Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 24 Septembre 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Hausse des frais de santé : ce n'est pas aux Français d'arrêter de se soigner, mais à l'Etat de chasser les gaspillages

En France, bien des économies restent réalisables sans forcément porter atteinte aux soins prodigués aux malades. Quelques pistes de réflexion...

Saignée

Publié le
Hausse des frais de santé : ce n'est pas aux Français d'arrêter de se soigner, mais à l'Etat de chasser les gaspillages

Nicole Delépines : "Des monceaux d'économies sont possibles sans nuire aux soins utiles." Crédit Flickr / faberzeus

A (re)lire, l'épisode 1 : Copinage, commissions, actions de dépistage jamais évaluées : le ministère de la Santé, grand corps malade des finances publiques

Des monceaux d’économies sont possibles sans nuire aux soins utiles ceux qui sont nécessaires au patient y compris les consultations ophtalmologiques et dentaires et les coûts qui s’en suivent.

Qu’ils apprennent à ne pas dépenser trop d’argent à des examens inutiles à des dépistages déconseillés à l’étranger et délétères qui transforment les bien portants en malades chroniques quand ils ne les tuent pas et les entrainent dans une succession d’actes inutiles et souvent nuisibles pour eux leur entourage et la société par les arrêts de travail et handicaps secondaires

Un exemple : le dépistage du cancer de la prostate

Les USA ont rejeté définitivement le dépistage du cancer de la prostate par dosage du PSA.

En effet il est inefficace ne permettant pas d’augmenter la longévité des hommes qui s’y soumettent par rapport à ceux qui le refusent.

Les actes thérapeutiques secondaires au dépistage sont source d’infirmité fréquente (impuissance ou incontinence urinaire, etc). Une grande étude américaine (PIVOT) portant sur 89000 hommes et une européenne portant sur 130000 suivis plus de huit ans ont montré l’absence de gain en termes de survie globale des hommes ayant accepté le dépistage. Ce dépistage a transformé nombre d’hommes bien portants en malades impuissants et déprimés qui vivront ni plus ni moins longtemps mais avec une qualité de vie dégradée.

Le coût est estimé en France à 100 euros par homme qui se soumet au dépistage. Ce chiffre ne tient pas compte des coûts assumés par la sécurité sociale des actes (chirurgie ou radiothérapie, examens radiologiques, consultations médicaments et indemnités journalières). On peut d’ailleurs s’étonner que la Haute Autorité de santé qui avait établi il y a quelques années que ce dépistage n’était pas conseillé n’ait pas jugé bon de le de rembourser !

Un développement du même type pourrait être envisagé pour le dépistage du cancer du sein, dogme absolu malgré toutes les études pour le moins contradictoire et là aussi la HAS manque de clarté dans ses souhaits vu les expériences étrangères.

Il faut que la population prenne conscience des manipulations par les labos via les injonctions des campagnes médiatiques et les relais institutionnels ou associatifs en particulier pour des vaccinations anticancer ou autres (rappelons-nous du coût des campagnes de vaccination et de traitement pour la grippe H1N1 qui ont couté au moins 2 milliards d’euros à la France (bien supérieurs aux dépenses des autres pays européens)

Que d’économies seraient engendrées par la suppression du remboursement du vaccin contre certains papillomavirus vendus comme protection contre le cancer du col utérin. Son efficacité n’a jamais été démontrée et il s’agit d’un cancer en voie de disparition en France grâce à la surveillance gynécologique régulière. Ce vaccin, par ailleurs considéré comme dangereux dans de nombreux pays, est le plus cher de toute l’histoire des vaccins, il coute 450 euros et est remboursé par la sécurité sociale ! Est –ce bien raisonnable ?

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Charles25 - 28/09/2012 - 10:23 - Signaler un abus Pour une fois qu'Atlantico ne

    Pour une fois qu'Atlantico ne publie pas un article réactionnaire, bravo !

  • Par ghislfa - 28/09/2012 - 11:12 - Signaler un abus Çà alors, çà m'en bouche un coin.

    Un article d'aussi haute tenue sur un site habitué à publier plutôt nanars polémiques assez mal ficelés pour pas mal d'entre eux, chapeau.

  • Par léonard simon - 28/09/2012 - 14:16 - Signaler un abus Cet article est de bon sens.

