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Hausse des taux en Europe : faut-il s'en inquiéter ?

Alors que le taux payé par l'Etat français était inférieur à 0,1% à la fin du mois dernier, ce niveau a été multiplié par 7 au cours du mois de novembre. Une situation qui préoccupe de plus en plus les investisseurs.

Ça remonte

Publié le - Mis à jour le 2 Décembre 2016

Comment anticiper la suite des évènements ? Quels sont les niveaux de taux qui pourraient être atteints au cours des prochains mois, des prochaines années ?

À long terme, entre la faible démographie des pays occidentaux, la faible productivité due au manque structurel de demande, et des politiques qui restent malgré tout conservatrices de la part des banques centrales, il paraît véritablement hasardeux de parier sur une hausse forte des taux. Il est bien plus probable que ceux-ci restent collés à des niveaux historiquement faibles, surtout dans une Europe qui ressemble de plus en plus au Japon des années 1990 et 2000. A l'inverse, et si les Européens finissent par mettre en place des politiques convenables, avec un retour de la croissance potentielle de la zone euro et d'une inflation à 2%, les taux d'intérêts européens se normaliseraient autour de 3-4%.

Mais il ne faut pas s'en inquiéter, puisque justement, de tels taux seraient le signe d'un retour de la croissance, et donc d'une capacité accrue des États de rembourser leurs dettes.

Mais encore une fois, la situation des taux français ne peut être inquiétante que dans deux situations, qui ne concernent que la BCE. Soit la BCE revient sur sa politique d'assouplissement quantitatif, remonte ses taux, et provoque un nouveau ralentissement économique, qui, au regard de l'état actuel de l'Union, déclenche une nouvelle crise européenne qui fera exploser la composante "prime de risque" des taux français. Soit, dans une optique fantaisiste, la BCE se transforme en une Banque centrale hyper expansionniste, du type argentin des bonnes années, et déclenche une spirale inflationniste. En-dehors de ces deux scénarios, il est peu probable de voir la France menacée par ses taux d'intérêts et sa dette. Il faudrait vraiment en arriver à une situation où la BCE veut faire payer la France pour la forcer à mettre en place des réformes, dans un mode purement punitif. Ce qui serait un geste politiquement intenable, à moins de vouloir délibérément en finir avec la construction européenne. 

 
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Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.fr.

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