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L'humiliation ou la mort (politique) : Florian Philippot face au dilemme le plus cruel de sa carrière

Entre Florian Philippot et Marine Le Pen, les relations se sont tendues. La présidente du FN lui a demandé mercredi de prendre « rapidement » la décision de quitter la présidence de son association Les Patriotes, faute de quoi elle « choisirait pour lui ». Malgré cela, Florian Philippot a quand même décidé de quitter le parti.

Choix impossible

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L'humiliation ou la mort (politique) : Florian Philippot face au dilemme le plus cruel de sa carrière

Atlantico : Florian Philippot n'était-il pas contraint à un choix entre l'humiliation "d'obéir" et une marginalisation forcée en cas de départ du parti, sur le modèle d'un Bruno Mégret, mais sans troupes ? 

Emmanuel  Galiero : La situation pour Florian Philippot était complexe. En interne, ceux qui ont participé à ce bureau politique ou les choses lui ont été dites, racontent qu'il se pose lui même sur un plan très affectif. Il est blessé, vexé, estime avoir énormément travaillé et se sent attaqué. On peut dire que la disgrâce de Philippot été prévue bien avant la présidentielle tant il était en défiance vis à vis du parti lui-même. Marine Le Pen l'a souvent protégé, mais elle est sortie d'une séquence très compliquée dans laquelle elle était en quête de reconstruction d'une image, d'une crédibilité et d'une autorité.

Rentrer en défiance avec sa présidente à ce moment-là peut paraître un peu surprenant de la part de Florian Philippot. D'autant que la première démarche de Marine Le Pen n'était pas un ultimatum dans le sens où il n'y avait pas de date. Elle lui demandait simplement de répondre à un problème de cohérence. Peut-il vraiment être président d'une association politique à l'extérieur du front tout en étant responsable de la stratégie, de la communication et vice-président du FN ? D'autant plus que le parti s'est lancé dans une refondation. 

Ce qui est paradoxal c'est que ce débat qui est déportée à l'extérieur, Marine Le Pen le voudrait à l'intérieur. Florian Philippot, qui a créé cette association "Les Patriotes", l'a fait en externe et en disant qu'elle était entièrement dédiée au développement du Front National. Mais on lui reproche d'y consacrer trop de temps et de ne pas être assez énergique et impliqué sur la refondation en interne. Ce qui ressort c'est la position de Florian Philippot vis-à-vis du FN. Il a toujours eu une position de retrait. Depuis la présidentielle les choses ont changé pour MLP et le parti lui demande des comptes. 

Florian Philippot n'est il pas également confronté à une absence de débouchés politiques dans les formations existantes ? Entre Un Debout la France plus à droite que la ligne Philippot et une étiquette Fn qui va lui "coller" à la peau ? 

Qui peut dire que l'association ne peut pas devenir un parti politique ? Peut-être que Florian Philippot  y pense, ayant en mémoire la réussite d'Emmanuel Macron. 

Concernant ses portes de sorties possibles, à part l'avenir d'une formation comme les patriotes, il y en a peu : il n' pas l'intention d'aller chez Jean-Luc Mélenchon même s'il y a eu des convergences sur les débats sociaux.  Concernant les Républicains, il n'a pas cessé de les combattre et de montrer leur incohérence. Enfin, pour Debout La France de Nicolas Dupont Aignant, ce dernier a récemment expliqué qu'il y avait une force à créer à droite de la droite mais qui n'est pas celle de Florian Philippot (qui lui pense qu'il faut parler à toutes les sensibilités à droite comme à gauche et c'est justement ce qu'on lui reprochait). C'est très compliqué pour lui et c'est la raison pour laquelle on peut se demander quelles sont ses motivations. Et c'est ce qui me fait dire qu'il y a beaucoup d'affectif dans toute cette histoire. 

 
Commentaires

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  • Par vangog - 21/09/2017 - 09:51 - Signaler un abus Florian Philippot est une pièce maîtresse

    de l'échiquier politique...un fou qui mange en diagonale. Un joueur d'échecs ne se sépare pas d'un fou comme ça! Si la cohabitation est difficile avec les forces qui préfèrent la cohérence historique, au Front National, alors, qu'il parte et compte ainsi ses troupes...

  • Par moneo - 21/09/2017 - 10:02 - Signaler un abus je me marre

    Philippot était le plus fréquentable:( il suffit d'écouter les médias et la teneur de l'article) Forcément il était SOCIALISTE Mais National socialiste ça sonne mal forcément..d'ou des éléments de langage indispensables ...Philippot SOUVERAINISTE SOCIAL ça a forcément plus de gueule ...QUOIQUE ..parfois faut se méfier, en abrégé ça fait SS....hum

  • Par Ganesha - 21/09/2017 - 10:54 - Signaler un abus Crise de l'Euro

    Ce que l'on peut reprocher à Marine Le Pen, c'est d'avoir mené toute sa campagne du premier tour avec, au sujet de l'Euro, l'idée simpliste d'un ''retour au Franc''. C'était tout ce que son conseiller, Florian Philippot, avait été capable de lui fournir. On sentait pourtant bien, dans ses discours, qu'elle n'était pas très à l'aise sur ce chapitre de son programme, et elle n'a pas réussi à convaincre une majorité de français. Il aura donc fallu l'intervention de Dupont-Aignan entre les deux tours, pour qu'une solution alternative réaliste apparaisse. Il faut maintenant, vraiment, que le FN soit en ''ordre de bataille'', avec des propositions concrètes et précises, lorsqu'éclatera la ''Crise de l'Euro'', qu'elle vienne d'Allemagne ou d'Italie. Puisque Philippot ne s'en sent pas capable, on trouvera quelqu'un d'autre !

  • Par Akilès - 21/09/2017 - 11:03 - Signaler un abus Adieu, l' ennemi …

    Un provocateur débridé qui a duré trop longtemps. Une ligne politique en eau-de-boudin : quel niveau… Il a bien fait le malin, maintenant il pourra aller faire des ronds dans l' eau ailleurs : pourquoi pas chez les chevènementistes ? Ils n' existent plus ? Mais qui cela intéresse-t-il ? Les mots ont un sens et l' incohérence, un prix, même en politique.

  • Par assougoudrel - 21/09/2017 - 11:30 - Signaler un abus Je ne veux pas défendre Phillippot,

    mais l'humiliation, les électeurs du FN l'ont eue lors du débat MLP-macron et beaucoup sont partis écœurés et ne sont pas prêt de revenir au bercail. MLP aurait dû voir depuis longtemps que son parcours était voué à l'échec, mais elle n'a rien voulu entendre. La Gauche a besoin de MLP pour affaiblir la Droite et ne nous parle que de Phillippot et beaucoup ne s'en rendent pas compte comme d'habitude.

  • Par kelenborn - 21/09/2017 - 13:50 - Signaler un abus ah la la

    Finalement, c'était Philipot de ...terre, qui n'est pas Philipomme de terre , ce qui s'apparenterait à de la veganophilie!!! Solanalacement votre!

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Emmanuel Galiero

Journaliste politique au Figaro, Emmanuel Galiero suit les partis souverainistes, le Modem, mais aussi la politique à Paris et à l'échelon de la région Ile-de-France. 

Emmanuel Galiero est le co-auteur notamment de Grandir à Marseille dans les années 1940 et 1950 aux éditions wartberg.

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