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La fusion nucléaire, ce serait pour quand ?

Tels Prométhée qui a volé le feu aux dieux, les physiciens cherchent à reproduire les réactions qui font briller le Soleil, pour assurer l'avenir énergétique de la planète.

Prométhée

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La fusion nucléaire, ce serait pour quand ?

Plusieurs scientifiques répartis dans le monde nourrissent l'ambition de provoquer des réactions de fusion nucléaire comparables à celles qui font briller le Soleil. Crédit Reuters

Atlantico : Plusieurs scientifiques répartis dans le monde nourrissent l'ambition de provoquer des réactions de fusion nucléaire comparables à celles qui font briller le Soleil. Concrètement, qu'est-ce que la fusion nucléaire ? Qu'a-t-elle de différent avec nos sources d'énergie nucléaire actuelles ?

Yann Corre : La fusion nucléaire consiste à réaliser des collisions entre deux noyaux légers (deutérium/tritium). Dans les bonnes conditions de température (typiquement, plusieurs centaines de millions de degrés), cette réaction libère un neutron et un atome d’hélium avec un excédent d’énergie. L’énergie nucléaire actuelle est basée sur le processus de fission nucléaire (un noyau plus lourd qui libère de l’énergie nucléaire). Les différences principales pour un réacteur électrogène sont d’ordre opérationnel et environnemental : la fusion devrait permettre une meilleure régulation de la puissance générée (on peut allumer/éteindre, ajuster plus facilement), des risques réduits et une quantité de déchets radioactifs plus faible et une durée de vie moyenne des éléments plus courte.

Dimitri Batani : La fusion nucléaire est complètement différente des sources d'énergie nucléaire actuelles, qui sont basées sur la fission nucléaire. Dans les centrales à fission, il y a des atomes d'uranium qui se cassent, produisant des atomes plus légers et des neutrons, qui vont casser d'autres atomes (réaction en chaine).

Les "défauts" de la fission nucléaire résident dans la production de déchets radioactifs qui durent des dizaines de milliers d'années, et le risque (suite à des accidents) que la réaction en chaîne diverge avec un effet explosif, et la dispersion de doses très élevées de radioactivité dans l'environnement.

Dans la fusion, on utilise de l'hydrogène (ou plutôt ses isotopes : deutérium et tritium) qui fusionnent pour produire de l'hélium et des neutrons. C'est exactement ce qui se passe sur le soleil et les autres étoiles. Il y a encore un peu de radioactivité, liée à l'activation des matériaux par l'absorption de neutrons (les matériaux deviennent radioactifs) mais beaucoup moins, et de durée beaucoup plus courte. En plus il n'y a pas de risque de divergence de la réaction.

Enfin, les réserves de deutérium et de lithium (le matériel qui sert pour produire le tritium) sont pratiquement illimitées par comparaison aux réserves d'uranium.

En France, le réacteur ITER de Cadarache est en cours de construction depuis le lancement du projet en 2005, pour un coup estimé jusqu'ici à 20 milliards de dollars, selon certaines sources. Comment se présente-t-il ? A quel horizon pourrait-il entrer en fonction ?

Yann Corre : Le projet est complexe, d’abord pour la physique et la technologie qui sont mises en jeu (les réactions de fusion en aussi grand nombre n’ont jamais été réalisées sur terre dans une machine de cette taille), la dimension du projet (comparable aux plus grands instruments : LMJ, CERN…), les coûts engagés et l’organisation (multinationale, fourniture des éléments par les différents partenaires), donc difficile à mettre en œuvre. Des obstacles et aléas sont naturellement rencontrés, des réponses et modifications sont apportés quotidiennement pour les surmonter et progresser. A ce jour, l’horizon 2023 est prévu pour le premier plasma (lorsque le gaz est chauffé). La première étape consistera à apprendre à maîtriser la machine, même si elle n'est pas totalement finalisée. Elle sera d'ailleurs constamment amenée à évoluer.

 
Commentaires

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  • Par la saucisse intello - 07/03/2014 - 09:09 - Signaler un abus Jusqu'à ce jour...................

    Personne ne sait maîtriser des températures de fonctionnement de n centaines de millions de degrés. Ces professeurs Tournesol m'amusent beaucoup. Eux-mêmes ne croient pas ce qu'ils disent. Analysez de trés prés le projet ITER et vous en comprendrez toute l'escroquerie. En attendant, les milliards (que nous n'avons pas !) continuent d'affluer dans ce gouffre financier dont certains pays commencent déja à se retirer. Mais bien entendu "la France se dit prête à............" enfin, les conneries habituelles. Finalement, les seuls gagnants sont les ploucs qui ont vu leur herbe à vache autour de saint-Paul devenir constructible.

