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Grrrr... l’hiver 2018-2019 est bien parti pour être le plus froid depuis 10 ans

Selon plusieurs météorologues, la Grande-Bretagne pourrait s'attendre à quatre mois de neige dans «l'hiver le plus froid de la décennie» après une vague de chaleur estivale record. Et chez nous ?

Alerte aux moufles

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Grrrr... l’hiver 2018-2019 est bien parti pour être le plus froid depuis 10 ans

 Crédit FRED TANNEAU / AFP

Atlantico : Doit-on, comme la Grande Bretagne, s'attendre à l'hiver le plus froid de la décennie à partir du mois de novembre ?

 
Frédéric Decker ; Tous les automnes depuis plusieurs années, des articles tentent de faire le « buzz » en annonçant l’hiver qui suit comme étant « le plus froid du siècle ». 2018 ne déroge pas à la règle. Et force est de constater que nos derniers hivers n’ont pas été particulièrement froids, malgré quelques vagues de froids.
 
Toutefois cette année, les indices climatiques vont plutôt dans ce sens. Impossible d’être catégorique et affirmatif bien sûr, mais il semblerait que l’hiver 2018-19 puisse connaître des périodes de froid, un peu à l’image des hivers 2008-09 et 2009-10 ou encore décembre 2010, en Europe mais aussi en France.
En effet, plusieurs paramètres concordent : une très faible activité solaire, une anomalie froide récurrente dans le nord de l’océan Atlantique, une NAO négative envisagée l’hiver prochain et des modèles climatiques indiquant des anomalies froides probables, notamment le modèle saisonnier ECMWF calculé au Met Office à Reading, en banlieue de Londres.
 
Je suis donc plutôt d’accord avec la tendance émise par certains météorologues et organismes, sans tomber dans l’alarmisme ou le catastrophisme en annonçant l’hiver du siècle… Je réalise personnellement des tendances saisonnières depuis 1999 sur Lameteo.org, et cela fait plusieurs mois que j’annonce un hiver à venir globalement potentiellement froid.
 

Sur quoi se basent ces prévisions à long termes ? Sont-elles vraiment fiables ? Comment (et doit-on) interpréter ces prévisions  au regard du réchauffement climatique ?

 
Il s’agit plus de « tendances » que de prévisions, les méthodes utilisées étant très différentes des prévisions météo classiques, pour le lendemain, à sept jours ou quinze jours. Plusieurs paramètres sont utilisés pour tenter d’établir une tendance à plusieurs semaines et plusieurs mois : les modèles numériques, calculant les déviations probables de la pression atmosphérique, des températures et des précipitations. Il en existe de nombreux un peu partout dans le monde, de Londres à Paris (Météo-France) jusqu’aux Etats-Unis, en Australie, au Japon, en Afrique du Sud… Ces modèles calculant ces déviations à l’échelle mondiale sont utilisables en Europe. Mais ils peuvent se contredire et il faut donc les interprêter. Outre ces modèles, des facteurs naturels sont pris en compte, tels que l’activité solaire, l’état des courants océaniques (plus ou moins régis par des cycles) notamment la NAO (North Atlantic Oscillation), mais aussi beaucoup plus loin de nous El Nino et La Nina qui ont des retombées mondiales. A cela s’ajoutent des études statistiques, tentant de mettre en évidence la durée-retour de certaines anomalies (froid, chaud, sécheresse, forte pluviométrie)...
 
Leur fiabilité reste assez limitée encore de nos jours, de l’ordre de 60 à 65%, ce qui laisse une importante marge d’erreur, de 35 à 40%.
 
Le réchauffement climatique moderne n’empêche pas le froid de régner par endroits à certaines périodes. On l’a vu encore l’hiver dernier en février-mars, au printemps dans le sud-ouest de l’Europe, en Amérique du Sud ces derniers mois… Les périodes de froid sont globalement moins fréquentes et moins intenses que dans les années 70 et les décennies précédentes, mais il arrive encore de connaître de grosses anomalies négatives. Même si l’hiver prochain devait être exceptionnellement froid, il ne remettrait pas en question la tendance au réchauffement de ces 40 dernières années. Même si celui-ci se tasse après El Nino et ralentit depuis 20 ans. Il a déjà fait très chaud dans le passé durant des périodes froides, y compris au coeur du Petit Age Glaciaire entre 1300 et 1850. Il peut donc faire très froid de nos jours malgré la période « chaude » actuelle…
 
 
Commentaires

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  • Par ISABLEUE - 26/09/2018 - 09:23 - Signaler un abus les météorologues savent à peine nous annoncer

    les températures sur trois jours... alors l'hiver.. en Espagne une annonce faite comme quoi l'automne serait pluvieux.... on attend...

