Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mardi 17 Octobre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

La France face au spectre de la guerre civile : la résilience nationale est-elle en train de trouver ses limites ?

Après un troisième attentat d'ampleur, le 14 juillet dernier, la résilience tant soulignée et acclamée de la société française pourrait essuyer un choc considérable. Si la majorité de la population fait preuve de sang-froid, il suffit parfois d'une minorité agissante pour mettre le feu aux poudres.

Conflit armé

Publié le - Mis à jour le 1 Mars 2017
La France face au spectre de la guerre civile : la résilience nationale est-elle en train de trouver ses limites ?

Entendu par la commission de la Défense nationale de l’Assemblée Nationale, Patrick Calvar, le patron de la DGSI, déclarait le 10 mai dernier : "Les extrémismes montent partout et nous sommes nous, services intérieurs, en train de déplacer des ressources pour nous intéresser à l’ultra-droite qui n’attend que la confrontation. Et cette confrontation, je pense qu’elle va avoir lieu. Encore un ou deux attentats et elle adviendra. Il nous appartient donc d’anticiper et de bloquer tous ces groupes qui voudraient, à un moment ou à un autre, déclencher des affrontements intercommunautaires [1] .

Ce diagnostic déjà très inquiétant, car émanant d’un ponte du renseignement intérieur allait encore être noirci quand le même Patrick Calvar lâcha quelques semaines plus tard, et toujours devant des députés, la phrase suivante : "Nous sommes au bord de la guerre civile" [2] . Rapportés quelques jours seulement après le meurtre d’un couple de policiers dans les Yvelines et l’arrestation en Ukraine d’un Français en possession d’un stock d’armes de guerre qu’il comptait utiliser pour attaquer différents objectifs, dont une mosquée, ces propos allaient susciter un large écho dans la presse. Au lendemain de l’attentat de Nice, ces déclarations entre en résonance avec une inquiétude largement répandue dans la société.

1 - Le spectre de la guerre civile hante les esprits

Mais en réalité, le spectre de la guerre civile sur une base d’affrontements communautaires plane depuis un moment sur la société française et hante les esprits de toute une partie de la population. Un tel scénario sert par exemple de toile de fond au roman de Michel Houellebecq, Soumission [3], dont la parution coïncida avec les attentats de janvier 2015. Comme le relève Jérôme Sainte-Marie dans son livre Le Nouvel ordre démocratique [4], on retrouve également cette image d’une France balkanisée en proie à des violences entre milices d’extrême-droite et groupes armés islamistes dans le roman d’Olivier Rolin, Les évènements [5]. Si Olivier Rolin est classé à gauche, la thématique de la guerre civile communautaire revient également fréquemment chez des auteurs de droite comme Eric Zemmour ou Ivan Rioufol. Ce dernier avait par exemple intitulé un billet posté sur son blog en date du 7 janvier 2015 (après l’attentat de Charlie Hebdo) : "Une guerre civile menace la France", texte dans lequel il précisait : "La France est en guerre. En guerre civile peut-être demain. Son ennemi est l’islam radical».

A la suite de ces attentats, la représentation d’une communautarisation accentuée de certains quartiers ou villes comme stade préalable et annonciateur d’un basculement vers le terrorisme ou la guerre civile fut abondamment utilisée par toute une série de responsables politiques de la "droite dure". Jean-Paul Fournier, le maire Les Républicains de Nîmes, ville dont Lunel [6] n’est pas très éloignée, évoqua au lendemain des attentats du 13 novembre "une guerre civile en France". Même tonalité chez Lionnel Luca, député Les Républicains des Alpes-Maritimes : "Ce soir Paris, c’est Beyrouth ! Logique pour un pays en voie de libanisation. Nous paierons cher notre lâcheté face au communautarisme !". Philippe de Villiers, quant à lui, imputait cet "immense drame de Paris au laxisme et à la "mosquéisation" de la France". Cette grille de lecture n’était pas l’apanage de certains responsables politiques, de nombreux Français la partageaient. Ainsi par exemple, si Lionnel Luca faisait référence au cas libanais pour pointer les risques d’un conflit confessionnel dans une société devenue communautarisée, un agriculteur à la retraite vivant à Amfreville, petit village de l’Eure, interrogé en décembre 2015, dans le cadre d’un article du Figaro, mobilisait une autre référence historique toute aussi parlante "Un jour, ça finira en France comme en Yougoslavie avec une guerre civile entre musulmans et chrétiens. On ne peut pas s’entendre." [7]

