peu leurs prix pour que la situation se rétablisse.

 

L’ombre portée de la récession menace l’économie mondiale avec ses signes avant-coureurs : la chute des prix des matières premières et de l’énergie qui avaient battu tous les records de hausse à la fin de l’an dernier.

Le renversement de tendance est apparu dès le mois de mai sur les principaux métaux dont le recul atteint désormais près de 30%. Le pétrole s’incline à son tour, retombant à cent dollars le baril pour le brent de la mer du Nord... L’or lui-même a subi un coup d’arrêt, revenant de 1930 dollars l’once à 1600 environ. Pendant ce temps, les actions poursuivent leur descente aux enfers, en se rapprochant des cours les plus bas enregistrés lors de la grande crise de 2008.

Dans ce climat particulièrement lourd, l’immobilier continue de faire de la résistance. Les prix ont même continué de monter légèrement à Paris ces derniers mois, alors qu’en province, une certaine décrue s’est amorcée, de l’ordre de 3% depuis un an. Mais dans l’ensemble, la pierre continue de faire bonne figure, à l’inverse de ce qui se passe dans les autres pays européens. Raisons essentielles -en dehors de la confiance chevillée au corps des Français pour l’immobilier-, la pénurie de logements qui ne se résorbe pas et représente près d’un million de logements, l’absence de stocks spéculatifs, une situation aggravée par une natalité qui est une des plus fortes d’Europe.

Il reste que le marché, qui ne veut pas vraiment décrocher, évolue lentement vers l’asphyxie. Les vendeurs continuent d’afficher des prix qui dépassent la solvabilité des candidats à la propriété. Ils maintiennent souvent leurs exigences, quitte à renoncer provisoirement à vendre, s’ils ne sont pas obligés d’acquérir un autre bien, car ils ne sauraient pas comment placer le produit de leur vente, dans une période où tous les actifs sont en baisse. Alors ils attendent…

Le marché risque de se bloquer, d’autant que les jeunes se voient fermer les portes de la première accession faute de trouver les fonds indispensables, alors que l’heure est au resserrement du crédit. Les nouvelles mesures gouvernementales ne vont pas améliorer la situation, qu’il s’agisse du relèvement des prélèvements sociaux ou de la taxation des plus-values pour les résidences secondaires vendues alors qu’elles sont détenues depuis moins de trente ans.

Une telle situation est malsaine car elle rejaillit sur la construction neuve qui se ralentit, enlevant du même coup un moteur à la croissance, tout en aggravant la pénurie. On devrait s’inquiéter de voir le peu de place que tient le problème du logement dans la précampagne de l’élection présidentielle, comme si les politiques considéraient que l’immobilier continuait de représenter un véritable roc insubmersible dans la crise actuelle. Il suffirait pourtant de peu de choses pour réamorcer la pompe des transactions et ramener un peu de fluidité sur ce marché. Les expériences passées ont montré que chaque baisse des prix d’au moins cinq pour cent faisait aussitôt revenir les acheteurs. On n’en est pas très loin. Alors, encore un effort, Messieurs les vendeurs, pour vous adapter aux réalités d’aujourd’hui !

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Lézard florissant - 09/10/2011 - 07:53 - Signaler un abus Faut sortir du métro de temps en temps !

    On est propriétaire parce qu’à un moment de sa vie, on a fait ce choix, le croyant sage. Puis on est englué dans un piège.
    Ras le bol du cliché du spéculateur à cigare.
    Faites un tour de France et regardez la multiplication des panneaux A vendre. Inquiétant.
    Le cas de Paris est à part.

  • Par texarkana - 08/10/2011 - 17:59 - Signaler un abus tu le dis toi même

    "il vaut mieux etre locataire" et revendre son bien comme complément pour une petite retraite : c'est exactement çà!

  • Par Lézard florissant - 08/10/2011 - 16:40 - Signaler un abus Donald Trump

    Et Texarcana qui vient faire la leçon «moi, mon seul bien (l'appart où je vis)… et patin et couffin».
    On en reparlera !
    Les résidences sont principales tant que la mobilité professionnelle ne vous en déloge pas. Vous vous dites tant pis, ça fera un complément pour une petite retraite. Vous trainez votre boulet.
    Et les lois changent pour faire face aux dépenses de l’Etat-Providence
    Qui est cocu ?

  • Par Lézard florissant - 08/10/2011 - 15:25 - Signaler un abus Vous avez raison !

    Si c’était à refaire, au lieu de m’endetter, de passer mes loisirs à retaper, de payer encore et toujours, artisans, fisc, je serais locataire. Tu peux saccager, tu ne paies pas ton loyer : t’es aidé par la loi et les associations.
    Au moins tu profites de la vie.
    Un bon conseil : n’achetez JAMAIS d’immobilier, vous êtes le mouton à tondre et on vous crache à la gueule.

