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Génération perdue : que faire pour le nombre record de jeunes Européens sans formation ni emploi ?

Une étude réalisée par l'Eurofound montre à quel point toute une génération est touchée par la crise. Quelles solutions doit-on envisager pour ces jeunes ? Des éléments de réponses avec Olivier Galland, sociologue spécialiste des questions sur la jeunesse.

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Génération perdue : que faire pour le nombre record de jeunes Européens sans formation ni emploi ?

Une étude de l'Eurofound révèle à quel point les jeunes Européens sont touchés par la crise. Crédit Reuters

La "génération perdue" est décidément bien présente en Europe. Une étude réalisée par Eurofound, la Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail, révèle en effet que quatorze millions des jeunes européens âgés de 15 à 29 ans sont exclus de toutes formes d'emploi ou de scolarité. Tous ces jeunes forment en fait que l'Eurofound appelle les Neets pour "Not in Employement, Education or Training", que l'on pourrait traduire par "Ni en emploi, étude ou formation" ("ni-ni"). Parmi les jeunes plus susceptibles de devenir des Neets, on trouve les jeunes aux faibles niveaux d'études, ceux issus de l'immigration ou d'une famille dont les parents ont divorcés mais également les jeunes souffrant d'un handicape. Si de précédentes études ont déjà parlé de la difficulté des jeunes Européens, cette dernière enquête confirme à quel point la génération des 15-29 ans a été touchée, voire sacrifiée par la crise.

15,4% des personnes de cette tranche d'âge sont en effet considérés comme des Neets. L'étude dévoile ainsi qu'ils ne sont pas moins de 22% des jeunes de moins de 25 ans de l'Union européenne à être sans emploi, ce qui représente tout de même un total de 5,4 millions de personnes. Un taux qui n'a jamais été aussi élevé. Mais ce n'est pas tout, Eurofound explique en effet que 42% des jeunes qui étaient employés en 2011 l'étaient dans le cadre d'un contrat de travail temporaire.

L'avenir de cette génération s'annonce donc plutôt sombre alors que les mauvaises nouvelles s'accumulent. Mais celui de l'Europe ne l'est pas moins. Comme le rappelle la fondation européenne, cette "génération perdue" coûte en effet 153 milliards d'euros chaque année, soit 1,2% du PIB de l'Union européenne.  Les Neets coûtent donc pas moins de 3 milliards d'euros par semaine aux pays membres de l'UE en termes de finances publiques, et de production perdue, et cela sans même prendre en compte les coûts induits en santé publique et en criminalité. Depuis la début de la crise en 2008, les coûts associés aux Neets à travers l'Union européenne ont augmenté de 28%. Autant dire que la génération perdue coûte cher à l'Europe. Le directeur de l'étude, Massimiliano Mascherini, explique d'ailleurs que "si on pouvait intégrer ne serait-ce que 10% des Neets, soit 1,4 millions de personnes, cela représenterait une économie de quinze milliards d'euros, par an".

L'Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) accuse donc l'Europe d'"échouer dans son contrat social" avec les jeunes, ajoutant que le désenchantement pourrait atteindre des niveaux similaires à ceux observés dans les pas d'Afrique du Nord lors des soulèvements du printemps arabe.  Le rapport s'inquiète d'ailleurs plus de ce désengagement politique plutôt que des conséquences économiques. "Les conséquences d'une génération perdue sont loin d'être seulement économiques, et sont également sociétales, avec le risque de jeunes gens se retirant de la vie démocratique" préviennent les auteurs de l'étude. Stefano Scarpetta, directeur de l'emploi et des politiques sociales à l'OCDE, a ainsi déclaré au Guardian qu'"il est particulièrement urgent d'adresser le problème de l'inactivité chez les jeunes".

