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La guerre civile qui affaiblit l’Occident

Lettre de Londres mise en forme par Edouard Husson. Nous recevons régulièrement des textes rédigés par un certain Benjamin Disraeli, homonyme du grand homme politique britannique du XIXe siècle.

Disraeli Scanner

Publié le
La guerre civile qui affaiblit l’Occident

 Crédit LEON NEAL / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Londres, 
10 juin 2018
 
Mon cher ami, 
 

Ce que cache la comédie du sommet de La Malbaie 

 
Ce sommet des sept aura mérité son nom, « La Malbaie ». Samuel de Champlain avait ainsi désigné l’endroit, lorsqu’il y planta le drapeau français, en 1608, à cause de la vase qui encombrait la baie, la rendant difficile à la navigation. Sans doute, pour ne pas être prisonnier de la signification des lieux, Emmanuel Macron aurait-il dû prêter attention au nom de l’hôtel où se déroulait le sommet, le Manoir Richelieu. Mais votre président n’avait visiblement pas décidé de se placer dans la continuité de l’histoire de France.
Ni l’évocation de Richelieu, ni la litanie des toponymes français, ni le souffle encore puissant du Général de Gaulle au Québec ne l’ont inspiré au point de lui faire adopter une position d’indépendance nationale lors du sommet. Là encore, il aurait fallu prêter attention aux symboles. Avez-vous regardé, mon cher ami, les armes de la ville de La Malbaie? On y voit un aigle couleur d’or, dont le chef est surmonté de trois fleurs de lys! Si cela n,’était pas une incitation à se placer du côté du président américain et progressivement devenir indispensable dans les relations internationales en faisant de la France  ce qu’elle est de par sa vocation historique, la grande médiatrice !  mais non, Emmanuel Macron a préféré rester partisan, solidaire de Justin Trudeau et des libéraux. 
 
Que le président français soit un libéral pur jus, à l’origine, qui le contestera? On est élu à la tête d’un parti. Pur produit de la haute fonction publique française ralliée à la « mondialisation heureuse »,  le président français a réalisé, lors de la campagne de 2017, le vieux rêve de Valéry Giscard d’Estaing: être élu au centre, sur un programme libéral et européen. Mais « le roi de France ne doit-il pas oublier les combats du duc d’Orléans? », selon la formule consacrée. Une fois élu, il faut prendre de la hauteur de vues. Votre président est aisément loué par vos médias pour sa présence sur la scène internationale. Mais à l’étranger - et de plus en plus en France - il commence à se murmurer que M. Macron n’obtient pas de résultats à la hauteur de l’énergie qu’il y met. A-t-il forcé Vladimir Poutine à faire quoi que ce soit? A-t-il obtenu que Madame Merkel fasse évoluer la vision allemande de l’euro? A-t-il modéré Donald Trump en quoi que ce soit concernant l’accord sur le nuclméaire avec l’Iran? 
 
Vous demandez-vous pourquoi? Il me semble que la raiuson en est assez simple: M. Macron ne donne jamais l’impression à ses interlocuteurs qu’il pourrait s’éloigner de la position libérale qui est la sienne. C’est aussi contreproductif avec MM. Trump et Poutine, qui ne voient pas que le président français soit  prêt à faire du chemin vers eux qu’avec Angela Merkel, qui se dit qu’elle n’a pas besoin de bouger puisque son interlocuteur ne sort pas, fondamentalement, du dogme monétariste et libre-échangiste auquel tient l’Allemagne. Au fond, c’est bien pour cela que le sommet de La Malbaie a fini en farce: Macron, Merkel, Trudeau, ont pensé pouvoir se payer la tête de Donald Trump et continuer à professer leur credo libre-échangiste au-delà de ce qu’ils avaient négocié pour un communiqué final, qui devait témoigner d’un esprit de compromis. 
 

Cette guerre civile qu’ont déclenchée les libéraux et dans laquelle ils s’acharnent

 
Il est extrêmement impressionnant de constater que les libéraux ne bougent pas d’un iota, depuis le Brexit et l’élection de Donald Trump. Loin de les conduire au réalisme, le basculement que connaît actuellement une partie de de l’Occident les pousse à plus d’idéologie. Regardez comme la Commission Européenne, avec le soutien de Madame Merkel, mène les négociations sur le Brexit dans un esprit punitif: il s’agit de dissuader un autre pays de sortir de l’Union Européenne - et a fortiori de la zone euro. C’est le même état d’esprit qui maintient beaucoup de dirigeants de l’Union Européenne et des grandes organisations internationales dans l’illusion que M. Trump puisse être « empêché »; ou qui les empêche de traiter avec le président russe. Il y a en l’occurrence quelque chose de religieux dans l’attitude de tous ces libéraux. Ils mènent une guerre des croyances. le libre-échange est pour eux un dogme, tout comme l’absence de contrôle aux frontières pour les personnes ou le droit absolu de transgresser les codes éthiques. 
 