  • Par Skandal - 07/03/2014 - 10:22 - Signaler un abus En réponse à La saucisse

    En réponse à La saucisse intello : Vous dites exactement la même chose que les types qui ne croyaient pas qu'on pouvait aller sur la Lune ou que la maîtrise de la fission nucléaire était impossible ou q'un tunnel sous la machen était une utopie. Visiblement les erreurs de ces gens là ne semblent pas vous retenir. Ils ont eu tort et vous avez probablement tort également. En l'absence de donnée et de fait inattaquable, la prudence et la cohérence intellectuelle sont de rigueur...

  • Par EOLE - 07/03/2014 - 10:34 - Signaler un abus Ce dont nous avons réellement besoin

    c'est d'un procédé simple et économique pour obtenir de l'hydrogène, probablement à partir de l'eau, de manière à utiliser celui-ci, après en avoir maîtrisé le stockage, comme carburant de moteurs thermiques. Ce pourrait faire l'objet d'un concours primé par une instance internationale

  • Par lin - 07/03/2014 - 10:59 - Signaler un abus ITER : Le bateau coule normalement

    Il s'agit d'un simple acte de foi, d'un pari risqué. L'histoire de la physique des plasma abonde de situation où l'espoir n'a pas suffi (exemple : la production d'électricité par des générateurs MHD, entre 1960 et 1980, jusqu'à abandon final, après l'échec de dizaines d'équipes, de milliards de dollars dépensés, dans une dizaine de pays, mobilisant des milliers de chercheurs). Wurden critique ce pari, en allant même jusqu'à dire que si l'entreprise ITER est un fiasco, ou s'enlise, cet échec rejaillira en jetant le discrédit sur l'idée même d'extraction d'énergie par la fusion. Il martèle l'idée que, toutes affaires cessantes, toutes les équipes travaillant sur les tokamaks doivent se concentrer sur ce problème des disruptions, "before ITER". http://www.jp-petit.org/NUCLEAIRE/ITER/ITER_fusion_non_controlee/wurden.htm

  • Par la saucisse intello - 07/03/2014 - 11:28 - Signaler un abus @ Skandal...............

    Et bien avant, il y eut Prométhée, Icare, le saint graal, la pierre philosophale et plein d'autres réussites. Je dis simplement qu'à ce jour, on ne sait pas maîtriser les températures nécessaires à la fusion nucléaire. Et personne ne pourra me démontrer le contraire. D'ailleurs les gens qui travaillent sur le projet ont l'air assez d'accord. Mais bien entendu, s'agîssant de leur gagne-pain, ils ne vont pas le publier sur les toits. Les plus malins dans cette affaire ont été les japonais. Je ne vous sers pas les détails, je pense que vous les connaissez.

  • Par la saucisse intello - 07/03/2014 - 11:35 - Signaler un abus @ Skandal...............suite.....

    Vous citez des constructions humaines bâties "ex nihilo". Pour relativiser, les bâtisseurs de cathédrales d'il y a mille ans ont accompli selon moi plus de prouesses techniques que les constructeurs du viaduc de Millau (j'ai justement le dossier sous les yeux). Or là, nous nous attaquons à la matière. A quelque chose qui était là des milliards d'années avant nous et qui sera encore là des milliards d'années aprés que l'humanité aura disparu. Je pense tout simplement qu'il y a une limite à tout. Et surtout à la théorie quand elle rencontre la réalité. L'avenir nous départagera. J'ai 61 ans, je ne verrai donc pas le moindre MW concurrentiel (j'ai bien dit "concurrentiel et vous savez pourquoi) produit par ITER.

  • Par pave777 - 07/03/2014 - 12:44 - Signaler un abus @ EOLE

    il y a de multitudes de gisements d'hydrogène à l'état pur, qui pourraient être exploités, mais le lobby pétrolier et l'état qui prélève 70 % de taxe ne sont pas intéressés, les écolos complices n'en font pas échos, pourtant un récent inventaire établissait que c'était possible de remplacer le pétrole qui pollue par cette nouvelle source d'énergie, qui ne pollue pas. Il faut nourrir le lobby jusqu'à la dernière goutte. Avec la fusion c'est une piste intéressante mais non aboutie, j'ai travaillé il y a quelques années sur la réalisation de TORE SUPRA à Cadarache, il y a bien sur aussi ITER qui est en cour de réalisation, mais pour une réelle utilisation, il reste beaucoup de chemin à parcourir. Si nous réussissons un jour la fusion, les arabes pourront boire leur pétrole.

  • Par la saucisse intello - 07/03/2014 - 12:52 - Signaler un abus @ pave777..............

    Mais non, nous leur vendrons TRES CHER de la bonne eau des Cévennes ! Par contre, j'ai besoin d'un conseil : Vu leur religion, pensez-vous que la marque commerciale "eau de source de la saucisse" serait bien appropriée ? J'ai un doute !