Quelques semaines plus tard, survenaient les violences dans le quartier sensible des Jardins de l’Empereur à Ajaccio au cours desquelles plusieurs centaines d’habitants des autres quartiers de la ville monteront manifester plusieurs jours de suite vers cette cité située sur les hauteurs de la ville dans lequel des pompiers avaient été victimes d’un guet-apens. Cette "mobilisation citoyenne" se transformera rapidement en une manifestation violente au cours de laquelle des voitures et un restaurant kebab seront endommagés. Une partie des émeutiers saccagera également une salle de prière musulmane et y brûlera des livres. La motivation de cette partie des manifestants n’était donc pas seulement de mettre la main sur les agresseurs des pompiers mais d’en découdre avec un ennemi, le "musulman", en attaquant son lieu de culte et cela dans le contexte post-13 novembre. Or selon une enquête de l’Ifop pour le site Atlantico [8], réalisée à la suite de ces évènements marquants, pas moins de 87% des personnes interrogées estimaient que ce genre de manifestations violentes ou d’expéditions punitives pourraient très bien se reproduire ailleurs en France… Ce chiffre massif démontre que le diagnostic d’une multiplication des affrontements communautaires partout en France était très largement partagé à la fin de l’année 2015 et que ces évènements ne furent pas principalement considérés comme l’expression radicalisée d’un nationalisme corse qui s’était imposé dans les urnes deux semaines plus tôt.  

Plus près de nous, d’autres indices témoignent de la prégnance de ce type de représentations. Ce sont par exemple, ces propos recueillis par Florence Aubenas [9] dans les Yvelines au lendemain du meurtre du couple de policiers  par un jeune Maghrébin ayant fait allégeance à Daesh : "la guerre est dans les têtes" selon un conseiller en médiation à Mantes-la-Jolie, à quoi répond en écho "on va vers une guerre civile" prononcée par une femme, croisée devant une école de Magnanville, commune où a eu lieu l’attaque. Quelques jours avant ce meurtre, amenés par les enquêteurs de l’Ifop à imaginer l’avenir du pays, un groupe d’électeurs marseillais tentés par le FN évoque "un scénario à la Houellebecq avec des partis musulmans radicaux au pouvoir, une guerre civile, qui serait certes un scénario catastrophe mais hélas assez plausible». Les sondages quantitatifs démontrent que la perspective d’affrontements communautaires et d’actes de représailles est partagée bien au-delà des seuls rangs frontistes.

Ainsi, dans un sondage réalisé quelques jours après l’attaque de Magnanville [10], 73% des interviewés jugent certain (19%) ou probable (54%) qu’en cas de nouveaux attentats menés par des terroristes islamistes dans les prochains mois, nous assisterons alors à des actions de représailles incontrôlées de la part d’individus qui voudraient "se venger ou se faire justice" en attaquant par exemple des mosquées, des commerces ou des quartiers fréquentés par la population musulmane. C’est parmi les sympathisants frontistes que ce scénario apparaît le plus plausible (82% dont 36% de "certainement") mais ce pronostic est également partagé par 79% des proches des Républicains, 76% de ceux du PS et par 68% de ceux du Front de Gauche.

2 - Une société prête à s’embraser ?

Si le risque d’embrasement communautaire semble bien hanter les esprits de toute une partie de la population est-on pour autant à la veille d’affrontements ? Contrairement aux services de renseignements, nous ne disposons pas d’éléments ou d’informations permettant de connaître et d’apprécier le degré de préparation et la volonté de passer à l’acte dans la mouvance de l’ultra-droite. Si ce milieu semble constituer une source d’inquiétude majeure pour les autorités, on peut également penser que des actions de représailles aveugles ciblant des lieux fréquentés par les populations issues de l’immigration ou de confession musulmane pourraient également être le fait d’individus extérieurs à cette mouvance et/ou que des opérations de vengeance fomentées par des groupuscules d’extrême-droite reçoivent le concours (par exemple dans le cas d’une manifestation comme celle d’Ajaccio) ou soient copiées et imitées par un public plus large, ce qui aurait pour conséquence une démultiplication de l’impact de tels actes, l’ultra-droite ayant en quelque sorte allumé la mèche d’un baril de poudre prêt à exploser.

Il convient dès lors de s’interroger sur l’état des tensions et le degré de conflictualités existant dans l’opinion. Quel regard porte-t-on sur les musulmans et l’islam et est-ce que ce regard s’est durci au cours de l’année 2015 à la suite des attentats ? Les données d’enquête de l’Ifop n’indiquent pas de détérioration de l’image de la population musulmane consécutive aux attentats. Toutefois, cette image était et reste très négative. Ainsi par exemple, comme le montre le graphique suivant [11], l’idée que les musulmans et les personnes d’origine musulmane ne sont pas bien intégrés en France (ce déficit d’intégration pouvant être perçu comme servant de terreau à la radicalisation de certains individus) est très largement partagée mais n’a pas du tout gagné de terrain supplémentaire dans l’opinion depuis plusieurs années.

