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La France a-t-elle accompli sa mission au Mali ?

François Hollande a déclaré vendredi dernier que la France retirerait ses troupes au Mali "en fonction de la situation du pays", restant évasif sur les échéances, le temps que les troupes africaines de la Mission internationale de soutien au Mali prennent le relais.

Echéances

Publié le

Atlantico : François Hollande a déclaré ce vendredi, que le retrait des troupes françaises au Mali se fera en fonction de la situation du pays, où le terrorisme ne doit pas revenir. Trois mois après le début de l’intervention au Mali (11 janvier dernier), peut-on considérer que la France a accompli sa mission ? (sur le plan de la lutte contre le terrorisme, sur le plan de la reconstruction du pays...)

Jean-Bernard Pinatel : Quel était la mission de la France ? Il n’y a jamais eu autre mission de la France que celle très évolutive que le chef de l’État s’est donnée à lui-même et à nos forces armées. En effet, il n’y a jamais eu aucune mission donnée explicitement à la France au Mali par la communauté internationale.

La résolution de l’ONU 2085 autorise le déploiement pour un an d’une mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (Misma). La seule référence implicite à la France est qu’il est admis que l’Union européenne participe à ce processus. Plus anecdotiques mais inadaptées à la situation étaient les conditions à remplir par la Misma "avant le lancement de l’offensive dans le nord du pays". A partir du moment où on se définit soi-même et de façon évolutive sa mission comment ne pourrait-elle pas être remplie ? 

Rappelons les faits. La résolution 2085, prise  le 20 décembre 2012, alors que depuis six mois la situation semblait figée au Nord Mali s’est trouvée complètement dépassée par la réalité du terrain. En effet, le 10 janvier, après des combats qui ont duré près de 24 heures et qui ont fait de nombreuses victimes dans les rangs de l’armée malienne, les rebelles se sont emparés de la localité de Kona située à 60km au Nord de la ville de Mopti, 3e ville du pays, qui, avec 120 000 habitants, est quatre fois plus peuplée que Gao, la capitale du Nord Mali. Par sa présence à Kona, la rébellion menaçait ainsi directement Mopti et son aéroport international et indirectement Bamako qui ne se trouvait plus qu’à 600km de route et où vivent plus de 5000 français. Cette action des rebelles a marqué un tournant dans la crise malienne. Pour la première fois la rébellion engageait une action de conquête au sud de l’Azawad, le territoire revendiqué par le MNLA et Ansar Dine. 

Le 11 janvier lors de ses vœux au corps diplomatique le chef de l’État déclarait. "Nous sommes face à une agression caractérisée. La France répondra à la demande des autorités maliennes. Elle sera prête à arrêter l’offensive des terroristes si elle venait à se poursuivre Elle le fera strictement dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité."

Quinze jours plus tard, Gao le 24 et Tombouctou le 27 sont libérés sans que dans aucune déclaration le chef de l’État n’ait souligné ce passage d’une mission défensive à cette mission offensive. Bien plus, le 2 février à Tombouctou le chef de l’État déclarait : "le combat n’est pas terminé, nous serons aux cotés des Maliens plus au nord."

Le 21 mars au dîner du CRIF le président de la République déclarait que la souveraineté serait rétablie sur "la quasi-totalité" du territoire malien dans "quelques jours". "Notre intervention a permis d'obtenir en deux mois des résultats importants : l'offensive des groupes terroristes a été arrêtée (et) les villes reconquises", a-t-il souligné.

 
Commentaires

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  • Par jurgio - 22/04/2013 - 10:04 - Signaler un abus La France n'a plus rien à faire au Mali

    puisque le coup médiatique présidentiel est terminé.

  • Par esurlo - 22/04/2013 - 10:51 - Signaler un abus Le plus beau jour de sa vie ........................

    .......est terminé . Les plus mauvais commencent , et il se tire en catimini , pour comme d'habitude , esquiver , et nier les problèmes .......Il n'y a pas de raisons que les Français soient les seuls à "profiter" des compétences de Mr Bricolage .......!....................................

  • Par Salaudepatron - 22/04/2013 - 11:14 - Signaler un abus Flamby siffle la fin de la récréation...

    C’est bon, les Islamistes planqués dans le désert vont bientôt pouvoir rentrer à la maison... Flamby nous dira ensuite qu’il ne savait pas et que la France n’a plus les moyens d’y retourner... C’est vraiment ce qu’on peut appeler une belle opération d’enfumage... pardon, de communication.

  • Par ropib - 22/04/2013 - 12:55 - Signaler un abus Stratégie

    L'action au Mali semble être une inflexion de la stratégie militaire française. Les objectifs de la France n'ont jamais été ceux des USA, il n'a jamais été nécessaire de dire que nous apportions le Bien au monde pour faire les choses. Un des objectifs de l'action menée au Mali était d'avoir des coûts finis, ça semble être le cas. Tout n'a pas été fait mais la stratégie a été respectée. De ce que j'ai compris de l'affaire ce n'était pas trop une décision de Hollande qui s'est contenté de suivre une partie de son état-major. Ce qui serait donc intéressant ce serait de connaître les dissensions au sein de l'état-major et comment Hollande a tranché (ou non), voire même dépeindre un "pourquoi" jusqu'à en analyser les impacts. Sans cela les discussions sur le Mali me semblent être du pipi de chat.

  • Par Quid Novi - 23/04/2013 - 02:56 - Signaler un abus La vrai question est :

    Qu'avons nous été faire au Mali ? Rappelons tout de même qu'un beau matin, nous avons eu la surprise de cette guerre éclair, sortie de nulle part et on ne sait à ce jour trop pourquoi. La question de savoir si la mission a été accomplie est de ce fait biaisée.

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Jean-Bernard Pinatel

Général (2S) et dirigeant d'entreprise, Jean-Bernard Pinatel est un expert reconnu des questions géopolitiques et d'intelligence économique.

Il est l'auteur de Carnet de Guerres et de crises, paru aux éditions Lavauzelle en 2014.

Il anime aussi le blog : www.geopolitique-géostratégie.fr

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