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Gel du SMIC ? Tout ce qu’il faut savoir pour se faire un avis sur un casse-tête 100 % Made in France

Dans un rapport transmis aux partenaires sociaux, un groupe d’experts recommande "de modifier la formule de revalorisation du SMIC". Une proposition qui fait débat.

Migraines à venir

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Le traitement du problème emploi/salaire/marge passe par la productivité, la formation, l’innovation, la prise de risque. Ceci implique de soutenir les startups, qui peuvent évidemment créer des inégalités si elles réussissent (et quel est le problème ?), mais permettent en même temps de changer l’état d’esprit des jeunes, les rendant entreprenants.

Le rapport des experts a bien raison de ne pas traiter la question par des modulations par régions (comme c’était le cas en 1967), du fait des loyers en villes grandes et moyennes. Plus raison encore pour les jeunes. Il ne s’agit surtout pas d’un SMIC jeune, mais d’une formation plus adaptée à l’école et d’un vrai apprentissage. Rien d’immédiat donc. Et il ne sert à rien d’attaquer le capital industriel ou le capital financier. Il s’agit, dans la révolution technologique en cours, de renforcer plus que jamais le capital humain.

Gilles Saint-Paul : Dans le cas français, l’idée que les 0.1 % accaparent les richesses du pays tient plus de la propagande populiste que de la réalité des faits. Sur longue période, la part des 1 % les plus aisés dans le patrimoine total reste bien plus faible qu’avant 1950, et celle des 50 % les moins aisés est au moins deux fois plus élevée. Et la part des plus aisés fluctue énormément à cause des plus-values ou moins-values associées à la volatilité boursière, l’émergence ou l’implosion de bulles immobilières, etc, sans que cela ait d’incidence sur le niveau de vie des moins riches. Il est commode de rendre les 0.1 % coupables de la mauvaise santé de l’économie française, parce que l’on peut potentiellement fédérer contre eux les 99.9 % restant sur la base d’émotions irrationnelles comme le ressentiment. Cela permet de détourner l’opinion publique d’enjeux bien plus considérables comme le poids de l’Etat, l’efficacité des dépenses publiques, les rigidités du marché du travail, les effets des conventions de branche sur l’emploi, les entraves à la mobilité professionnelle et… le SMIC. S’attaquer à ces sujets permettrait de faire beaucoup plus pour l’emploi et le pouvoir d’achat du plus grand nombre que de taxer démagogiquement les « 0.1 % » qui peuvent facilement transférer leur patrimoine à l’étranger, tandis que le produit de cette taxe risque d’alimenter le mammouth étatique ou de favoriser le clientélisme sans retombées appréciables pour les citoyens. 

Yannick L’Horty : Emmanuel Macron a fait le choix d’ouvrir plusieurs grands chantiers en un temps très court. Après la réforme du code du travail, ce sont les politiques de formations et l’assurance chômage qui sont maintenant en examen, et demain les exonérations de cotisations sociales. Un grand nombre de paramètres institutionnels sont en cours de modification sur le marché du travail. Dans cet environnement de mutation rapide, il ne m’apparaît pas que la réforme du salaire minimum soit dans l’actualité immédiate. Dans tous les cas, il n’est guère pertinent d’isoler une action particulière du contexte global des réformes. C’est évidemment la combinaison de l’ensemble des actions qui définit une politique de l’emploi. Ce n’est pas facile dans un contexte de changements rapides, mais c’est bien l’ensemble des changements qu’il faut considérer.

 

 
Commentaires

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  • Par Ganesha - 06/12/2017 - 09:02 - Signaler un abus Votre concierge vous monte le courrier ?

    Excellent article ! Exactement ce que la quasi totalité des abonnés d'Atlantico a envie de lire au petit déjeuner ! Pour trouver le même style de propagande avariée dans le Figaro, vous êtes obligés de descendre à la boite aux lettres. A moins que votre concierge ne vous monte le courrier ? C'était le programme du révérend père Fillon : ''Charité bien ordonnée commence par soi-même !''. Le problème, c'est que Macron s'attaque aussi aux retraités et aux classes moyennes !

