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La France soumise au colonialisme de sa propre administration

Cela fait plusieurs années que je fais un constat simple : la France été colonisée tranquillement, doucement, pacifiquement par sa propre administration qui entend bien que cela continue. Les exemples se multiplient et un petit rappel de ce que j’écrivais il y a deux ans n’est pas inutile…

Colonialisme

Publié le
La France soumise au colonialisme de sa propre administration
Même en période de deuil, d’état d’urgence et de menace terroriste, il y a des gens qui ne reculent devant absolument aucune vilénie et refusent de participer au vivrensemble. Certains vont même jusqu’à bafouer la loi pour organiser leur sordide commerce au nez et à la barbe des autorités et de cette protection sociale que, pourtant, le reste du monde nous envie.
 
Comme souvent, l’histoire se déroule loin des caméras et des micros, dans ces petits villages à l’écart de cet indispensable contrôle social qu’on connaît si fort dans ces grandes villes exemplaires, et qui permet à chacun de rester synchrone avec ce que toute la société attend de lui.
Cette fois-ci, il s’agit du petit bourg de Parennes, 500 habitants dans la Sarthe, et c’est à cet endroit que Marielle, la gérante du Sporting Bar, a dépassé toutes les bornes des limites, a fait voler en éclats le vivrensemble et a violenté les lois républicaines.
 
Marielle, sans vergogne, a employé sans les déclarer cinq personnes le samedi 7 juin 2014, jour de la fête du village. Elle était en réalité en récidive puisque le 31 mai précédent, des gendarmes — venus vérifier la bonne tenue du bar à la demande du maire — remarquent une jeune femme qui prépare un café derrière le comptoir alors qu’après vérification, le bar n’a pas enregistré le moindre salarié. Bien évidemment, l’explication de la patronne (« Mais c’était seulement ma fille qui se faisait un café ») ne dupera personne, et pas les fins limiers de notre gendarmerie nationale qui reviendront donc ce 7 juin fatidique où ils ne pourront que constater la présence de cinq dangereuses paires de bras supplémentaires aidant Marielle sans la moindre honte.
 
Trainée au tribunal pour travail dissimulé, l’impétrante arguera par la voix de son avocat qu’il ne s’agissait que d’amis et de proches venus donner un coup de main pendant la fête de village, et que ces derniers, n’étant rémunérés que par un bon repas offert par la patronne, ne sont en rien des salariés du bar.
 
La justice en décidera autrement et la jugera coupable tout en la dispensant de peine, cette dernière étant laissée en pitance à l’URSSAF qui aura toute latitude pour lui coller une amende pouvant monter jusqu’à 55.000€, ruinant ainsi Marielle.
 
Or, si de nombreuses précédentes affaires du même style sont une indication de ce que décidera l’URSSAF, tout porte à croire que le sort funeste du bar est scellé : non, décidément, comme le titre Ouest-France, les amis de la gérante n’auraient vraiment pas dû l’aider.
 
Si cette aventure doit nous apprendre quelque chose, c’est que le vivrensemble s’arrête là où commence le fisc et les cotisations sociales. Eh oui : en France, la protection sociale est d’une importance absolument capitale qui mérite amplement de ruiner quelques artisans et créer quelques nécessiteux (on ne protège pas l’omelette républicaine sans casser quelques œufs, je suppose).
 
Et alors que certaines urgences sociales (déjà largement vraies en 2014, encore plus actuellement) se dégagent assez nettement, comme par exemple empêcher les atteintes directes aux biens et aux personnes, la multiplication des exemples navrants comme la mésaventure de Marielle montre pourtant qu’on choisit d’occuper les forces de l’ordre à ce genre de tâches, qui s’ajoutent à la traque des automobilistes frôlant le 53 km/h sur les tronçons limités à 50, ainsi qu’à une guerre sans merci contre la drogue pourtant contre-productive et largement perdue.
 