Une certaine stabilité prévaut également quand on questionne sur l’influence et la visibilité de l’islam en France. 55% des sondés pensaient en décembre 2010 qu’elles étaient trop importantes, cette proportion a grimpé à 60% en octobre 2012 et l’on a ensuite enregistré une nouvelle progression cette année pour atteindre 63%. Qu’il s’agisse des lieux de culte ou du port du voile dans la rue, deux tiers des Français perçoivent aujourd’hui l’Islam comme trop présent et pour tout dire comme envahissant. Mais ce jugement prévalait déjà avant les attentats et la progression de l’adhésion à cet item entre les deux dernières enquêtes n’a été que de 3 points, ce qui est assez peu.

D’autres données d’enquête confirment que l’image de l’islam et des musulmans n’a pas foncièrement évolué à la suite des attentats de novembre. Au lendemain de ces terribles attaques, la capacité à ne pas se laisser aller à l’association de chaque musulman à un terroriste demeurait très largement partagée, 67% des personnes interrogées adhéraient à l’idée selon laquelle "il ne faut pas faire d’amalgame, les musulmans vivent paisiblement en France et seuls des islamistes radicaux représentent une menace" [12]. Et comme on peut le voir dans le graphique suivant, cette opinion avait même progressé de 4 points à la suite des attentats, retrouvant ainsi le niveau de janvier 2015 post-Charlie.

Si durant toute cette année 2015, le rapport de force est donc resté relativement équilibré en dépit d’évènements particulièrement lourds et si l’amalgame, stade précurseur à la commission potentielle d’actes de représailles ou de vengeance sur des musulmans, est demeuré nettement minoritaire, entre un quart et un tiers des Français (28%) campe néanmoins sur une position dure selon laquelle : "L’Islam représente une menace". Cette opinion est donc très nettement minoritaire et notre pays n’est donc pas prêt à un basculement généralisé dans la confrontation. Pour autant, ces 28% représentent une minorité importante. On sait en effet que l’éclatement de troubles et la montée d’un climat d’affrontements communautaires est souvent le fait de minorités radicalisées dont les actes peuvent enclencher un cercle vicieux et une propagation mimétique des violences [13]. Même si ces 28% de Français qui perçoivent l’islam comme une menace ne sont pas, loin s’en faut, massivement prêts à la confrontation, ils constituent néanmoins un vivier conséquent dans lequel une frange minoritaire pourrait être tentée par la violence à la suite de nouveaux attentats et notamment par exemple dans le cas où une école ou une crèche serait attaquée, événement qui produirait sans doute un choc et une colère immense dans la population.

Cette proportion de personnes percevant l’Islam comme une menace atteint 60% parmi les sympathisants du FN, 31% parmi ceux des Républicains et quand même 19% dans les rangs de l’électorat PS. Sociologiquement parlant, cette grille de lecture est la plus présente auprès des ouvriers (42%) et devient moins fréquente lorsque l’on s’élève dans la hiérarchie sociale : 26% auprès des professions intermédiaires et 18% seulement parmi les cadres supérieurs et les professions libérales. On voit donc que c’est dans les milieux populaires et parmi l’électorat frontiste que les profils les plus islamophobes se recrutent, même si cette opinion prévaut également à un degré moindre dans d’autres compartiments de la société française.

Le climat d'opinion est ainsi hautement inflammable dans une minorité importante de la population française. Les réactions observées au lendemain des événements d’Ajaccio en décembre 2015 nous en apportent la confirmation. Le sondage Ifop pour Atlantico.fr [14] réalisé à l’époque, indiquait ainsi que si 41% des Français condamnaient cette manifestation violente, 42% disaient la comprendre sans pour autant l’approuver quand 17% l’approuvaient sans réserve. Ces deux derniers chiffres dénotent certes l’exaspération d’une très large part de l’opinion publique face aux violences urbaines et notamment quand des pompiers sont agressés, scénario se répétant hélas un peu partout en France. Mais ils traduisent également la très puissante demande de reprise en main de ces quartiers par la puissance publique a fortiori dans le contexte actuel ou ces territoires sont de plus en plus perçus comme des foyers potentiels du djihadisme, comme en témoigne la polémique sur les "Molenbeek français". Sans surprise, c’est parmi les sympathisants frontistes que la condamnation était la plus faible (30%). Le parti publiera d’ailleurs le communiqué suivant : "Quand les citoyens ont le sentiment légitime que l’Etat ne fait plus régner l’ordre républicain, quand ils voient des pompiers et des policiers pris en embuscade dans un des innombrables ghettos que compte la France, il y a le risque évident qu’ils veuillent se faire justice eux-mêmes" (c’est nous qui soulignons). Si l’électorat FN est donc en pointe, on constate également que 43% des sympathisants Les Républicains "comprennent" et 20% "approuvent" et que parmi les soutiens du PS, il ne se trouve que 55% des interviewés pour condamner sans réserve, 40% comprenant et 5% approuvant les actes de violence commis par une foule en colère contre les habitants maghrébins de ce quartier des Jardins de l’Empereur.