  • Par Ganesha - 06/12/2017 - 09:07 - Signaler un abus Cassoulet

    Ce raisonnement a déjà été explicité sur ce site : le motif qui fera que Macron va très rapidement s'écrabouiller contre le mur de la réalité, c'est qu'il se lance dans un programme libéral, thatchéro-merkellien, alors que Trump et Thérésa May ont inauguré une nouvelle ère, et qu'après le Portugal, d'autres pays vont suivre. ''A Contre-Courant'', tout comme l'était le Programme Commun de Mitterand, en pleine euphorie des débuts resplendissants de Thatcher-Reagan. Comme le cassoulet : une ''Spécialité bien-française'' ?

  • Par ajm - 06/12/2017 - 11:52 - Signaler un abus Cercle vertueux.

    En tout cas, la reforme fiscale de Trump , que l'on l'approuve ou pas, se situe typiquement dans le sillage de Reagan et de Thatcher. Les remarques des trois economistes de l'article n'apportent pas de nouveau sur les sujets abordés. On sait qu'il y a une insuffisance de la marge brute dégagée par les entreprises françaises par rappor5 à nos voisins, pas seulement Allemand, notamment dans l'industrie, à la fois pour des questions de coût mais aussi de positionnement de gamme. Le problème pour monter en gamme c'est qu' il faut beaucouo investir dans la durée, materiel, formation et recherche, marketing et image. Pour investir il faut de l'argent, donc de bonnes marges, c'est le cercle vicieux ou vertueux.

  • Par vangog - 06/12/2017 - 12:53 - Signaler un abus Trump réussit à baisser les impôts de 33% à 22%...

    Entièrement d’accord avec la remarque d’ajm. La France souffre de rigidité Socialiste de toutes ses structures sociales, économiques, d’ajustement automatique etc...et un manque de visibilité des citoyens et des entreprises sur l’avenir! Les cadeaux électoraux qui ont permis l'élection du gourou de la finance internationale ne sont pas financés et réclameront des contreparties. Les impôts fonciers seront certainement augmentés, et les communes pauvres qui verront disparaître plus de 60% de leurs ressources fiscales devront faire appel à l’état PS: il y a donc de fortes perspectives d’augmentations des impôts socialistes exceptionnels (RSG, CRDS...) dans des proportions importantes...l’investissement immobilier est plombé pour longtemps par les lois Allur-Dufflot-baisse des APL. Les loyers vont donc augmenter exagérément dans les grandes métropoles favorisées par la politique gauchiste. Dans le même temps, ce gouvernement baisse le SMIC...incompréhensible!

  • Par Ganesha - 07/12/2017 - 10:03 - Signaler un abus Hors sujet !

    Si possible, essayez d'éviter les commentaires ''hors sujet'' ! La question que pose cet article, c'est : Macron réussira-t-il à faire baisser significativement le chômage par un mélange des ''mini-jobs'' allemands et des ''contrat zéro heure'' anglais ? Des travailleurs pauvres et précaires, voilà ''l'avenir radieux'' que nous promet cet article ! Les deux tiers des votants français ont donné leur accord. En toute connaissance de cause ?

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Jean-Paul Betbeze

Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.

Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ; 2012 : 100 jours pour défaire ou refaire la France, et en mars 2013 Si ça nous arrivait demain... (Plon). En 2016, il publie La Guerre des Mondialisations, aux éditions Economica et en 2017 "La France, ce malade imaginaire" chez le même éditeur.

Son site internet est le suivant : www.betbezeconseil.com

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Gilles Saint-Paul

Gilles Saint- Paul est un économiste spécialiste du marché du travail.

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Yannick L’Horty

Yannick L’Horty est Professeur à l’Université Paris-Est, directeur de la fédération de recherche « Travail, Emploi et Politiques Publiques » du CNRS.

Il est spécialiste du marché du travail et de l’évaluation des politiques publiques dans le domaine de l’insertion et de l’emploi.

Dernier ouvrage paru : Les nouvelles politiques de l’emploi, Collection Repères, la découverte.

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