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François Hollande a-t-il le numéro de téléphone de la finance ?

Lutter contre la finance, oui. Mais le candidat socialiste a-t-il un plan ?

Pages jaunes

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Au Bourget, François Hollande avait un objectif et un seul : éviter la "ségolénisation" afin d’endosser des habits de président potentiel. Son pari est tenu, fût-ce au prix d’une démagogie de chaque instant. Pour être élu, il lui suffit de passer un examen et d’obtenir la note de 10 sur 20 là où Nicolas Sarkozy, plombé par la crise et des espérances déçues, doit réussir un concours avec une moyenne de 19. Autant dire les choses simplement : depuis dimanche, la probabilité qu’ Hollande soit le futur président de la république est au moins des trois-quarts.

Pour autant, fera-t-il mieux que ses prédécesseurs ? Son discours permet déjà de répondre par la négative. Notons d’abord que, comme Sarkozy en 2007, il annonce que son premier geste sera de faire le voyage de Berlin pour rencontrer Angela Merkel. Ce réflexe va finir par devenir une mauvaise habitude et ressembler à l’hommage du vassal à un suzerain. Car qu’aura-t-il à négocier de plus que Sarkozy ? Rien. Et à imposer encore moins.

Quel va donc être son grand combat s’il ne peut contraindre les Allemands à accepter la solidarité financière qui devrait aller avec la monnaie unique ? François Hollande s’est désigné un adversaire de substitution, un corps fantasmatique : la finance. Les termes mêmes qu’il emploie, où il est question d’un ennemi sans visage qui détient un pouvoir occulte, fleurent étrangement la rhétorique d’extrême droite. La gauche des années 1930 avait les 200 familles et celle des années 1980 les conseils d’administration des entreprises à nationaliser. François Hollande ne retient plus que ce corps ectoplasmique à combattre, cette finance qui agit comme une pieuvre invisible.

Bien sûr, il y a quelques annonces concrètes. Essentiellement des hausses d’impôt frappant les classes moyennes supérieures qui ne peuvent délocaliser leur capital et leur épargne. Elles ont l’avantage d’être électoralement perdues pour un candidat "socialiste". Autant donc les accabler. Pour le reste, le flou domine.

Ainsi, François Hollande se garde bien de dire à quelle niche fiscale il compte s’attaquer précisément. Il est peu probable qu’il s’en prenne à celles qui bénéficient à ses clientèles électorales : Dom-Tom, milieux du cinéma et de la presse, élus, etc. Les économies et les recettes supplémentaires qu’il évoque sont loin d’être à la hauteur du redressement des comptes publics qu’il a décidé d’engager dans le cadre d’une Union européenne qu’il n’a pas le moyen de faire bouger.

Au final, son pot-pourri démagogique ménage surtout les premiers fauteurs de la crise actuelle : les politiciens professionnels qui se cabrent dès qu’une réforme difficile est nécessaire et ce depuis plus de trente ans. C’est logique : François Hollande en est issu, comme tous les dirigeants de "l’UMPS" qui ont gouverné la France sur cette période. Mais il est à la fois probable et souhaitable qu’il soit le dernier représentant de cette caste dont l’incapacité à prendre les problèmes à bras le corps est désormais patente.

 
Commentaires

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  • Par flogo - 24/01/2012 - 10:22 - Signaler un abus Deux ajustements :

    N. Sarkozy plombé par les crises ce qui entraine que les espérances soient obligatoirement déçues. Sans les crises vous croyez que les promesses n'auraient pas été tenues ? La chance de rélection du président est en dessous de 75% ? Voila une affirmation qui aura 75% de chance d'être fausse...! Écoutez bien le programme de la gauche et ne sous estimez pas l'intelligence du peuple.

  • Par Durand - 24/01/2012 - 10:55 - Signaler un abus Hollande et Sarkozy, même combat (perdu)

    C'est à peu près plié pour Sarko, remonter un tel handicap c'est quasiment impossible. Tant pis pour lui, il n'avait qu'à réformer réellement au lieu de faire comme chirac maintenant place à hollande, les français doivent boire la coupe jusqu'à la lie pour réaliser que leur "modèle" est mort et enterré.

  • Par Takezo - 24/01/2012 - 13:10 - Signaler un abus @Durand

    Vous ne pouvez pas dire comme Chirac. Il vous a peut-être déçu mais il a fait beaucoup plus que Chirac ! Et surtout il est fort probable contrairement à ce que vous dites, que l'un des deux soit plutôt le gagnant.

  • Par alankin - 24/01/2012 - 13:28 - Signaler un abus un scénario grec se dessine

    où le candidat papandréou de gauche vend de la dépense, et une fois en charge, fera son exact opposé. la hausse fiscale fera fuir les vilains riches,et la méconnaissance de l'entreprenariat l'amènera à penser que l'entreprise, quand elle est bridée encore et encore (durcissement des CDD) prospèrera.

