Idées reçues
Un "gouvernement Goldman Sachs" en Europe ? Une question imbécile !
Mario Monti, Mario Draghi et Franz Achleitner sont tous trois issus de la banque Goldman Sachs. Leur désignation à la tête du gouvernement italien, de la Banque centrale européenne et du Fonds européen de stabilité financière est-elle pour autant un scandale ?

Pourquoi le fait d'avoir travaillé chez Goldman Sachs devrait-il décrédibiliser les nouveaux dirigeants européens? Crédit Reuters
Ces derniers jours la désignation à des fonctions et des responsabilités publiques particulièrement éminentes d’anciens cadres dirigeants de la banque Goldman Sachs a fait l’objet d’une polémique inappropriée et désagréable à tous égards. Les articles de Martine Orange sur le site Mediapart (accès payant) et celui de Sophie Fay qui dans le Nouvel Obs sous l’intitulé "La Pieuvre Goldman Sachs" - titre évocateur s’il en est - ont émis des réserves sur les circonstances de la désignation de ces personnalités en raison de leur expérience professionnelle passée en qualité de représentant ou de conseil de la Banque Goldman Sachs. Avoir œuvré dans cette institution à la déconfiture retentissante et spectaculaire est à leurs yeux disqualifiant de leur compétence professionnelle. C’est en outre, lourdement suspect pour l’intégrité des intéressés.
Cette position relativement outrageante pour les personnes en cause procède d’une pétition idéologique inavouée et sous-jacente en vertu de laquelle les responsables directs de la crise financière en auraient à terme bénéficié. Après avoir organisé et profité de la désorganisation des marchés, Messieurs Draghi, Monti et Achleitner, qui au sein de Goldman Sachs occupaient respectivement les postes de vice-président de la branche européenne, conseiller international et économiste de la banque, auraient ainsi été désignés en qualité de président de la Banque centrale européenne (BCE), président du Conseil italien et conseiller du Directeur général du Fonds européen de stabilité financière (FESF).
Comme des bandits organisés, ils auraient créé des circonstances favorables pour prendre le pouvoir, et ceux qui le leur ont donné sont évidemment des naïfs imbéciles.
Mais à ce stade cette dénonciation, dont nous dénonçons la fausseté et le caractère profondément idéologique, n’en est qu’à son mi-parcours, au delà de ces personnes, au delà de leur incarnation, ce sont bien les marchés financiers qui sont les criminels et qui sont pointés pour avoir ainsi pris le pouvoir par personnes interposées.
"Parti de l'étranger"
Ainsi des intérêts de l’ombre apatrides et suspects, ont à la faveur d’un coup pris le pouvoir sur nos vies. Refrain de l’histoire.
Certes, personne n’est allé encore jusque là, encore dans l’accusation tout juste, mais gageons que ce n’est que momentané et qu’il s’agit à coup sûr de préparer l’opinion à cette prochaine vague : il existe bien une pieuvre bancaire, munie de tentacules apatrides. Un parti de l’étranger et la finance comme origine et cause de tous les déboires du monde !
Mais justement pourquoi une telle accusation n’est-elle pas franchement et ouvertement portée ? Pourquoi messieurs Draghi, Monti et Achleitner, qui conjuguent ensemble la tare d’avoir exercé des fonctions chez Goldman Sachs (et qui n’avaient au demeurant rien en commun, mais peu importe) et d’avoir été nommés récemment à des responsabilités éminentes, ne sont-ils pas plus directement accusés d’être les coupables de la crise ? Une réponse s’impose.
Responsabilités individuelles à la crise ?
Parce que cette question est imbécile et que le simple fait de la poser en dévoile le ridicule des ressorts, elle a de surcroît un contenu malodorant.
Simpliste, elle repose sur l’idée que la crise économique et financière a pour cause une responsabilité individuelle identifiée. Elle a pour cause les agissements des personnes désignées, qui ne sont que les marionnettes d’une banque, elle même incarnation du mal, c’est-à-dire des milieux financiers. Une responsabilité sans nuances, du fait des personnes désignées travaillant au service d’une même organisation apatride.
On sait que tout cela est aussi faux aujourd’hui qu’hier. Mais aujourd’hui comme hier, il n’est pas indifférent de relever que les premiers traits viennent de gauche. Ils contribuent à éclairer rétrospectivement le cheminement intellectuel et le parcours intellectuel d’un Pierre Laval, avocat des pauvres puis député socialiste dénonciateur zélé des capitalismes égoïstes, devenu chef du gouvernement du Maréchal Pétain en 1944, fusillé à Fresnes en 1945, encore dénonciateur des financiers apatrides !