 
Commentaires

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  • Par ZOEDUBATO - 24/10/2012 - 06:36 - Signaler un abus La gauche veut l’échec de la France du secteur privé

    La gauche ce sont des requins grassement nantis par l’économie mixte (partis, associations et syndicats voyous) qui détournent à leurs profits l’argent des impôts au prix de la ruine de tout ce qui n'est pas eux: - Les entreprises privées avec leurs emplois et le pouvoir d’achat disparaissent sous les coups de boutoirs des prélèvements des nantis. - L’égalité, la solidarité et la justice sociale sont remplacés par l’accaparement des richesses des travailleurs du privé. - Rejet du rapport Gallois qui auraient permis de sauvegarder les emplois mis en péril par la politique industrielle de confiscation fiscale - Refus des propositions de l’Ifrap pour la mise en place d’un vrai plan d’économies structurelles d'au moins 30 milliards d’€ - Utilisation du chantage et de la violence pour obliger le Privé à accepter des solutions qui conduisent au désastre social (ARCELOR, PSA, …) Alors conscient qu’ils façonnent l’échec de la France ces profiteurs cherchent des boucs émissaires. Cette gauche totalitaire qui pille le pays veut l’échec de la France pour continuer à s’enrichir en dormant sans assumer les conséquences de ses décisions

  • Par Anemone - 24/10/2012 - 08:52 - Signaler un abus "Les" jeunes

    Je suis certaine que le fait de supprimer les notes et les redoublements vont éviter le chômage des jeunes...(humour acide) Nos dirigeants devraient se pencher sur la réalité de terrain ne serait ce que dans le technique ou les filières (un nombre infini) inutiles... Que constatent les profs? - Difficultés à trouver des patrons : pourquoi? Absentéisme pour raisons variées, genre : l'heure ne convient pas -en général trop tôt le matin- trop loin, trop fatigant... - Nécessité d'appeler les parents...pour que ces jeunes viennent passer leur examens (c'est pourquoi le contrôle continu a été inventé, mais comme il y a là aussi absentéisme, "on" a inventé les non notations et le passage automatique..) Observations variées - l'absolue certitude des élèves de leurs capacités : d'où refus de travailler si le poste est "en dessous de leurs compétences"..., l)à encore si c'est trop loin du petit copain, si les horaires sont non conformes à leur style de vie.; - L'incompétence crasse (quiconque a eu à faire avec ces jeunes dans le bâtiment en a une idée) Tandis que la majorité des jeunes "compétents" part hors de France, dans des pays où ... les compétences sont reconnues

  • Par duriot - 24/10/2012 - 09:05 - Signaler un abus Changer l'approche pédagogique et formative

    Une part des solutions : former des jeunes qui savent être, réfléchir, vivre ensemble, se prendre en charge, s'émanciper, imaginer et créer... pour changer de la pédagogie du remplissage et de la glorification de l'enfant roi.

  • Par Ganesha - 24/10/2012 - 10:01 - Signaler un abus Mise en Garde

    Venir ici chanter des comptines contre "Flanby" et affirmer haut et fort que "Le Socialisme c'est pas bien", cela passe le temps et cela coûte moins cher que le tiercé, mais si vous n'y prenez pas garde, vous aurez bientôt les Frères Musulmans au pouvoir en France !

  • Par gdv - 24/10/2012 - 10:06 - Signaler un abus Que voulez-vous faire !

    L'éducation nationale : un outil conçu et administré par les enseignants pour les enseignants. Un truc qui tourne en rond pour attraper sa queue...quoi. Elle est aussi compétente en matière de formation que les membres du gouvernement en matière d'entreprise privée dans lequel ils n'ont jamais mis les pieds....

  • Par Mimi Defrance - 24/10/2012 - 11:24 - Signaler un abus sans déplomes et AVEC diplômes

    Le plus difficile c'est de voir des jeunes diplômés et même surdiplômés sans emplois. Les parents se sont parfois serrer la ceinture pour qu'ils réussissent, ces jeunes ont travaillé dur pour être reçus à leurs examens, fêtés par tous...puis le néant, le calvaire pour trouver un emploi lorsqu'on a pas de réseau, ni de culot. En ce qui concerne les jeunes sans formation, c'est bien sûr encore plus dramatique. Mais c'est aussi un retour de bâton pour l'Europe et la France en particulier après 30 ans de regroupement familial. Cette Europe dont on nous dit qu'elle est un facteur de paix, nous inquiète car un jour tous ces jeunes vont se révolter, comment en serait-il autrement ? c'est inéluctable. Des études qui ne correspondent plus aux débouchés, ni au réalités du marché du travail, des entreprises qui licencient, les évolutions des marchés avec Internet et les délocalisations...des conflits à venir.