Si vous voulez identifier de manièrte quasi-infaillible, qui est libéral et qui ne l’est pas, posez la question du droit à limiter la liberté d’expression. Il fut un temps où être libéral était synonyme de générosité et de liberté. Mais aujourd’hui, cela veut dire traquer les fake news, c’est-à-dire en fait interdire potentiellement toutes les idées et les déclarations qui pourraient mettre en danger la domination des libéraux sur les leviers du pouvoir et l’organisation de la société. 
 
C’est une véritable guerre - guerre civile à l’échelle de l’Occident, guerre à l’échelle du monde - que mènent les libéraux. Ils l’ont déclenchée au lendemain de la chute du Mur de Berlin. L’effondrement du communisme soviétique les débarrassait d’un ennemi, le socialisme; ils ont décidé d’écarter par la même occasion le conservatisme. Contre l’évidence de l’histoire en train de se faire (nation et démocratie avaient été unies dans la lutte contre l’oppression socialiste), les libéraux ont décidé de s’opposer systématiquement à une organisation du monde fondée sur la liberté des peuples et la libre expression du suffrage universel. Que l’on égrène la sinistre dérie des guerres d’ingérence américaines ou que l’on analyse en détail la construction de l’Union Européenne et de la zone euro, on croisera toujours les mêmes tendances: mépris religieux de la souveraineté des Etats, haine métaphysique des frontières, idolâtrie des droits de l’individu, croyance dans la toute puissance de la création monétaire occidentale. Les libéraux sont engagés dans une véritable guerre de religion; Et plus les faits viennent contredire leur dogmatisme plus ils intensifient le conflit qu’ils mènent contre leurs ennemis. 
 
Les années 2007-2009 ont marqué un tournant, dans la mesure où la finance libérale est venue se briser sur la réalité de l’économie mondiale. Qu’à cela ne tienne: les dirigeants libéraux ont accru encore la création monétaire à l’origine de la crise, en limitant simplement le cercle de ceux qui y ont accès; ils ont poussé les droits de l’individu à leur paroxysme en faisant adopter l’idéologie du genre comme une sorte de doctrine officielle; ils ont ouvert les frontières aux mouvements de personnes comme ils ne l’avaient encore jamais fait; ils ont piétiné plus que jamais la souveraineté des Etats qui résistaient aux dogmes libéraux et qui avaient le malheur de ne pas être assez gros ni assez puissants pour dissuader d’une attaque. 

 

De la riposte populiste à la reconstruction conservatrice? 

 
Mis en coupe réglée par le dogme libéral, les peuples se sont partiellement révoltés. A beaucoup d’endroits, des mouvements sont nés, qualifiés - ou plutôt disqualifiés! - de populistes par les libéraux, trop heureux de pouvoir enfermer l’opposition dans une caricature. Tels Monsieur Purgon chez Molière ramenant toutes les maladies « au poumon », les analystes libéraux n’ont cessé de crier « au populisme ». Trump? Un populiste! Le vote pour le Brexit? Un vote populiste! La Ligue du Nord ou le Mouvement Cinq Etoiles? Des partis populistes! Viktor Orban? Un populiste! Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon? Des ,populistes! Poutine? ......
 
Il s’est agi, bien entendu, d’une imposture intellectuelle. Ceux qui nous avaient expliqué contre tout réalisme qu’il fallait déclencher la guerre en irak, en 2003, pour voir la démocratie s’emparer du Proche-Orient; ou bien ceux qui nous avaient annoncé des millions d’emplois créés grâce à l’euro commencent seulement à devoir rendre des comptes. En sont largement responsables tous ces socialistes qui se sont ralliés au libéralisme par opportunisme après 1990; et tous ces conservateurs qui se sont laissés intimider par l’amalgame systématique entre l’amour de la patrie, le respect de la souveraineté, la défense des frontières, le souci de cohésion de la société, le respect du droit naturel d’une part, et « le fascisme » mis à toutes les sauces du terrorisme intellectuel d’autre part. 
 