Que voulez-vous, les autorités ont décidé depuis longtemps qu’il ne sert à rien de résoudre les problèmes et que les administrer suffit amplement ; à chaque difficulté, on trouvera une administration pour y répondre, et si elle n’existe pas, on la créera, comme l’illustre parfaitement ce tweet :

 

 
Commentaires

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  • Par Atlante13 - 13/11/2017 - 10:21 - Signaler un abus Trop dur, trop vrai, merci H16

    et au passage, je vois que le Parti Socialiste avait l'intention de gèrer le travail des terroristes de Daesh. On marche sur la Lune.

  • Par tapio - 13/11/2017 - 12:29 - Signaler un abus Pas étonnant ...

    ... dans "URSSAF" il y a "URSS" !

  • Par adroitetoutemaintenant - 13/11/2017 - 12:29 - Signaler un abus Mon attitude est simple

    Quand j'ai besoin de l'administration j'y vais: numero 1 je demande a l'employee son nom complet et le note, numero 2 je fais ma demande, s'il y a un probleme a la con numero 3: je leur precise qu'ils sont mes employes et que ma joie quotidienne c'est de faire chier l'administration. J'obtiens les services en un temps record ! Et je le repete: si vous etes en situation limite faites leurs appeler les flics et declarez aux flics que vous avez tellement de douleur !

  • Par JLH - 13/11/2017 - 17:57 - Signaler un abus Une histoire vraie

    il y a 4 ou 5 ans lors d'un débat sur BFM, Mme Lenoir, énarque, député européen, (oui, un député, pas une députée, désolé) parle d'un article supplémentaire du code du travail : interdiction aux jeunes de moins de 18 ans de monter sur un escabeau ou une échelle, en particulier pour ramasser des fruits sur des arbres, rendant ainsi difficile la récolte dans certaines régions. Bref, tous les présents se moquait de ce texte, et voilà exactement comment Mme Lenoir défendit cette interdiction, j'ai noté son propos :" mais que n'aurait on pas dit de l'administration compétente si un accident grave était arrivé..." En clair, elle inverse complètement la raison supposée de ce texte, on pourrait croire qu'il s'agit de santé publique, que nenni : la jambe cassée (ou pire encore) de l'ado qui tombe de l'échelle, l'administration s'en fiche totalement, ce qui compte pour nos énarques et leur sbires, c'est d'être protégé par une réglementation de plus, qu'on ne puisse pas les prendre en défaut, les rendre responsables.

  • Par Yves3531 - 13/11/2017 - 23:31 - Signaler un abus Ceux que nous élisons, les politiques à tous niveaux...

    du niveau municipal aux plus élevés ministre, premier ministre, président, restent en fonction de quelques mois à 5 ans face à une administration haute et basse « inamovible » (de plus bien noyautée par ses syndicats politisés). Bref l’administration laisse causer le politique et fait ce qu’elle veut - de plus le politique retourne in fine dans l’administration... tout est dit !

  • Par vangog - 14/11/2017 - 00:44 - Signaler un abus J’irais plus loin que H16...

    Les Français sont dans un rapport sado-masochiste accepté avec leur administration, très majoritairement gauchiste...et je vous laisse deviner qui tient le fouet, et qui rougit de plaisir...cochons, va!

  • Par Mario - 14/11/2017 - 23:20 - Signaler un abus Les institutions vivent

    Les institutions vivent aujourd'hui pour elles mêmes et non pour le but qui leurs était assigné. L'administratif a pris toute la place. C'est lui qui fait marcher la machine mais il la fait fonctionner pour sa propre survie et tous ceux qui posent problème sont écartés . Si on en est rendu là , c'est par la faute du politique et des différents dirigeants qui ont perdu cette verticalité , cette autorité , cette vision à long terme pour mettre l'administration à son service et non pas l'inverse .

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Il tient à son anonymat. Tout juste sait-on, qu'à 37 ans, cet informaticien à l'humour acerbe habite en Belgique et travaille pour "une grosse boutique qui produit, gère et manipule beaucoup, beaucoup de documents".

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