Au piquet
François Hollande sur l'éducation : un bon constat, mais son conservatisme l'empêche de trouver des solutions
Le candidat PS était ce jeudi à Orléans pour présenter son projet sur l'éducation. Un texte qui peine à résoudre les vrais problèmes qui se posent pour réformer l'Éducation nationale.
C’est un discours truffé de vœux pieux, souvent de vieux vœux, comme dans tout discours politique. Un discours structuré par la volonté affichée de s’attaquer aux maux profonds de l’école, (sans jamais les citer cependant), alors qu'elle fournit au pays un très mauvais rapport « qualité prix ». Mais François Hollande n’est pas crédible car il refuse de modifier les paramètres principaux du système.
Ainsi, pour une position courageuse et intelligente, lorsqu'il s’oppose à l’orientation des élèves en fin de la cinquième, le candidat du PS en prend d'autres qui sont regrettables. En refusant l’autonomie des établissements ou en parlant de l’enseignement de la morale – idée absurde car la morale se diffuse par l’exemple, pas par des discours contre productifs – François Hollande déçoit par sa prudence et son conservatisme électoralistes.
Le décalage entre les idées et les moyens se vérifie tout au long du discours. Par exemple, il faut, nous dit le candidat, mieux organiser la transition entre les lycées et l’enseignement supérieur. Oui, c'est vrai. Bravo. Mais plusieurs gouvernements de droite et de gauche ont échoué à régler ce problème de l’échec massif lors des deux premières années d’université. Alors, comment François Hollande compte-t-il s’y prendre ? En accordant « une part de l’effort de la Nation à l’université pour réussir cette transition »... Clairement, cette approche, qui a déjà prouvé son inefficacité, est bien trop courte et annonce l’échec.
De plus, le candidat Hollande oublie l’urgente nécessité d’améliorer une autre transition, encore plus vitale, celle entre le CM2 et la 6ème. L’absence de collaborations et de passerelles entre l’école et le collège déstabilise de nombreux élèves et compromet la réussite des plus fragiles d’entre eux.
François Hollande a mille fois raison quand il dit que l’école de l’excellence suppose une école de la coopération plutôt qu’une école de la compétition, ou quand il veut soutenir « tout ce qui concourt à enseigner différemment et à favoriser l’épanouissement de chaque élève » .
Mais il se situe dans le registre de la pensée magique. Rien ne changera sans changer le statut des enseignants, ni sans renforcer le pouvoir du chef d’établissement et l’autonomie des établissements, sujets sur lesquels François Hollande annonce déjà avoir choisi l’immobilisme. Or, sans une réforme majeure du statut, comment mettre en œuvre concrètement des modalités différentes d’enseignement ?
La réalité c’est qu’une fois la campagne terminée, les enseignants rassurés par François Hollande reprendront toutes leurs habitudes, celles qui amènent le système à rejeter au moins 150 000 élèves sans diplôme ni qualification chaque année, et qu’ils continueront à exercer leur métier comme des sortes d’OS de l’éducation plutôt que comme des cadres.
Roger Célestin
Roger Célestin est journaliste.
Il écrit pour Atlantico sous pseudonyme.
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les enseignants et les syndicats enseignants resteront collés au socialiste RIEN NE VA CHANGER
Les enseignants sont dépassés par l' hétérogéneité de leur public.Quand,dans une classe vous devez vous adresser à des élèves qui savent à peine lire et d'autres qui maîtrisent parfaitement leurs fondamentaux la tâche est très compliquée et personne ne sait le faire. Dans les collèges que j'ai dirigés , dont deux en ZEP, nous avons tout essayé: petits groupes de soutien (aucune stimulation ), méthodologie (les professeurs ne savent pas faire) .Ma pire classe : 16 élèves en difficulté, des professeurs volontaires,des moyens horaires renforcés : à la fin de l'année ,un immense découragement et très peu de progrès. Et aucun secours des formateurs de l'IUFM appelés à l'aide . Il faut intervenir bien plus tôt, en primaire. Mais comment compenser un milieu familial très défavorisé culturellement? J. Lang, F. Bayrou n'ont rien apporté aux enseignants loesqu'ils étaient ministres. Alors F Hollande croit-il qu'il fera mieux en augmentant le nombre des professeurs? Ce n'est pas le nombre qui compte mais la méthode (que personne n'a trouvée!)
Flamby se trompe en voulant régler les problèmes de l'enseignement par plus de profs et plus d'argent . ais il est vrai qu'on a l'habitude de ces vieilles recettes, qui ont été couronnées de succès pendant le programme commun (SIC)...
... qui fait semblant de chercher des solutions (flagrant sur le dossier de l'éducation) mais qui de toute façon compte sur l'impopularité de Sarkozy pour gagner le job de l'Elysée sans prendre de risques. Je pense cependant qu'il sous estime la gravité de la situation explosive de notre société et qu'il risque d'être rapidement dépassé par les évènements. Il ne pourra en aucun cas refaire le coup du dos rond de la rue Solferino durant tout son mandat. Les français l'étriperont.
facile, tout le monde peut faire des constats mais peu de personnes trouvent les bonnes solutions. Le PS constate.... c'est peut-être un début de quelque chose..hélas les enseignants sont comme les syndicats, ils ne sont jamais d'accord .