La seconde question du sondage portait plus précisément sur l’attitude vis-à-vis du saccage de la salle de prière musulmane. La condamnation grimpait alors sensiblement passant à 57% contre 41% pour la seule manifestation. Mais il se trouvait donc 43% pour ne pas condamner la dégradation et l’attaque d’un lieu de culte musulman : 32% déclarant comprendre sans approuver et 11% allant jusqu’à approuver sans réserve.

Ces résultats impressionnants sont très révélateurs du climat régnant un peu plus d’un mois après les attentats de Paris. Ils montrent également que si la condamnation est massive à gauche (69% parmi les sympathisants du Front de gauche et 77% parmi ceux du PS), une minorité non négligeable d’électeurs de gauche (entre 23% et 30%) ne condamne pas. De la même façon, la "compréhension" monte à 41% dans les rangs des Républicains, ce à quoi il faut ajouter 11% d’approbation. L’approbation atteint son paroxysme parmi les sympathisants frontistes (36%) avec 43% qui comprennent par ailleurs sans approuver, 21% condamnant tout de même le saccage de ce lieu de culte musulman. Au regard de ces chiffres, on voit comment la grille de lecture de l’islam comme menace s’est ancrée dans toute une partie de la population et que l’approbation de tels actes de représailles existe dans une frange non négligeable de la population (11%). Une partie de ce public pourrait vraisemblablement passer à l’acte ou du moins participer à des manifestations violentes du type d’Ajaccio qui, selon le Directeur de la DGSI, pourrait survenir à la suite de nouveaux attentats, la multiplication et l’accumulation des attaques venant chauffer à blanc ce public déjà très radicalisé. On notera à ce titre que de telles manifestations ou émeutes ne se sont produites ni en janvier ni en novembre 2015 après les deux séries d’attentats mais qu’en revanche, les attaques de Bruxelles en mars 2016 ont engendré des répliques. Le dimanche 27 mars, la cérémonie d’hommage aux victimes dans le centre de la capitale belge fut perturbée par le défilé de plusieurs centaines de militants nationalistes et de hooligans et quelques jours plus tard, le 2 avril, plusieurs groupuscules d’extrême-droite tentèrent d’organiser une marche à Molenbeek [15]. On pouvait ainsi lire sur le site de Génération Identitaire : "Il est grand temps d’en finir avec les "Je suis", les bougies et les marches blanches pour enfin sonner le signal de la Reconquête [16]". Bien que la manifestation ait été interdite, des militants se rendirent sur place et un face à face tendu opposa forces de l’ordre, manifestants d’extrême-droite et contre-manifestants et jeunes de Molenbeek.

Nous avions mis en lumière dans un précédent travail les grandes proximités des opinions publiques française et belge (et particulièrement wallonne) [17]. Sur de nombreux sujets, le regard porté est très proche et l’on peut penser que la réaction de la frange la plus droitière de la société belge aux attentats de Bruxelles pourrait préfigurer l’attitude de son homologue française en cas d’une troisième série d’attentats sur notre sol. Le fait d’ailleurs, que ce soit un groupe français, Génération Identitaire, qui soit à l’origine de l’appel à manifester, constitue un élément supplémentaire accréditant ce scénario.

