Salaire maximum ?
Limiter les hauts salaires ? Non.
Augmenter la fiscalité ? Oui
Faut-il instaurer un salaire maximum comme il existe un revenu minimum ? Xavier Bertrand défend l'idée de taxer davantage les "rémunérations extravagantes". Même logique chez François Chérèque qui a déclaré ce lundi que "fixer un salaire maximum, c'est difficile. Il vaut mieux agir sur la fiscalité qui permet de réduire les inégalités de revenus". Explications de Gérard Cornilleau, Directeur adjoint du Département des études de l'OFCE.

Un salaire maximum ? Même la CFDT n'y croit pas. Crédit Reuters
Atlantico : Le Secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a déclaré à La Tribune ce lundi : "fixer un salaire maximum, c'est difficile". Cela vous surprend-il de la part d'un syndicaliste ?
Gérard Cornilleau : Non, cela ne m'étonne pas. Cette décalaration n'est pas forcément contradictoire avec le constat d'une explosion des inégalités par le haut, même si elle est moins forte en France qu'ailleurs. Au-delà de l'aspect moral, social et éthique, l'augmentation des inégalités est en effet source de sérieux déséquilibres économiques, et a été l'une des causes de la crise : aux États-Unis, on a appauvri les classes moyennes au profit des classes supérieures, ce que les a conduit à s'endetter et a provoqué la crise financière. Le problème est le même en Europe, et en France.
Il existe également un deuxième argument économique : à partir d'un certain seuil, les différences de salaires ne sont plus justifiées par des motifs d'efficacité économique, c'est à dire le fait de récompenser les efforts et les talents. En-dessous de ce plafond, difficile à évaluer, on se retrouve effectivement dans une situation à la soviétique, où les hauts diplômés délaissent les emplois qualifiés plus stressants, car ils ne sont pas récompensés par la rémunération adéquate. Mais prenez les joueurs de football : s'ils n'étaient payés "que" dix ou quinze fois le Smic, ils joueraient aussi bien ! Au-delà de quinze ou vingt fois le Smic, ce n'est plus un salaire, mais une rente de situation : on n'est pas payé pour son talent, mais pour son appartenance au petit cercle des dirigeants de grandes entreprises. Une économie de rente est non-efficace : il faut donc la récupérer et la redistribuer.
Si l'on s'accorde sur ce constat, la solution du plafonnement des salaires est-elle la plus judicieuse ?
Pas forcément, car limiter les hauts salaires est effectivement un peu compliqué. Dans le public, c'est très simple, car le salaire maximum existe déjà, grâce aux grilles salariales. Dans le secteur privé, c'est plus difficile, d'une part parce qu'il faudrait inventer une nouvelle réglementation, et d'autre part parce que le salaire est loin d'être la seule forme de revenu : primes, stock-options, etc...
C'est donc moins par une interdiction des hauts salaires que par une fiscalité accrue sur le revenu qu'il faut agir sur ce problème. C'est plus efficace et plus juste, car il n'y a pas de raison de moins taxer les hauts revenus du travail que les hauts revenus du travail. On pourrait même imaginer mettre un taux marginal de l'impôt sur le revenu à 100% ! La Suède l'a fait sans sombrer, et les États-Unis sont montés à 90%.
Dans la concurrence mondialisée, est-ce vraiment une solution raisonnable ?
Il ne faut pas se cacher derrière la mondialisation ! Il est tout à fait exact que la grande mobilité des capitaux pourrait permettre aux hauts revenus de se faire payer dans des paradis fiscaux, mais il suffit de l'interdire et de donner à la police les moyens de faire son travail. Il y a certes de la concurrence fiscale, mais elle n'est pas insurmontable.
Gérard Cornilleau
Gérard Cornilleau est directeur adjoint du Département des études de l'OFCE (Centre de Recherche en économie de Sciences Po).


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Reflechis un peu élite autoproclamée:
Où en serait l'industrie horlogère suisse si a l'instar des patrons français ,les patrons suisses avaient délocalisé en Chine ?
tu as entendu parler de Rolex ,des salaires suisses alors vois-tu gros naif dans ta naiveté : je suis sûr que tu es pôvre et de droate ce qui est - conviens en - plus con que riche et de gôche;
à plus ou moins long terme, fallait-il lire, of course !
C'est vrai que le smic est ridicule... ridiculement trop élevé en France, constituant un obstacle rédhibitoire pour tout investisseur potentiel. La mondialisation tendra, à plus ou moins terme, à planifier les temps de travail et les salaires... et ce ne sera certes pas à notre avantage !
.... les syndicats se battaient pour que le SMIC soit décent, et que les chages patronales soient correctes...mmhmm.... Parce que les hauts salaires sont certes indécents, mais le SMIC ridiculement bas l'est encore plus
Concernant les grands patrons du CAC 40,vu leur peu d'indépendance du pouvoir politique ce serait après tout logique de plafonner politiquement leurs salaires.
Mais puisque "c'est trop compliqué" on va taxer. Y compris l'entrepreneur innovant qui préférera aller réussir ailleurs. Et ça sera bien fait.
il ne t"'est jamais venu à l'id"e que c'est ceux qui ne travailent pas qui gagnent trop ,y compris les rapaces du CAC qui à certains niveau bossent peu et enfument beaucoup
Quant à la mondialisation fais moi rire ,elle aurait dû entrainer leurs salaires à la baisse non?
Mefie toi de toi (t'es un gros naif) DDLC
Vous êtes vraiment un gros naïf ! Dans un pays comme le nôtre où l'ouvrier moyen gagne beaucoup trop tout en travaillant très peu, si "vous diminuez les salaires trop élevés et augmentez les impôts des grandes entreprises", alors nul doute que plus personne ne viendra investir ici, question de bon sens ! La mondialisation a pipé les dés, nous sommes devenus des tocards : préparons nos mouchoirs !
Peut-être qu'on pourrait faire les 2 non ? Diminuer les salaires trop élevés et augmenter les impôts des grandes entreprises. Pour ça bien entendu il faudrait une vraie transparence financière pays par pays qui forcerait les multinationales et les corrompus à payer leurs impôts. Mais l'idée fais son chemin sur des sites comme aidonslargent.org ou Attac.
Il y a des milliers de moyens de se faire payer dans un paradis fiscale sans être ennuyé. Je ne vois pas ce que pourrait faire la police!
J'avais lu un article sur le figaro:
"Gagner plus rendrait plus heureux, selon une étude menée par deux économistes américains. Mais ce n'est plus vrai au-delà d'un seuil qu'ils fixent à 75.000 dollars par an, soit 4900 euros"
Fixons le à ce seuil ;-)
En parlant de rémunération et pas de salaires, on peut parler de ressources communes à tous les salariés. L'explosion sans limite des rémunérations vers le haut est économiquement un non-sens. Cette distorsion ridiculise la valeur de l'argent : quand l'unité de compte est l'euro pour les uns et les centaines de milliers pour d'autres (à multiplier bien sûr), la monnaie n'a plus rien de commun.
Le fond est agréable à lire par ces temps difficiles mais la forme est pas des mieux loties !
"car il n'y a pas de raison de moins taxer les hauts revenus du travail que les hauts revenus du travail"
Je pense que le premier 'travail' devait être capital non ?