Et la compétence ?
Gardons nous en cette période de la dangereuse tentation du simplisme, accordons nous pour admettre que les causes complexes peuvent exister et que les ressorts économiques sont toujours résistants aux assauts des idéologies. Les incantations sont parfois vaines pour comprendre les faits. Loin des complots, l’accession aux responsabilités de messieurs Draghi, Monti et Achleitner, à en croire leurs détracteurs, n’est peut-être que la reconnaissance de leur compétence et de leur expérience.
Quant au marché, il n’est peut-être pas le lieu du dévoiement critiqué, mais par l’équilibre vers lequel il tend, l’orientation de la vertu pour des gouvernements naguère égarés dans le populisme et la facilité.
Jean-Marc Fedida
Jean-Marc Fedida est avocat au barreau de Paris. Egalement essayiste, il est l'auteur de Impasses de Grenelle : De la perversité écologiste (Editions Ramsay, 2008).


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Il y a tout de même des hasards étranges... Retrouver une telle concentration d'ex-GS à si petite échelle pousse à se poser des questions, pour le moins...
Et faute de réponse cohérente, la logique nous amène à tirer les conclusions...
Philippe MEONI - http://autos-vo-espagne.doomby.com/
allez demander aux peuples grecs ce qu'il pense de leur mise sous tutelle par les financiers qui sont en train de les affamer ...
expliquez moi ce que ces dictateurs financiers créent ...de l'argent pour leur olligarchie c'est tout ...
le but ultime est de privatiser tous les services publics et de s'enrichir sur le dos des peuples en créant de la dette grace à des intérets exorbitants...
Président de la République, était Fondé de Pouvoir chez Rothchild ...la maison de haute banque !
GS est et de loin la banque d'affaires la plus prestigieuse du monde. Elle attire donc les meilleurs. Que Monti, Draghi et Papademos en sortent peut donc s'expliquer, il n'y a pas pour autant de complot, même si GS est connu pour avoir des amis au plus haut niveau dans de nombreux pays. GS peut avoir par ailleurs des pratiques "limites" en matière de conflit d'intérêt. La frontière est ténue....
J'ai lu l'article de M.Orange qui m'a été offert par un amis, et à aucun moment elle ne porte les accusations ni ne les sous-entendus comme affirmé dans l'article. Elle était très factuelle au contraire !!
Il n'empêche qu'aujourd'hui on ne peut nier que des gens à la représentativités et au passé potentiellement douteux sont à la tête d'Etats Européens et ont écartés les politiques de la décision.
Et vous allez taxer de racisme ceux qui mettraient en doute l'intégrité de GS; qui d'ailleurs a contribué au trucage des comptes grecs? Parce qu'aller comparer les défenseurs de cette position à Pierre Laval, vous la ferez à qui vous voudrez mais pas à moi.
''Loin des complots, l’accession aux responsabilités de messieurs Draghi, Monti et Achleitner, à en croire leurs détracteurs, n’est peut-être que la reconnaissance de leur compétence et de leur expérience''.
Donc pour être reconnu compétent, il faut obligatoirement avoir passé par G/S?
Faut il rappeler que G/S a directement aidé le gouvernement grec à truquer ses comptes et à s'endetter bien au delà de ses moyens? Donc, on fait appel aux incendiaires pour éteindre l'incendie.
A continuer ces manoeuvres entre initiés, loin de toute sanction démocratique,les élites vont finir par susciter des émeutes
Remarque perfide d’Einstein
Ce n’est pas avec ceux qui ont créé les problèmes qu’il faut espérer les résoudre.
et sa conclusion "simpliste", plus je pense que le réseau Goldman Sachs étend ses tentacules sur les gouvernements occidentaux !
Le marché n'est pas un lieu d'équilibre, le croire encore est de l'incompétence, brandir Laval comme représentant les socialistes est injurieux, penser que ces messieurs arrivent aux responsabilités sur les seules compétences est une preuve de naïveté complaisante...
Bah, Godman sachs gouverne déjà l'amérique, si la banque gouvernen l'europe on aura fait un grand pas vers la gouvernance mondiale réclamée par nombre de partis et de politiques.
C'est certainement une coïncidence !!!