Les chiffres du sondage Ifop réalisé pour Atlantico après le double-meurtre de policiers à Magnanville et qui révélaient que 73% des Français jugeaient probables des actions de représailles, démontrent par ailleurs que si des groupuscules passaient à l’action, ils pourraient bénéficier d’une certaine bienveillance de la part d’une frange de la population. En effet, interrogés sur leurs réactions si de telles actions de représailles incontrôlées se produisaient, seulement 51% les condamneraient, 39% les comprendraient sans pour autant les approuver et 10% les approuveraient. Ces chiffres démontrent clairement qu’un potentiel de confrontation existe aujourd’hui dans la société française et que la série d’attentats qui a visé notre pays a ébranlé et fissuré en profondeur le rempart républicain. Nous en voulons pour preuve le fait que la réaction instinctive de condamnation de ce type de violence aveugle n’irait pas de soi pour des pans entiers de groupes sociaux pourtant traditionnellement très modérés et réprouvant la violence. A la suite d’une troisième série d’attentats, 36% des cadres supérieurs et des professions libérales, 39% des titulaires d’un diplôme supérieur à Bac+2 et 57% des catholiques pratiquants ne condamneraient pas sans ambages des attaques de lieux de culte, de commerces ou de quartiers fréquentés par des musulmans. Non seulement la condamnation ne serait pas unanime, y compris dans ces milieux, mais une minorité significative s’élevant à 10% de la population, les approuveraient. Ramené sur la base de la population âgée de 18 ans et plus, ce chiffre correspond à un volume de pas moins de 4,5 millions de personnes… A ce stade, il est bien entendu difficile de se livrer à une évaluation précise du corps de bataille dont pourraient disposer les groupes qui souhaiteraient en découdre. Mais au sein de cette masse très volumineuse, on conçoit aisément qu’une frange de plusieurs dizaines de milliers d’individus pourrait sans doute passer à l’acte ou se joindre à des émeutes ou des incidents violents qui pourraient survenir. Si l’on retient par exemple l’hypothèse selon laquelle ne serait-ce que 1% des personnes qui approuveraient ce type d’opérations de représailles aveugles y participent nous arrivons au chiffre de 45.000 individus [18], chiffre qui donne une idée de l’ampleur des violences et du nombre d’actions qui pourraient alors se produire un peu partout sur le territoire.

Signe de l’état de tension et d’anxiété régnant actuellement dans la population, ce scénario noir d’une généralisation des affrontements semble plausible et probable à 81% des 73% d’interviewés qui pensent que des actions de représailles aveugles pourraient avoir lieu à la suite d’une troisième série d’attentats. Si l’on recalcule sur la base de l’ensemble de la population, 59% (soit 81% de 73%) de la population qui jugent que la situation pourrait alors dégénérer et donner lieu à des affrontements violents entre communautés un peu partout en France.

Il convient de remarquer que ce scénario de guerre civile sur base communautaire est précisément l’objectif avoué des théoriciens djihadistes. Comme le montre Gilles Kepel dans son dernier livre [19], Abu Musab-al-Suri a notamment pensé ce processus dans l’Appel à la résistance islamique mondiale. A la suite d’une campagne d’attentats visant notamment des rassemblements sportifs ou festifs, les stratèges du djihad escomptent que des actions de représailles viseront de manière indistincte les musulmans et qu’en allant crescendo, ces actes de vengeance viseront à terme tous les musulmans, lesquels rompraient alors leurs liens avec le reste de la population pour se placer sous la bannière des combattants djihadistes. Les sociétés européennes se fractureraient alors et les zones ou les quartiers musulmans rentreraient en résistance. A partir de là, une "guerre d’enclaves" (on retrouve donc une vision très proche de celle véhiculée par le FN) pourra être développée aboutissant à terme à une guerre civile prenant la forme d’un affrontement entre territoires homogènes sur le plan ethno-religieux.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Anguerrand - 21/07/2016 - 11:53 - Signaler un abus Oui les français sont en colere

    Encore un ou 2 attentâts comme à Nice et les français vont vraiment se fâcher, et une guerre civile larvée n'est pas à exclure contre les musulmans d'autant qu'une fois de plus, pas la moindre réaction de la communauté musulmane après Nice pour condamner cet attentat. " qui ne dit rien consent ". Pendant ça, Valls s'offusque d'être sifflé !

  • Par Ganesha - 21/07/2016 - 12:03 - Signaler un abus Capacités cognitives

    Un long article, avec de jolis graphiques et de nombreuses anecdotes… qui se termine par : ''On ne sait pas, on ne pas prévoir'' ! Ce qui est certain, c'est que les nombreux abonnés d'Atlantico qui viennent soulager leur angoisse en écrivant : ''Il faut déporter tous les fichiers S et les enfermer dans un camp en Guyane'', font fausse route. La France ne peut se permettre d'emprisonner pour ''Délit d'Opinion'' ! Peut-elle emprisonner pour ''Délit de voyage en Syrie'' ? A condition d'avoir un tampon de la douane syrienne sur son passeport ? On peut se demander si les probables attentats anti-musulmans seront des actes de fous isolés ou si une nouvelle OAS va se créer. Est-ce important ? Mais quand j'explique que la seule façon de combattre l'Immigration et de provoquer le départ des étrangers, en plus de l'exclusion des aides sociales, ce sera une chasse féroce aux français qui procureront du travail aux étrangers… là, les lecteurs d'Atlantico, perdent le fil de leurs idées... Et si je vous répète : ''Tout français, quelque soit son origine, qui souhaite travailler doit recevoir immédiatement une offre d'emploi'' ! Voila qui dépasse complètement vos capacités cognitives !

  • Par Alain Proviste - 21/07/2016 - 12:10 - Signaler un abus D'ailleurs depuis lundi...

