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Le Front National est-il mûr pour tomber pour tout ou partie dans l’escarcelle de la droite ?

Le score obtenu par le Front national a été une des plus grandes surprises de l'élection législative, laissant le parti de Marine Le Pen dans une situation d'érosion qu'il n'avait pas connu depuis 10 ans.

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Publié le - Mis à jour le 16 Juin 2017
Le Front National est-il mûr pour tomber pour tout ou partie dans l’escarcelle de la droite ?

Atlantico : En quoi l'existence de lignes divergentes, le départ de Marion Maréchal, la question de la sortie de l'euro, le débat télévisé de l'entre deux tours, ont pu mettre en évidence une vulnérabilité "insoupçonnée" du Front national ? Le parti est il en situation de subir, par les LR, ce que le PS a subi avec la République En marche ?

Vincent Tournier : Jusqu’au printemps dernier, tout le monde s’attendait effectivement à ce que le FN obtienne de très bons résultats. Toutes les conditions étaient réunies : les attentats islamistes, les débats sur l’islam, la crise migratoire, l’impopularité du président sortant, la faiblesse de la droite, et une stratégie de dédiabolisation qui a paru très efficace. Il faut aussi tenir compte d’une conjoncture internationale favorable avec le Brexit et l’élection de Trump. Au cours des dernières années, le FN a connu une phase de croissance électorale ; il a obtenu de très bons résultats dans les scrutins intermédiaires, ce qui lui a permis d’installer localement un certain nombre de personnalités, donc de commencer à avoir des notables et des réseaux.

Pourtant, le Big bang annoncé n’a pas eu lieu. Certes, les résultats ne sont pas catastrophiques, mais vu ce qui était annoncé, le sentiment qui s’impose est celui d’un échec cuisant. Le FN a même baissé par rapport aux précédentes législatives (il faisait 13,6% en moyenne nationale en 2012, alors qu’il n’est qu’à 13,2% en 2017), et il est loin des 14,9% qu’il avait obtenus en 1997. Le FN misait sur une cinquantaine de sièges, il risque d’en avoir à peine cinq ou six.

Ces échecs successifs ont provoqué des dissensions internes et ont démobilisé les électeurs et les militants. Tous ont le sentiment d’un immense gâchis, comme si le FN avait changé son or en plomb. Le retrait de Marion Maréchal-Le Pen et le relatif silence de Marine Le Pen indiquent que la direction du FN est en état de choc, et on se doute bien que la génération montante des cadres doit ressentir une terrible frustration. Une question doit trotter dans les têtes des électeurs et des cadres : le FN est-il fini ? A quoi bon continuer puisque le FN n’a visiblement aucun avenir politique ? Il est certain que, dans de telles conditions, la droite va engager des tractations pour essayer de récupérer certains cadres du FN, quitte à les faire passer par des sas (par exemple des élus « sans étiquette »). Les sirènes vont être fortes, notamment dans des régions comme la Côte d’Azur où la droite est bien implantée et peut proposer des places.

En quoi une telle "reprise en mains" par les LR dépend elle surtout des LR eux mêmes ? Sans que les LR n'aient à se renier, quels seraient les moyens politiques à développer pour porter l'estocade au Front national ?

Les Républicains sont-ils en mesure d’absorber le FN ? Ce n’est pas évident parce que la situation des Républicains est loin d’être simple. Eux-mêmes vont devoir trancher des débats délicats. La principale difficulté est de savoir comment exister face à La République en Marche puisqu’une bonne partie du gouvernement vient des propres rangs de la droite et compte mettre en œuvre une partie de son programme. Une question concrète va vite se poser : quelle attitude adopter envers les projets de loi que le gouvernement va présenter, à commencer par la réforme du code du travail ? Faudra-t-il les approuver ou les refuser ? Les deux options sont risquées : approuver, c’est reconnaître qu’Emmanuel Macron est le maître, et c’est aussi accorder au FN le statut de seule force d’opposition de droite ; refuser, c’est certes se donner la possibilité d’effacer le FN, mais c’est aussi prendre le risque de se discréditer auprès des électeurs de droite puisque ceux-ci ne comprendront pas pourquoi leurs élus refusent des réformes avec lesquelles ils sont d’accord idéologiquement. Donc, paradoxalement, la situation de LR va être plus compliquée que celle du PS, ce dernier ayant au moins la chance, vu son état, de ne pas avoir à se poser ce genre de questions tactiques.