  • Par Frédéric Decker - 26/09/2018 - 09:28 - Signaler un abus Oui faut lire l'article aussi

    Oui faut lire l'article aussi... Les méthodes entre les prévisions à 3 jours, fiables à 80% d'ailleurs, n'ont rien à voir avec celles à plusieurs mois. Mais encore une fois, il faut chercher au delà du titre... :D

  • Par Geolion - 26/09/2018 - 10:36 - Signaler un abus N'oublions pas le passé...

    Il faut avoir à l'esprit, ce que ne semblent pas avoir le GIEC les médias et bien des politiques, que la terre se réchauffe depuis 20.000 ans environ. A cette époque le niveau des mers et océans était 120 mètres plus bas qu'actuellement....La faute à Cro-Magnon ?? Il y a 8 à 9.000 ans, la montée des eaux a été de plusieurs centimètres par an. Donc : oui, réchauffement climatique il y a ; mais, le GIEC les hommes politiques et les médias sous-entendent systématiquement que ce réchauffement n'est dû qu'à l'homme ! Il faut bien vendre éoliennes et panneaux solaires ! Or, à ce jour, personne n'a pu apporter la valeur exacte de la contribution de l'homme à ce réchauffement ! Elle serait ridicule d'après bien des chercheurs. De plus, on n'est pas sûr du tout que le CO2 participe à un quelconque effet de serre ni même si cet effet de serre existe vraiment au niveau de l'atmposphère ! Pire : la vapeur d'eau participerait, dans cette hypothèse d'effet de serre, pour 95% à cet effet ! Mal parti pour le CO2 ! Voir : https://crioux.wordpress.com/2010/09/22/combien-de-co2-lhumain-produit-il-juste-en-respirant/ Et : https://www.geocraft.com/WVFossils/greenhouse_data.html

  • Par moneo - 26/09/2018 - 12:31 - Signaler un abus @Geolion

    vous parlez d'or mais qui vous entend ?quand tous les médias répètent en boucle que l'apocalypse est en route par la faute des hommes hier quand j'ai entendu le sermon d'Ulysse Gosset j'ai éteint la TV j'en ai marre , mais le problème c'est qu'ils ont gagné la bataille médiatique en France et que toute personne d'un avis contraire est un cinglé

  • Par vangog - 26/09/2018 - 13:06 - Signaler un abus Très faible activité solaire, cet hiver!

    Enfin un météorologue qui nous dit la vérité , au laïus près sur le réchauffement global- mais les pauvres y sont quasi obligés, sinon ils sont interdits de médias- à savoir que les activités humaines influent excessivement peu sur les climats (oui! Oui! Il y en a plusieurs, et seuls les globalisées croient qu’il n’en existe qu’un seul...des attardés scientifiques!), mais c’est l’activité solaire qui influent sur les climats de notre planète terre...et l’activite solaire peut se réveiller avant l’hiver! Donc, comme l’ecrivent de nombreux posteurs, encore une prophetiecataxlysmique non auto-réalisatrice...on a l’habitude avec des climatologues qui se prennent pour des scientifiques...

  • Par Max 60 - 27/09/2018 - 18:38 - Signaler un abus Pile, je gagne, face, tu perds!

    Si la température estivale 2018 a été élevée (moins qu'en 2003, 15 ans plus tôt, mais on s'en fout), c'est un signe du réchauffement climatique. Si la température hivernale 2018/2019 devait être très basse (la plus basse depuis 10 ans), ce ne pourrait être qu'un aléa météorologique. Quoi qu'il en soit, il est interdit de contester le caractère anthropique de la cause de ces phénomènes, foi d'expert es-écotaxe. Non mais!

  • Par Dorine - 29/09/2018 - 09:20 - Signaler un abus Les oignons

    n'ont pas beaucoup de pelures. Il y a peu de chance que l'hiver soit froid.....

  • Par jurgio - 11/10/2018 - 18:52 - Signaler un abus Un grand froid n'est une crainte

    que lorsqu'il doit durer.

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Frédéric Decker

Météorologue - Climatologue à MeteoNews et Lameteo.org

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