    ... on ne voit pas moins de voilées par chez moi. Je me suis même demandé s'il n'y en avait pas plus mais c'est peut-être le fait d'une sensibilité exacerbée de ma part. Je suis passé avant-hier au centre commercial Belle-Epine (94), dont on peut craindre que ce soit un bon baromètre de l'évolution de la société française, et on n'est vraiment pas sorti de l'auberge. Donc la fameuse "résilience" c'est pour nous de continuer à nous faire zigouiller avec pour seules réactions des marches blanches et des bougies tandis que pour les musulmans c'est de continuer à bien montrer son esprit de conquête. C'est bien ça ?

  • Par Innocent - 21/07/2016 - 13:23 - Signaler un abus Nos "journalistes" de tous bords

    s'emploient très activement, comme vous pouvez le constater même ici, à amoindrir la "résilience" nationale. (résilience: nouveau concept de la novlangue qu'on vous enfoncera dans le crâne comme les autres, que vous le vouliez ou non). Ce qu'ils ignorent encore, c'est que quand il n'y aura plus de résilience, c'est d'eux que l'on s'occupera prioritairement, et avant nos politiques de métier dont ils sont indissociables.

  • Par hibernato - 21/07/2016 - 13:57 - Signaler un abus Principe de précaution ?

    Ce principe n'est il dans la constitution que pour nous prévenir des méfaits du maïs transgéniques ? J'ignore combien de paliers de nouveaux attentats F. Hollande s'est donné pour autoriser les mesures fortes mais il a intérêt à ne pas être en retard sur la colère légitime des français (10% c'est plus que de besoin pour le renvoyer à Tulle)

  • Par emem - 21/07/2016 - 14:28 - Signaler un abus Ouvrez les yeux

    Aujourd'hui la France est face au spectre de la guerre civile mais bientôt tous les pays occidentaux, l’ensemble du dar al-harb – le territoire de guerre - des musulmans temporairement aux mains des koufars, sera bientôt dans la même situation. Cette guerre, “civile” puisque ces Musulmans sont Français, a commencé et la conquête du dar el-harb est en bonne voie en France. Les territoires perdus de la République font déjà parti du dar al-islam, le territoire “pacifique” des musulmans, et ils ne cessent de s’étendre. Il faut y ajouter les mosquées. Aujourd’hui, il y a plus de 2400 mosquées et salles de prière sur le territoire. Près de 400 autres mosquées vont être construites dans les prochaines années. Les mosquées sont plus des centres communautaires que des lieux de culte et chaque mosquée fait partie intégrante du dar-al islam. La construction d’une mosquée arrache en quelque sorte à la France une partie de son territoire. De nombreuses mosquées sont également devenues les plateformes d'imams extrémistes. Qui va gagner cette guerre ? Difficile d’y répondre. Mais, c’est sûr. ce n’est pas avec des "Je suis", des bougies, des fleurs et des marches blanches qu’on y arrivera.

  • Par emem - 21/07/2016 - 14:28 - Signaler un abus Ouvrez les yeux

    Aujourd'hui la France est face au spectre de la guerre civile mais bientôt tous les pays occidentaux, l’ensemble du dar al-harb – le territoire de guerre - des musulmans temporairement aux mains des koufars, sera bientôt dans la même situation. Cette guerre, “civile” puisque ces Musulmans sont Français, a commencé et la conquête du dar el-harb est en bonne voie en France. Les territoires perdus de la République font déjà parti du dar al-islam, le territoire “pacifique” des musulmans, et ils ne cessent de s’étendre. Il faut y ajouter les mosquées. Aujourd’hui, il y a plus de 2400 mosquées et salles de prière sur le territoire. Près de 400 autres mosquées vont être construites dans les prochaines années. Les mosquées sont plus des centres communautaires que des lieux de culte et chaque mosquée fait partie intégrante du dar-al islam. La construction d’une mosquée arrache en quelque sorte à la France une partie de son territoire. De nombreuses mosquées sont également devenues les plateformes d'imams extrémistes. Qui va gagner cette guerre ? Difficile d’y répondre. Mais, c’est sûr. ce n’est pas avec des "Je suis", des bougies, des fleurs et des marches blanches qu’on y arrivera.

  • Par lafronde - 21/07/2016 - 14:48 - Signaler un abus Démythifier notre République.

