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Hugues Moutouh : « Séparer la lutte contre le terrorisme de celle contre la délinquance de droit commun est une erreur qui nous a coûté très cher »

De nombreux terroristes étaient connus pour des faits de petite délinquance.

Luttes parallèles

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Hugues Moutouh : « Séparer la lutte contre le terrorisme de celle contre la délinquance de droit commun est une erreur qui nous a coûté très cher »

Atlantico : Selon un sondage Elabe pour BFMTV de ce 29 mars, 58% des Français considèrent que le Président de la République et le gouvernement ne mettent pas en œuvre tous les moyens nécessaires à la lutte contre la menace terroriste en France. Que pensez-vous des mesures proposées par les uns et les autres pour renforcer notre action dans la lutte contre le terrorisme ? Que vous inspirent ces propositions parfois bien éloignées des réalités ?

 

Hugues Moutouh : Le résultat de cette enquête d’opinion n’est guère surprenant au lendemain d’un attentat comme celui de Trèbes. Nos concitoyens ont peur. Le terrorisme peut désormais frapper n’importe qui et surtout n’importe où, y compris dans une petite commune rurale. Les sentiments ressentis passent insensiblement du désespoir le plus profond à la colère la plus grande. Le problème auquel les pouvoirs publics sont confrontés est qu’il n’existe malheureusement aucune recette miracle pour en finir avec le terrorisme islamiste.

Depuis quelques jours, on assiste à une accumulation de propositions plus ou moins sérieuses. Le plus important est d’éviter les raccourcis et ne pas tomber dans la caricature. Cela n’est pas évident. Le sujet est beaucoup plus complexe qu’on pourrait le croire de prime abord. Les intervenants manques souvent d’expérience régaliennes et le prisme médiatique a tendance à forcer le trait.    

 

Globalement que peut-on faire de plus qui aurait vraiment un sens ?

Je suis d’avis de donner davantage de place à la procédure administrative. La judiciarisation peut présenter des avantages dans certains cas, mais pas toujours. En dépit des réformes législatives, un magistrat, par réflexe, aura toujours tendance à demander des éléments matériels, des indices très probants, par exemple de passage à l’acte imminent d’un individu, pour valider une procédure. Or, la plupart du temps, quand ces indices, ces « preuves » sont réunies, il est déjà trop tard. Pour éviter un attentat, il faut intervenir en amont. Seul le régime administratif le permet. L’action des services de renseignement doit être replacée dans ce cadre juridique administratif, c’est-à-dire préventif. Cela semble évident et pourtant ça ne l’est pas. Par exemple, il n’est pas possible pour les services de renseignement de retenir, pendant plusieurs jours, afin de l’interroger, un individus que l’on suspecte de dangerosité mais sans preuves réelles. Je propose depuis plusieurs années d’offrir les moyens juridiques aux agents de renseignement (auxquels incombe la lourde tâcher de prévoir l’imprévisible) d’évaluer in concreto la dangerosité des personnes qui présentent le profil du terroriste idéal. On a créé des centres éducatifs fermés pour les mineurs délinquants. Pourquoi ne pas instituer des centres de déradicalisation fermés, où des experts (psychologues, assistantes sociales et agents de renseignement) pourraient prendre le temps d’évaluer sérieusement la dangerosité des personnes les plus "à risque »?

 

 
Commentaires

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  • Par vangog - 02/04/2018 - 11:03 - Signaler un abus La gauche a cassé le renseignement,

    elle a idéologisé la justice, et mis le droit au service de SA vérité...Car la gauche ne sait affronter le débat démocratiques, qu’apres avoir mis les médias’, la justice et l’education a son service (c’est plus prudent...). C’est mort pour la démocratie français, qu’il n’est plus l’ombre que d’elle-même, achevée par les centro-gauchistes, les mêmes que ceux qui collaboraient avec les socialistes allemands...

  • Par KOUTOUBIA56 - 02/04/2018 - 19:47 - Signaler un abus tous les gens de bon sens le

    tous les gens de bon sens le savent : vol cambriolage drogue et puis islamisme vont de pair, il n'y a depuis 40 ans que les idiots du parti socialiste et méluche pour se mettre un bandeau sur les yeux. meme l'abruti de Tulle avait déclaré a ses invités du soir ( les pseudo journalistes rapporte chiotte Davet et Lhomme le mal nommé) que l'Islam gangrénait la société francaise.

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Hugues Moutouh

Hugues Moutouh, préfet, était conseiller spécial du ministre de l'Intérieur au moment de l'affaire Merah.

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