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François Bayrou : "L'UMP n'est pas un alliage durable, le parti unique de la droite et du centre est une illusion"

Le maire de Pau et président du MoDem se montre très critique envers la politique de François Hollande, mais ne regrette pas ses attaques passées contre Nicolas Sarkozy, au nom de ses "responsabilités" de citoyen de dénoncer des "dérives qui menaçaient notre pays".

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Publié le - Mis à jour le 22 Juillet 2014
François Bayrou : "L'UMP n'est pas un alliage durable, le parti unique de la droite et du centre est une illusion"

François Bayrou s'est longuement confié à Atlantico Crédit REUTERS/Gonzalo Fuentes

Atlantico : La politique économique de François Hollande ne semble pas produire les résultats escomptés pour le moment. Pourtant, différentes stratégies ont pu déjà être expérimentées, dont le revirement vers une politique de l’offre en janvier dernier. Comment analysez-vous la situation économique actuelle?

François Bayrou : Il faut voir les choses très simplement. La France s’affaiblit depuis 15 ans sans qu’il n’y ait eu, à aucun moment, un ressaisissement. Le chiffre le plus significatif est celui du commerce extérieur : 70 milliards de déficits. Cela est insoutenable dans le temps dans un pays qui a un contrat social très ambitieux. Un Etat extrêmement structurant de la société, mais très cher, des collectivités locales trop nombreuses et labyrinthiques, des déficits publics les plus importants de l’Union européenne.

Cet Etat-là ne peut avoir en même temps un appareil de production qui s’effondre continuellement. Ceci créera des problèmes très importants dans le temps. D’autant que la vie politique est elle-même  profondément dégradée.

Tout cela décrit une France au propos de laquelle les français ont bien raison de se faire du souci. Quand François Hollande choisit la politique de l’offre, ce choix dans les mots est de bonne inspiration. Mais dans les réalités, qu’y a-t-il de changé ? Lorsque le 14 juillet il déclare faire 50 milliards d’économie et « donner » 40 milliards aux entreprises. Très bien.  Mais où sont les 50 milliards d’économie ? 

Pour ma part, je ne crois pas que l’on puisse faire 50 milliards d’économie à structure constante. Il faut une reconfiguration de l’Etat, des collectivités locales et de la sécurité sociale. Et la plupart des décisions prises sont contradictoires avec l’objectif affiché. J’en prends une comme exemple, que le gouvernement a annoncée et que François Hollande a mise en valeur. Tout le monde sait qu’il faut responsabiliser en matière de sécurité sociale, de dépenses de santé. Or que nous annonce-t-on, comme une grande victoire ?  L’introduction du tiers payant chez le médecin, c’est-à-dire la déresponsabilisation absolue. Cela est donc incohérent, illogique, et nuisible dans le long terme. Car la déresponsabilisation est un aller sans retour. Les gens considèrent que les avantages nouveaux accordés deviennent un dû. Cela est absurde et nous conduit à une situation de laquelle nous ne sortirons pas. Du moins aussi longtemps qu’un mouvement profond et assumé dans la société française ne nous conduira pas à choisira la reconstruction de type 1958. A une différence près, en 1958, la croissance était de 5%, alors qu’en 2014 nous sommes à 0.

Vous dites que la France s’affaiblit depuis 15 ans, et vous mentionnez le commerce extérieur… faites-vous un lien avec l’euro ?

Non, ce n’est pas mon analyse. Je fais un lien avec une série d’évolutions contraires à notre vitalité économique, dont les 35 heures a été la plus symbolique. Tous les pays qui nous entourent sont en excédent de commerce extérieur, ils ont pourtant tous l’euro. Même l’Espagne, même l’Italie. Je ne crois  pas du tout à la mythologie française de la dévaluation comme la solution aux maux du pays. Cette vision nous a tellement fait de mal. En nous persuadant que l’on peut éviter les efforts de reconstruction du pays grâce à la transformation de notre monnaie en monnaie de singe, on nous détourne du travail nécessaire. 

Je pense que la monnaie doit être une traduction du réel. Jouer avec sa valeur, ce ne sont que des palliatifs de court terme. De surcroît lorsque vous avez 2000 milliards d'euros de dettes, il devient impossible de jouer avec la monnaie. Car cette dette est refinancée en empruntant plus d’un milliard d’euros par jour ouvrable. Chaque jour. Et si vous avez des taux d’intérêt qui explosent alors vous ne pouvez plus vivre. Vivre au quotidien, puisque qu’en France on emprunte pour payer les salaires des fonctionnaires, on emprunte pour payer les feuilles de la sécurité sociale. Cette démarche là nous conduirait à la catastrophe, au gouffre, comme on le voit avec des pays d’Amérique latine qui ne s’en remettent pas. Demandez à l’Argentine. 