    La République française est féconde en mythes universels. République libératrice lors de la Révolution, IIIe République universelle grâce à son Empire colonial, ses Lettres et ses Arts, Ve République social-démocrate, porte-drapeau du camp du Bien. Si le rang de la France régresse parmi les nations, les prétentions morales de notre République prennent le chemin inverse. L'Unité nationale a connu des fractures durable : Guerre de Cent ans, Réforme, Révolution, République, Communisme, et aujourd'hui la société multi-ethnique et multi-culturelle. La grande différence est que les divisions antérieures ne remettait pas en cause l'héritage charnel et identitaire de la Patrie, ni son héritage moral, à l'exception du Communisme, dont le multi-culturalisme est une forme dérivée. Entre les identitaires patriotes et les multi-culti républicains, nous sommes bien en présence de projets et d'avenirs radicalement différents. La moindre des chose en Démocratie est que le peuple français, voir les peuples de des provinces françaises soient consultés par voie référendaire par la République, avant que celle-ci se permette de brader l'héritage identitaire de la Patrie. L'Islam attend son heure.

  • Par Liberte5 - 21/07/2016 - 14:54 - Signaler un abus A la croisée des chemins.

    Les Français ont accepté sans broncher cette immigration massive de musulmans sur notre sol. Ils ont abandonné des quartiers entiers, des villes et bientôt des départements. Ils ont subi des attentats meurtriers sans se rebeller. Ils ont écouté les politiques leur dire qu'il fallait être solidaires, ne pas faire d'amalgame et tout cela sans broncher. Mais voilà qu'une très forte minorité pense que cela suffit et que peut-être il faut réagir. Toute la question est là: subir encore ou se rebeller? Réponse dans les prochains mois, voire avant si nouvel attentat. Le destin de cette France bafouée et humiliée va se jouer dans un sens : combattre ou alors se soumettre.

  • Par lafronde - 21/07/2016 - 16:54 - Signaler un abus Les français abusé par la Démocratie sociale.

    @Liberté5 L'arnaque de la social-démocratie s'est déroulée sur plusieurs décennies. Toute l'Union Européenne est touchée. Après Guerre, l'électeur médian a d'abord souhaité une République sociale, redistributive. Nos politiciens ont étatisé beaucoup de services (le grand mouvement de la Mutualité française est devenu la Sécu, dont le rendement est très dégradé). Ces politiciens sont intervenus toujours davantage dans la vie économique, dans le but de s'assurer des clientèles électorales. Une fois au pouvoir ces addicts de la dépense publique et du mandat électoral ont réalisé que les immigrés pauvres étaient leur meilleure justification pour leur politique "sociale" et peut être leurs électeurs les plus obligés. Selon leur intérêt carriériste ils en ont fait venir de plus en plus. Tout le cinéma sur l'anti-racisme et l'anti-discrimination sont des construction pseudo-morale pour sidérer toute opposition. Or notre Démocratie est truquée : 1 par l'intervention étatique dans la Presse, qui y bloque la destruction créatrice, et son renouveau. 2 par le déficit budgétaire qui est un achat de voix à crédit. 3 par un cartel, le front républicain qui restreint l'accès au Parlement.

  • Par cloette - 21/07/2016 - 17:40 - Signaler un abus Le vrai problème

    n'est évidemment pas la guerre civile et l'ultra droite, personne ne croit cela , en revanche, si on veut saisir ce qui se passe, il faut autre chose que des chiffres il faut plonger dans la réalité . Et la réalité montre un danger ailleurs que dans la guerre civile entre communautés, car les Français me paraissent bien plus agneaux que loups .Le gouvernement que l'on a m'angoisse aussi Les réactions de Valls sont incroyablement anxiogènes, il est temps de changer et de passer à autre chose, que ce soit Le Maire Sarkozy ou Marine tout sauf celui qui est aux manettes actuellement .

  • Par Michèle Mossan - 22/07/2016 - 00:58 - Signaler un abus Soumission

    Je suggère à ce journaliste politiquement correct de refaire un article en ajoutant les réactions des Niçois et des Français après le massacre du 14 juillet et surtout en n'omettant pas de parler aussi de tous les actes de christianophobie : tous les jours en France, une église ,une chapelle ,une croix , une statue sont vandalisées sans compter les débuts d'incendies et AUCUN MEDIA NATIONAL n'a le courage de les dénoncer . STOP à la soumission .

  • Par ISABLEUE - 22/07/2016 - 15:41 - Signaler un abus Oui cloette

    et en plus les décérébrés violeurs d'enfants de daech (ou d'ici) n'attendent que cela, une guerre civile. Ne leur faisons pas ce plaisir. Mais si la police pouvait en flinguer discrètement quelques uns pour nous en débarrasser ben moi, je vote et j'applaudis !!

  • Par Deudeuche - 22/07/2016 - 15:52 - Signaler un abus @Michèle Mossan

    Oui on en parle dans la presse régionale. A Paris ou la presse nationale voit la France à travers l'Ile de France, ils s'en foutent ! Par contre si ils se prennent la tête sur le périph, là on nous explique que c'est insupportable (Au Mans, à Souillac, à Romorantin et à Molsheim nous on s'en fout aussi!). La soumission est autant en vers la dictature jacobine et culturo-parisienne que en vers l'Islam. Il y a une connivence entre les deux.

