Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Jeudi 18 Octobre 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Générations gâchées : comment l’Education nationale passe totalement à côté des besoins des (nombreux) neuro-atypiques

Autistes, dyslexiques, dyspraxiques, hyperactifs... les neuro-atypiques sont très nombreux, près d'un sur quatre des enfants à s'installer sur les bancs de l'école. Pour eux, la rentrée est cependant souvent un parcours du combattant.

Pas comme les autres

Publié le
Générations gâchées : comment l’Education nationale passe totalement à côté des besoins des (nombreux) neuro-atypiques

 Crédit FRED TANNEAU / AFP

Atlantico : Un récent article de Wired détaille comment les écoles ont longtemps échoué à former les enfants neuroatypiques parce qu'il les ont préparés à des emplois classiques adaptés à la société post-révolution industrielle. Est-ce quelque chose que vous avez également constaté ? Pourquoi l'école classique a-t-elle échoué à former les enfants neuroatypiques ?

Philippe Garnier : Effectivement, parfois la scolarisation ne prend pas assez en compte la diversité. C'est à dire qu'il y a certains enseignants - sans qu'il faille pour autant généraliser - qui ont tendance à faire la même chose pour tout le monde, y compris avec des élèves qui s'éloignent un petit peu de la norme.

Donc les activités proposées ne correspondent pas forcément aux besoins spécifiques des enfants neuroatypiques. 

Il y a probablement une remise en cause de l'école à effectuer. Chez certains des enseignants, c'est leur formation qui est en cause. Celle-ci ne prépare pas forcément à accueillir au sein de leur classe des élèves avec des profils très divers. On leur apprend à enseigner les maths, le français, etc pour l'élève moyen, et pas forcément à adapter les programmes aux différentes spécificités. 

Il est aussi vrai qu'en France, on a un système qui repose sur la présence d'un enseignant pour un groupe d'élèves, pour une classe. Ce n'est pas le cas dans tous les pays. En Italie, par exemple, pour des élèves en situation de handicap, il y a deux enseignants dans la même classe : un enseignant classique et un enseignant spécialisé qui va aider à faire en sorte que la pédagogie soit plus adaptée aux élèves qui ont des besoins spécifiques. Dans d'autres pays encore - et quelques établissements français le font -, l'école s'organise de telle façon à ce que ne soit pas forcément tout le temps le même enseignant avec les mêmes élèves mais que des groupes de besoin soient organisés, de telle façon à ce que l'ensemble de l'équipe pédagogique puisse essayer de répondre aux besoin des enfants. Par exemple, pour un groupe de non-lecteurs, plusieurs classes peuvent être regroupées avec un enseignant et la pédagogie sera adaptée à ces jeunes-là, au moins pour un petit moment. 

Comment, en France, sont désormais pris en charge les enfants neuroatypiques ? Quelles différences il y a-t-il avec les cursus classiques qu'ils suivaient auparavant ? Dans quelle proportion les enfants neuroatypiques suivent-ils des cursus adaptés ?

Il y a, en France, des dispositifs institutionnels qui sont mis en place. Dans les écoles, collèges et lycée, il y a ce qu'on appelle des unités localisées pour l'inclusion scolaire (ULIS), des dispositifs destinés aux élèves en situation de handicap, parmi lesquels on retrouve des élèves autistes, dislexiques, des élèves avec des déficiences intellectuelles, etc. Ces ULIS sont des dispositifs dans lesquels les élèves vont être regroupés pendant une période de la semaine dans une classe spécifiques. Le reste du temps, ils vont aller dans une classe ordinaire et pouvoir être conseillés, accompagnés par un enseignant spécialisé. Ce dernier va conseiller les enseignants ordinaires pour adapter leur pédagogie. Ceci dit, ces dispositifs ne sont pas du tout présents dans chacune des établissements scolaires en France. Il y en a un certain nombre. 