Le socialisme a peu de chances dans le monde qui vient. d’abord parce que les spécimens encore existant - Corée du Nord, Cuba, Chine, Venezuela - sans que l’on veuille forcément les assimiler, ne donnent pas envie. Ensuite, parce que la révolution de l’information, et la maîtrise qu’elle procure à l’individu qui sait en faire le meilleur usage, conduisent inévitablement l’anti-libéralisme, s’il veut s’imposer, à faire toute sa part à l’individu. Enfin, parce qu’à l’âge de l’intelligence artificielle et des biotechs, le grand enjeu c’est la défense de l’humain contre tous les « meilleurs des mondes » que nous préparent les transhumanistes californiens ou les ingénieurs sociaux du parti communiste chinois. 
 
C’est bien pour cette raison que le parti conservateur britannique avait apparemment mis toutes les chances de son côté après le Brexit. Cependant, les tâtonnements de Madame May montrent bien le chemin qui reste à parcourir. Après un bon démarrage, quelle mollesse: tout devrait inciter à une nouvelle politique d’investissements industriels; au lieu de cela le gouvernement conservateur s’obstine à vouloir garder un accord de libre-échange avec l’UE. Tout devrait conduire Madame May à bien s’entendre avec Donald Trump; mais elle succombe à la terreur du « politiquement correct » et ne cesse d’afficher ses distances avec le nouvel hôte de la Maison Blanche. Un immense effort d’investissement dans l’éducation devrait être entrepris; mais notre Premier Ministre préfère s’engager dans une guerilla avec les universités sur le salaire des vice-chancellors. Alors que l’islamisme devrait être combattu avec la même détermination que le communisme autrefois - ne représente-t-il pas un mélange assez semblable de fanatisme idéologique et de subversion des sociétés où il cherche à s’implanter ? - Madame May fait refouler aux frontières ou arrêter des journalistes connus pour leur anti-islamisme sous prétexte qu’ils inciteraient à la haine. Tandis que tout devrait conduire Madame May à trouver une entente avec la Russie, grande puissance conservatrice, elle fait de la surenchère par rapport à Madame Merkel en termes de russophobie. 

 

Retour sur un sommet manqué

 
Mon cher ami, voulez-vous imaginer avec moi quelques instants ce qui aurait pu se passer à La Malbaie? Si Madame May était une Tory démocrate dans la grande tradition de Benjamin Disraëli l’Ancien et de Lord Randolph Churchill, n’aurait-elle pas dû imaginer de faire cause commune, au moins partiellement, avec Donald Trump? La question des tarifs douaniers n’est-elle pas essentielle à la réussite du Brexit? Pourquoi ne pas proposer à Donald Trump une relation commerciale privilégiée entre la Grande-Bretagne, le Canada et les Etats-Unis? Pourquoi ne pas essayer d’attirer le Japon, l’Italie  et la France dans une discussion constructive? Pourquoi ne pas appuyer Donald Trump qui voudrait rouvrir « le G7 » à la Russie? 
 
On ne demande pas à Theresa May d’être une nouvelle «Dame de Fer »; simplement de réussir la reconstruction conservatrice pour laquelle elle a été portée au pouvoir. Il ne s’agit pas qu’Emmanuel Macron, de libéral, devienne conservateur; mais qu’il contribue à la désidéologisation du libéralisme. La vérité, c’est qu’un consensus eût été possible à La Malbaie, appuyé par une majorité autour de la table: Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Japon, Italie. Ces cinq là auraient pu isoler Justin Trudeau et Angela Merkel s’ils s’étaient obstinés à défendre le système en place. 
 
Au lieu de répéter de manière pavlovienne que tout est de la faute de Donald Trump, les observateurs devraient identifier la vraie responsabilité: l’obstination des libéraux à féfendre des croyances et un système de plus en plus éloigné des réalités de l’économie mondiale et des aspirations des peuples. Et ils devraient mesurer les conséquences d’une division artificiellement - mais brutalement - entretenue de l’Occident. La Russie n’a pas d’autre choix que de se rapprocher de la Chine. Celle-ci se sent poussée à mettre en place, pour se protéger du libéralisme occidental, un système néo-totalitaire. Quant au monde arabo-musulman, ses dirigeants se sentent autorisés à continuer de louvoyer entre l’islamaisme qui les menace directement et « la rue » toujours difficile à convaincre.  Dans tous les cas, l’Occident, divisé par la guerre civile que mènent les libéraux contre leurs peuples, a du mal à se faire respecter dans le monde.  
 
