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Immigration : le nombre de titres de séjour bondit en 2017

Le ministère de l’Intérieur a publié les chiffres définitifs sur les premiers titres de séjour délivrés en 2016 et une estimation pour 2017.

Statistiques

Publié le - Mis à jour le 17 Janvier 2018

Cependant, la tendance est sans équivoque et à la hausse avec une accélération en fin de période. Si le flux de 2017 devait être confirmé, cela représenterait un doublement par rapport à 2000, d’après la série du ministère de l’Intérieur. On devrait donc, normalement, cesser d’entendre des commentaires sur la stabilité des flux autour de 200 000, comme le prétendait François Héran dans son livre publié en 2017.

titres de séjour 2016 2017

C’est bien moins, relativement, qu’en Allemagne ou en Suède, mais c’est une augmentation indubitable. Par ailleurs, ces flux ne comprennent pas les étrangers arrivés récemment, dont certains ont été déboutés du droit d’asile chez nos voisins, et qui vivent dans un habitat provisoire ou dans des lieux d’accueil eux aussi provisoires. Les flux sur les titres de séjour ne comprennent pas non plus les étrangers en cours de procédure pour l’obtention (ou non) d’un titre. Le ministère de l’Intérieur ne publie des données que sur le résultat en fin de procédure, lorsque le titre de séjour, pour un motif ou pour un autre, est octroyé.

L’affirmation selon laquelle la France n’est plus vraiment un pays d’immigration n’est pas confirmée par l’évolution de la population immigrée en France. Les deux graphiques ci-dessous représentent 1) le taux d’accroissement moyen annuel de la proportion d’immigrés de 1911 à 2015 et 2) l’évolution de la proportion d’immigrés sur la même période.

Si l’on a traversé à peu près 25 ans, entre 1975 et 1999, sans que la population immigrée ne s’accroisse, nous avons renoué ensuite avec une évolution voisine de celle observée pendant les Trente Glorieuses, deuxième vague migratoire de l’histoire du vingtième siècle. Rien de comparable aux années 1920, et notamment aux années 1921-1926 pendant lesquelles la proportion d’immigrés s’est accrue de 9,1 % par an, en moyenne. Pour rivaliser avec les années 1921-1926, il faudrait que la population immigrée ait augmenté de 3,2 millions en cinq ans, de 2010 à 2015. Cet accroissement, dans les années 1921-1926, s’est produit dans une population immigrée de 1,4 million en 1921 (soit 3,7 % de la population de l’époque), qui a gagné en cinq ans 860 000 personnes, soit près de quatre fois moins.

 
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  • Par Atlante13 - 16/01/2018 - 17:42 - Signaler un abus Merci Macron,

    merci Macron, on est heureux comme des fous....

  • Par Pharamond - 17/01/2018 - 16:49 - Signaler un abus La problématique que l'on n'aborde pas

    Les vrais problèmes causés par l'immigration n'ont pas été abordés en profondeur par les politiques durant la dernière campagne présidentielle.Un excellent papier sur ce sujet paru sur le site Telos en Avril 2017, écrit par un sociologue chercheur,directeur de Recherches au CNRS,Olivier Galland avait bien cerné la problématique.Quelle est-elle? En comparaison avec ses voisins européens,la France n'a pas un grand nombre d'immigrés,par contre,et c'est là où elle se distingue,elle a un très grand nombre de descendants d'immigrés ,que l'on estime à 7 millions(soit 13.5% des 25/54 ans:source Eurostat)devenus français en vertu de la loi sur la nationalité du 16 mars 1998. Ces descendants ne s'intègrent pas. Qu'en fait-on?

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Michèle Tribalat

Michèle Tribalat est démographe, spécialisée dans le domaine de l'immigration. Elle a notamment écrit Assimilation : la fin du modèle français aux éditions du Toucan (2013). Son dernier ouvrage Statistiques ethniques, une querelle bien française vient d'être publié (éditions de l'Artilleur). Son site : www.micheletribalat.fr

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