  • Par texarkana - 08/10/2011 - 13:19 - Signaler un abus La réaction de Lézard florissant est typique

    ...beaucoup de proprios préférent retirer de la vente plutôt que de vendre sur le prix qu'ils on fantasmé. C'est la mentalité française, "coeur à gauche et prtefeuille à droite", bien hypocrite. Moi quand je viendrai mon seul bien (l'appart où je vis), je discuterai pro forma du prix certes, mais je serai prêt à revoir mes exigences à la baisse!
    ils se prennent tous pour Donald Trump, ma parole!

  • Par Lézard florissant - 08/10/2011 - 10:56 - Signaler un abus lidl et cartier ?

    Si c'est à moi que vous vous adressez, Caton, ma maison est en pierre, restaurée, 120m2, proposée au prix d'un petit studio à Paris. Personne ne m'a fait de cadeau, je n'ai de cadeau à faire à personne. Je préfère la retirer de la vente. C'est mon droit.
    Bergerac : les prix s'effondrent, car les promoteurs ont surestimé les besoins. Des quartiers entiers : vides.
    Location trop aléatoire. Léonine.

  • Par Caton - 08/10/2011 - 10:39 - Signaler un abus Marché immobilier et escroquerie en cavalerie...

    Se plaindre de ne pouvoir vendre son bien revient à refuser un principe de base du libéralisme la valeur naît de la confrontation de l'offre et de la demande, n'est-il pas naïf d'espérer vendre comme d’exception des produits de qualité souvent moyenne situés dans des régions inattractives c'est vouloir refourguer du lidl au prix cartier il ne fallait pas soi-même se fair avoir à l'investissement

  • Par brennec - 08/10/2011 - 09:13 - Signaler un abus Faut pas rèver

    voila une analyse plus que sommaire. Pourquoi mettre sur le dos des vendeurs ce qui revient majoritairement a l'état qui est a l'origine de la bulle immobilière? On sait ce qu'il faudrait faire pour que cette bulle se dégonfle, mais ce serait au détriment de la clientèle électorale de nos deux principaux partis. Il ne sera donc rien fait dans ce sens.

  • Par Lézard florissant - 07/10/2011 - 21:00 - Signaler un abus Suis-je un spéculateur sans coeur ?

    Je trouve cet article irresponsable, les propiétaires seraient des prédateurs. A Paris-PACA, je ne sais pas, mais en province, pas d'argent, pas d'emploi. Rien ne se vend.
    J'ai baissé le prix de 20% : pas d'acquéreur.
    Pendant ce temps, faut payer impôts+assurance+EDF+eau pour une maison inoccupée, et l'entretenir.
    Je l'ai retirée de la vente car un bien qui traine dans les agences se dévalue.

  • Par Lézard florissant - 07/10/2011 - 20:31 - Signaler un abus Y a qu'à baisser le prix, non !!!!

    Je suis propriétaire d’une maison depuis une vingtaine d’années.
    Remboursé le crédit + intérêts.
    Ensuite, j’ai tenu un cahier de compte avec les factures.
    Puis pour mettre en vente j’ai utilisé l’indice INSEE, prix conforme à l’évaluation notaire et agents immobiliers.
    Aucun acquéreur, car région sinistrée (Centre), depuis 2 ans.
    Je l'ai retirée de la vente.

  • Par nacl - 07/10/2011 - 20:27 - Signaler un abus Et la réforme des plus-values ???

    Ne pensez-vous pas au contraire que la réfome des plus-values immobilières, décalant de 15 ans à 30 ans, hors résidence principale, le délai à partir duquel toute cession sera exonérée à 100% ne va pas inciter un certain nombre de propriétaires à vendre en urgence (date limite pour l'acte notairé 01.02.2012 !!) et donc provoquer une baisse des prix ???

  • Par fms - 07/10/2011 - 18:35 - Signaler un abus combien de logements vacants à Paris ? combien à construire ?

    étonnant de soutenir que le prix élevé des logements bloque la construction neuve ?!
    Un prix élevé devrait permettre à des constructeurs de lancer des programmes de logements avec des possibilités de profits importants, non ?

  • Par bobocleaner - 07/10/2011 - 18:21 - Signaler un abus C'est du lourd !

    "Il suffirait pourtant que les vendeurs baissent un peu leurs prix pour que la situation se rétablisse"
    Autrement dit si les vendeurs vendaient moins cher y aurait plus d'acheteur.
    et si ma tante .....
    Non le vrai argument est la dégelée d'impôt locaux et "cost of ownersip" qui vont tomber sur le dos des proprios.
    Celui qui achéte pour louer est un fou , vous avez vu les discours politiques ?

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

Voir la bio en entier

Décryptage
Vos amis sur Facebook

Contact | Contact commercial | Candidatures | Ecrire à la rédaction | Mentions légales | Conditions d'utilisation | Plan du site | Site réalisé par Palpix

Fermer