  • Par von straffenberg - 22/07/2016 - 18:26 - Signaler un abus Changer de politique

    J'ai lu cet article en zig zag et je rejoins Cloette ,Isableue et les autres. Arrêtons de parler d 'affrontements , le risque existe personne ne le conteste .Le problème de fond est qu'il faut changer RADICALEMENT de politique de stratégie , et de politiciens .Tant que le pays ne sera pas remis sur les rails qu'il n'aurait jamais du quitter .tant que les médias ne nous intoxiquerons plus avec les mots populisme FN extrême droite le pays commencera a aller mieux Je compte les mois .

  • Par von straffenberg - 22/07/2016 - 18:58 - Signaler un abus Changer de politique

    J'ai lu cet article en zig zag et je rejoins Cloette ,Isableue et les autres. Arrêtons de parler d 'affrontements , le risque existe personne ne le conteste .Le problème de fond est qu'il faut changer RADICALEMENT de politique de stratégie , et de politiciens .Tant que le pays ne sera pas remis sur les rails qu'il n'aurait jamais du quitter .tant que les médias ne nous intoxiquerons plus avec les mots populisme FN extrême droite le pays commencera a aller mieux Je compte les mois .

  • Par Atlantica75000 - 22/07/2016 - 22:02 - Signaler un abus Résilience ou seuil de tolérance ?

    J'entends ce soir sur BFM TV ("replat" Pierre Henry qui s'est trouvé un bon job avec France Terre d'Asile. Il ose dire à propos des "migrants" évacués à Paris ce matin qu'il suffit que chaque grande capitale régionale ouvre un camp de 500 à ... 1000 places". Honte à lui et aux politicards lâches de tous bords qiui vont lui obéir. Tous ces hommes qui arrivent directement de Sicile à Paris puis réinjectés dans les provinces qui avant étaient peu ou prou préservées. Il faut lire la PQR pour savoir précisément que des tas de petites villes/villages sont désormais occupés par ceux qui sont envoyés par le gouvernement via les préfets. Que la droite qui a voté à Strasbourg pour les "relocalisations" en été 2015 et qui se dépêche de ne rien dire ose croire qu'elle puisse passer entre les gouttes lors de ses primaires, c'est encore de leur part faire preuve d'une grande naïveté ! Et quid de cette pseudo résilience ? Cela ne ressemble pas à la colère que j'entends dans différents milieux qui est littéralement censurée par tous les media. A propos de Nice, on a droit au portrait des victilmes ... maghrébines ! Une bonne occasion d'apprendre que Nice compte 21 d'immigrés !

  • Par Atlantica75000 - 22/07/2016 - 22:07 - Signaler un abus Au passage, j'apprends qu

    Au passage, j'apprends qu'Orléans compte la 2!ème plus forte contingent d'Africains en France après l'Ile de France ! Et on ose mettre sur le même plan les islamistes pauvres types et "l'ultra droite" selon un sous-fifre des renseignements ! Qui a entendu parlé des subventions mirifiques à la construction d'un Institut de l'islam (le recteur a fait du chantage : "ou vous payez ou c'est l'Arabie saoudite". Tous ont voté pour et le FN s'est "courageusement" abstenu ! Quelques jeunes Français "de souche" sont allés manifester et sur ordre de Colomb ont droit aux visites de la police. On croit rêver ! Non, le cauchemar continue.

  • Par Atlantica75000 - 22/07/2016 - 22:09 - Signaler un abus Complément d'info

    construction à Lyon du vaste institut de la culture islamique à côté de la mosquée ... (1 milion par an + les années suivantes pour le fonctionnement)

  • Par Atlantica75000 - 22/07/2016 - 22:15 - Signaler un abus Complément d'info bis (repetita)

    Nice : 21% d'immigrés !!!

  • Par Semper Fi - 22/07/2016 - 23:14 - Signaler un abus @Anguerrand

    Etes-vous déjà allé en Guyane ? A Cayenne et sur les îles du Salut ? A vous lire, j'en doute, sinon vous ne raconteriez pas de telles âneries. Pourquoi souhaitez-vous absolument envoyer ces "chances pour la France" outre-mer et non les interner par exemple sur l'île de Sein, Houat, Hoëdic, Belle-ile, Port-Cros ? Bon allez, je vous laisse, j'ai des migrantes à surveiller : les baleines à bosse qui remontent de l'Antarctique et qui commencent à arriver... un peu fiu de lire certains commentaires !

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€