  • Par Carcajou - 24/10/2012 - 17:28 - Signaler un abus Réalisme ou réalisme?

    Relions les informations que tous ces essperts nous donnent chacun dans son coin sans jamais les relier entre elles. - De nombreux jeunes sortent du système scolaire sans qualification. - De nombreux emplois ne nécessitant pas de formation particulière ne sont pas honorés. - Le manque de main d’œuvre pour les emplois non qualifiés explique la nécessité de l'immigration. On arrête de se masturber les hémisphères cérébraux et on prend les mesures claires et simples qui découlent des constats précédents. Si en plus, la réforme du système scolaire, au lieu de se cantonner aux horaires, à l'apprentissage de l'histoire de l'Empire malien ou aux orientations sexuelles des hommes politiques et des artistes ou littérateurs, tend à réhabiliter l'apprentissage, une partie du problème sera résolu.

  • Par vigil - 24/10/2012 - 17:41 - Signaler un abus Hollande a la réponse

    Des PROFS !

  • Par vigil - 24/10/2012 - 17:44 - Signaler un abus @ ganesha

    Ce jour arrivera inévitablement par la faute, principalement, de la gauche et de ses apparentés (la droite molle).

  • Par Redmonde - 24/10/2012 - 17:47 - Signaler un abus QUE FAIRE?

    C'est simple: les inciter à partir d'urgence à l'étranger.

  • Par HdT - 24/10/2012 - 18:02 - Signaler un abus Un chat s'appelle un chat, il va falloir ouvrir les yeux

    Il faudrait que l'article soit plus précis (pudeur journalistique?) et donne le ration incluant la part des jeunes issus de l'immigration, et le ratio n'incluant pas cette fois la part des jeunes issus de l'immigration, voire même donner un ratio origine par origine, pas sûr qu'un môme d'origine italienne, espagnole, portugaise, polonaise etc soit à la ramasse. L'éducation, l'apprentissage, la culture, et leur assimilation/restitution est aussi liée à qu'il en est fait et accepté de ceux qui les reçoivent. Quiconque a eu entre les mains des étudiants post-bac ainsi que des groupes de "seconde chance" voire de "troisième chance" peut témoigner de ce que l'on y trouve et y observe (et même entend comme âneries) dans les deux derniers groupes (avec les cours suspendus en période de ramadan parce qu'ils dorment sur les tables - vécu cela pendant trois ans à Paris même dans un centre de formation pour n'ième chance en tant que bénévole alors que j'étais rémunéré pour donner des cours à des post-bac ainsi que des séminaires d'entreprises - voire des cours interrompus parce que des conflits ethniques intervenaient entre ceux d'origine de là et les autres d'origine de là-bas ou d'ailleurs)

  • Par walküre - 24/10/2012 - 18:12 - Signaler un abus Génération perdue ?

    Mais par qui donc diable sinon par elle-même ? A force d'assistanat, d'affirmation d'innocence sur tout et pour tous, d'irresponsabilisme généralisé, et de confusianisme ambiant, les fainéants deviennent des analphabètes dans un premier temps, puis, les parents ayant démissionné, ces mômes tombent dans l'oisiveté rémunérée jusqu'à des âges avancés. Certains versent dans les trafics de banlieue, d'autres dans le banditisme, d'autres dans l'islamisme. La vie demande des efforts. Ces gens-là l'apprennent trop tard.

  • Par zelectron - 24/10/2012 - 21:20 - Signaler un abus un autre angle de vue

    http://www.presseurop.eu/fr/content/article/2936091-la-generation-erasmus-dernier-espoir-de-l-europe

  • Par evy - 25/10/2012 - 08:22 - Signaler un abus l'apprentissage..

    à 14 ans et peut-être même à 13 ans vu l'évolution des "jeunes". L'échec scolaire n'est pas forcément le signe de paresse mais de non intérêt du travail intellectuel. (c'est vrai que si c'est pour former des Enarques il vaut mieux être un bon manuel) Il y a tellement de métiers manuels enrichissants que c'est triste de voir que la gauche n'a voulu que des "pseudo" intellos.

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Olivier Galland

Olivier Galland est sociologue et directeur de recherche au CNRS. Il est spécialiste des questions sur la jeunesse.

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