Hollande, Valls et Montebourg enchaînent les grandes annonces sur l'Europe tout en s'appliquant à faire en sorte qu'elles ne soient pas suivies des faits. Dernier exemple en date : l'incapacité française à défendre sa place dans les instances européennes. Pourra-t-on s'en sortir sans réformer l'Europe et le fonctionnement de la zone euro ?

Nos problèmes ne viennent pas de l’Europe. Nos problèmes viennent de chez nous. Il y a des problèmes en Europe, mais les problèmes de la France, de la société française, ne viennent pas de l’Europe. Les problèmes de la capacité créative du pays, de la place faite à l’entreprise, de la fiscalité, de l’inadéquation de nos codes, de la dérive de l’éducation nationale, notre problème de formation professionnelle, la question de notre vie publique honteuse. Ces problèmes la sont la conséquence d’une vie politique qui s’est peu à peu délabrée et d’une absence de vision, de fermeté dans la vision et dans l’expression, des dirigeants successifs, de leur capacité à entrainer les peuples sur le chemin de la lucidité et du courage. 

Par ailleurs l’Europe a des problèmes qui entrent en confrontation avec l’attente des citoyens. Ceci est autre chose. Mais chercher à faire croire que c’est l’Europe qui est la cause des difficultés, c’est un dévoiement. Nos regards ne doivent pas se tourner vers l’Europe mais vers la France. Cependant je crois que le désir légitime des citoyens de reconstruire s’affirmera un jour ou l’autre.

La France perd elle effectivement ou supposément  de son influence ? 

La perte d’influence est effective, mais cela ne date pas de ces derniers mois. Cela fait des années que la France qui occupait des positions clés au sein de la communauté des responsables européens s’affaiblit, que la position de la France est de plus en plus discutée. Parce que la France ne fait pas le constat de la responsabilité qui est la sienne sur sa situation. Quand vous avez autour de la table quelqu’un dont il est clair qu’il n’a pas organisé sa maison comme il le devrait, qui la laisse peu à peu se dégrader, et qui vient vous dire « Mesdames et Messieurs c’est de votre faute », son crédit s’affaiblit nécessairement. 

Il n’y a pas eu de stratégie suffisante, de long terme, dans l’occupation des responsabilités européennes, et de surcroît le discours de la France en Europe est illisible. 

Nicolas Sarkozy est entré violemment en conflit avec une certaine vision des dirigeants européens en prétendant qu’il allait faire un condominium franco-allemand, ce dont les allemands eux même ne voulaient pas. Qu’il décidait par ukase à la place des autres, à l’égard de l’Italie par exemple. Ceci est le contraire d’une vision européenne.

Le même Nicolas Sarkozy, quelques jours après son élection en 2007, est allé à l’Eurogroupe pour faire « sauter » la discipline des 3%, mettant son autorité de Président de la République française nouvellement élu au service du laxisme, alors que nous étions dans une période de relative croissance. Les dirigeants européens, et Jean-Claude Juncker en premier, n’ont pas oublié cela. C’était un bras de fer au service d’une grave erreur stratégique.

Considérez-vous qu'il soit satisfaisant d’un point de vue démocratique que l'Europe se dirige tout droit vers le fédéralisme sans que le peuple en ait exprimé le désir ? N'a-t-on pas épuisé les charmes des décisions prises contre les électeurs ?

Je n’ai pas voté le Traité de Lisbonne. Car c’était une mauvaise démarche de forcer la main des peuples. Quand un peuple vous dit « non » au référendum, le surprendre par ruse et lui imposer sans clarté, de manière opaque, ce qu’il avait refusé, est une très mauvaise démarche. J’avais proposé pour ma part un texte court, simple, mais soumis au référendum, pour que les français puissent adhérer vraiment à une nouvelle orientation.

Cela dit, il y a au moins une chose positive ces dernières semaines. Avec l’élection de Jean-Claude Juncker, l’engagement démocratique a été respecté, alors que beaucoup ne voulaient pas le tenir. Cet engagement qui est de dire aux citoyens, si vous votez pour tel parti, alors vous aurez tel président, candidat du parti vainqueur, a été finalement tenu. Je trouve que cela est positif car ainsi les prochaines élections européennes prendront une autre dimension. Jean Claude Juncker est un homme d’Etat de grande expérience, de grande conviction. Il est à la fois de grande conviction européenne et de grande conviction dans le projet de société. Il est un homme qui pense que la société ne doit rien lâcher en termes d’efficacité, et rien non plus en termes de solidarité. C’est quelqu’un en qui je mets de l’espoir. Si quelqu’un est capable de débloquer la machine, lui l’est. Ce n‘est pas une garantie, ce n’est pas une certitude, mais il en a la capacité. Il faut maintenant qu’il en ait la force, qu’il soit plus fort que les puissances de paralysie et de retour en arrière.

