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Gros temps sur les marchés financiers : l’erreur (politique) à ne surtout pas commettre pour éviter le risque de contagion au pouvoir d’achat de M. et Mme ToutLeMonde

Après plusieurs mois d'euphorie boursière, un vent de panique a soufflé sur Wall Street en ce début de semaine. En cas de mauvaise gestion, ce "coup de froid" pourrait-il se propager à l'économie réelle ?

Avis de tempête

Publié le
Gros temps sur les marchés financiers : l’erreur (politique) à ne surtout pas commettre pour éviter le risque de contagion au pouvoir d’achat de M. et Mme ToutLeMonde

Atlantico : Alors que la hausse des marchés boursiers semblait suivre une hausse inexorable​, la chute enregistrée au cours de ​ces dernières séances, principalement aux États-Unis, ont ​jeté un froid sur la perception des investisseurs. À quelles conditions la situation actuelle pourrait-elle dégénérer ?

Rémi Bourgeot : Le S&P 500 est plus de quatre fois plus élevé que son point bas de début 2009 et plus de 80% plus élevé que le pic qu’il avait atteint en 2007, à la veille de la crise financière. Cette évolution spectaculaire a été permise par une conjonction de facteurs, au premier lieu desquels un soutien sans faille de la Réserve fédérale, avec sa politique de taux nuls, ses programmes massifs d’achat de titres de dette et son extrême pédagogie vis-à-vis des acteurs de marché lorsqu’il s’est agi d’évoquer une forme de normalisation.

Sur le fond, l’action résolue du gouvernement avec son programme de nettoyage du secteur bancaire et de la banque centrale a permis d’engager une véritable reprise assez tôt en comparaison du cas européen où le président de la BCE d’alors, Jean-Claude Trichet, était resté tétanisé par les critiques allemandes. Si la reprise est réelle depuis la déflagration enclenchée par l’explosion de la bulle immobilière il y a maintenant dix ans, la dynamique boursière s’est très largement émancipée de l’ampleur réelle de cette reprise économique. On se concentre naturellement sur la croissance des taux de profit des entreprises qui ont, dans une certaine mesure seulement, porté l’envolée boursière, mais on a tendance à minimiser l’impact d’un autre phénomène tout aussi crucial, à savoir les rachats d’action par les entreprises elle-même dans le seul but de faire croître leur cotation boursière. S’il n’existe pas de justification économique sérieuse, cette pratique devenue massive ne s’en est pas moins imposée comme une norme. De l’assèchement financier brutal pendant la crise bancaire, les Etats-Unis puis une partie du monde, sont passés à une situation de liquidités massives stockées d’un côté par les entreprises ou déversées sur divers types de marchés et notamment sur les marchés action au niveau national et international.

Le système financier a, dans son lien avec les banques centrales, connu une évolution fondamentale avec ces flots de liquidités. Dans une situation de réserves excédentaires massives et généralisées, les banques américaines notamment dépendent beaucoup moins qu’auparavant des taux qu’oriente la Réserve fédérale sur le marché interbancaire.

La dynamique financière dépend davantage des liquidités directement créées dans le cadre notamment des programmes d’achats. La Fed est justement en train de procéder à une lente réduction de son bilan de façon à garder une marge de manœuvre pour gérer la prochaine crise financière. Par ailleurs, la hausse, modérée, de l’inflation, remet en question la détermination de la banque centrale à rester très prudente dans ses hausses de taux et alimente la hausse des taux longs sur les marchés ; mais ça n’est pas nécessairement le plus facteur décisif en réalité.

 
Commentaires

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  • Par Ganesha - 07/02/2018 - 08:36 - Signaler un abus AJM, une chanson !

    Comme les commentateurs viennent ici publier leurs chansonnettes sans même avoir lu les articles, voici au moins deux courtes citations de la page 3 : ''On voit aujourd’hui des produits financiers tout aussi aberrants, notamment sous la forme de fonds synthétiques indexés sur à peu près n’importe quoi''. Et : ''la dynamique boursière en vigueur depuis dix ans est très largement déconnectée de la situation économique réelle et que de très larges poches de produits financiers frankensteiniens peuplent les marchés mondiaux''. C'est assez inquiétant ! Mais, heureusement, nous avons sur Atlantico des ''super-spécialistes'', qui en savent beaucoup plus que de ''simples économistes''. Je me réjouis d'avance de voir le dénommé ''AJM'' nous reprendre son refrain quotidien ''Tout va très bien, madame la Marquise'' ! Les ''papys Tarzans'' vont également nous réciter leur ''Mein Kampf'' habituel : ''Le Capitalisme Libéral est éternel, il poursuivra sa marche triomphale, volant de succès en succès, jusqu'au Jugement Dernier'' !

  • Par guy bernard - 07/02/2018 - 10:22 - Signaler un abus welcome, Mister Jerome Powell.

    le probleme est en fait très simple : si il n'y a pas d'intervention de la FED, le 10 ans rejoindra la croissance nominale, et donc c'est un coup de semonce pour son nouveau gouverneur, chambré des son arrivée, comme cela avait été le cas de Greenspan. le deuxième coup de semonce concerne les produits sur lesquels il y aurai "un ménage à faire". welcome, Mister Jerome Powell.

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Rémi Bourgeot

Rémi Bourgeot est économiste, chercheur associé à l’IRIS et spécialiste des marchés de capitaux. Il a poursuivi une double carrière de stratégiste de marché dans le secteur financier et d’expert économique sur la zone euro et les marchés émergents pour divers think tanks.

Sur la zone euro, ses études traitent des divergences économiques, de la BCE, du jeu politique européen, de l’Allemagne et des questions industrielles.

Parallèlement à ses travaux, il enseigne l’économie de l’Union européenne dans le cadre de l’IRIS-Sup. Il est diplômé de l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace (SupAéro) et de l’Ecole d’économie de Toulouse.

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Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.fr.
 
Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :

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