Je vous souhaite une bonne semaine
Fidèlement à vous 
 
Benjamin Disraëli
 
 
Commentaires

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  • Par accurate - 11/06/2018 - 10:02 - Signaler un abus Excellent article

    C'est malheureusement bien vu, malheureusement pour nous.

  • Par GP13 - 11/06/2018 - 10:27 - Signaler un abus Encore un très bon texte

    Monsieur Husson nous y habitue. Si Macron a pu séduire par sa jeunesse, son allant, il se révèle de plus en plus décevant en tant qu'adolescent prolongé que son histoire personnelle souligne d'un trait fort. Un adolescent prolongé peut-il mûrir ?

  • Par kelenborn - 11/06/2018 - 10:34 - Signaler un abus Eh oui

    Pour une fois j'ai l'impression que l'on m'écoute! Quelle fatuité dirait Benvoyons avant de nous balancer un lien sur www.poilaucul.com! Avez vous remarqué que Husson (Disraeli ou non) était l'un des rares à trouver grâce à mes yeux ici!!! Même si Husson n'y connait probablement rien en médecine, je pense que son opinion sur ces questions vaudrait mieux que celle du bon docteur Gayet qui a ce sourire d'un Donald Duck à qui on aurait mis des dents! Et bien je suis comblé! On a désormais Husson deux fois par semaine ! Qu'Atlantico soit bénit et que Ferjou trouve place à côté de la vierge Marie !!! Non non mon Benoit, je ne t'ai pas oublié non plus: la vierge Marie sera entre vous deux !

  • Par vangog - 11/06/2018 - 10:46 - Signaler un abus Encore un fort mélange des genres!

    Les faits contredisent totalement les affirmations péremptoires de Husson...l’ultra-libéralisme ne s’est jamais autant développé depuis l’avènement du socialo-communisme Français, en 1981! Depuis la mainmise de la gauche sur de nombreux pans de l’économie et de la société françaises, syndicats, éducation, justice, médias, capitalistes de connivence... les services publics ont été laminés, les privatisations et fusacqs ne se sont jamais aussi bien portées, l.ouverture des frontières aux vents mauvais a été totale...idem pour la Grèce communiste! Le socialo-communisme est ultra-libéral, car il profite electoralement de l’ouverture totale des frontières et son logiciel économique est mondialiste. Ce ne seront donc pas les frondegauchistes, ni les socialistes, rebaptisés macronistes qui seront les mieux places pour s’opposer à l.ultra-libéralisme, car ils s’y vautrent allègrement...seuls les patriotes nationaux européens pourront s’opposer à cet ultra-libéralisme devastatateur! et le vent frais venu de l’est européen devrait le prouver à Husson, s’il voulait bien ouvrir ses narines ...

  • Par Ganesha - 11/06/2018 - 10:52 - Signaler un abus St Michel et St Georges

    Cet article est un véritable régal ! Que de vigueur et d'enthousiasme à combattre ce monstre maléfique, mais heureusement agonisant : le Libéralisme ! Il faut dire que la tâche est relativement aisée : la politique de Reagan-Thatcher a plongé les peuples qui la subissent depuis près de quarante ans dans un tel abîme de désespoir, de pauvreté et d'inégalités, qu'ils ont commencé à élire des St Michel et des St Georges, tels que Donald Trump et les nouveaux dirigeants italiens et autrichiens qui vont, d'un coup de lance, enfin terrasser le dragon !

  • Par Ganesha - 11/06/2018 - 11:01 - Signaler un abus Une terreur qui les pousse à la haine !

    La question que l'on peut se poser, c'est pourquoi une majorité de papys et de mamies-Atlantico choisissent de défendre le Libéralisme ? Vous pouvez trouver la réponse dans les commentaires qui réagissent à l'article de la colonne ''Pépites'' de ce site, au sujet du ''Plan pauvreté'' d'Emmanuel Macron. Ces intervenants éprouvent une peur panique envers les pauvres ! Une terreur qui les pousse à la haine ! A tort ou à raison (je ne les connais pas, et je ne connaîtrai jamais le contenu de leur avis d'imposition), ces gentils retraités ressentent une profonde culpabilité : ils et elles sont convaincus de bénéficier d'avantages intolérablement indignes et usurpés. Toutes les nuits, ils et elles font et refont le même cauchemar : un jour, la ''populace'' va envahir leur appartement, et venir briser leurs vases chinois et voler leur argenterie !