Etes-vous convaincu par les dernières  déclarations de François Hollande concernant le budget de la Défense ?

Le 14 juillet, François Hollande a affirmé qu’il avait sanctuarisé les crédits militaires. Est-ce que cela est vrai ? Ce n’est pas ce que pensent les officiers et les cadres de l’armée. Toujours la même distance entre les déclarations et le réel. Mais je souhaite qu’il le fasse. Nous sommes devant un monde qui est de plus en plus périlleux, instable, et l’une des capacités de la France, c’est sa capacité d’intervention. Je souhaite que cette capacité d’intervention soit mutualisée avec d’autres états européens. Mais si ces derniers sont dans l’hésitation, l’inaction et l’enlisement, il faut que la France ait sa liberté d’agir. Je me refuse à tirer un trait sur les nécessités de la défense nationale. 

 
Commentaires

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  • Par cloette - 20/07/2014 - 09:11 - Signaler un abus et un de plus

    en voila un aussi qui s'est toujours trompé, et est dans l'incapacité à l'inverse de JF Kahn de reconnaitre ses erreurs

  • Par Gilly - 20/07/2014 - 10:07 - Signaler un abus Dénoncer des dérives

    Les dérives sont là depuis le 6 mai 2012 et Bayrou peut aujourd'hui assumer sa responsabilité de citoyen qui a mené la France dans l'état de décrépitude que l'on constate aujourd'hui. Vous êtes un pitre, Bayrou, un pitre qui cherche à exister à gauche, à droite, doté d'un strabisme divergent du plus mauvais effet.

  • Par evy - 20/07/2014 - 11:09 - Signaler un abus Bayrou est une grande illusion

    Plein d'illusions. Il me saoule avec son "n'importe quoi"

  • Par airlane - 20/07/2014 - 12:00 - Signaler un abus C'est sûr !

    C'est affligent, avec des commentaires aussi constructifs on n'est pas prêt de réconcilier les Français entre eux. Si c'est pour ça que vous payez un abonnement vous pourriez en faire l'économie.

  • Par yeneralobregone - 20/07/2014 - 12:13 - Signaler un abus évidement !

    s'il dit qu'il va supprimer les 35 heures, la moitié des postes de fonctionaires, la moitié des élus, les regions, et une partie des allocations familliales, ce n'est pas la peine qu'il se représente... alors il babille , il babille , il se pose en homme extérieur au système, en recours, alors qu'il a participé à plusieurs ministères, sans avoir vraiment fait des étincelles ... mème la petite allusion aux " problèmes " de la chine, est du lèchage dans le sens du poil de l'électeur franchouille... c'est vrai que 10% de croissance économique pendant 30 ans, ça doit etre terrible ...

  • Par cloberval - 20/07/2014 - 12:23 - Signaler un abus Le Parti Central de la Droite et de la gauche encore plus.

    D'ailleurs la gauche le rejette comme Hollande en avait honnêtement (ben oui) averti Bayrou.En revanche si pour plaire à la gauche qui ne vuent pas il rejette la droite d’où il vient il lamine encore une fois les voix de droite au centre après que le FN les ait labourées à droite tout en prenant sur la gauche protestataire. Le Parti de synthèse UMP qui a tenu pendant 10 ans est certes un parti fédéral mais il a en commun le bon sens car excluant le socialisme et ses variantes comme l’extrémisme et le poujadisme dans tous les domaines. Il peut très bien être remplacé par une alliance de second tour car en 2012 le programme central de Bayrou malgré était très compatible avec celui de Sarkozy et totalement incompatible avec celui de Hollande qu'il a pourtant fait élire en lui apportant la moitié des centristes bayroutistes. Mais faute d'un accord préalable ou d'un parti rassembleur pour qu'il y ait une alliance de second tour il faudrait encore qu'un des candidats de centre droite ou de droite soit qualifié au second tour de 2017. Ce n'est pas ce à quoi l'incroyable mauvaise tête qu'est Bayrou travaille.