 
Commentaires

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  • Par Ganesha - 13/06/2017 - 09:07 - Signaler un abus GHB

    Connaissez-vous l'acide gamma-hydroxybutyrique ? Une grande majorité des francais est actuellement intoxiquée par le GHB, la drogue des violeurs... Sur Atlantico, aujourd'hui, nous avons au moins deux articles où les auteurs, mmr Sylvestre et Tournier, se proposent de profiter de cette situation de vulnérabilité et de faiblesse passagères, pour laisser libre cours à leurs instincts les plus répugnants et les plus pervers. Ces textes sont à conserver soigneusement et devront leur être représentés lorsque viendra l'heure de l'épuration !

  • Par MIMINE 95 - 13/06/2017 - 11:20 - Signaler un abus COMPARONS LES RESULTATS

    Du premier tour des législatives 2012 avec celui de 2017. En 2017 la quasi totalité des partis présents en 2012 ont des résultats en baisse notable par rapport à 2012. Quelques uns sont en hausse, notamment la France de Mélenchon mais, doit on s'en réjouir ?. En 2017, le FN à perdu 0,4% de voix quand les républicains en ont perdu 11,35% et les socialiste 21,9%.... tout est donc relatif et l'aspect peu rigoureux mais très orienté de ce papier suinte un pêt ti peu !

  • Par jurgio - 13/06/2017 - 14:04 - Signaler un abus Il serait temps que le Front national

    qui fait élire la Gauche depuis plusieurs décennies revienne aux fondamentaux. Ce parti ne passera jamais, s'en est-l enfin rendu compte ?

  • Par cloette - 13/06/2017 - 15:39 - Signaler un abus FN au pouvoir?

    Les circonstances étaient très favorables pour 2017 ( attentats, Hollade, Trump et Brexit files de migrants , Calais ) , il faut croire que ce n'était pas suffisant .

  • Par Ganesha - 13/06/2017 - 15:43 - Signaler un abus Spectacle extraordinaire ! Mais réveil brutal !

    Spectacle extraordinaire ! Actuellement, sur toutes les télés, radios, magazines... et Atlantico, on voit des ''journalistes'', chroniqueurs, ''experts'', et autres propagandistes, venir exprimer leur joie et leur fierté d'avoir contribué à la Victoire de Macron en France ! Je pense qu'ils y ont, effectivement, largement contribué... et j'espère qu'ils seront largement récompensés et généreusement rétribués ! Là où, à mon avis, ils pêchent par orgueil, c'est quand ils s'imaginent que désormais, le ''Mondialisme Libéral'' va règner sur le monde pendant le prochain millénaire ! Le réveil de ce beau rêve risque d'être brutal... et pas si éloigné que cela !

  • Par Ganesha - 13/06/2017 - 16:57 - Signaler un abus Cloette

    Cloette, je partage votre déception ! Mais, courage ! Continuons le combat !

  • Par lafronde - 13/06/2017 - 19:40 - Signaler un abus Macron est du niveau de Mitterrand

    ...soit bien au dessus des Chirac, Sarkozy, Hollande... Le FN gagnera lorsqu'il aura un chef de cette trempe. Or le père Le Pen n'était pas du niveau de Mitterrand qui l'a piégé avec la diabolisation, de plus le talent politique n'est pas héréditaire, il se construit... comme un parti politique ! Macron a gagné parce qu'il est le plus intelligent, le plus stratège, le mieux entouré. Il sait à la fois jouer en équipe et garder l'ascendant sur elle. Sarkozy était aussi bon tacticien, mais sans stratégie, ni convictions idéologiques. Il est vrai que la rupture devait venir du PS, puisque les blocages venaient essentiellement de son clientélisme politique, jusqu'en 2012 très apprécié des électeurs. Le PS qui mute vers En Marche, c'est une bonne nouvelle. Que le Centre le rallie, c'est normal. Reste qu'En Marche passe peut être du socialisme de service public du PS vers le socialisme de redistribution classique en Europe. Ceci ne peut convenir à ceux qui ont pour principe politique la Liberté - dans tous les domaines - la subsidiarité - et la République - l'Egalité en droits - Egalité devant l'Administration. Où est ce leader à Droite ?