    Cet article est de bon sens. La dernière recommandation est à suivre sans faiblesse. Nous payons un système de santé qui n'est pas à la hauteur des sommes engagées. Il est conçu pour"nourrir" les médecins, les hopitaux, les labo d'analyses et pharmaceutiques, secondairement soigner les patients, même si dans ce corps médical, de nombreux professionnels de santé font un travail remarquable et très souvent difficile. Une vraie industrie dont le montant via la sécu dépasse les 1000 milliards(si ce que j'ai lu est exact). Gabagie pour une industrie de la santé dispendieuse et souvent inefficace pour les patients. Quand dira-t-on et surtout quand appliquerons-nous le principe que l'alimentation, le mode de vie, l'hygiène sont les premiers éléments indispensables pour demeurer en bonne santé, si l'on exclut bien évidemment les maladies génétiques et les comportement à risques. Quand cette régle sera-t-elle une régle d'or ? A mon avis ce n'est pas pour demain.

  • Par laurentso - 28/09/2012 - 14:37 - Signaler un abus bravo madame

    Enfin un article constructif qui recadre les priorités, loin des propos démagogiques sur les "dérives" de la protection sociale.

  • Par léonard simon - 28/09/2012 - 18:31 - Signaler un abus @ Charles 25

    Pour une fois un réac de gauche approuve un article publié sur Atlantico. Ouf! La droite peut espérer.

  • Par jerem - 28/09/2012 - 21:20 - Signaler un abus Et pourquoi pas la décroissance aussi ?

    on se demande si ce n'est pas un plaidoyer pour la décroissance !!! vous vous rendez compte comment les marchés pourraient reagir? comment peut on proposer de limiter la croissance du chiffres d'affaire des vendeurs de medicaments , comment peut envisager comme cela de limiter les consultations , les nombreuses analyses dans des laboratoires de ville. Veut on que la France soit un pays inerte de touristes, un musée .. Cela frole vraiment un discours des verts . Franchement que vient faire le bon sens dans les temps difficiles que traverse la france, la zone euro et le monde .... Alors que l'horizon de millions de clients venant a la pharmacie , ghettant derriere un comptoir la multitude de boites de toutes les couleurs , sans prix etiquettés, non remboursés .....c'est ca l'avenir . Et sinon comment va t on faire si on ne pratique pas pernicieusement pour faire crouler la secu alors qu'il faut diminuer le niveau des 56% de dépenses publiques ? ou sera la croissance du pib si on ne laisse filer le prix des nouveaux medicaments comme l'avait autorisé tres tranquillement la loi de 2004 de Douste blazy et Bertrand ? Tout ce qui précede est au second degre evidemment. Bravo Madame !

  • Par jerem - 28/09/2012 - 21:39 - Signaler un abus Michel Cymies, le doigt levé !

    on cherche encore les reportages sur la denonciation du depistage systématique qui a pourtant fait l'objet d'une campagne de pub consequente avec une sacrée floppée de medecins qui l'index pointé en l'air faisaient la promotion du depistage systématique du cancer de la prostate. une campagne fortement mediatisée par le si plaisant Cymies pour un depistage qu'un an plus tard la haute autorité de santé considerait comme dangereux .... on a pas revu Cymies sur tous les plateaux... De qui se fout on ? Qui a autorisé cette campagne, qui l'a financé , qui a fait de la "propagande" et qui s'est soudain reveille avec 12 mois de retard pour lancer un message contraire. Que doit on comprendre ? ici qu'une detection du niveau du psa est dangereuse et là que ce sont les "investigations" que certains resultats de cette prise de sang pourrait donner ....C'est d'une clarete pour un message en boucle dans les medias avec maintenant des quinzaines par cancer (sein, collo-rectal , etc ...) . on s'etonne du moral morose des francais et de leur reticence maintenant a propos du vaccin de la grippe . le bon sens quoi !!

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Nicole Delépine

Nicole Delépine ancienne responsable de l'unité de cancérologie pédiatrique de l'hôpital universitaire Raymond Poincaré à Garches( APHP ). Fille de l'un des fondateurs de la Sécurité Sociale, elle a récemment publié La face cachée des médicaments, Le cancer, un fléau qui rapporte et Neuf petits lits sur le trottoir, qui relate la fermeture musclée du dernier service indépendant de cancérologie pédiatrique. Retraitée, elle poursuit son combat pour la liberté de soigner et d’être soigné, le respect du serment d’Hippocrate et du code de Nuremberg en défendant le caractère absolu du consentement éclairé du patient.

Elle publiera le 4 mai 2016  un ouvrage coécrit avec le DR Gérard Delépine chirurgien oncologue et statisticien « Cancer, les bonnes questions à poser à mon médecin » chez Michalon Ed. Egalement publié en 2016, "Soigner ou guérir" paru chez Fauves Editions.

 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€