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Grèves, scission politique du pays… l’Allemagne est elle en train de connaître la fin de sa “fin de l’histoire” ?

Érosion de la popularité d'Angela Merkel, mouvements de grèves en cours, impatience de la population face à l'incapacité de former un nouveau gouvernement... Mais que révèlent réellement ces différents signes actuels de la situation interne du pays ?

Das Ende

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Grèves, scission politique du pays… l’Allemagne est elle en train de connaître la fin de sa “fin de l’histoire” ?

Érosion de la popularité d'Angela Merkel, mouvements de grèves en cours, impatience de la population face à l'incapacité de former un nouveau gouvernement, que révèlent réellement ces différents signes actuels de la situation interne du pays ? Dans quelle mesure la période actuelle pourrait-elle être le signe d'une fin de "la fin de l'histoire" - pouvant se caractériser par une approche politique de "bullet points" (une politique de maintenance, sans idéologie, sans vision et peu convaincante selon les termes de Anna Sauerbrey dans le New York Times ) comme l'indiquait l'opposant interne à Martin Schulz au SPD, Kevin Kühnert ? 

Après douze années de coalitions alambiquées, peu propices à l’épanouissement du libéralisme politique, la République fédérale s’apprête désormais à être gouvernée par ce que l’on peut qualifier de coalition zombie.

La période actuelle est à la fois marquée par le crépuscule politique de la Chancelière Merkel et par le manque d’alternative à sa personne ; ce qui crée une situation politique plus préoccupante encore que le cadre des trois coalitions précédentes, qui a vu prospérer divers types d’extrémisme. Angela Merkel se préoccupe désormais de faire prévaloir sa ligne dans la perspective de sa succession face aux courants plus à droite au sein de la CDU, mais la réalité à laquelle elle fait face, bien plus que les négociations avec le SPD, est celle de l’envolée de l’extrême droite qui pèse encore davantage sur l’équilibre politique allemand.

Le manque d’alternative personnelle est visible aussi bien dans le camp conservateur que chez les sociaux-démocrates qui vivent dans l’ombre de la Chancelière depuis le départ de G. Schröder au milieu de la décennie passée.

Les querelles internes au SPD illustrent ainsi le malaise du pays. En tentant d’expliquer, à la suite de sa campagne désastreuse, que son grand dessein européen dépasse le modeste jeu berlinois, Martin Schulz se fait l’incarnation d’une forme de vide politique qui suscite l’indignation des jeunes du SPD et de nombreux militants. Cette révolte se manifeste formellement contre cette troisième grande coalition entre conservateurs et sociaux-démocrates sous l’égide de Madame Merkel, mais le problème qu’ils pointent est en réalité plus profond. Il est difficile d’évaluer l’éventuel projet que porteraient ces voix discordantes car cela ne semble précisément pas être leur objet que de produire un projet alternatif à cette heure. Derrière la dénonciation de ce qu’il a génialement qualifié de « Politik der Spiegelstriche », ou politique des bullet-points, Kevin Kühnert n’appelle pas nécessairement à un grand élan romantique mais pointe très explicitement la vacuité intellectuelle et le risque d’effondrement du parti. Martin Schulz se fait l’écho d’une tendance bien plus problématique que celle qui s’était déployée au cours des deux grandes coalitions, avec la confusion grandissante entre les deux partis et le risque d’érosion du jeu démocratique. Martin Schulz a été appelé pour mener la bataille électorale alors qu’aucune figure ne s’imposait. L’ancien président du Parlement européen a été sanctionné par le score le plus bas du parti depuis la fondation de la République et il incarne désormais le risque tangible de sa disparition.

 
Commentaires

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  • Par Ganesha - 05/02/2018 - 07:43 - Signaler un abus Richard Wagner

    Ce qui se passe actuellement en Allemagne, c'est, clairement, la fin d'une aventure idéologique. Les événements se déroulent d'une façon légèrement moins ''wagnérienne'' que le suicide d'Adolf Hitler et d'Eva Braun, dans leur bunker de Berlin, en 1945. Après Trump aux USA et May en Angleterre, c'est une troisième étape dans l'effondrement du Capitalisme. Emmanuel Macron et les ''papys ultra-libéraux'' d'Atlantico vont se retrouver bien seuls !

  • Par cloette - 05/02/2018 - 09:09 - Signaler un abus ride of the Valkyries

    (Richard Wagner )

  • Par Yves3531 - 05/02/2018 - 09:41 - Signaler un abus On peut admirer ici...

    échappé d’un zoo ou d’un asile, on ne sait, l’un des derniers spécimen d’admirateurs de Staline et Brejnev et leur système ... la bête immonde n’est pas totalement morte (pour employer le même type de langage qu’elle - le seul qu’elle comprend...!)...

  • Par kelenborn - 05/02/2018 - 09:57 - Signaler un abus GANESHA+Cloette

    Evitez d'évoquer Wagner SVP!!! Miss Besson va encore sentir que l'on glisse une main dans son slip et elle de dira pas "Merci Cloette et Ganie"-demandez à Serrafin!!! Pour le reste , eh oui c'est très exact: Une Allemagne qui , avec la réunification , s'est d'abord occupée de l'extension de son Lebensraum - et avec succès puisque même en ayant avalé la RDA, le PIB par tête allemand excède de 20% le PIB français! Merci Ton, Merci Chichi, Merci Sarko, merci Flamby, merci Macroléon, merci les français cons , eurobéats et les yeux remplis de merde qui continuent à parler de l'Europe sans avoir honte de leur bêtise. La crise allemande est une chose et les allemands la résoudront car ils détestent le "Unordnung"! La crise européenne en est une autre car la bête immonde bruxellois, l'hydre à tête de Juncker va mettre du temps à crever et ses convulsions vont faire des dégats! Je parie d'ailleurs que ce jour la, personne ne sera coupable!

