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Egalité des sexes ? Les hommes ne sont plus les maillons faibles de l'espérance de vie

Les hommes ont longtemps été à la traîne derrière les femmes au niveau de l'espérance de vie, distancés parfois jusqu'à une dizaine d'années. Une étude américaine montre qu'ils rattrapent leur retard. Entre 1989 et 2009, leur espérance de vie à grimpé de 4,6 ans, contre 2,7 ans pour les femmes.

Sexe fort

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Egalité des sexes ? Les hommes ne sont plus les maillons faibles de l'espérance de vie

La moyenne d'âge est de 74,4 ans pour les hommes, et de 80 ans pour les femmes. Crédit Reuters

Atlantico : Pendant longtemps les hommes ont été les maillons faibles de l'espérance de vie, mourant en moyenne une dizaine d'années avant leurs compagnes. Aujourd'hui, l'écart s'est réduit à six ans (74,4 ans pour les hommes, 80 pour les femmes). Comment expliquer ce rattrapage de l’espérance de vie masculine sur les femmes?

France Meslé : Pendant longtemps, l’écart entre l’espérance de vie des hommes et des femmes a été très grand. Le maximum à été atteint au début des années 80 pour la France, il y avait plus de huit ans d’écart.

Puis, pendant une dizaine d’années, il y a eu une stabilisation avant qu’un redémarrage ne s’opère durant la dernière décennie du 20ème siècle et confirme un rattrapage des hommes. 

En effet, ceux-ci – avec un peu de retard – imitent les femmes. Auparavant, la raison d’un écart si important venait d’une différence de consommation de tabac : les hommes ont longtemps été de gros consommateurs. Désormais la tendance s’inverse. Ils sont aussi un peu moins concernés par les maladies cardio-vasculaires, car sur ce point, ils ont longtemps été en retard.

Cependant, en termes d’état de santé, on peut émettre une nuance car beaucoup de pathologies invalidantes mêmes si elles ne sont pas létales – du type des troubles musculo-squelettiques, l’arthrose - touchent les femmes. Ainsi en termes d’espérance de vie en santé, c’est-à-dire sans souffrir de handicap important, l’avantage des femmes est beaucoup moins marqué.

Peut-on parler de changement comportemental des hommes ou des femmes ?

On observe très clairement un revirement. Les hommes prennent plus soin d’eux, influencés en partie par les campagnes de prévention des comportements à risques. Mais surtout, ils se plient de meilleure grâce au suivi médical, ils prennent soin d’eux en maintenant par exemple, une meilleure condition physique et puis de façon plus périphérique en prenant soin de leur apparence. Tout cela participe de l’entretien régulier du corps.

Cette tendance est d’ailleurs confirmée par l’apparition de plusieurs magazines qui leurs sont dédiés équivalents aux journaux féminins. Ce sont les indices d’un rapprochement positif des comportements masculins et des comportements féminins. Cependant, les femmes contribuent aussi à ce rapprochement, mais cette fois par l’adoption de comportements nocifs à l’origine masculins tel que le tabagisme.

Il faut dire que l’augmentation des comportements à risques féminins vaut surtout pour le tabac, car objectivement elles ne boivent pas plus et ne conduisent pas plus dangereusement. En revanche l’attirance pour le tabagisme a commencé avec la génération des baby-boomers, mais il semble que cette augmentation soit en train de plafonner, ce qui nous laisse penser que ces comportements s’arrêteront.

Quelles seraient les conséquences directes du rattrapage de l’espérance de vie des hommes sur les femmes ?

Pour l’instant c’est difficile à dire. La conséquence la plus visible sera une diminution des veuves, c’est-à-dire qu’à priori les couples vont rester ensemble plus longtemps. Pour le reste, il ne faut pas oublier que l’écart est encore important : selon les dernières estimations on en est à 6,7 ans de différence d’espérance de vie mais surtout il y a une inconnue sur l’évolution de cette espérance aux âges les plus élevés, car cela dépend de plus en plus des avancées médicales qui font sans arrêt baisser la mortalité au seuil de 70/75 voire plus de 80 ans. Or, dans cette tranche d’âge, les femmes restent encore les plus résistantes, les hommes semblent eux moins bien s’adapter aux pathologies du vieillissement.

Propos recueillis par Priscilla Romain

 
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  • Par la licorne - 29/05/2012 - 10:50 - Signaler un abus Analyse technique, manque l'essentiel

    Dans les années de la fin du XXe siècle, les saignées des guerres faussaient le calcul de l'espérance de vie comparée des hommes et des femmes. Dix mémées pour un pépé dans les années 70. Je crois malheureusement que c'est la "libération" des femmes qui entraîne ce rapprochement. Si cette libération a profité aux bourgeoises, il n'en va pas de même chez les femmes des milieux modestes. Celles ci, avec de petits boulots se retrouvent vite divorcées du fait de ce "boulot" qui déculpabilise un mari en abandon de famille et sont confrontées à tous les problèmes inhérents : abus de faiblesses de la part de leurs employeurs, horaires impossibles, enfants plus difficile à garder dans le droit chemin, stress, et ...... plus donc grande difficulté à refaire sa vie. Pour l'ex mari, sauf cas pathologique, tout va mieux merci. De là moins d'épuisement et meilleure santé. Dans les années 70, les " 10 mémées" des 10 pour un pépé avaient sans doute beaucoup travaillé, mais "au foyer". A tout prendre, je ne suis pas certaine qu'un mari s'il n'est ni alcoolique ni violent ( la majorité quand même heureusement) ne sois pas plus supportable qu'un patron qui peut vous virer facilement.

  • Par Mani - 30/05/2012 - 16:45 - Signaler un abus Il suffit de voir dans les

    Il suffit de voir dans les rues toutes ces femmes, particulièrement les jeunes, qui fument comme des pompiers, pour se rendre compte que les femmes travaillent de toutes leurs forces à la totale égalité des sexes, en commençant par diminuer leur espérance de vie pour se remettre au niveau des hommes. On n'en voit pas encore les effets, mais dans une quinzaine d'années, l'espérance de vie des hommes devrait logiquement passer au-dessus de celle des femmes...

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France Meslé

France Meslé est démographe à l'INED.

Elle a plusieurs domaines de recherche parmi lesquels la mortalité dans le monde, et les causes de décès et leurs évolutions sur de longues périodes.

France Meslé collabore avec les revues Populations et Sociétés et la Revue Européenne de Démographie

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