  • Par clint - 13/06/2017 - 21:33 - Signaler un abus 1. Macron n'a qu'un mois - 2. Pas de chef pour "LR"

    1- Rien ne dit que Macron va réussir. Actuellement il est dans le rôle d'un personnage "jupitérien" qui est bon acteur mais il faut attendre actes et résultats. Rien ne dit que dans 6 mois, 1 an ce ne sera pas la catastrophe. 2- Pas de chef se détachent pour la droite : Bertrand essaie de se positionner mais on serait dans un parti godillot à disposition de Macron. Wauquiez semble ne plus exister, on ne l'entend pas.Il est urgent qu'un leader avec des idées de droite prennent en main le parti !

  • Par fayolle - 14/06/2017 - 00:07 - Signaler un abus Avenir LR

    Il se peut que Wauquiez fasse très intelligemment son bonhomme de chemin ,il existe plus que ce l'on pense et cela me ravit.

  • Par Leucate - 14/06/2017 - 01:49 - Signaler un abus C'est pas pour demain

    C'est d'abord une question de personnes et de qualités morales. L'électeur FN, qui a des sentiments nationaux forts, a des exigences de moralité et de fermeté dans l'analyse et les décisions à prendre que le RPR.UMP.LR n'a pas forcément en stock, c'est un euphémisme. Le sympathisant FN est très souvent un déçu de la droite qu'il qualifie de molle. Le ballet des ténors de la droite et leur dans du ventre devant Macron n'a pu que les conforter dans cette idée qui n'est ni sotte ni grenue. Le fameux sigle UMPS dont beaucoup ici niaient la réalité s'est révélé exact et même au-delà de ce que l'on pouvait penser. Maintenant la bonne question est de savoir qui va rester dans LR réduit à la portion congrue. Ceux qui sont vraiment à droite et donc FN-compatible seront-ils majoritaires ou seront-ils marginalisés comme d'habitude par les "frères de la côte" ?

  • Par Poussard Gérard - 14/06/2017 - 08:56 - Signaler un abus Le president LR Auvergne-Rhône-Alpes

    Est a la tache et fait ses preuves..Il affiche clairement ses convictions, ses valeurs, sa fierté dhomme de droite. Il peut etre un grand chef en s'entourent de gens loyaux comme G Peltier, Ciotti, L Guirous, R Dati, Woerth Jacob etc.... Les mous doivent rejoindre Em, celui qui a donné son nom au parti ....tel un dictateur voué au culte de la personnalité

  • Par vangog - 14/06/2017 - 15:21 - Signaler un abus Déception...quelle déception?

    le nombre d'élus patriotes importe peu, ce qui compte c'est le résultat pour la France! et le résultat, nous le verrons très vite...Pensez-vous que Macron Président fera mieux que Macron-ministre de l'économie? Non! le déficit du commerce extérieur va donc augmenter...La désindustrialisation aussi...les emplois de service augmentent? c'est un trompe-l'oeil total, car les services aux assurés, services bancaires, services téléphoniques ne font que se dégrader, pour un surcoût énorme...les concurrents extérieurs plus efficaces vont donc arriver sur le marché français dégradé par les lois socialistes. La croissance prévue à 1,5%? oui, grâce à une immigration de peuplement très quémandeuse d'aides sociales...les inégalités vont donc augmenter avec Macron-Rothschild...Vous en doutiez? (et je n'évoquent en pas les augmentations d'impôts tous azimuts)

  • Par vangog - 14/06/2017 - 20:04 - Signaler un abus @Poussard Gérard Eric Ciotti appelle à voter EM...

    (dans ses duels contre les candidats FN)...vous savez: EM, "le dictateur voué au culte de la personnalité"...

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Vincent Tournier

Vincent Tournier est maître de conférence de science politique à l’Institut d’études politiques de Grenoble.

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