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Oui ou non, les nouveaux gouverneurs de la Fed volent-ils au secours de l’économie européenne ?

Début janvier, le changement de composition du bureau des gouverneurs de la Fed a consacré les démocrates au détriment des conservateurs. Un tournant "monétariste" qui pourrait directement profiter à la BCE.

Démocrates et charitables

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Devant l’incapacité d’action de la Banque centrale européenne face aux menaces actuelles, le changement de composition du bureau des gouverneurs de la banque centrale américaine apparaît comme la lumière au bout du tunnel.

Depuis le 1er janvier 2012, sur un total (actuel) de dix gouverneurs, dont cinq permanents, quatre ont été remplacés. Parmi ces derniers, trois, des plus conservateurs, les « faucons » Richard Fisher, Narayana Kocherlakota, et Charles Plosser ont laissé leur place à trois membres réputés plus souples : John Williams, Sandra Pianalto, et Dennis Lockhart.

C’est ainsi que, d’une politique conservatrice menée en 2011, une équipe dont la majorité milite pour un soutien monétaire prendra les commandes de la Fed (Réserve fédérale américaine) cette année.

Un tel soutien, devenant des plus probables dès le 1er semestre de l’année, agira sur la demande et l’emploi et aura un impact aussi bien sur la croissance américaine que mondiale. De la même manière que pour les années 2009 et 2010 où deux plans d’assouplissement quantitatifs ont vu le jour. Ces derniers ont permis à l’économie mondiale de reprendre son souffle, malgré leur faible ampleur face à la menace en cours. L’imbrication de nos économies, le poids du dollar dans le monde, permettent l’exportation d’un soutien américain, pourtant déployé au niveau local. L’économie européenne en bénéficiera également et les révisions de croissance à la hausse permettront un apaisement sur les niveaux de dette de nos États.

La perception actuelle de la crise européenne repose sur l’idée d’un niveau de dette trop important, entravant notre capacité à générer de la croissance. Au contraire, une vision monétariste défend l’idée d’une croissance trop faible pour soutenir le fardeau de la dette. De ces deux visions, deux solutions découlent :

  • La première, européenne, agit sur les budgets des États, appliquant une politique conservatrice, de rigueur, ayant pour objectif de contraindre la dette ;
  • La seconde, symbolisée par les plans d’assouplissements quantitatifs, soutient la croissance, et a permis l’accalmie sur les marchés obligataires.

    Voilà pourquoi les dettes américaine et anglaise, notamment, profitent de taux plus modérés, et ce malgré des endettements comparables, voire supérieurs aux États européens. L’impact monétaire sur la croissance rassure les investisseurs, au contraire des politiques de rigueur, dictées en Europe. Le marché obligataire européen est quant à lui sanctionné par la rigidité de pensée de la banque centrale européenne.

L’aboutissement de ces politiques monétaristes apparaît dans les propositions de Scott Sumner et la naissance de l’école des « market monetarists », favorables à la mise en place d’un objectif de PIB nominal (PIB tenant compte de l'inflation). Il ne fait pas de doute que ce sujet sera traité avec le plus grand intérêt par le nouveau bureau des gouverneurs, et ce au plus grand profit de la Banque centrale européenne. Cette dernière, attachée à son orthodoxie conservatrice devra tirer les leçons d’une crise dont elle a été incapable de définir ni les causes ni les remèdes.

 
Commentaires

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  • Par Mandos - 11/01/2012 - 10:56 - Signaler un abus Waouh

    Encore une défense de la dilution de la dette dans l'épargne du contribuable via l'impression massive d'argent gratuit, quelle audace, quel avant-gardisme. C'est sûr, c'est plus simple de voler ceux qui devront la fermer que prendre ses responsabilités et admettre la nécessité d'une réduction des dépenses publiques. Et ce sont des gens comme vous qui gèrent des patrimoines... Pillard.

  • Par Mandos - 11/01/2012 - 11:06 - Signaler un abus En fait, c'est même au-delà de l'escroquerie

    Venir dénoncer un prétendu "conservatisme" tout en vous faisant l'avocat de politiques dites monétaires qui ne sont que de la tambouille comptable destinée à sauvegarder les apparences et surtout les positions des lobbies en place, c'est VRAIMENT l'hôpital qui se fout de la charité. Les faucons remplacés par les "souples", hein? Ceux qui seront moins regardants au brigandage institutionnalisé...

  • Par Mandos - 11/01/2012 - 11:31 - Signaler un abus C'est certain

    Si on imprime plus d'argent avec un objectif de PIB nominal, on risque d'avoir de la croissance. Et les investisseurs y croiront, les cons. Tenez, pourquoi n'imprime-t-on pas un petit trillion d'euros, là tout de suite? Et hop, on le distribue. Tout le monde est content, la croissance est là. Non?

  • Par alankin - 11/01/2012 - 12:11 - Signaler un abus la politique monétaire de fabrication de billets...

    est un outil parmi d'autres, efficace s'il se combine avec des règles budgétaires plus strictes..si on imprime du billet pour prêter peu cher aux états, et si dans le même temps celui ci augmente ses dépenses, alors, c'est la fuite en avant. Si par contre on fait des plans de relance intelligents avec cet argent, alors c'est vertueux. C'est l'ensemble qu'il faut voir.

  • Par alankin - 11/01/2012 - 12:14 - Signaler un abus En ce moment, la BCE fait le pire possible...

    à savoir fabriquer du billet pour prêter aux banques à pas cher lesquelles reprêteraient aux états à plus de 4%, ça s'appelle un suicide collectif.. quand on fabrique du billet, on réfléchit à son meilleur usage...la politique monétaire de la BCE est je crois la pire au monde..

  • Par Mandos - 11/01/2012 - 12:21 - Signaler un abus Oui bien sûr

    On est à des niveaux de dette abyssaux, on va imprimer massivement, mais z'inquiétez pas, on va la renforcer la discipline budgétaire... plus tard peut-être... oui oui, via les mêmes qui ont fait n'importe quoi avec... C'est quoi un plan de relance vertueux? subventionner massivement ce qui parvient encore à croître pour le rendre davantage dépendant de l'administration centrale? Oh wait...

  • Par Jean-Francois Morf - 11/01/2012 - 23:07 - Signaler un abus Injecter des "trillions $" ne fait qu'enrichir les milliardaires

    Keyne a dit que la banque centrale devait créer elle-même des millions d'emplois inédits, et les payer avec de la monnaie créée, en veillant à ce que cette monnaie créée ne soit pas stérilisée dans les poches de la mafia, des milliardaires, des banquiers ou des gouvernements corrompus, mais qu'elle circule entre les millions de nouveaux travailleurs! Par exemple: approfondir toutes les rivières...

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Nicolas Goetzmann

 

Nicolas Goetzmann est journaliste économique senior chez Atlantico.

Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :

 

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