Egalement, certains élèves neuroatypiques en classes ordinaires sont accompagnés par ceux qu'on appelle des accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH). C'est la maison départementale pour les personnes handicapées qui indique, à travers une commission, que ces élèves ont vraiment d'un accompagnant, mais ce n'est pas automatique. Ce sont les parents, en premier lieu, qui font la demande auprès de l'entité publique. Toutes les informations relatives à l'enfant (médicales, scolaires, sociales, etc.) sont ensuite transmises à la maison départementale, puis une commission examine les dossiers et détermine les aides qui peuvent être apportées à ces enfants. Il peut s'agit d'une aide humaine, d'aides techniques. Par exemple, pour les élèves dyslexique, il y a des logiciels, des ordinateurs adaptés, qui permettent de faciliter le travail des enfants.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par cloette - 24/09/2018 - 07:57 - Signaler un abus 1 sur 4

    ça me semble énorme !!

  • Par pale rider - 24/09/2018 - 08:16 - Signaler un abus @cloette la realité est que l ecole plante

    1 élève sur 4, qu'il soit à problème ou non... je connais plusieurs parents qui ont fait déclarer leur enfant dys*.* pour bénéficier de programme aménagé et de temps supplémentaire et de place dans des écoles d'ingés qui leur sont réservées .... ... l'ed nat veut s'occuper des enfants à problèmes ? qu'ils s'occupent déjà des autres , il y aurait déjà bcp de boulot.

  • Par Kreuzer - 24/09/2018 - 08:56 - Signaler un abus Il faut; il faut...

    Fort bien M. Le formateur. Et EN PRATIQUE, cela donne quoi? Merci de nous poster une video d'UNE HEURE de vos capacités d'enseignant, à Sevran ou à Aulnay-sous-Bois, dans une classe de 5ème, par exemple, avec la "mixité sociale" que l'on connaît, plus la présence d'un élève autiste--et-hyperactif ( accompagné d'un psychologue). Je la regarderai intégralement, et vous en ferai une critique impar- tiale, admirative, si c'est mérité.

  • Par MIMINE 95 - 24/09/2018 - 09:49 - Signaler un abus ENCORE UN FORMATEUR

    sur son petit nuage, tout là haut, là haut qui n'a certainement jamais fait de "stages pratiques" dans la vraie vie d'un ou d'une enseignant (e) .

  • Par cloette - 24/09/2018 - 09:51 - Signaler un abus @pale rider

    la consigne est de mélanger tous les élèves, les bons avec les mauvais, les caractériels avec les disciplinés, etc, le résultat n'est pas brillant ;

  • Par J.B. - 24/09/2018 - 10:43 - Signaler un abus 70ème section

    c'est quoi ?

  • Par Winter - 24/09/2018 - 20:42 - Signaler un abus Tout ça c'est de la théorie

    Tout ça c'est de la théorie et a très peu d'intérêt. Vous savez ce que font les orthophonistes avec les dyslexiques? Ils leur font des cours et des révisions traditionnelles, mais vraiment comme il y a 50 ans. @pale rider Vous avez parfaitement résumé ce qu'est un PEA. On médicalise l'échec scolaire. On fait payer à la sécurité sociale les dysfonctionnement de l'éducation nationale. Il faudrait revoir la notion d'enfant dyslexique et aussi celle d'hyperactif. On déresponsabilise totalement les parents qui prennent les diagnostic coMme de bonnes aubaines.

  • Par DANIEL74000 - 25/09/2018 - 15:16 - Signaler un abus LE STATUT A TUE LE SERVICE

    Les 2 mamelles nourricières de la France sont l'Education Nationale et la Sécurité Sociale. Il est temps de responsabiliser ces 2 organismes et de les sortir du statut public qui doit être réservé au Régalien

  • Par DESVESSIESPOURDESLANTERNES - 25/09/2018 - 15:16 - Signaler un abus et pendant ce temps la

    le mammouth grossissait avec pour leitmotiv ; il faut plus d enseignants mieux payes si possible pour qu ils puissent vaquer a mi-temps ou a mi-classe. Pour le reste ils vous expliqueront qu ils sont non-concerne.e.s. Ptit conseil ;allez donc faire un stage pratique en hopital au commissariat ou en usine .....

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Philippe Garnier

Formateur à l'INS HEA, docteur en sciences de l'éducation, qualifié aux fonctions de maître de conférences en 70e section.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€