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Géopolitique : difficile de savoir où va le monde… mais nous y allons très vite

Atlantico a demandé à ses contributeurs leur vision de l’année où la France a vécu de nombreuses surprises et rebondissements et est entrée dans l’ère Macron. Pour Alain Rodier, le bilan est moins catastrophique que ce que l’on aurait pu escompter, bien que le hasard et l’amateurisme semblent avoir dicté l’attitude des dirigeants de la planète à quelques exceptions près.

2017, l’odyssée de la fin du monde d’avant

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Cela dit, Poutine qui fait preuve d’un calme olympien comparé à l’agitation fébrile des Occidentaux en général et des Américains en particulier, commence à se montrer plus que rétif. A ce rythme, il peut verser à son tour dans des excès que tout le monde pourrait regretter.

La Pologne, les Pays Baltes et la Moldavie (à propos de la Transnistrie) ont fourni des prétextes en or aux lobbies américains en appelant au parapluie américain pour les protéger d’une attaque imminente - clandestine ou même classique - de l’ex-Armée rouge désireuse de "protéger" les importantes minorités russophones vivant dans ces pays. S'il est vrai que la manière dont Vladimir Poutine a réglé le cas de la Crimée constitue un succès opérationnel qui sera cité pendant des années dans les écoles des forces spéciales et autres Services Action, cela a été beaucoup plus maladroit sur le plan de la diplomatie internationale.

C’est d’autant plus dommage que Poutine aurait vraisemblablement pu adopter une stratégie plus "politique" qui avait des chances d’aboutir même si cela aurait nécessité beaucoup plus de temps. Les "indépendances" de fait de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud qui ont quitté la Géorgie avec l’aide de la Russie en 1993 sont aussi dans toutes les mémoires.

Israël et les pays de la Ligue arabe emmenés par l’Arabie saoudite version rajeunie à la mode MBS (du nom du jeune prince héritier Mohammed Bin Salmane) ont fait de même contre l’Iran dont la volonté d’influence au Moyen-Orient n’est un secret pour personne. Au passage, MBS a affirmé qu'il voulait un islam plus "ouvert et plus tolérant", ce qui constitue un aveu que le wahhabisme exporté depuis des années ne l'est pas !

Il semble évident que le président Trump est mène désormais une politique étrangère qui est bien différente de ce qu’il avait imaginé avant de se faire élire. Peut-être même ne croyait-il pas en sa propre élection et cela expliquerait l’amateurisme apparent d’une grande partie des conseillers dont il s’est entouré. Le pire, c’est que pour diminuer la pression dont il fait l’objet à l’intérieur, il semble maintenant lancé dans une fuite en avant en multipliant les déclarations fracassantes qui ont le don d’aggraver certaines situations qui étaient déjà extrêmement complexes et explosives.

Sa décision de transférer l’ambassade des États-Unis à Jérusalem qu’il a reconnu comme capitale de l’État hébreu fait partie de celles-là. Le pire, c’est qu’il semble ne pas été influencé par le lobby juif américain si souvent cité (cette mesure annoncée à plusieurs reprises lors de sa campagne n’avait d’ailleurs pas attiré vers lui cet électorat). A savoir que ce dernier - en dehors de quelques éléments - ne pensait pas que le temps était venu de prendre cette décision alors que les relations de l’État hébreu avec les pays arabo-musulmans s’amélioraient progressivement grâce à la présence de l’ennemi commun : les mollahs au pouvoir à Téhéran ! Ce n’est pas que la solution soit mauvaise dans l’absolu, toutes les institutions gouvernementales israéliennes se trouvant à Jérusalem, mais le timing semble être particulièrement mal choisi. S’il y avait une petite chance (certes infime mais tout bouge si vite au Moyen-Orient) que des relations diplomatiques officielles bilatérales soient ouvertes et qu’en conséquence, Israël soit enfin reconnu (je pense à l’Arabie saoudite ou/et aux Émirats Arabes Unis), elle est désormais évanouie pour de longues années.

 
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  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 25/12/2017 - 14:38 - Signaler un abus Les Français (médias) sont

    Les Français (médias) sont toujours prompts à donner des leçons..... Après avoir encensé Obama parcequ'Il était noir, les voilà qui s'en prennent à Trump parcequ'il est blanc. ....Qu'Obama n'ait rien branlé pendant 8 ans ne les gêne pas.......Mais que Trump veuille faire quelque-chose pour sortir son électorat du marasme du chômage....... ....la, ............pour le coup c'est vraiment dégueulasse !

  • Par ajm - 25/12/2017 - 17:55 - Signaler un abus Parler ou agir.

    Cette article est-il serieux ? Trump n'est tout de même pas responsable de ce qui est déglingué sur la planète. Il improvise plus ou moins maladroitement sur un canevas deçà bien en place depuis longtemps et où tous les belles âmes homologuées faisaient du sur place ou provoquaient des catastrophes : Irak, Yougoslavie , Libye etc...Finalement il parle plus qu 'il n'agit, pour l'instant.

  • Par Tande - 27/12/2017 - 19:21 - Signaler un abus vide

    Article superficiel et creux.

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Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2017 de Grand angle sur l'espionnage russe chez Uppr et de Proche-Orient : coup de projecteur pour comprendre chez Balland, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr ; en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS. 

 

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