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EDITORIAL

Publié le 11 février 2012

Nouveau scandale à Fukushima ?

Après la catastrophe qui a touché plusieurs réacteurs nucléaires japonais, va-t-on retrouver la même improvisation inefficace dans les opérations de décontamination ?

 

Près d'un an après, le Japon ne semble pas avoir tiré les leçons de la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima le 11 mars 2001, à 220 km de Tokyo (équivalent à la distance séparant Paris du Havre). On retrouve la même improvisation, les mêmes erreurs pour le nettoyage des zones contaminées.

Kiyoshi Sakurai, un ancien chercheur de la Japan Atomic Energy Agency, qui supervise la phase de décontamination, résume la situation en une phrase lapidaire "l'industrie nucléaire japonaise est régie par le principe plus vous échouez, plus vous touchez d'argent".

Exemple frappant : les premiers contrats du programme de décontamination ont été donnés à trois géant du BTP, qui n'ont pas d'expérience dans la décontamination de la radioactivité, mais ont très largement profité du programme de construction de centrales nucléaires.

Ces trois compagnies ont, en effet, construit 45 des 54 installations nucléaires, y compris le batiment des réacteurs de Fukushima qui n'a pas pu résister aux conséquences du tsunami.

A Iitate, un village de 6 500 habitants situé à une trentaine de kilomètres de la centrale, un journaliste du New York Times a vu 500 ouvriers en tenue avec des superviseurs qui s'interrogent ouvertement : faut-il creuser à 10 ou 20 centimètres de profondeur ? Faut-il décontaminer ce bâtiment ? Ne va-t-il pas être démoli ? tandis qu'un des ouvriers dit "Nous sommes tous des amateurs".

Cela n'empêche pas le gouvernement de distribuer les premiers contrats d'un programme de décontaminatione stimé à 13 milliards de dollars, dans une région aussi étendue que l'état du New Jersey (plus de 22 000 kilomètres carrés).

Et il ne faut pas oublier que la décontamination des zones naturelles sera délicate et risque de provoquer un second désastre écologique comme le signalait le Guardian début janvier.

Les travaux ne sont pas prêts de se terminer puisque le premier ministre japonais déclarait en juillet 2011 que la décontamination prendrait... plusieurs dizaines d'années.

La tâche est en effet immense : "L'élimination dans les zones affectées d'une couche de 5 cm de terre superficielle contenant sans doute du césium signifie que l'on retire l'herbe et les feuilles mortes des forêts, la terre et les feuilles des caniveaux. Ce qui représente près de 29 millions de mètres cubes de déchets radioactifs." selon une dépêche de l'agence Reuters.

Sans oublier que les déchets du tsunami ont sans doute aussi été contaminés par les poussières radioactives envoyées dans l'atmosphère : "Selon les sources, la quantité des déchets du tsunami pourrait représenter entre 25 millions de tonnes selon le gouvernement et 80 millions selon les experts du Japan Research Institute. Pour rassurer ses habitants, la métropole de Tokyo qui prévoit d’éliminer 500 000 tonnes de déchets issus du tremblement de terre envisage de mettre en place des contrôles de radioactivité chaque semaine à la sortie de l’incinérateur et dans les cendres."

 
Commentaires

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  • Par bacal - 11/02/2012 - 18:34 - Signaler un abus @RcommeRobert

    A la réflexion, vous n'avez pas honte de ces propos ?
    Bonne fin de journée.

  • Par bea33 - 11/02/2012 - 18:07 - Signaler un abus Quel est le premier scandale ?

    L'article est on ne peut plus léger et tendancieux par rapport à la complexité du problème.
    Qu'elle la compétence du rédacteur en ce domaine pour affirmer que les entreprises "n'ont pas d'expérience dans la décontamination de la radioactivité" comme si il y avait avant l'arrivée de cette catastrophe des entreprises avec le label "Fukushima". Je ne défend pas particulièrement ces dernières mais quand on fait ce genre de critiques il faut avoir des biscuits.

  • Par RcommeRobert - 11/02/2012 - 16:52 - Signaler un abus Fort heureusement,

    Fort heureusement, tout ceci a lieu très loin de chez nous.

Gilles Klein

Gilles Klein, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs blogueur, Le Phare depuis 2005, et utilisateur quotidien de Twitter depuis 2007.

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