  • Par 2bout - 20/07/2014 - 13:25 - Signaler un abus Incontestablement Mr Bayrou,

    en 2017 vous serez au centre de l'élection. Si vous-même ou vos amis de l'UDI présentiez une candidature, vous créeriez les conditions d'un second tour PS / FN. La réciproque est également vraie, c'est-à-dire si Sarkozy ou ses amis de la "droite forte" se présentait. Une double candidature à droite serait fatale pour nous conduire à toujours plus de déresponsabilisation, vous le soulignez, fiscale et en matière de santé, de fonctionnarisation et d'effondrement social. Vous êtes un citoyen, avec votre capacité à faire de mauvais choix et vous l'avez démontré, mais vous êtes aussi un représentant politique. Usez de ces responsabilités pour qu'une primaire ouverte soit réalisée avant le premier tour. Vous donner ici ce crédit, c'est faire abstraction du vrai débat, celui de la représentation électorale à la proportionnelle, mais faute de règles institutionnelles qui le permettent, la méthode à suivre serait d'élaborer un projet commun et de choisir en commun un candidat.

  • Par adroitetoutemaintenant - 20/07/2014 - 15:39 - Signaler un abus Prout!

    Il est l'archétype de ce que les anglais appellent "old fart", c'est à dire un vieux pet en traduction mot à mot. En traduction plus libérale c'est la différence entre les doers et les talkers c'est à dire ceux qui font et ceux qui parlent. Ses exploits de ministre se sont soldées par une inaction totale montrant qu'il avait atteint son niveau d'incompétence. Nul besoin de répéter l'expérience. Bayrou, vous êtes le maillon faible!

  • Par jmpbea - 20/07/2014 - 18:59 - Signaler un abus On peut comprendre que personne ne trouve gràce à ses

    yeux.....mais alors.. Quoi? Qui....? Quand...? Comment..?....il écope avec un dé à coudre un navire qui coule....l'affaire de l'UMP est une merde mais cela n'empêche qu'il y a des valeurs à droite ....son vote pour Hollande l'a discrédité ....son sens politique est eu fiable même si certaines de ses idées sont bonnes....il n'est pas le seul a les avoir...

  • Par gerint - 20/07/2014 - 19:23 - Signaler un abus Bayrou !

    Je vois qu'un premier commentaire de ma part a été censuré. Il était pourtant bien plus aimable que ce que je pense vraiment de ce rastaqouère du Béarn.

  • Par Maredesbobos - 20/07/2014 - 20:23 - Signaler un abus trahison

    Voilà ce que m'inspiré cet individu. Le centre c'est chirac cad rien La thèse et l'antithèse la trahison au bout du chemin. Ce C. .. se permet de juger le gouvernement actuel, alors qu'il a demandé à voter pour lui en 2012. Ouvrez les yeux putain de bordel.

  • Par Anguerrand - 21/07/2014 - 07:02 - Signaler un abus Merci à toi Bayrou

    Tu as voté Hollande par haine de Sarkozy, voilà qu'en bon centriste tu retourne une nouvelle fois ta veste, n'achète surtout pas tes vestes en Chine, elle ne sont pas assez solides pour ces nombreux retournements. En tous cas Hollande pour qui tu as votés te remercie, mais les français ne te le pardonneront pas. Souvient toi si tu est maire de Pau à qui le dois tu? Seul, tu aurait été viré par les électeurs palois.

  • Par Libre de penser - 21/07/2014 - 07:59 - Signaler un abus Bayrou et ses ambitions politiques

    Après avoir demandé l'aide de l'UMP pour prendre la direction de la Mairie à Pau il se retourne contre ceux qu'ils l'ont aidé. Mais tous ont oublié que cet homme a voté Hollande lors des Présidentielles et visait le poste de premier Ministre. Bayrou veut à présent prendre la tête de l'opposition. Il est prêt à toutes les circonvolutions politiques pour exister.

  • Par zouk - 21/07/2014 - 11:20 - Signaler un abus Fr. Bayrou

    Beaucoup d'idées justes dans ce long entretien mais pourquoi a-t-il été prôner le vote pour Fr. Hollande? Un seul commentaire: sur le budget "sanctuarisé" de la Défense, il ne l'est pas. Ce n'est pas seulement ce que pensent les officiers, c'est ce qu'ils CONSTATENT, et c'est menaçant pour l'avenir de notre capacité de défense. Généralement Bayrou fait d'excellentes analyses et les exprime fort bien mais il manque toujours à les mettre en oeuvre malgré ses multiples revirements

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François Bayrou

François Bayrou est le président du Modem. Il a notamment été député des Pyrénées-Atlantiques de 1986 à 2012 et ministre de l'Education de 1993 à 1997.

Il s'est présenté aux élections présidentielles de 2002, 2007 et 2012.

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