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Harcèlement de rue : la lutte paradoxale

Vendredi dernier, c’était sortie découverte pour certains factotums du gouvernement Philippe. C’est ainsi que Marlène Schiappa, l’alibi féministe du président Macron, s’est rendue à Bordeaux pour discuter de l’importance du vélo pour les femmes (ne riez pas, c’est vrai) et, incidemment, du harcèlement de rue (avec ou sans vélo).

Au Bisounoursland

Publié le
Harcèlement de rue : la lutte paradoxale

Dans cette lutte qu’elle entend mener contre les comportements particulièrement pénibles de certains individus à l’encontre des femmes qu’ils croisent, elle rejoint le constat déjà posé en mai dernier alors que, Porte de la Chapelle à Paris, des habitantes du lieu l’avaient interpellée pour qu’elle soit sensibilisée au problème.

S’en était suivi une intéressante polémique pour savoir si ce harcèlement, dénoncé par les habitantes concernées, existait bien ou s’il ne s’agissait pas, en réalité, d’un simple problème d’agencement urbain – les trottoirs ne seraient-ils pas trop étroits, par hasard ?

– ou, plus fondamentalement, le fait que les villes soient essentiellement machistes ?

Bref, on le comprend : tant à Paris qu’à Bordeaux et, certainement, en plein d’autres endroits en République du Bisounoursland, le harcèlement est devenu une sorte de sous-culture machiste ancrée dans nos vilaines habitudes qu’il convient de combattre hardiment. Si on nettoie les notules médiatiques de leurs scories imbéciles visant à transformer un problème connu de police et de justice en trampoline légal pour les idioties constructivistes et les âneries turbo-féministes, il reste un réel problème de harcèlement que le citoyen ne peut que vouloir voir réglé rapidement. Oui, le harcèlement ne devrait pas exister et oui, tenter d’y remédier est effectivement nécessaire.

La méthode, cependant, importe.

En Socialie, les Bisounours du Camp du Bien choisissent toujours d’y réfléchir à trois fois avant de faire quelque chose de concret et finissent généralement par abandonner en rase campagne en reprenant des chocopops. Pour cela, ils commencent généralement par lancer un projet de loi, un comité d’étude et de réflexion ou un groupe de travail, solution d’ores et déjà préconisée par Marlène et son Camp du Bien qui le mettra en place afin que des experts et des expertes se réunissent pour en papoter à l’occasion d’un goûter ou deux (chocopops à volonté – ce n’est pas cher, c’est l’État qui régale).

Malheureusement, le Camp du Bien, c’est aussi (et même surtout) des thèmes différents, contrastés et tous aussi gluants de moraline les uns que les autres. Dès que l’un d’eux s’approche de l’autre, pouf, il y a réaction et tout devient collant, pâteux et rapidement inextricable. Pour camoufler le résultat souvent désastreux, on parle alors non pas de gloubiboulga intellectuel, mais d’intersectionnalité des luttes et autres fadaises rigolotes.

C’est probablement dans cette convergence intersectionnelle des luttes anti-discriminatoires pro-inclusion que s’inscrivent différentes militantes anti-harcèlement de rue, avec cependant un souci de taille : la réalité est tout d’un coup plus complexe que prévue et refuse de se débarrasser de quelques aspérités bien enquiquinantes lorsqu’on refuse de discriminer, de stigmatiser et qu’on veut malgré tout éliminer et interdire (ici, le harcèlement).

 
Commentaires

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  • Par Hieros888 - 26/09/2017 - 11:17 - Signaler un abus Merci, H16

    Mais que ça fait du bien, votre article : pas à dire, l'intelligence, ça réveille et ça dissout les chocopops !

  • Par pasdesp - 26/09/2017 - 12:06 - Signaler un abus Laissez nous Schiappa!

    A chaque fois qu'elle l'ouvre c'est la franche rigolade. je vous rappelle sa définition du harcelement de rue;: c'est quand un homme vous demande, votre n° de telephone, vous le re demande, vous le re re demande! Allez encore une tournée de chocopops

  • Par patafanari - 26/09/2017 - 13:26 - Signaler un abus Uberisation de la tentative galante

    En tant que vieux marcheur, je dénonce la concurrence déloyale de ces magnifiques jeunes gens au regard de velours et au verbe fleuri. Les jeunes bécasses d'aujourd'hui , victimes du culte de l'apparence, ne savent plus reconnaître les hommes de bien prêts à se dévouer à l’élévation de leur âme.

  • Par Aldel - 26/09/2017 - 13:32 - Signaler un abus pour déméler le paradoxe: exiger la lutte contre le harcèlement

    Il y a effectivement un paradoxe, mais il ne faut pas que nous tombions dans le piège de chercher à identifier qui sont les harceleurs (nous le savons, mais au fond, ce n'est pas le problème), car effectivement ce serait un prétexte pour ne rien faire. Il faut au contraire exiger la plus grande fermeté contre tous les fauteurs de trouble quels qu'ils soient, avec des contrôles et flagrant délits (femmes policières en civil ?), et des peines très lourdes. C'est un véritable fléau qu'il faut combattre sans merci, et ne nous plaignons pas que pour une fois les gens du "CampduBien" puissent participer à un combat utile ; car ne nous voilons pas la face : le harcèlement de rue n'est pas une sorte de goujaterie coutumière, c'est véritablement un des multiples outils au service d'un programme politique beaucoup plus vaste.

  • Par vangog - 26/09/2017 - 13:57 - Signaler un abus Qoa! Les harceleurs sont bronzés????...

    Qu'est ce que j'apprends, incidemment?...les harceleurs de femmes seraient ces "gentils migrants" accueillis à pleines fleurs par les greluches crédules de la mondialisation rampante? Ah ben alors, je suis sur le cul! Mais, mais, mais...il y a des études? des statistiques? des sondages? des grosses commissions?...Quoi? Tous!...tous les violeurs et harceleurs sont des émigrants bronzés?...bon ben...principe de précaution, là! On arrête le flux et on se concentre, non?...

  • Par 2bout - 26/09/2017 - 16:46 - Signaler un abus Au lieu d'accabler la pauvre Marlène,

    ne serait-il pas plus constructif comme diraient les autres du même nom de lui donner ce conseil ? En Socialie, le mieux est encore de ne rien faire car cela pourrait être pire.

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