  • Par eva - 11/06/2018 - 11:07 - Signaler un abus amsallem

    Bravo pour cet article , il me rend optimiste dans le genre humain .

  • Par Ganesha - 11/06/2018 - 11:28 - Signaler un abus Pathognomonique

    Le fait d'inverser la signification des mots, de perdre la ''mémoire sémantique'', de considérer que ''la nuit c'est le jour'', d'écrire ''Le socialo-communisme est ultra-libéral'', est un symptôme relativement pathognomonique de la maladie d'Alzheimer. === https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Pathognomonique

  • Par kelenborn - 11/06/2018 - 12:02 - Signaler un abus Ca c'est ben vrai

    aurait dit la mère Denis qui n'était pas socialo communiste ni même crypto - trotskiste ! Pathognomonique !!!! Ca c'est une trouvaille pour décrire qui on sait! Encore que , on imagine Eugene , mari battu implorer: "Pas ton gnon Monique! STP ! Bon, en tout cas merci à Ganesha de nous avoir éclairé ! ( c'est pas le docteur Gayet qu'aurait trouvé ça!)Je pensais que.... avait trouvé la recette du Gloubigoula mais non, c'est Alzheimer!!! Bon, tout pendant qu'on n'est pas obligé de lui changer sa couche...parce qu'en plus: un continent c'est pas assez pour lui! il lui faut au moins l'Amerdique en plus! Ah! on n'est pas sorti des chiottes, je vous le dis!

  • Par Benvoyons - 11/06/2018 - 12:31 - Signaler un abus Toujours la même confusion Libéralisme n'est pas le Capitalisme

    mais le libéralisme capitaliste type USA peut fonctionner. Le Socialisme Marxiste n'est pas le Socialisme Libéral mais le Socialisme Marxiste peut utiliser le Libéralisme ou le Socialisme Libéral. En fait le Libéralisme est le moins dogmatique car il permet le fonctionnement de toutes les versions ci-dessus. C'est plus un mode de fonctionnement comme SAP ou Oracle. Le Libéralisme ne peut fonctionner sans contrainte d’État & donc des idées Politiques en rapport avec les intérêts de chaque pays. Mais si un État veut prendre la totalité du fonctionnement de l'économie donc devient non Libérale il devient Socialiste Marxiste avec la destruction de son économie à terme. Voir l'UE comme Libérale est totalement erroné car elle est Socialiste Libérale. Le Libéralisme pur & dur n'existe nul part car le Libéralisme c'est la recherche permanente en flexibilité donc de l'adaptation. Donc plus ou moins d’État comme les USA aujourd'hui & d'autres pays. La Chine Marxiste utilise du Libéralisme , le Vietnam, & l'adaptent à leurs besoins.

  • Par gerint - 11/06/2018 - 13:11 - Signaler un abus La clairvoyance tranquille mais pénétrante de Husson

    est un régal. De plus c'est bien écrit, facile à comprendre car clairement conçu, et une excellente base de discussion.

  • Par gerint - 11/06/2018 - 13:44 - Signaler un abus @Benvoyons

    Même si le libéralisme peut servir d’outil à différents types de politique, et que la version présentée par Husson peut être discutable, il n’en reste pas moins que sa critique des vues de Macron et consorts me paraît d’une grande lucidité

  • Par LouisArmandCremet - 11/06/2018 - 13:48 - Signaler un abus Bien vu !

    "Alors que l’islamisme devrait être combattu avec la même détermination que le communisme autrefois - ne représente-t-il pas un mélange assez semblable de fanatisme idéologique et de subversion des sociétés où il cherche à s’implanter ?" Cette rapide allusion est excellente car elle résume bien le parallèle dans le mécanisme de prise de pouvoir qui m'est apparu comme évident à la lecture de Soljenitsyne. Même idée d'expurger une société pour en faire apparaître une nouvelle, même offre de rémission pour les égarés qui font amende honorable (après sanction), même réflexe systématique à analyser la société et les rapports humains sous une grille idéologique nouvelle, même tentative de pénétrer les sociétés occidentales grâce à une partie non négligeable de la population acquise à la cause et faussant par la même occasion le point de vue "neutre" sur la question.