  • Par Durand - 24/01/2012 - 13:45 - Signaler un abus @takezo

    Je n'ai pas dit qu'hollande gagnera pas, hélas c'est quasi sûr à l'heure où je vous parle. Le combat perdu ce sera ensuite, contre les problèmes de la france, il les aggravera même.

  • Par Indigène Indigné - 24/01/2012 - 14:41 - Signaler un abus Ce sont ses amis franc-maçons qui lui ont suggéré la finance ?

    Aurait-il un programme de nationalisation comme celui à tonton ? On a bien vu ce que ça a donné ! Le plus dérangeant, c'est la dénonciation. Non pas au sens où il serait délateur mais celui où est subrepticement laissé entendre une quelconque théorie du complot. Et ces gôchos socialos de s'en accorder car "on vous l'avait bien dit, ça se savait depuis longtemps etc etc ". Ils sont imbuvables ces brochettes de bourgeois prêts à damner leur âme pour leur idéologie . Et qu'importe l'impact sur la société, dans leurs milieux privilégiés ils seront toujours épargnés Ils portent des costards qu'on ne pourrait pas se payer et ils prétendent nous représenter ? ? ? Marre de ce type de système ! Marre de ce sytème qui vise à faire élire un type !

  • Par fms - 24/01/2012 - 15:44 - Signaler un abus 19/20 nécessaire à Sarkozy... ?

    comme ça, il aura la moyenne avec le 1/20 du bilan de son quinquennat ! :o) La finance est un bien joli adversaire qui ne peut répliquer, reconnaissons à Hollande le choix du bon adversaire puisque le président-pas-encore-candidat-mais-en-campagne ne s'est pas déclaré. Par contre, l'auteur se trahit avec le vocable UMPS, le Parti des Libertés ne serait que celui du repli sur ses frontières ?

  • Par myself - 24/01/2012 - 21:14 - Signaler un abus François Hollande a-t-il le numéro de téléphone de la finance ?

    Tan qu’il n’a pas celui de ma femme…

  • Par vangog - 24/01/2012 - 21:37 - Signaler un abus Il lui faudra bientôt faire le 00 41 (indicatif de la Suisse)

    ou le 00 44 (Royaume Uni), car la finance a déjà terminé de plier ses bagages devant l'approche cataclysmique de la Gauche. Or la Finance a toujours eu deux longueurs d'avance sur l'histoire. Et elle a raison, car les grandes entreprises ont déjà délocalisé leurs sièges et leurs usines et une fois que la Gauche aura fini de ponctionner les PME, qui pourra nourrir les chères ambitions de l'Ogre Gauchiste?

  • Par Vincennes - 25/01/2012 - 00:17 - Signaler un abus @Myseft

    Sans vous connaitre, je pense que vous ne risquez pas grand chose......car il ne casse vraiment pas 3 pattes à un canard

  • Par Vincennes - 25/01/2012 - 00:31 - Signaler un abus @durand....attendez donc que Sarko entre en campagne

    et les choses sérieuses vont commencer. Avez vous regardé la batttle J.F Coppé/ M.Valls, c'était "pissif"... Valls ne sachant même pas se contrôler.....avec cette impression d'être toujours en colère comme Moscovici et Peillon d'ailleurs.... les battles sont se succéder où chacun pourra montrer son talent et je ne suis pas sur que l'équipe Hollande soit au point. Patience

  • Par Durand - 25/01/2012 - 07:55 - Signaler un abus @vincennes

    on peut prendre ses désirs pour des réalités mais, croyez bien que je le regrette, Hollande est un démagogue habile et les français risquent de se laisser embobiner. Ils ont peur et c'est vrai que la finance comme dit serge Federbusch c'est un bon épouvantail.

  • Par Maxime.Lenotre - 26/01/2012 - 09:10 - Signaler un abus François Hollande : de l'impossible à l'imposture

    Il se lamente sur TF1 du scandale absolu de voir la BCE prêter aux banques privées 500 milliards d’Euros que celles-ci vont ensuite prêter aux Etats à 4%, 7% voire 28% dans le cas de la Grèce. Mais comment mettre fin au scandale lorsque comme lui, on a voté tous les traités, refusés par les Français en 2005, qui interdisent à la BCE de prêter aux Etats et qu’on ne propose pas de revenir dessus ? Le voilà devenu lui aussi le énième “Monsieur Sécurité”. Mais comment financera t-il les déploiement de moyens policiers et judiciaires qu’il promet tout en affirmant être lui aussi partisan de la rigueur budgétaire imposée par l’impossible sauvetage de l’Euro ? N’attendez pas de solutions de la part de ceux qui ont créé les problèmes! la suite : http://www.debout-la-republique.fr/article/francois-hollande-de-l-impossible-l-imposture

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Serge Federbusch

Serge Federbusch est président du Parti des Libertés, élu conseiller du 10 ème arrondissement de Paris en 2008 et fondateur de Delanopolis, premier site indépendant d'informations en ligne sur l'actualité politique parisienne.

Il est l'auteur du livre L'Enfumeur, (Ixelles Editions, 2013) et de Français, prêts pour votre prochaine révolution ?, (Ixelles Editions, 2014).

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