  • Par prochain - 07/03/2014 - 14:38 - Signaler un abus La Fusion était dans 50 ans il y a 50 ans et dans 50 ans...

    elle sera dans 50 ans. "Jean-Pierre Petit ITER mythes et réalité"

  • Par prochain - 07/03/2014 - 14:46 - Signaler un abus La Saucisse que dites vou de :

    "Davis-Besse réacteur lid", a métallurgie est un métier d'avenir. Il faut vivre avec son époque, vivons dangereusement! Les trois réacteurs de Fukushima ont bien fonctionné ... avant et jusqu'au moment de péter.

  • Par pave777 - 07/03/2014 - 15:41 - Signaler un abus @ la saucisse intello

    si c'est de la saucisse Hallal tout reste possible, Allah Akbar.

  • Par BonSensPaysan - 07/03/2014 - 16:51 - Signaler un abus Besoin d'un peu de rêve

    Ce ne sont pas les fermes d'éoliennes qui vont nous donner de belles promesses d'avenir, à part dénaturer à tout jamais le paysage. Mais la perspective d'un réacteur à fusion miniaturisé qui fournira de l'énergie illimitée et permettra aux petits enfants de mes petits enfants de mes petits enfants de se déplacer dans tous les coins de la galaxie, alors oui cela peut m’enthousiasmer. Et je suis d'accord pour qu'une partie de mes impôts y contribue (cela sera toujours plus utile que tous les gaspillages actuels).

  • Par pave777 - 07/03/2014 - 18:49 - Signaler un abus Et si...

    .... on tirait le frein pour consommer moins et arrêter d'acheter toute la merde produite dans l'empire du milieu ? certaines grandes villes chinoises ne seront bientôt plus habitables à cause du productivisme forcené et de la pollution. N' oublions pas que cette pollution ne s'arrête pas à la frontière, nous sommes tous concernés. Un peu de décroissance nous ferait le plus grand bien, et dans ce cas il faudra changer notre façon de vivre, sinon un jour...by by ! ça n'empêche pas d’essayer des vraies solutions hightech et de de favoriser la recherche. Juste un peu de bon sens et moins de profits.

  • Par jean fume - 07/03/2014 - 19:50 - Signaler un abus Désolé la saucisse.

    Mais pendant que les commentateurs dissertent sur le sexe des anges, sur cet article, il y a juste à coté et en même temps, sur Atlantico, un autre article qui décoiffe sur le sujet. Ici : http://www.atlantico.fr/atlantico-light/anglais-13-ans-realise-fusion-nucleaire-1003092.html J'ai juste lu en travers, je ne sais pas ce que ça vaut. Il faudrait interroger les spécialistes. Mais c'est pour le moins étonnant.

  • Par Karg se - 07/03/2014 - 22:44 - Signaler un abus très décevant

    Il y a dans le monde une dizaine de projets pour divers réacteur à fusion, dont plusieurs aneutronique permettant de convertir directement l'énergie atomique en électricité avec un haut rendement. Parler uniquement d'ITER est très réducteur. http://www.air-defense.net/forum/topic/18346-fusion-nucl%C3%A9aire/

  • Par Karg se - 07/03/2014 - 22:48 - Signaler un abus nawak

    "la production d'électricité par des générateurs MHD" N'importe quoi, la MHD est une discipline pas un méthode de production d'énergie. C'est sidérant de balancer des arguments aussi pourri. "Personne ne sait maîtriser des températures de fonctionnement de n centaines de millions de degrés." Non, c'est vrai qu'avec la Z machine on se contente de quelques milliards de degré. Encore un ignorant...

  • Par gueux et preux - 08/03/2014 - 02:03 - Signaler un abus J'appuie

    le com d'EOLE.A partir du moment où on peut isoler simplement l'hydrogène contenu dans l'eau il faut mettre tous les moyens pour que l'usager courant l'utilise...couramment et sans danger.Rien d'insurmontable à condition de le vouloir et terriblement écologique.

  • Par Epsilone - 08/03/2014 - 09:43 - Signaler un abus La fusion nucléaire est l'énergie de l'avenir et elle le restera

    Disait un physicien (je ne sais plus qui). Il se pourrait fort qu'il ait raison. Pendant que l'on développe ITER on se fait probablement doubler par les chinois qui sont en train de développer un réacteur nucléaire à sels fondus et qui pourraient nous souffler le marché des centrales nucléaires avec un type de centrales qui ait à peu près les avantages de la fusion (disponibilité des ressources, pollution bien moins importante, en bien moins cher). Et en plus, pendant ce temps là, on ne développe pas d'autres modes d'énergie prometteuse, comme les centrales éoliennes off-shore en pleine mer. Christian Camus

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Dimitri Batani - Yann Corre

Dimitri Batani est physicien, professeur à l’université Bordeaux 1, enseignant en master fusion, chercheur en physique des plasma.

Yann Corre est Docteur en physique et science de la matière à l'université Pierre et Marie Curie. Il est chargé de mission sur la fusion magnétique à l'IRFM et chercheur au CEA (Commissariat à l'Énergie Atomique et aux Énergies Alternatives, France).

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