  • Par Benvoyons - 11/06/2018 - 14:12 - Signaler un abus gerint - 11/06/2018 Il suppose beaucoup sur Macron mais cela

    ne définie en aucune manière la pensée réelle de Macron. Le texte se veut un scénario donc une élaboration de celui qui écrit pour l'avantage de son analyse. Il ne peut représenter la pensée de Macron sur la situation du Monde & de l'UE. Car Macron ne fonctionne pas avec un seul schéma mais avec de multiples schémas & il les fait bouger entre eux suivant les évolutions du terrain. Donc présenter un linéaire de Macron me fait bien rire. Je pense que l'auteur ne manie pas l'imagination créative nécessaire aux modifications d'un pays & à la négociation de haut niveau. Les livres ne servent plus à rien seule la sagacité productive fait la différence.

  • Par gerint - 11/06/2018 - 15:03 - Signaler un abus Benvoyons

    Je ne prends pas Macron pour un imbécile loin de là, ni pour un génie, loin de là aussi. C'est un tacticien qui n'a pas choisi lui-même son but je crois mais il applique la mission qu'on lui a confiée, pas le peuple mais le monde de la Finance au premier chef. Pour cela il est en effet capable de moduler son action. Mais globalement son arrivée au pouvoir a ajouté un surcroît de brutalité et de cynisme déjà présents avant (Hollande en particulier, beaucoup moins que Macron cependant) mais exposés encore plus maintenant au grand jour et dirigé contre la Nation assimilée à une assemblée de populistes bas de plafond, arriérés et nuisibles.Je suis très loin d'être le seul à voir en Macron un danger mortel pour le, pays et cequ'il laisse entrevoir de sa politique européenne et ses références notamment à Habermas m'inquiètent au plus haut point.

  • Par kelenborn - 11/06/2018 - 17:05 - Signaler un abus Non mais Gerint

    On ne peut rien contre la sagacité productive! Hier c'était Arcole, demain ce sera Austerlitz, après demain Wagram et dans une semaine la Bérésina... Ah ben non...on s'était trompé: celui la c'est directement Sedan...mais je déconne! ben voyons; ce qui nous est décrit c'est le génie de Picrochole. D'ailleurs "l'auteur ne manie pas l'imagination créative nécessaire aux modifications d'un pays & à la négociation de haut niveau" Ben oui! Benvoyons est au haut de la pyramide soit ...40 mètres au dessus du ...caniveau ou ...du cul des chameaux ( ça dépend du temps)

  • Par kelenborn - 11/06/2018 - 17:14 - Signaler un abus hmmm

    "mais le libéralisme capitaliste type USA peut fonctionner. Le Socialisme Marxiste n'est pas le Socialisme Libéral mais le Socialisme Marxiste peut utiliser le Libéralisme ou le Socialisme Libéral. En fait le Libéralisme est le moins dogmatique car il permet le fonctionnement de toutes les versions ci-dessus. " Ca.... normalement... si on dit ça au flic et...avant d'avoir terminé la phrase, il vous fait souffler dans le ballon! Je pense que Benvoyons pourrait nous décrire une mobylette dont les roues seraient un couvercle de camembert, le siège une paire de fesse et dont le moteur serait un pot de Nutella! C'est quoi Ganesha ?...Pathognomonique ? Non c'est pire ?

  • Par gerint - 11/06/2018 - 18:21 - Signaler un abus Pour expliquer le choix de Macron

    Je crois- même si c'est peut-être un fantasme- que nombre de personnes influentes au sein de l'UE et des financiers de haut vol se trouvèrent fort dépourvus et surtout fort marris quant le Brexit fut venu, et que tournant leurs yeux vers la France qui allait entrer en campagne ils choisirent un candidat fiable affilié à leurs intérêts et le promurent intelligemment pour à tout prix éviter quelque sorte de Frexit que ce soit. Nous connaissons la suite. Ils eurent à éliminer Fillon arrivé de manière imprévue en position de gagnant potentiel, ce qui ne fut pas difficile. Si le gagnant potentiel avait été Juppé, je ne sais pas ce qui serait arrivé: il était quand-même plus compatible que Fillon.