  • Par Ganesha - 05/02/2018 - 10:30 - Signaler un abus Kelenborn

    Merci de votre soutien ! Entièrement d'accord avec tous les arguments de votre commentaire ! Nous assurons sur Atlantico une mission d'hygiène et de service public en obligeant tous ces gentils octogénaires à se révéler au grand jour et à manifester leur détresse intellectuelle. Cependant, il serait vain d'espérer de leur part ne fût-ce qu'un début de compréhension, sans même envisager de les convaincre...

  • Par guy bernard - 05/02/2018 - 10:47 - Signaler un abus il faut renverser la vapeur.

    ce que l'on considère comme le miracle allemand tient essentiellement à la stratégie européenne d’intégration et d’équipement des PECOS, au développement de la mondialisation, et au soutien inconditionnel et infini de ses entreprises et en particulier, à l'export. la croissance externe de l’Europe est finie, les équipements à l'etranger fortement concurrences et les bilans des banques et des assurances-credit portent les stigmates de cette politique aventureuse. pour clôturer le tout, l'Allemagne a des besoins en investissements et compétences de haut niveau, vu le succès de son apprentissage. ses points forts, trop longtemps exploités sont maintenant devenus ses points faibles. ce n'est pas la fin de l'histoire, mais il faut renverser la vapeur.

  • Par Ganesha - 05/02/2018 - 11:15 - Signaler un abus Guy Bernard

    Pecos ! Vous voulez nous parler de la ville du Texas ou de celle du Nouveau-Mexique ? === https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Pecos

  • Par ajm - 05/02/2018 - 11:35 - Signaler un abus Le miracle Allemand, une vieille histoire.

    Le miracle Allemand est ancuen: il s'est construit après la guerre de 1870 avec la création de l'empire Allemand. Le premier pays à avoir créer une route entre le monde universitaire scientifique et la grande industri c'est l' Allemagne. A la veille de la première guerre mondiale, l'Allemagne était déjà la première nation industrielle et ecportatrice de l'Europe, deuxième dans le monde derrière les USA. Elle était egalement la nation la plus avancée dans le développement des sciences. Cette puissance a survécu aux deux guerres mondiales et à la division de l'après guerre.

  • Par kelenborn - 05/02/2018 - 12:55 - Signaler un abus ENFIN Ganesha

    PECO=Pays d'EUROPE CENTRALE ET ORIENTALE: Vous savez, ces contrées à qui Staline a promis des lendemains qui chantent il y a ....80 ANS justement !!! eh eh eh

  • Par kelenborn - 05/02/2018 - 13:01 - Signaler un abus AJM

    Tout à fait exact!!! D'ailleurs , Die dicke Bertha était allemande, les U Boot étaient allemands et Openheimer était allemand! Il y a une culture industrielle dans ce pays mais, la chute du mur a incontestablement donné un second souffle car les coûts commençaient à devenir élevés. A l'inverse, en France , dans la pure tradition gaulliste consistant à péter plus haut que son cul , on a fait le France, le Concorde et même Johnny Hallyday!!!

  • Par Yves3531 - 05/02/2018 - 13:44 - Signaler un abus pendant que l’on débat sur les éventuelles prémisses de...

    faiblesses allemandes on s’evite de parler de nos propres faiblesses, entraves et travers... une oligarchie qui vit pour elle même et parasite l’economie du pays - une haute administration enarchisée qui envoie de ses représentants se faire élire et ré-élire en politique en distribuant du pain et des jeux et des histoires au petit peuple, financé par la dette à défaut de savoir vendre et demander autre chose...

  • Par cloette - 05/02/2018 - 18:20 - Signaler un abus la dette ça y va

    et ça va y aller jusqu'en 2022 . Quand je pense qu'on a fait tant d'histoires à ce sujet par le passé !

  • Par Anouman - 05/02/2018 - 20:29 - Signaler un abus fin de l'histoire

    Même les Allemands peuvent en avoir assez qu'on les prennent pour des cons. C'est humain. Ils n'y a qu'en France que l'on persiste dans le masochisme, mais chacun prend son plaisir comme il veut.

  • Par Deudeuche - 06/02/2018 - 11:57 - Signaler un abus A l’Est Bruxelles UE = Moscou URSS

    Et la ressemblance est frappante !

  • Par cloette - 06/02/2018 - 12:20 - Signaler un abus c'est vrai Deudeuche

    c'est kif kif .

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Rémi Bourgeot

Rémi Bourgeot est économiste, chercheur associé à l’IRIS et spécialiste des marchés de capitaux. Il a poursuivi une double carrière de stratégiste de marché dans le secteur financier et d’expert économique sur la zone euro et les marchés émergents pour divers think tanks.

Sur la zone euro, ses études traitent des divergences économiques, de la BCE, du jeu politique européen, de l’Allemagne et des questions industrielles.

Parallèlement à ses travaux, il enseigne l’économie de l’Union européenne dans le cadre de l’IRIS-Sup. Il est diplômé de l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace (SupAéro) et de l’Ecole d’économie de Toulouse.

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