  • Par cloette - 11/06/2018 - 19:59 - Signaler un abus Qu'en penser ?

    l'analyse de gerint se tient, mais Fillon n'était pas du tout frexit, et était adoubé par "les financiers de haut vol" aussi, cependant, Macron en effet leur convenait mieux, et j'aimerais savoir EXACTEMENT pourquoi, ne serait ce pas pour des raisons de politique migratoire différente chez les deux ?

  • Par gerint - 11/06/2018 - 20:23 - Signaler un abus Cloette

    Je sais que Fillon n'était pas frexit mais quand-même il était catholique pratiquant attaché au terroir et aux traditions que le progressisme actuel réprouve et il avait un langage nettement plus dur sur l'immigration en effet qui va carrément à l'encontre de Bruxelles. Par certains côtés il avait du Philippe de Villiers. C'en était déjà bien trop pour les amis de Macron à mon avis.

  • Par kelenborn - 11/06/2018 - 20:45 - Signaler un abus Non Gerint

    Quand on connait un tant soit peu Fillon, à part ses goûts pour la fréquentation de l'abbaye de Solesmes et ses goûts pour la course automobile...en clair, je ne vois rien chez lui qui ait pu faire trembler Daesh: Fillon, c'est un hors sol pur sucre, fils de notaire qui l'a placé chez Le Theule lequel lui a donné le biberon ...Un bon sarthois , du pays des Deschiens

  • Par ajm - 11/06/2018 - 23:49 - Signaler un abus Confusion autour de la signification de "Libéral "

    Beaucoup de bruits pour pas grand chose. Macron n'est pas un libéral, ni en economie ni en autres choses, c'est une espèce typiquement Française de colbertiste de Bercy , mâtiné de Terra Nova Rocardo- socialo-démocrate. C'est un nouveau Giscard pur produit de l'IGF , frère siamois de Rocard , attardé et ressuscité 45 ans après . Je trouve que l'article de mr Husson est en réalité assez confus , jouant facilement sur les mots, à commencer sur la signification de "libéral ". Trump est évidemment totalement libéral en économie, mais il est nationaliste et pas libéral comme mr Trudeau. Idem pour Salvini de la Ligue du Nord en Italie. Tous les mouvements de droite nationale en Europe et dans le monde sont liberaux en matière d'économie, que ce soit en Europe du Nord , en Italie, en Europe de l'Est, au Japon etc...sauf largement en France .

  • Par kelenborn - 12/06/2018 - 18:37 - Signaler un abus AJM

    Certes mais le terme libéral lui même est , dès l'origine marqué par la polysémie. Libéral en politique n'est pas la même chose que libéral en économie ( Thatcher est elle politiquement libérale) et n'a pas le même sens dans les pays anglo-saxons ( plutôt marqué à gauche) qu'en France plutôt à droite...Je crois que Husson voulait (peut être) faire référence à un terme de plus en plus utilisé qui est libertarien (trad de libertarians), qui n'est pas plus clair car confondu avec libertaire mais qui désignerait ce que l'on caricature dans le vision bobo: une liberté qui commence par soi-même et est alimentée par la générosité obligée des autres. Cette caste est caractéristique: défense de l'écologie, des minorités toujours opprimées et haine de l'Homme blanc qui revendique l'ascenseur social et menace ses positions. Elle vit de manière largement parasitaire (métiers en logue et ing, ou encore milieu associatif subventionné pour ses bienfaits divers qui vont de la promotion de l'art à la défense de l'ours polaire) La fameuse fracture géographique vient de la: elle vit du pouvoir! Par ailleurs , l'affirmation selon laquelle la droite nationale est (sauf en France) libérale en économie..

  • Par kelenborn - 12/06/2018 - 18:40 - Signaler un abus suite (ben oui c'est Atlantico)

    me parait un peu rapide. Au RU elle a soutenu le Brexit et dire qu'elle ne se prononce pas pour l'explosion de l'Euro montre sa lucidité (ou son cynisme) mais...

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Benjamin Disraeli (1804-1881), fondateur du parti conservateur britannique moderne, a été Premier Ministre de Sa Majesté en 1868 puis entre 1874 et 1880.  Aussi avons-nous été quelque peu surpris de recevoir, depuis quelques semaines, des "lettres de Londres" signées par un homonyme du grand homme d'Etat.  L'intérêt des informations et des analyses a néanmoins convaincus  l'historien Edouard Husson de publier les textes reçus au moment où se dessine, en France et dans le monde, un nouveau clivage politique, entre "conservateurs" et "libéraux". Peut être suivi aussi sur @Disraeli1874

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